Aokigahara

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35° 28′ 12″ N 138° 37′ 11″ E / 35.47, 138.61972

La forêt d'Aokigahara

Aokigahara (青木ヶ原?), est une forêt de 35 km2 qui s'étend à la base du Mont Fuji au Japon. Connue sous le nom de Jukai (樹海?, littéralement « mer d'arbres »), c'est une forêt à l'histoire encore relativement jeune, datant d'environ 1 200 ans. Aokigahara est connue pour le nombre élevé de morts retrouvés depuis les années 1950, pour la plupart dues à des suicides[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Située au nord-est du Mont Fuji, la majeure partie de la forêt couvre l'emplacement d'une large coulée de lave qui a enseveli la région lors de l'éruption de 864 qui dura dix jours[2]. Administrativement, elle se trouve sur les villages de Fujikawaguchiko et de Narusawa dans le district de Minamitsuru de la préfecture de Yamanashi et elle est incluse dans le parc national de Fuji-Hakone-Izu. Aokigahara couvre approximativement 3500 hectares.

Suicides et mythes[modifier | modifier le code]

Aokigahara est le lieu de la plupart des suicides par pendaison se déroulant dans la préfecture de Yamanashi (370 en 2005, 376 en 2006, 342 en 2007, soit 1 % des suicides au Japon dans cette préfecture)[3], d'où un grand nombre d'histoires de forêt hantée par des esprits errants. Il est considéré comme l'un des sites ou l'on se suicide le plus au monde avec le Golden Gate Bridge à San Francisco[4]

En 1959, l'écrivain japonais Seichō Matsumoto écrit Nami no tō (波の塔?, littéralement « pagode de vagues »), dans laquelle il suggère qu'Aokigahara est un endroit idéal pour mourir en secret et sans que l'on puisse retrouver la dépouille du défunt. En 1993, Wataru Tsurumi rédige le controversé The Complete Manual of Suicide (完全自殺マニュアル, Kanzen Jisatsu Manyuaru?, littéralement : « Mode d'emploi complet du suicide »), dans lequel il conseille Aokigahara comme « l'endroit parfait pour se suicider ». En 1998, 74 pendus sont retrouvés par les autorités, 78 en 2002, 108 en 2004[5].

Plusieurs œuvres de fiction ont pour cadre ce site dont une bande dessinée[6].

En 2004, Tomoyuki Takimoto (瀧本 智行, Takimoto Tomoyuki?) y réalise le film Ki no umi (樹の海?, lit. « Mer d'arbres »). Il raconte aux journalistes comment, durant les repérages pour le tournage, il trouva un portefeuille contenant 370 000 yens (environ 2 300 euros) laissant ainsi supposer qu’Aokigahara est un terrain propice pour la chasse aux trésors.

Des gardes forestiers sillonnent régulièrement le site pour prévenir d'éventuels nouveaux actes suicidaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rob Gilhooly, « Inside Japan’s ‘Suicide Forest’ », The Japan Times,‎ 26 juin 2011 (lire en ligne)
  2. Isaac Titsingh, Annales des empereurs du japon, 1834, p. 118
  3. (ja) « Circonstances des suicides dans la mer d'arbres d'Aokigahara », sur Mesures contre le suicide (自殺対策, Jisatsu taisaku?), Service de contrôle politique du bureau du Cabinet du Japon (chargé de la cohésion des politiques sociales) (内閣府政策統括官(共生社会政策担当), Naikaku-fu seisaku tōkatsu-kan (Kyōsei shakai seisaku tantō)?) (consulté le 1er avril 2010)[PDF]
  4. (en) Thomas Meaney, « Exiting Early Is life worth living? The question is perennial. The answers include 'no'  », The Wall Street Journal,‎ 15 avril 2006 (lire en ligne)
  5. (en) « Aokigahara: Japan’s Haunted Forest of Death », sur Tofugu,‎ 23 juillet 2012 (consulté le 13 novembre 2014)
  6. « Aokigahara - La forêt des suicidés », sur BD Gest',‎ 2013 (consulté le 13 novembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]