Patriarcat orthodoxe de Jérusalem

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Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem
(Ελληνορθόδοξο Πατριαρχείο Ιεροσολύμων)
Fondateur(s) Jacques le frère du Seigneur
Autocéphalie/Autonomie déclarée 451
Autocéphalie/Autonomie reconnue 451
Primat actuel Patriarche Théophile III
Siège Jérusalem
Territoire primaire Israël, Palestine, Jordanie
Extension territoriale Exarchats, Le patriarche sacre l'archevêque du Sinaï
Rite byzantin
Langue(s) liturgique(s) grec
Tradition musicale byzantine
Calendrier julien
Population estimée 150 000
le symbole "TΦ" (Tau + Phi) signifiant 'taphos' est celui de la confrérie du Saint-Sépulcre qui relève du patriarcat grec-orthodoxe.

Le Patriarcat de Jérusalem ou Église orthodoxe de Jérusalem est une juridication canonique autocéphale de l'Église orthodoxe pour Israël, la Palestine, la Jordanie et le Sinaï. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche de la Sainte Cité de Jérusalem et de toute la Palestine, de Syrie, d'Arabie Pétrée, du Jourdain, de Cana de Galilée et de la sainte Sion, avec résidence à Jérusalem, à la petite Galilée (titulaire actuel : Sa Béatitude Théophile III [1], depuis le 22 août 2005).

L'Église orthodoxe de Jérusalem, dont la juridiction inclut Israël, la Palestine, la Jordanie et le Sinaï, n'a jamais été importante numériquement, mais a toujours occupé une place spéciale au sein de l'Église orthodoxe du fait de son rôle de gardienne des Lieux saints de Jérusalem. Le patriarche orthodoxe de Jérusalem est un Grec, mais la majorité du clergé et des fidèles sont Arabes.

Nom[modifier | modifier le code]

Comme les autres Églises orthodoxes du Proche-Orient, elle est nommée localement « roumie », c'est-à-dire « romaine » ou byzantine, ce mot arabe se traduit souvent par « grec-orthodoxe ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Judéo-chrétiens et Église primitive[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 134, au début de la seconde révolte juive contre Rome, les chrétiens de Palestine (Israël), sont majoritairement juifs et représentent encore le pôle central de l'Église primitive. Leur qehila a une structure de type collégiale: la liste des 15 premiers évêques de Jérusalem donnée par Eusèbe de Césarée semble en effet se référer à des "épiscopes" ayant siégé en commun à Jérusalem[1]. L'échec de la révolte de bar Kezibha (dit aussi Bar Kochba, ou Bar-Kokhba) entraîne l'expulsion des juifs de Jérusalem par l'empereur Hadrien et la destruction presque complète de la ville sainte, où une population païenne, d'origine syrienne vraisemblablement, viendra s'installer dans une ville désormais reconstruite sous le nom d'Ælia Capitolina. Depuis lors les évêques sont d'origine non juive ("pagano-chrétienne" ou "ethnico-chrétienne")[2], ce qui n'empêche pas dans le pays la présence de communautés judéo-chrétiennes. Le Contra Haereses d'Épiphane de Salamine fait allusion à plusieurs de ces communautés, que l'on peut également voir à l'œuvre, en la personne de Jacques notamment, dans certaines couches anciennes des Écrits pseudo-clémentins[3]. Si elles sont qualifiées d' "hérétiques" à partir du IVe siècle, l'influence de certaines d'entre elles (du "nazoréisme" par exemple[4]) sur la formation du christianisme en Palestine (et par là dans le reste de l'empire) ne doit pas être sous-estimée. Les sources liturgiques en particulier permettent de retracer le rôle important qu'a joué le judéo-christianisme, au plan des formules comme des rites liturgiques, dans l'histoire du christianisme d'empire[5].

Patriarcat de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Au Concile de Chalcédoine en 451, il est décidé du détachement du patriarcat d'Antioche des trois provinces de la Palestine pour en constituer un patriarcat autonome.

