Laodicée du Lycos

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Laodicée du Lycos
(grc) Λαοδίκεια ἡ ἐν Φρυγία
Ruines de Laodicée (Gravure de William Miller 1842 - 1847)
Ruines de Laodicée (Gravure de William Miller 1842 - 1847)
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province Denizli
District Denizli
Région de l'Antiquité Phrygie
Coordonnées 37° 50′ 09″ N 29° 06′ 33″ E / 37.835768, 29.10914 ()37° 50′ 09″ Nord 29° 06′ 33″ Est / 37.835768, 29.10914 ()  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Laodicée du Lycos
Laodicée du Lycos

La ville antique de Laodicée du Lycos (en latin : Laodicea ad Lycum, Laodicée au bord du Lycos, en grec : Λαοδίκεια ἡ ἐν Φρυγία, Laodicée de Phrygie) en Carie, en Lydie ou en Phrygie[1] était la capitale de la Phrygie en Asie Mineure. Ses ruines sont encore visibles à proximité entre le village de Goncali et le quartier d'Eskihisar (en turc : Vieille citadelle), à 6 km du centre de Denizli en Turquie.

Elle porte le nom de l'épouse d'Antiochos II, de la dynastie des Séleucides, fondateur de la ville au IIIe siècle av. J.-C. Le nom de Laodicée étant commun à de nombreuses villes on lui ajouta ad Lycum du fait de sa proximité avec le fleuve Lycus ou Lycos.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vallée du Lycos depuis le théâtre. À l'arrière-plan : Pamukkale.

Vers 546 av. J.-C., le roi de Perse Cyrus II conquiert la Lydie après l’attaque de Crésus en Cappadoce, la région devient une satrapie Perse[2].

Vers 360 av. J.-C., Mausole satrape de Carie après s’être allié à la révolte des satrapes d’Asie Mineure contre le pouvoir central Perse parvient à étendre ses possessions à la Lydie[2].

En 334 av. J.-C., l’Anatolie passe sous le pouvoir d’Alexandre le Grand[2].

Entre 261 et 253 av. J.-C. le séleucide Antiochos II fonde la ville de Laodicée[3]

En 188 av. J.-C., Laodicée passe au royaume de Pergame, puis en 133 av. J.-C. sous l'autorité des Romains. Bien que manquant d'eau et frappée par plusieurs séismes considérables, la ville a été extrêmement prospère[2].

Tacite raconte qu'en l'an 60/61 ap. J.C. la ville fut détruite par un tremblement de terre (Annales, 14,27,1).

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En raison de sa forte communauté juive, elle devint rapidement un évêché chrétien. Elle est l'une des sept Églises d'Asie citées dans l'Apocalypse[4]. Les chrétiens de Laodicée se voient reprocher leur tiédeur[5]. Un important concile s'y déroule vers 364 ap. J.-C.. Laodicée va prospérer au détriment de sa voisine Colosse

En 494, la ville est détruite par un tremblement de terre, qui marque le début de son déclin.

Suite à la première percée turque de 1071, des « akıncı » Turkmènes s'installent à ses abords, ce qui engendre des conflits avec les byzantins ne permettant pas le développement de la ville. En 1077, Laodicée devient une ville turque. En 1097, la région est reprise par les Byzantins. En 1102, la ville est prise par le sultan seldjoukide de Roum Kılıç Arslan Ier. Les Byzantins reprennent la ville en 1119.

Les Croisés passent à Laodicée une première fois en 1148. Frédéric Barberousse passe sous ses murs en 1190. Les Seldjoukides reprennent la ville en 1207. La ville de Denizli est fondée par les Seldjoukides, à côté de l’ancienne Laodicée. Elle s’est d’abord appelée Ladik par altération de Laodicée. Le site de Laodicée est abandonné.

Turquie 2009 177 Laodicee.jpg

Denizli devient le domaine de la dynastie de Germiyanides. La dynastie beylicale de Ladik, apparentés aux Germiyanides, s’y installe en 1261. Les bey se déclarent indépendants des Seldjoukides et mais restent vassaux des mongols Houlagides qui ont renversé les Seldjoukides. Le beylicat qui, disparaît en 1368 annexé par les Germiyanides. En 1390, les Germiyanides doivent se soumettre au sultan ottoman Bayezid Ier. Leur principauté est restaurée par Tamerlan en 1402, mais retombe dans le giron ottoman en 1429.

Vers 1335, le voyageur Ibn Battuta séjourne chez le bey de Ladik. Il écrit que la ville s'appelle aussi Doûn Ghozloh (Dongouzlou) c’est-çà dire, selon lui, la « ville des Porcs ». Il explique que cette ville produit des « étoffes de coton qui n’ont pas leur pareille » et qu’elle est habitée par de nombreux grecs. Il réprouve les mœurs relâchées de la population : Même le cadi de la ville livre ses esclaves grecques à la prostitution[6].

Les premières fouilles de la ville furent menées par l'archéologue canadien Jean des Gagniers en 1961-1963 (université Laval, Québec)[7]. Des travaux de restauration, menés par une équipe turque, ont repris en 2001 et se poursuivent aujourd'hui (2009). On y a retrouvé en 2011 une église datant du IVe siècle, dont la communauté chrétienne est mentionnée dans l'Épître aux Colossiens[8].

Plan du site[modifier | modifier le code]

Turquie 2009 170 Laodicee.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Laodicée sur le Lycus, Laodicea ad Lycum », sur L'Encyclopédie (Wikisource)
  2. a, b, c et d (tr) « Denizli'nin Tarihçesi / Kronoloji », sur « Site de la province de Denizli » (Histoire de Denizli / Chronologie)
  3. Colin McEvedy, Cities of the Classical World : An Atlas and Gazetteer of 120 Centres of Ancient Civilization, Penguin UK,‎ 2011 (ISBN 9780141967639, présentation en ligne)
  4. Les sept Églises : Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, et Laodicée. Voir l'Apocalypse 1,11.
  5. Apocalypse 3,14-22
  6. Ibn Battûta, Voyages (3 volumes), De la Mecque aux steppes russes, vol. II, (.pdf) 392 p. (ISBN 2-7071-1303-4, présentation en ligne, lire en ligne), p. 120-121 (.pdf)
  7. I. Akşit, Pamukkale - Hiérapolis., p.65.
  8. Une ancienne église de Laodicée découverte en Turquie Le professeur affirme qu’ils ont découvert l’Eglise de Laodicée, l’une des sept églises mentionnées dans la Bible. Pr. Şimşek raconte que l’église du IVe siècle apr. J.-C. a été retrouvée par détection souterraine à l’aide d’un radar, un système qu’ils ont essayé pour la première fois cette année.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]