Nicole-Reine Lepaute

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Nicole-Reine Lepaute

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Nicole-Reine Lepaute

Nom de naissance Nicole-Reine Etable
Naissance
Décès
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession mathématicienne et astronome

Nicole Reine[1] Etable épouse Lepaute née le 5 janvier 1723 et morte le 6 décembre 1788, est une mathématicienne et astronome française.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît à Paris le 5 janvier 1723, dans le palais du petit Luxembourg où logent ses parents[2]. Elle est la sixième de neuf enfants. Plusieurs membres de la famille Etable sont alors au service de la famille d'Orléans, à Versailles, puis au palais du Luxembourg. Jean Etable, le père de Nicole Reine, ancien valet de pied de la duchesse de Berry, sert maintenant Louise Élisabeth d'Orléans, reine douairière d'Espagne. De l'enfance et de la jeunesse de Nicole Reine, on ne connaît que ce qu’en écrira, des années plus tard celui dont elle fut la collaboratrice, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande : Nicole Reine fut une jeune femme studieuse, curieuse de sciences[3].

Nicole Reine fait la connaissance des frères Lepaute lorsque ces derniers viennent installer au palais du Luxembourg une horloge d’un nouveau type. Le 27 août 1749, à l’âge de vingt-six ans, Nicole Reine épouse Jean André Lepaute. C’est en partageant le travail de son mari qu’elle fait connaissance de Jérôme Lalande, qui obtient peu de temps après un observatoire au-dessus du porche du palais du Luxembourg.

L’Horlogerie au service de l’Astronomie[modifier | modifier le code]

En 1753, Lalande est chargé par l’Académie des sciences d’étudier une horloge de Jean André munie d’un échappement d’un nouveau type. Sur son encouragement, Jean André Lepaute - devenu horloger du roi en 1753 – se lancera dans la conception et la construction des pendules astronomiques. C’est aux côtés de son époux que Nicole Reine fait ses premières armes en calculant des tables d’oscillations du pendule pour le Traité d’Horlogerie.

Le retour de Halley[modifier | modifier le code]

Quand vient le grand défi du calcul du retour de la comète de Halley, Jérôme Lalande propose au mathématicien Alexis Clairaut l’aide de Mme Lepaute pour les monstrueux calculs que nécessite la vérification de la prédiction d'Edmund Halley.
De longs et studieux mois de calculs sont nécessaires aux trois astronomes et mathématiciens : Clairaut établit à cet usage des modèles de calculs que Nicole Reine Lepaute et Jérôme Lalande complètent avec patience et précision. Ce dur labeur sera couronné de succès par l’annonce, en novembre 1758, du retour de la comète pour le 13 avril de l’année suivante. Quelques mois plus tard, justifiant tous leurs calculs et assurant la gloire posthume d’Edmund Halley, la comète tant attendue passe à son périhélie tout juste un mois avant la date annoncée, le 13 mars 1759.

Sur la lancée de ce succès, Clairaut publie alors sa Théorie des comètes (Paris, 1760), mais en oubliant de mentionner le nom de Nicole Reine Lepaute dans la liste des calculateurs, oubli motivé par la jalousie de Mademoiselle Goulier – son amie du moment – qu’il ne souhaitait pas froisser en vantant les mérites d’une autre.
Ce faisant, il met à mal sa longue amitié avec Lalande, qui préférera se ranger aux côtés de l’offensée, Madame Lepaute, à qui il voue une tendre affection. Selon lui, Clairaut supprima toute mention de Mme Lepaute pour « plaire à une femme jalouse du mérite de Madame Lepaute, prétentieuse mais dépourvue de quelque connaissance que ce fût. Elle parvint à faire commettre cette injustice par un homme de science judicieux mais faible, qu’elle avait subjugué ». Les deux hommes ne seront plus jamais aussi proches qu’auparavant, et Clairaut poursuivra seul ses recherches en astronomie.