Jusque vers l'époque des croisades (XIIe siècle), l'Église de Jérusalem a joui d'un rite liturgique propre. Ce rite a lui-même influencé le rite de la capitale de l'empire byzantin, Constantinople, souvent d'ailleurs par l'intermédiaire de sa transposition monastique à Mar Saba. Il est donc une des sources essentielles de la liturgie byzantine, avec la tradition d'Antioche et celle de Constantinople même.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Le Patriarche Irénée Ier a été déposé en mai 2005 à la suite d'un scandale lié à des opérations immobilières à Jérusalem. Il est soupçonné d'avoir vendu (ou d'avoir laissé vendre) des terrains à des investisseurs juifs israéliens.

Il a été remplacé par Théophile III le 22 août 2005. Ce dernier a été reconnu très vite après son élection par l'Autorité palestinienne et la Jordanie. Israël ne l'a pas reconnu jusqu'à ce jour et continue de considérer son prédécesseur comme étant le patriarche.

Organisation[modifier | modifier le code]

Territoire canonique

Le territoire canonique du patriarcat orthodoxe de Jérusalem comprend Israël, la Palestine et la Jordanie.

Juridictions

Nota bene : cette liste, dressée à titre indicatif et provisoire, reprend des éléments de différentes sources qui ne se recoupent pas entièrement)

  • Archevêché patriarcal de Jérusalem
  • Archevêché de Tibériade
  • Archevêché de Gaza
  • Archevêché de Constantinis
  • Archevêché de Kiriakoupolis
  • Archevêché de Sébaste
  • Archevêché du Mont-Thabor
  • Archevêché de Diocésarée
  • Archevêché de Philadelphie
  • Archevêché de Hiéropolis et de la Jordanie orientale (Amman)
  • Métropole de Pétra
  • Métropole de Neapolis (Naplouse)
  • Métropole d'Ascalon
  • Métropole de Scythopolis (Nazareth)
  • Métropole de Jaffa
  • Métropole d'Éleuthéropolis
  • Métropole de Ptolemais (Acre)
  • Métropole de Bostra

Représentation en dehors du territoire canonique

Le patriarcat a des représentants en dehors de son territoire primaire qui portent le titre d' « exarques du Saint-Sépulcre ».

Il dispose d'une quinzaine de paroisses aux États-Unis, notamment en Californie.

La paroisse orthodoxe de Doha au Qatar dépend également du patriarcat de Jérusalem (le patriarche Théophile III fut représentant du patriarcat au Qatar)[6].

Confrérie du Saint-Sépulcre dont l'emblème est le Tau-Phi ci-contre.

Patrimoine immobilier[modifier | modifier le code]

L'Église orthodoxe de Jérusalem est aujourd'hui le plus grand propriétaire foncier d'Israël avec de nombreuses propriétés et d'immenses terrains acquis au cours des siècles. À Jérusalem, la Knesset, la résidence du Chef de l'État, la grande synagogue sont ainsi construites sur des terrains appartenant au Patriarcat.

La gestion de cet immense patrimoine est un enjeu non seulement économique mais aussi politique.

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

L'Église est membre du Conseil œcuménique des Églises ainsi que du Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ignace Dick, Les Melkites, Brepols (col. Fils d'Abraham), Turnhout, 1994
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Y. Lederman, The Jewish Bishops of Jerusalem, Revue biblique, 104 (1997), 211-222
  2. Selon François Blanchetière,Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien les concepts de pagano-chrétiens et de judeo-chrétiens sont un peu dépassés s'ils restent commodes d'usages
  3. qui ne doivent pas être prises au mot comme de l'histoire, si l'on suit Blanchetière op. cit., et plus encore Daniel Boyarin, Mourir pour Dieu, Bayard
  4. Voir l'article Judéo-nazaréisme
  5. Éléments dans S. Verhelst, Les traditions judéo-chrétiennes dans la liturgie de Jérusalem, spécialement la Liturgie de saint Jacques frère de Dieu (Textes et études liturgiques. Studies in Liturgy, 18), Louvain (Leuven), 2003.
  6. St. Isaac and St. George Greek Orthodox Church of Qatar