Venin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Venin (homonymie).
Dard d'une guêpe avec une goutelette de venin

On appelle venin toute substance toxique produite par des animaux et destinée à tuer ou paralyser leurs proies. Les venins sont souvent des mélanges complexes de substances chimiques variées, surtout des enzymes qui servaient probablement originellement à faciliter la digestion des proies. Plus ces sucs digestifs sont concentrés, plus le venin est puissant.

Sommaire

[modifier] Espèces concernées

Le terme « venin » est réservé aux toxines secrétées par les animaux : serpents et autres reptiles, mollusques marins, certains poissons, des amphibiens (dendrobates, crapauds, salamandres...), de nombreux insectes (abeilles, fourmis, guêpes, par exemple), arachnides, myriapodes...

Il existe quelques rares mammifères venimeux : les solénodons, certaines musaraignes (dont Suncus etruscus), ou encore le mâle de l'ornithorynque qui est doté d'aiguillons venimeux. De très rares espèces d'oiseaux, comme le pitohui bicolore ou l'ifrita de Kowald, secrètent également une substance toxique dont ils s'enduisent les plumes.

Jusqu'en 2005, seuls les serpents contenant des crochets à venins à l'avant de la mâchoire étaient considérés comme très venimeux donc les plus étudiés (soit 600 espèces comme les cobras, les vipères ou les serpents à sonnette). Des études depuis 2005 sur la systématique des serpents montre que leur glande à venin est à l'origine de toutes celles des reptiles (4 900 espèces de concernées soit 60 % des reptiles dont les Colubridae qui n'ont pas de crochet mais sont majoritairement venimeux. De plus, la méthode de criblage à haut débit permet d'extraire et d'identifier rapidement toutes les molécules thérapeutiques[1]. L’Australie est le seul pays où l’on trouve plus de serpents venimeux que non venimeux. On y trouve aussi le plus grand nombre d'animaux venimeux au monde et parmi les espèces les plus venimeuses au monde.

Dans le cas de plantes vénéneuses, on préfère ne pas parler de venin, mais plutôt de "toxines" ou de "poisons".

Au Venezuela, il existe entre 150 et 200 espèces de scorpions, inoffensifs pour l’être humain, mais ceux appartenant au genre Tytius (contenant 28 espèces) sont très dangereux. Toute piqûre de scorpion ayant lieu à plus de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer doit être considérée comme dangereuse car les espèces de ce genre vivent au-dessus de cette altitude, dont le très venimeux Tityus discrepans[2].

On classe parfois le dragon de Komodo — un varan géant d'Indonésie et le plus grand lézard actuel —, comme venimeux, car sa salive, contenant des bactéries pathogènes, est toxique.

[modifier] Production et inoculation

Le venin est sécrété par une glande spéciale que possèdent certains animaux comme les cœlentérés (anémone de mer, méduses, hydres...), certains gastéropodes (cône...), les araignées (arachnides), les myriapodes (mille-pattes), divers insectes (dont de nombreux hyménoptères), certains poissons (la vive, la rascasse, le poisson pierre... ), certains serpents, quelques lézards (les hélodermes de l'Ouest américain), les scorpions, certains batraciens (comme les dendrobates ou le crapaud Bufo alvarius) et même des mammifères monotrèmes (l'ornithorynque et les échidnés), et insectivores (la blarine à queue courte d'Amérique du Nord et les solénodons des Antilles, ce dernier étant en voie d'extinction). Ces animaux sont dits venimeux. Ils utilisent leur venin pour repousser, tuer ou blesser leurs proies, leurs ennemis, leurs prédateurs ou leurs concurrents. Le venin peut être injecté par piqûre ou par morsure, voire au simple toucher, comme chez les grenouilles dendrobates. À ne pas confondre avec les animaux vénéneux dont l'ingestion est toxique (par exemple le fugu, le diodon, le poisson-coffre, etc...).

[modifier] Composants du venin

Les principaux composants du venin sont des enzymes comme les protéases, qui détruisent les tissus, la hyaluronidase, qui augmentent la perméabilité des tissus (le venin peut se propager plus rapidement), les phospholipases, qui attaquent les membranes cellulaires, et les phosphatases, qui dégradent divers composés chimiques.