Travaux divers[modifier | modifier le code]

Nicole Reine Lepaute est engagée par Lalande en 1759, comme assistante pour les calculs nécessaires à la conception des tables et éphémérides astronomiques, qui serviront notamment de base pour les calculs nécessaires au transit de Vénus de 1761. Bien que rien ne permette de connaître dans le détail les contributions de Nicole Reine Lepaute, celles-ci doivent paraître suffisamment importantes aux yeux de l’Académie de Béziers pour l’accueillir comme membre associé en 1761.

Lalande porte également au crédit de Madame Lepaute les calculs des éléments de la comète observée en 1762, et les éphémérides du Soleil, de la Lune et des planètes pour les années 1774 à 1784, ainsi que les éléments de l’éclipse annulaire du 1er avril 1764, pour laquelle elle dressera une carte de visibilité de l’éclipse donnant sa progression de quart d’heure en quart d’heure pour toute l’Europe.

Une famille vouée à la science[modifier | modifier le code]

N’ayant pas d’enfant, Nicole Reine accueille en 1768 l’un des neveux de son mari, Joseph Lepaute (1751-1788), alors âgé de quinze ans, et lui enseigne si bien l’astronomie qu’il deviendra professeur de mathématiques à l’École militaire en 1777, avant d’être élu adjoint astronome en 1785 à l’Académie royale des sciences. Embarqué comme astronome sur les frégates l'Astrolabe et la Boussole, il périra en 1788 dans l’île de Vanikoro avec le reste de l’expédition menée par Jean-François de La Pérouse.

Nicole Reine Lepaute consacre ses sept dernières années à s’occuper de son mari qui avait cessé l’horlogerie vers 1774 et avait été atteint d’une grave maladie. Au même moment, sa santé décline et elle perd peu à peu la vue. Précédant son mari de quelques mois, Nicole Reine Lepaute meurt à Paris[4] le 6 décembre 1788 à l’âge de soixante-six ans.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’usage ancien ne connaissant pas les prénoms composés, les traits d'union n'ont pas été utilisés dans la révision de cet article. Habituellement, c'était le dernier prénom qui était usuel. Afin de permettre le renvoi à certains articles connexes, les traits d'union ont parfois néanmoins été conservés.
  2. Les rectifications et précisions sur les origines familiales de Mme Lepaute proviennent principalement des registres d'état civil de Paris, de Versailles, de Saint-Cloud et du minutier notarial des Archives nationales. On trouvera ces références mieux précisées dans l'article d'Alain Demouzon (descendant Lepaute) indiqué dans les liens ci-après: "De le bruyère dans l'étable".
  3. Lalande attribuera faussement à Madame Lepaute un nom de naissance "Etable de la Brière", repris partout depuis, mais qu'elle ne porta jamais et qui n'était pas le sien. Ce patronyme allongé fut celui choisi par l'un de ses frères, Jean Jacques, né à Versailles en 1716 et devenu inspecteur des Bâtiments du roi, sous le nom de "Monsieur de la Brière".
  4. Le lieu du décès à Saint-Cloud, comme souvent indiqué, est erroné. Le registre paroissial de Saint-Cloud ne le signale pas, alors que l'état civil parisien reconstitué en fait mention, paroisse Saint-Roch.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

L’hortensia, originaire de Chine, avait été nommé Peautia, en son honneur (en 1773), par son ami Philibert Commerson, médecin et botaniste de l'expédition de Bougainville. Puis rebaptisé plus tard Hortensia. On a parfois voulu croire qu'Hortense aurait été l’un des prénoms de Mme Lepaute, ce qui n'est pas fondé.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La majeure partie des informations de cet article sont tirées du livre Comète de Carl Sagan (Edition Calmann-Lévy, 1985, ISBN 2-7021-1433-4, en collaboration avec Ann Druyan).

  • Élisabeth Badinter, Un couple d'astronomes : Jérôme Lalande et Reine Lepaute, Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers, 10e série, vol. 1, 2004-2005, p. 71-76
  • Guy Boistel, 2004, «Nicole Lepaute et l’hortensia», Cahiers Clairaut, 108 (Hiver 2004), 13-17 (Nicole Lepaute est la calculatrice en chef pour la Connaissance des temps, sous la direction de Jérôme Lalande. Lien C.L.E.A. [1]
  • Connaissance des temps