Horloge comtoise

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Horloge Comtoise du XIXe siècle

L'horloge comtoise est une horloge à pendule fabriquée en Franche-Comté, et plus particulièrement à Morez et Morbier dans le Haut Jura, à partir de la fin du XVIIe siècle et dont la fabrication industrielle s’est arrêtée au début du XXe siècle.

Les horloges comtoises sont parfois connues sous d'autres appellations (« la Morez », « la Morbier » et « la Comtoise »). Ces appellations sont également utilisées en anglais ou en allemand.

Art populaire[modifier | modifier le code]

Les Comtoises sont des horloges très populaires, pendant des générations, elles ont rythmé le temps dans presque toutes les fermes de France. De nombreuses Comtoises ont également été exportées vers d'autres pays d'Europe et même plus loin, jusque dans l'Empire ottoman ou en Thaïlande.

La présence chaleureuse des Comtoises dans les foyers est due à leur tic-tac régulier et à la forme du meuble imposant qui l'abrite.

En effet, le mécanisme en métal est souvent protégé par une gaine en bois. La Comtoise peut aussi être posée sur une console murale.

Objet de collection[modifier | modifier le code]

Maison comtoise avec son horloge comtoise (maisons Comtoises de Nancray)

Aujourd'hui, les horloges comtoises sont devenues de véritables objets de collection, car elles présentent savoir-faire de haute précision et grande diversité. En effet, les Comtoises ont été fabriquées sur une période exceptionnellement longue : près de 230 ans[1]. Evidement, les Comtoises les plus anciennes sont plus rares et plus recherchées.

Les variations concernent essentiellement le cadran, le fronton, l'encadrement et le balancier. De nombreuses Comtoises comportent des complications, avec entre autres des horloges munies de plusieurs timbres, d'indication de la date ou des phases de la lune ou plus exceptionnellement avec des mécanismes d'animation, des carillons …

L'horloge comtoise est réputée pour la très grande variété de sa décoration. En effet, cette décoration varie suivant la période et aussi suivant le régime politique (les Bourbon, la Révolution française, l'Empire ...).

La gaine en bois a également beaucoup évolué au fil du temps. La décoration de ces gaines présente aussi une grande variété (souvent avec des motifs de fleurs).

Caractéristiques de la comtoise[modifier | modifier le code]

Les Comtoises se caractérisent par la présence de deux mécanismes, le premier pour le mouvement et le second pour la sonnerie. Ces mécanismes sont situés côte à côte dans une cage en fer démontable. L'entraînement est effectué par 2 poids en fonte, la régulation est assurée par un long balancier (ou pendule).

Le cadran des Comtoises comporte très souvent une signature avec, en dessous, le nom d'une ville ou d'une localité. Cette signature correspond rarement au fabricant, mais plus souvent au nom du revendeur. La localité indiquée ne correspond, le plus souvent, qu'à la ville du revendeur, les mécanismes étant uniquement produits dans le Jura français.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Comtoises ont conquis les foyers des diverses provinces françaises, souvent offertes comme cadeau de mariage... En effet, elles constituaient un cadeau de grande qualité : Utiles, très solides dans le temps, d'un prix relativement accessible, elles se sont vite avérées être précises et fiables. La sonnerie des heures s’entendait dans toute la maison et rythmait ainsi le quotidien d'une famille du lever au coucher de soleil.

Les chapitres suivants présentent l'évolution générale de l'horloge comtoise avec le temps. De nombreuses variations existent. On peut même considérer qu'au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, chaque horloge est pratiquement unique. En effet, à cette époque chaque artisan horloger est indépendant, sa production annuelle est de quelques dizaines d’horloges. Il réalise lui-même la quasi-totalité des pièces nécessaires.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les toutes premières horloges comtoises apparaissent vers 1680, très probablement dans la région de Morez. Ces premières horloges sont primitives, bien peu d'entre elles sont parvenues jusqu'à nous :

  • Le cadran est en métal (laiton et plus rarement en étain), l'utilisation de l'émail viendra plus tard ;
  • Une seule aiguille (pour les heures) ;
  • Le pendule est un simple fil métallique muni d'un poids en plomb à son extrémité ;
  • Le pendule est situé derrière les poids.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle une nouvelle génération d'horloge comtoise apparaît :

  • Le cadran est en bronze et présente une décoration ciselée ;
  • Le cadran comporte plusieurs cartouches en émail (douze pour les heures et parfois 12 de plus pour les minutes) ;
  • L'horloge est signée par le Maître horloger.

Le fronton en laiton coulé s'impose progressivement. Il représente souvent un coq gaulois ou le soleil (Phoebus).

Dans la deuxième partie du XVIIIe siècle les progrès de la technique de l'émail permettent de réaliser des cadrans entiers.

Pour des raisons de coût de transport, les poids nécessaires au fonctionnement de l'horloge (5 kg environ) ne sont pas produits dans le Jura mais en général fabriqués par le forgeron situé proche du revendeur.

Pendant la Révolution le fronton change, le bonnet phrygien ou l'inscription « Liberté » remplace la fleur de lys.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Horloge Comtoise

Pendant l'Empire, le fronton change à nouveau pour représenter un aigle ou le portrait de Napoléon. Puis pendant la Restauration on retrouve sur le fronton des sujets comme le coq, le soleil ...

Le pendule prend une forme de lentille.

Les gaines en bois qui permettent de protéger les horloges et de les mettre en valeur sont fabriquées dans toute la France et s'adaptent au style régional. La Comtoise qui était jusqu'alors surtout une horloge murale devient une horloge de parquet. Le village de Bois-d'Amont produit également un grand nombre de gaines en épicéa.

Dans la deuxième partie du XIXe siècle, la gaine en bois prend une forme arrondie qui permet d'admirer le pendule en forme de Lyre. Certains pendules sont aussi munis d'automates, représentant par exemple une scène de la vie courante avec des personnages animés.

Le fronton et le tour du cadran forment une seule pièce (voir image de droite). Cette pièce est estampée, en laiton le plus souvent. Une grande variété de décors existe (scènes de moisson ou de vendanges, corbeille de fleur, couples de personnages, mais aussi des sujets plus rares).

À partir de 1870 une variante, beaucoup plus sobre, dont le cadran est entouré d'un simple anneau de laiton est produite : la « lunette ». Elle est destinée aux écoles, gares et bureaux.

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

1915 correspond à la fin de la production industrielle des horloges comtoises.

Plusieurs artisans subsistent aujourd’hui. Ils assurent la rénovation des horloges anciennes mais produisent aussi des mécanismes neufs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : livre en Allemand Comtoise-Uhren de Siegfried Bergmann, coll. La Pendule

Galerie photo[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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