Le venin est un composé de polypeptides assemblés en des chaînes alpha et beta. Chaque peptide est responsable d'un caractère du venin. Les caractères du venin les plus incriminés dans la mort par inoculation de venin sont les neurotoxines, qui affectent directement l’exocytose au niveau des neurones, ce qui engendre une paralysie des muscles et des troubles respiratoires.

D'autres peptides sont responsables de la dénaturation des cellules du pancréas par exemple, ces peptides détruisent les îlots de Langerhans qui, ne pouvant plus sécréter d'insuline ni de sucs digestifs entrainent des hyperglycémies provoquant des insuffisance rénales, impuissance, infarctus du myocarde, gangrène, ... C’est la combinaison de ces peptides assemblés en chaînes qui font du venin scorpionique, un mélange mortel : on meurt des suites des conséquences de cette piqûre.

[modifier] Types ou catégories de venins

Par le passé on déterminait les types de venins en fonction de deux types de symptômes : action soit sur le système sanguin, soit sur le système nerveux (neurotoxiques). Dans la pratique, cette distinction n'est pas si simple. Ainsi un venin qui perturbe le système sanguin provoque souvent des troubles nerveux et inversement. Et un venin peut être à la fois anticoagulant et coagulant, ce qui complique alors le traitement.

Les principaux agents toxiques des venins sont les suivants :

  • des neurotoxines paralysantes dont l'action est comparable à celle du curare (« curare-like ») mais qui ne sont pas contrecarrées par les antagonistes du curare telle l'ésérine (ce produit sera donc inutile dans la trousse de survie) ;
  • des hémorragines, très prononcées chez les vipéridés, causant des hémorragies ;
  • des cytolysines détruisant les cellules, à l'origine de nécroses cutanées parfois très importantes, allant jusqu'à l'os (myotoxine des hydrophiidés en particulier) ;
  • des hémolysines attaquant plus spécifiquement les globules rouges du sang (voir hémolyse), empêchant notamment la phagocytose, expliquant les infections secondaires fréquentes ;
  • des substances histaminiques entraînant des réactions vasomotrices responsables du choc observé après morsure par les vipéridés. Il existe beaucoup d'autres substances aux actions enzymatiques très diverses.

Et comme tous les venins combinent plusieurs de ces actions, cela rend alors une systématisation des venins impossible.

[modifier] Liste des effets et actions des venins sur l'organisme

  • Effets neurotoxiques sur le système nerveux, le cerveau et la moelle épinière,
  • Paralysie du système respiratoire.
  • Action coagulante sur le sang,
  • Altération des vaisseaux sanguins provoquant des hémorragies,
  • Action anticoagulante,
  • Destruction des globules rouges,
  • Action sur le cœur, baisse de la tension artérielle,
  • Salivation intense pouvant provoquer un étouffement,
  • Altération des cellules, des tissus et même d'organes (reins, etc.),
  • Œdèmes (provoquent un étouffement si la morsure est faite sur le visage ou le cou),
  • Nécroses.

[modifier] Bibliographie

  • Dietrich Mebs (trad. Max Goyffon), Animaux venimeux et vénéneux [« Venomous And Poisonous Animals »] [détail des éditions] 
  • Les poissons toxiques. R. Rosset, M. Catsaras, Bulletin de l'Académie vétérinaire de France 68:33, 299-308, Académie vétérinaire de France, 1995.
  • Sutherland S, Coulter A, Habib K (1979). "Rationalisation of first-aid measures for elapid snakebite". Lancet 1 (8109): 183-5. PMID 84206.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. (en) Freek J. Vonk et coll, « Snake venom: From fieldwork to the clinic », dans Bioessays, vol. 33, no 4, avril 2011, p. 269–279 [lien DOI] 
  2. (es)P.R. Salinas, P.J. Salinas. EMPONZOÑAMIENTO ESCORPIÓNICO EN PACIENTES ATENDIDOS EN EL HOSPITAL DE SANTA CRUZ DE MORA, MÉRIDA, VENEZUELA.. MedULA, Revista de Facultad de Medicina, Universidad de Los Andes. Vol. 12 Nº 1-4. 2003. (2005). Mérida. Venezuela. Lire le document pdf, p.45.
Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues