Église catholique syro-malabare

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Église catholique syro-malabare
Union à Rome 1599
Primat actuel George Alencherry
Siège Ernakulam, Inde
Territoire primaire Inde du Sud
Extension territoriale Inde du Nord, États-Unis
Rite syriaque oriental
Langue(s) liturgique(s) syriaque, malayalam
Population estimée 3 700 000 (2005)

L'Église catholique syro-malabare est une des Églises catholiques orientales du Kerala en Inde. Elle appartient au rite chaldéen. Le chef de l'Église porte le titre d'Archevêque majeur d'Ernakulam-Angamaly des Syro-Malabares, avec résidence à Ernakulam. Son titulaire, George Alencherry a été créé Cardinal par le pape Benoît XVI le 18 février 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Église de Malabar et Synode de Diamper.

Le christianisme s'est implanté très tôt en Inde, particulièrement dans le Sud-Ouest de l'Inde (actuel État du Kerala). La tradition locale fait remonter l'origine de l'Église de Malabar à l'apôtre Thomas, donc dès le premier siècle de notre ère. Cette Église fut placée assez tôt sous la juridiction de l'Église de l'Orient[réf. souhaitée], dont elle adopta le rite syriaque oriental et les usages, et qui lui envoyait ses évêques.

Les premiers contacts avec les Portugais au début du XVIe siècle se passèrent sans heurts. Cependant, en 1599, Alexis de Menezes[1], l'archevêque portugais de Goa (de rite latin), réunit un synode local à Diamper. Les Chrétiens de saint Thomas furent placés de force sous la juridiction de l'Église de Rome. Un jésuite, Francisco Roz, fut nommé évêque, qui latinisa fortement le rite (avec des emprunts au rite de Braga[2]). Les livres sacrés de l'anciennne Église malabare seront brûlés[3].

En réaction, une très grande partie des Chrétiens locaux suivirent le prêtre Thomas Palakomatta qui en 1653 se fit consacrer évêque et métropolite, se plaçant quelques années plus tard sous la juridiction de l'Église syriaque orthodoxe (de rite syriaque occidental).

L'Église catholique syro-malabare est la branche qui resta dans la juridiction romaine après le synode de Diamper. Les Jésuites durent céder la place aux Carmes déchaux, mais il faudra attendre la fin de XIXe siècle pour voir la création de juridictions spécifiques et la nomination d'évêques d'origine et de rite locaux. Une hiérarchie complètement syro-malabare fut établie par Pie XI en 1923.

En 1962, la messe syriaque orientale primitive fut rétablie en partie mais une tendance relatinisante existe depuis 1968[4]. Aujourd'hui, des dissensions opposent toujours les partisans d'un rétablissement des traditions syriaques orientales délatinisées et les partisans d'un rite plus occidentalisé.

En 1993, l'Église a été élevée au rang d'Église archiépiscopale majeure. Elle est depuis dirigée par un archevêque majeur, métropolite d'Ernakulam.

Le , le diocèse saint Thomas de Chicago a été érigé pour les Syro-Malabares catholiques installés aux États-Unis.

Le 24 mai 2011, après des siècles de nomination par Rome, et en conformité avec les règles canoniques catholiques prévues pour les Eglises archiépiscopales majeures, un synode rassemblant les différents responsables de l'Église syro-malabare a élu à sa tête Sa Béatitude Mar George Alencherry, élection confirmée le 25 mai par Benoît XVI. Cet archevêque majeur a été créé Cardinal par Benoît XVI lors du Consistoire du 18 février 2012[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

Église catholique syro-malabare au Kerala

Territoire propre (territorium propium)

  • Archéparchie majeure d'Ernakulam-Angamaly
    • Éparchie d'Ernakulam-Angamaly (1896)
    • Éparchie de Kothamangalam (1956)
    • Éparchie d'Idukki (2003)
  • Archéparchie de Changanacherry
    • Éparchie de Changanacherry (1896)
    • Éparchie de Palai (1950)
    • Éparchie de Kanjirappilly (1977)
    • Éparchie de Thuckalay (1996), au Tamil Nadu
  • Archéparchie de Thrissur
    • Éparchie de Thrissur (1896)
    • Éparchie de Palakkad (1973)
    • Éparchie d'Irinjalakuda (1978)
  • Archéparchie de Thalassery
    • Éparchie de Thalassery (1953)
    • Éparchie de Manathavady (1973)
    • Éparchie de Thamarassery (1986)
    • Éparchie de Belthangady (1999), au Karnataka
  • Archéparchie de Kottayam (1911) (Knanayas)

Hors territoire propre

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

Depuis 1994, l'Église catholique syro-malabare participe à une série de discussions œcuméniques avec les autres Églises de tradition syriaque, à l'initiative de la Fondation Pro Oriente, organisme dépendant du diocèse catholique de Vienne en Autriche. Ces discussions rassemblent des représentants d'Églises catholiques et séparées, de tradition syriaque occidentale (Église syriaque orthodoxe, Église catholique syriaque, Église malankare orthodoxe, Église catholique syro-malankare, Église maronite) et de tradition syriaque orientale (Église apostolique assyrienne de l'Orient, Ancienne Église de l'Orient, Église catholique chaldéenne, Église catholique syro-malabare).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eusèbe Renaudot, Perpétuité de la foi, tome III, Migne, 1841, livre I, chapitre V : « Des nestoriens... » [lire en ligne (page consultée le 27 octobre 2012)].
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)
  • Charles de Clercq, Conciles des Orientaux catholiques, in Histoires des Conciles d’après les documents originaux, Librairie Letouzey et Ané, Paris, 1949 et 1952, livre 1, pp 33-65.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eusèbe Renaudot, op. cité, col 50.
  2. Irénée-Henri Dalmais, Les liturgies d'Orient, Cerf (col. Rites et symboles), Paris, 1980, p. 48
  3. Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994, p. 444
  4. Petit dictionnaire de l'Orient chrétien (§ Église syro-malabare), Brepols, Turnhout, 1991, p. 196
  5. Source : sa notice sur le site du Saint-Siège.