Miaphysisme

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Le miaphysisme est une doctrine christologique développée au Ve et VIe siècles par Dioscore, patriarche d'Alexandrie de 444 à 451 ou 454, puis Sévère, patriarche d'Antioche de 512 à 518, à partir de la formule promue par Cyrille d'Alexandrie[1] :

« μία φύσις τοῦ θεοῦ λόγου σεσαρκωμένη
(mía phýsis toû theoû lógou sesarkōménē, « Une est la nature (mia physis) incarnée de Dieu le Verbe »). »

Sévère d’Antioche exposait la doctrine ainsi, suivant le rapport de l’évêque jacobite Bar-Hebraeus :

« En Jésus-Christ, il n’y a qu’une nature, la divine et l’humaine, sans confusion, sans mélange et sans corruption, et qui demeurent ce qu’elles étaient ; de même que la nature de l’homme est de deux natures, de l’âme et du corps ; et que le corps est aussi composé de deux natures, la matière et la forme, sans que l’âme soit changée au corps et la matière en la forme[2]. »

C'est cette doctrine que développait Jean Philopon dans ses Tmimata :

« Aussi nous ne disons pas qu’il y a une nature ou une hypostase de la divinité et de l’humanité, mais bien du Christ composé ; car nous confessons et nous adorons [le Christ en une seule nature] ou hypostase, en tant que composé. Nous n’admettons point la destruction de l’une, ni la confusion [ou le mélange] des deux. [...] nous croyons que le Verbe de Dieu s’est incarné de telle sorte qu’il y a eu union de la nature divine et de l’humanité[3] »

Pour le miaphysisme, on ne peut donc pas parler de monophysisme au sens d'Eutychès qui enseignait qu'il n'y a qu'une nature en Jésus-Christ, la nature divine, par laquelle a été absorbée la nature humaine « comme une goutte d'eau l'est par la mer ». C'est la doctrine d'Eutychès qui a été condamnée au concile de Chalcédoine.

Les Églises des trois conciles suivent la doctrine miaphysite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. formule d'Apollinaire de Laodicée qu'il attribuait, à tort, à Athanase d'Alexandrie, Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, PUF, 1997, p. 355.
  2. François Nau, « En quelle mesure les Jacobites sont-ils monophysites ? », Revue de l'Orient chrétien,‎ 1905, p. 128-129 (lire en ligne).
  3. Chronique de Michel le Syrien, tome II, livre VIII, chapitre XIII, [p. 110 (page consultée le 25 octobre 2012)].

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Jean Philopon, Tmimata, « Contre le concile de Chalcédoine », cité dans la Chronique de Michel le Syrien, traduction française de Jean-Baptiste Chabot, tome II, Pierre Leroux, Paris, 1901, livre VIII, chapitre XIII, p. 92 [lire en ligne (page consultée le 25 octobre 2012)].
  • François Nau, « En quelle mesure les Jacobites sont-ils monophysites ? », Revue de l'Orient chrétien,‎ 1905 (lire en ligne).
  • Eusèbe Renaudot, Perpétuité de la foi, tome III, Migne, 1841, livre I, chapitre VIII : « Des jacobites » [lire en ligne (page consultée le 27 octobre 2012)].

Liens internes[modifier | modifier le code]