Marie d'Orléans-Longueville

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La duchesse de Nemours par Hyacinthe Rigaud en 1705. Version du musée des Beaux-arts de Lausanne

Marie de Nemours, née en 1625, décédée le 16 juin 1707, est une princesse de Neuchâtel. Fille d’Henri II d'Orléans-Longueville et de Louise de Bourbon, Mademoiselle de Soissons, elle est connue jusqu'à son mariage sous le nom de Marie d'Orléans, Mademoiselle de Longueville. Elle épouse son cousin, Henri II de Savoie, duc de Nemours, en 1657, mais devient veuve deux ans plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tutrice[modifier | modifier le code]

Elle fut d'abord régente[Pourquoi ?] sous l'autorité d'un conseil sans lequel elle ne pouvait rien décider. Elle destitua ceux qu'elle avait trouvés opposés à ses prétentions, dont le chancelier Georges de Montmollin[1]. Le roi de France lui retira la tutelle de son frère et confia la régence au prince de Condé, frère de la duchesse de Longueville et à son fils le duc d'Enghien. Le chancelier de Montmollin fut rétabli, puis à nouveau dépouillé de ses charges. L'abbé-duc, Louis Charles d'Orléans, termina son règne nominal, le 24 janvier 1694.

Une succession disputée[modifier | modifier le code]

La duchesse de Nemours se rendit à Neuchâtel pour réclamer sa succession. Elle était accompagnée du chevalier de Soissons. Mais le prince de Conti s'était mis sur les rangs. Les cantons suisses prirent le parti de la duchesse. Les Trois-États (conseil de la Nation et tribunal suprême) adjugèrent la souveraineté à la duchesse et déclarèrent le pays "inaliénable". Elle est ainsi princesse de Neuchâtel dès le 12 mars 1694. Le pays de Neuchâtel est alors déchiré entre ses partisans et ceux du prince de Conti, un proche de Louis XIV. Le peuple resta fidèle à Marie de Nemours qui rentra à Neuchâtel. Elle fut conduite en triomphe au château. Le prince de Conti demanda la convocation d'un tribunal impartial pour réformer la sentence de 1694 mais la population du pays et les cantons suisses craignaient de voir Neuchâtel devenir une province française et se préparèrent à défendre les limites jurassiennes de la Suisse. Les délégués des communes se réunirent à Neuchâtel le 24 avril 1699 et résolurent de maintenir l'autorité des Trois-États. Le prince de Conti dut alors renoncer à ses prétentions. Mais Louis XIV rappela en France le prince de Conti et la duchesse. Marie fut exilée dans sa terre de Coulommiers (janvier 1700) pour avoir résisté aux volontés du roi qui voulait l'obliger à destituer ceux de ses officiers qui s'étaient montrés les plus opposés au parti de son rival. Elle revint après un exil de quatre ans et s'établit à Valangin.

Extinction de la branche de Longueville[modifier | modifier le code]

Les armes de la duchesse

Avec sa mort disparaissait la dernière princesse d'origine française. La famille d'Orléans-Longueville qui avait régné pendant deux siècles sur Neuchâtel, s'éteignit. Les Neuchâtelois choisirent Frédéric Ier de Brandebourg, roi de Prusse, comme prince de Neuchâtel, de préférence au prince de Conti. La crainte de la politique de Louis XIV et la volonté de maintenir le pays de Neuchâtel, comme État indépendant, inaliénable et indivisible, en conservant ses libertés et ses liens avec les cantons suisses, explique le choix fait par les Trois-États.

Jean-Pierre Jelmini (pp. 57-61) explique le contexte diplomatique. Le canton de Berne voulait un État tampon entre les cantons suisses et la France qui venait d'être agrandie avec le rattachement de la Franche-Comté. Le roi d'Angleterre émit aussi des prétentions à la succession de Neuchâtel. Louis XIV ne voulant pas froisser l'Angleterre retira ses troupes et le prince de Conti rentra bredouille à Paris.

Les Mémoires de Marie de Nemours ont paru en 1709.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges de Montmollin (1628-1703) fut procureur général puis chancelier (1661) du comté de Neuchâtel. Cf. Frédéric-Alexandre Jeanneret, James-Henri Bonhôte, Biographie neuchâteloise, Le Locle, Eugène Courvoisier,‎ 1863.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire abrégée du Pays de Neuchâtel, par Albert Henry, 1878.
  • Histoire du Pays de Neuchâtel, par Louis Thévenaz, 1948.
  • 12 septembre 1814... et Neuchâtel devint suisse, par Jean-Pierre Jelmini, 1989 avec un portrait de Marie de Nemours.
  • M.-Fr. Dantine, Ch. Clémencet et al., L'art de vérifier les dates..., vol. 12, impr. Valade,‎ 1818 (réimpr. 4e), p. 411-12
  • Mémoires de Marie d'Orléans, duchesse de Nemours (1709), édition présentée et annotée par Micheline Cuénin, Paris, Mercure de France, coll. "Le temps retrouvé", 1990.


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