Pierre Jaquet-Droz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Droz.
Pierre Jaquet-Droz, en 1758

Pierre Jaquet-Droz (1721 à La Chaux-de-Fonds (Neuchâtel) - 1790 à Bienne) est un horloger suisse de la fin du XVIIIe siècle.

Il trouva le moyen d'adapter aux horloges communes un carillon et des jeux de flûte. Il inventa une pendule qui, au moyen de la combinaison de deux métaux inégalement dilatables, marchait sans être remontée; fit une pendule astronomique et un automate qui écrivait lisiblement et faisait tous les mouvements des doigts.

Il a vécu à Paris, Londres et Genève, où il a conçu et construit des poupées mécaniques ou automates, pour aider sa firme à vendre des montres et des oiseaux mécaniques.

Il a construit plusieurs automates avec son fils Henri-Louis Jaquet-Droz (1752-1791) et Jean-Frédéric Leschot (1746-1824) pendant la période de 1768 et 1774 dont l’écrivain (constitué de 6000 pièces), la musicienne (2500 pièces) et le dessinateur (2000 pièces).

Ses mécanismes étonnants ont fasciné les plus grands de ce monde : les rois et les empereurs d’Europe, de Chine, d’Inde et du Japon.

Certains considèrent ces automates comme étant les plus anciens exemples de calculateur (ou ordinateur). L’écrivain a un dispositif d’entrée pour positionner des tabulateurs qui forme une mémoire programmable, 40 cames qui représentent le programme en lecture seule, et une plume en sortie. Le travail de Pierre Jaquet-Droz a devancé celui de Charles Babbage de plusieurs décennies.

Remarque : Par ordinateur, on n'entend pas bien sûr le sens qu'il lui est donné aujourd'hui. Les automates de Jaquet-Droz contenaient seulement ce qu'on pourrait considérer comme une mémoire en lecture seule et une «imprimante» (avec les doigts), et peut-être même encore un rouleau de cire sur un phonographe (ancêtre du disque), ces système s'apparentaient plus à une boîte-à-musique ou encore à un métier à tisser. Ils pouvaient uniquement dessiner, écrire ou jouer des choses. Ils n’avaient pas d'unité de contrôle, pas de mémoire dynamique et ne pouvaient pas prendre de décisions à partir de travaux précédents.

Cependant Babbage, avait planifié une adaptation d’un métier Jacquard pour fournir des instructions à un nouveau type de machine qu’il avait inventé : un calculateur dont l’unité centrale et la mémoire sont séparées. Les cames des automates de Jaquet-Droz ressemblent plus à un enchaînement de cartes perforées dans le calculateur de Babbage ou du métier à tisser de Jacquard.

Les automates de Jaquet-Droz sont aussi considérés comme quelques-uns des meilleurs exemples de résolution de problèmes d’humains mécaniques. Trois exemples particuliers assez complexes, et des poupées fonctionnant toujours sont conservés au Musée d'Art et d'Histoire de Neuchâtel en Suisse et maintenant connus sous le nom d’automates Jaquet-Droz.

Il a également construit une horloge qui était capable de mouvements assez étonnants. On pouvait y observer une personne de couleur noire, un chien, et un berger. Et lorsque l’horloge sonnait, le berger jouait six notes sur sa flûte, et le chien se rapprochait de lui joyeusement. Le roi d’Espagne, lorsqu'il découvrit cette horloge fut enchanté. Droz lui dit alors : «La gentillesse de mon chien est le moindre des mérites, si votre Majesté touche l’une de ces pommes que vous voyez dans le panier du berger, vous pourrez alors admirer la fidélité de cet animal.» Le roi prit une pomme et le chien aboya si fort que le chien du roi qui était lui aussi dans la salle, se mit à aboyer. À ce moment-ci, les courtisans ne doutant pas une seule seconde qu’il s’agissait là de sorcellerie, se hâtèrent de sortir de la pièce. Le ministre de la marine a été le seul à s’aventurer à rester. Le roi ayant demandé à l’homme noir l’heure qu’il était, il n’obtint pas de réponse. Droz répondit que cet homme n’avait pas encore appris l’espagnol.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Perregaux, Charles, Les Jaquet-Droz et leurs automates, Neuchâtel, 1906
  • Perregaux, Charles et Perrot, François-Louis, Les Jaquet-Droz et Leschot, Neuchâtel, 1916
  • Chapuis, Alfred et Gélis, Edouard, Le monde des automates, Paris, 1928
  • Chapuis, Alfred et Droz, Edmond, Les automates, figures artificielles d'hommes et d'animaux, Neuchâtel, 1949
  • Maingot, Éliane, Les automates, Paris, 1959
  • Carrera, Roland, Loiseau, Dominique et Olivier Roux, Androïdes. Les automates Jaquet-Droz, Lausanne, 1979
  • Beaune, Jean-Claude, L'automate et ses mobiles, Paris, 1980
  • Tissot, André, Voyage de Pierre Jaquet-Droz à la Cour du Roi d'Espagne 1758-1759, Neuchâtel, 1982
  • (de) Beyer, Annette, Faszienierende Welt der Automaten, Munich, 1983
  • (en) Collectif, The Cyborg Handbook, London, 1995
  • Vanden Berghe, Marc, Henri-Louis Jaquet-Droz et Pierre Jaquet-Droz dans Biographies Neuchâteloises, tome I, Hauterive, Attinger, 1996
  • (de) Collectif, Die Androïden : zur Poetologie des Automaten, Bern, Peter Lang, 1996