Prête à tout

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Prête à tout

Description de cette image, également commentée ci-après

Nicole Kidman en 2001

Titre original To Die For
Réalisation Gus Van Sant
Scénario Buck Henry (adaptation)
Joyce Maynard (roman)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1995
Durée 106 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Prête à tout (To Die For) est un film britannico-américain de Gus Van Sant sorti en 1995 et adapté du roman homonyme de Joyce Maynard, qui y fait une apparition dans le rôle de l'avocate.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La belle Suzanne Stone est une jeune femme qui ne cache pas son ambition débordante : elle veut percer dans le milieu de la télé. Quitte à se débarrasser de tous ceux qui pourraient lui mettre des bâtons dans les roues, à commencer par son propre mari… Pour cela, elle demande à trois adolescents de l'aider dans sa tâche diabolique.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Projet et scénario[modifier | modifier le code]

Après l'échec public et critique de son film Even Cowgirls Get the Blues sorti en 1993, Gus van Sant met pour la première fois en chantier ce qui est l'un de ses projets les plus lourds en termes de production : une biographie d'Harvey Milk, homme politique homosexuel assassiné en 1978 à San Francisco. Il développe le projet pour la Warner Bros. en collaboration avec Oliver Stone mais après plusieurs mois de travail, il n'arrive pas à se mettre d'accord sur un scénario avec Oliver Stone et la production. Le projet est abandonné plusieurs années[1],[2].

Gus Van Sant ressent alors le besoin de faire un nouveau film rapidement[1]. Il accepte la commande que lui propose Columbia Pictures : adapter le roman Prête à tout (To Die For) de Joyce Maynard, lui même inspiré d'un fait divers célèbre aux États-Unis : l'affaire Pamela Smart (en)[1]. C'est le premier film de Gus Van Sant basé sur un fait divers (même s'il s'inspire du livre où les noms des personnages ont été changés et rajoute des éléments de fiction) ; les films basés sur des événements réels, même s'ils sont vus à travers plusieurs filtres et réécrits, formeront une forte proportion de son œuvre[1]. Pamela Smart était une jeune femme qui avait séduit un adolescent de 15 ans afin qu'il assassine son mari[1]. L'affaire, mêlant les chefs d'inculpation de détournement de mineur et d'assassinat, a été très médiatisée aux États-Unis où elle a occasionné le premier procès intégralement retransmis à la télévision[1]. Le livre de Joyce Maynard change le nom des personnages (Pamela Smart devient Suzanne Stone), invente à l'héroïnes un emploi de présentatrice météo et fait de la médiatisation de son affaire « le véritable projet de vie du personnage, l'apothéose d'un programme d'existence dont la maxime est la suivante : « En Amérique, on n'est rien si on ne passe pas à la télé[1]. » »

Il s'agit aussi du premier film de Gus Van Sant avec un budget important réalisé pour un grand studio[1].

Casting[modifier | modifier le code]

Après le forfait de Meg Ryan qui devait initialement jouer le personnage, Nicole Kidman a appellé Gus Van Sant en lui disant qu'elle était « destinée » à jouer le rôle de Suzanne Stone[3]. Il a déclaré qu'elle avait beaucoup travaillé pour développer le personnage[3]. Elle a notamment passé trois jours entiers enfermée dans une chambre d'hôtel avec son mari Tom Cruise, la télévision allumée en permanence, pour préparer se préparer, découvrant ainsi l'univers des talk shows et l'aspect « hypnotique » de la télévision[3].

Analyse[modifier | modifier le code]

Suzanne Stone est un personnage très particulier parmi ceux des films de Gus van Sant : elle n'est taraudée par aucun questionnement[4]. Alors que les personnages des autres films de cet auteur se demandent souvent d'où il viennent et qui ils sont, elle jouit de la certitude de savoir qui elle est et ce qu'elle veut faire : devenir une grande journaliste de télévision[4]. Le film montre, en flash-back, d'où lui vient cette obsession : filmée enfant par son père, elle a développé une fascination narcissique pour son image qu'elle ne cesse de vouloir reproduire[4]. Suzanne Stone avance vers son but « comme un bulldozer », son unique préoccupation étant « d'achever la construction d'elle-même selon l'idée qu'elle s'en fait[4]. » Elle est le concentré de ce que Stéphane Bouquet et Jean-Marc Lalanne nomment une « poupée robotique », un type de personnage qu'on retrouve régulièrement dans l'œuvre de Gus Van Sant[4]. Elle parle de manière mécanique, avec de formules de politesse « totalement creuses » ou emploie un langage politiquement correct (« ethniquement marqué » à la place de « noir », par exemple[4]). Suzanne est une « psychopathe », incapable de comprendre les rapports sociaux, tellement obsédée par sa réussite qu'elle n'a qu'une vision déformée de la réalité[4]. Elle n'est pas très intelligente et doit avant tout son ascension à sa volonté et sa détermination[4].

Femme brune avec d'immenses yeux bleus, un grand nez fin et une grande bouche
Illeana Douglas qui incarne Janice, la belle-sœur de Suzanne Stone.

À l'inverse, la belle-sœur de l'héroïne, Janice et Lydia, l'adolescente mal dans sa peau qui fait partie du trio que filme Suzanne, sont des exemple de l'autre type de personnages féminin qui se trouve dans l'œuvre de Gus Van Sant : la fille marginale[4]. L'adolescente voit Suzanne comme l'incarnation de la « féminité accomplie », féminité et capacité à créer du désir dont elle se sent dépourvue[4]. Janice est l'opposé de Suzanne : intelligente et lucide, elle saura atteindre son but ses buts (elle intègre la troupe de Holiday on Ice (en)) mais elle semble privée de la possibilité de créer du désir sexuel[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Bouquet et Lalanne, p. 77-78.
  2. Gus Van Sant tournera finalement son film Harvey Milk plus de dix ans plus tard, il sortira en 2008.
  3. a, b et c (en) Richard Corliss, « An Actress To Die For », Time,‎ 24 juin 2001 (lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Bouquet et Lalanne, p. 79-82.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]