Fragment de Muratori

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Dernière page du fragment de Muratori, publié par Tregelles en 1868

Le fragment de Muratori est la plus ancienne liste connue d'écrits considérés comme authentiques (« canoniques ») par les chrétiens.

Description[modifier | modifier le code]

Publié pour la première fois en 1740 par Ludovico Antonio Muratori (1662-1750), historien italien qui l'a découvert à la Bibliothèque ambrosienne de Milan, le fragment de Muratori est un manuscrit contenant une discussion sur les livres de foi acceptés par les Églises que fréquente l'auteur, resté inconnu. Ces livres forment ce qui sera plus tard appelé le Nouveau Testament. Quatre fragments du Canon ont été trouvés en 1897 dans des manuscrits des XIe et XIIe siècles de la bibliothèque du Mont-Cassin.

Auteur et datation[modifier | modifier le code]

Rédigé en latin au VIIe ou VIIIe siècle, il est la traduction d'un original en grec dont l'origine et la datation sont débattus. Une référence au Pasteur d'Hermas et à l'évêque de Rome Pie l'ont fait situer à la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle avec une origine romaine, ce qui l'a longtemps fait considérer comme la plus ancienne ébauche de canon néotestamentaire. Cette option est contestée depuis le dernier quart du XXe siècle et une partie significative de la recherche considère désormais que l'original est d'origine orientale, composé au IVe siècle[1]. Il existe un fort consensus au sein de la recherche du début du XXIe siècle pour considérer la formation du canon comme un processus assez long, stimulé par les controverses avec les mouvements chrétiens hétérodoxes, dont la première concrétisation remonte à une lettre d'Athanase d'Alexandrie datée de 367 : ainsi le canon du Nouveau Testament - compris comme la collection exclusive d'une série de livres de l’Écriture reconnus par l'orthodoxie - est plutôt à dater des IVe et Ve siècles[1]. Toutefois une partie de la recherche reste attachée à une datation et fixation plus haute[2].

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte est malheureusement mutilé : le début et la fin du manuscrit sont manquants.

Il commence par une phrase incomplète qui peut être une référence plausible à Marc. Viennent ensuite Luc et Jean (qu'il cite respectivement comme 3e et 4e évangiles). Matthieu était probablement repris dans la partie manquante. Il attribue 13 lettres (épîtres) à Paul dans l'ordre suivant: Corinthiens I et II, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Galates, Thessaloniciens I et II, Romains, Philémon, Tite et Timothée I et II. Les deux épîtres de Jean, celle de Jude, la Sagesse de Salomon, l'Apocalypse de Jean et celle de Pierre reçoivent son approbation (bien que ce dernier texte semble être rejeté par plusieurs fidèles). L'auteur cite également quelques ouvrages considérés par ses contemporains comme des faux tels que les « lettres aux Laodicéens ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Harry Gamble, « The Formation of the New Testament Canon and Its Significance for the History of Biblical Interpretation », dans Alan J. Hauser et Duane F. Watson (éds.), A History of Biblical Interpretation, vol. I : The Ancient Period, Wm. Β. Eerdmans Publishing,‎ 2003 (ISBN 0-8028-4273-9), p. 410
  2. Harry Gamble, « The Formation of the New Testament Canon and Its Significance for the History of Biblical Interpretation », dans Alan J. Hauser et Duane F. Watson (éds.), A History of Biblical Interpretation, vol. I : The Ancient Period, Wm. Β. Eerdmans Publishing,‎ 2003 (ISBN 0-8028-4273-9), p. 411

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Une traduction en français du début du fragment peut être trouvé dans Graham Stanton, Parole d'Évangile ?, Les Éditions du Cerf, coll. « L'histoire à vif »,‎ 1997, 134 p. (ISBN 2-204-05585-9), traduit de l'anglais