Gwoka

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Article principal : Musique des Antilles françaises.
Musique gwoka jouée à Basse-Terre.

Le gwoka (ou Gwo Ka) est un genre musical de la Guadeloupe. Il est principalement joué avec des tambours appelés « ka », famille d'instruments de percussion. Les autres instruments sont le chacha (une sorte de maraca) et le tibwa (instrument formé de deux baguettes de bois qu'on frappe sur l'arrière du tambour ou un morceau de bambou)[1].

Les différentes tailles des tambours établissent la base. Le plus grand : le boula joue le rythme central et le plus petit : le marqueur (ou makè) marque la mélodie et interagit avec les danseurs, le chanteur et les chœurs; ces derniers sont repris généralement par les spectateurs lors de prestations en public.

Les chants du gwoka sont généralement gutturaux, nasaux et rugueux, bien qu'ils puissent également être lumineux et lisses. Il peut être accompagné d'harmonies croissantes et de mélodies relativement complexes.

Origines[modifier | modifier le code]

Le gwoka est né durant la période de l'esclavage : cette musique tire ses origines dans la perpétuation de la musique africaine par les esclaves des anciennes plantations. On peut ainsi le comparer à d'autres musiques caribéennes : le bèlè martiniquais, la rumba cubaine, la musique rasin haïtienne. Pour les esclaves, malgré les interdits du Code Noir[1], la musique était un moyen de fuite, d'évasion et de communication au même titre que la langue guadeloupéenne. Cette musique, mal vue pendant longtemps dans la société, a survécu à la période postcoloniale, en s'affirmant comme première musique et danse de la Guadeloupe.

Rythmes[modifier | modifier le code]

Il existe sept rythmes basiques de gwoka et de multiples variations de chacun :

  • Kaladja : rythme à 2 temps, lentement. Il exprime la douleur morale
  • Menndé : rythme à 4 temps, lié à l’évasion et la fête collective
  • Léwoz : rythme à 2 temps, marqué par 1 repriz [2]
  • Padjanbèl (à ne pas confondre avec Granjanbèl qui a une autre rythmique) ou Gwadjanbel : rythme en 3/4[3]. Il exprime la joie, la liberté.
  • Woulé : rythme à 3 temps[4]. Il a été créé pour accompagner le travail de fabrication de la farine de manioc.
  • Graj : rythme à 4 temps, lié au travail
  • Toumblak : rythme à 2 temps, rapide. Il exprime la joie et l’amour.

Il existe trois autres rythmes :

  • Sobo : Rythme à 2 temps quasiment oublié (peut-être le seul rythme africain)[5],[6]
  • Takout ou Takouta : rythme inventé par le groupe Takouta : rythmes à 4 temps développé par 3 tambours ka (un basse, un rythmique et un solo)[7],[8]
  • Mayole (Kalenda en Haïti): C’est un duel aux bâtons sous forme de danse rythmé par le son des tambours, actuellement peu pratiqué[9],[10]. Il symbolise la résistance.

Actuellement[modifier | modifier le code]

Le gwoka est souvent joué la nuit lors de rassemblements populaires nommés « léwoz ». Le public forme un cercle appelé lawonn dont le centre est laissé libre pour les danseurs[1].

Le gwoka est toujours utilisé durant le carnaval et d'autres fêtes. Il est aussi présent dans les rites funéraires, particulièrement dans les veillées et les vénérés (c'est une seconde veillée, le neuvième jour après l’enterrement)[1].

En 2013, le Comité du patrimoine du Ministère de la Culture et de la Communication a selectionné le dossier de candidature du gwoka pour l'inscription à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité afin de valoriser le gwoka et d'organiser un réseau d'acteurs[11] [12].

Quelques grandes figures du Gwoka[modifier | modifier le code]

bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léna Blou, Techni'ka : Recherches sur l'émergence d'une méthode d'enseignement à partir des danses Gwo-ka, Éditions Jasor, 2005 (OCLC 836975107)
  • Jerome Camal, From Gwoka Modenn To Jazz Ka : Music, Nationalism, and Créolization in Guadeloupe (en), Ph. D. Washington University, 2011 (OCLC 758489603)
  • Jean-Fred Castry, Théorie de la musique gwoka 1, Les réservoirs de notes dans la grande musique ka (modes, gammes), Association DEFI-CEFRIM, 2005 (OCLC 491772880)
  • Océane Chotard, Les sillons du Gwo ka, Université François-Rabelais de Tours, 2008 (OCLC 762660345)
  • Ryan W Durkopp, Music and Identity Politics in Terre-de-Bas, Guadeloupe (en), University of Pittsburgh, 2008 (OCLC 775370712)
  • Steve Gadet, Le «blues de la canne et du coton» : étude comparative des fonctions socioculturelles du gwo-ka et du blues, Université des Antilles et de la Guyane, 2012 (OCLC 860660463)
  • Marie-Héléna Laumuno, Et le gwoka s'est enraciné en Guadeloupe : chronologie d'un patrimoine culturel immatériel sensible, édition Nestor, 2012 (OCLC 823826665)
  • Gérard Lockel, Gwo-ka modèn : histoire, 2011 (OCLC 835669898)
  • Marcel Susan Mavounzy, Cinquante ans de musique et de culture en Guadeloupe : mémoires, 1928-1978, édition Présence africaine, 2002 (OCLC 401356354)
  • Frédéric Négrit, sous la dir. de Ivanka Stoïanova, La musique et l'immigration dans la société antillaise en France métropolitaine de 1960 à nos jours, 2000 (OCLC 491058304)
  • Georges Troupe, Méthode d'apprentissage des sept rythmes de Gwo Ka : graphie et musique, 1988 (OCLC 21407066)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]