Ibn Taymiyya

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Ibn Taymiyya
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Naissance

10 Rabi' Al-Awwal 661 H
Harran
Décès

20 dhou Al qa'da 728H
Damas
Langue maternelle
École/tradition
hanbalisme (courant juridique du sunnisme)
Principaux intérêts
Œuvres principales
Al-Aqidat Al-WasittiyahMajmu al-Fatwa
Influencé par
Ahmad Ibn Hanbal • Abdallah Ibn Al-Mubarak • Ibn Batta • Hassan Al-Basri • Al-Baharbari
Père
Shihab al-deen 'Abd al-Halim ibn Taymiyyah (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Taqî ad-Dîn Ahmad ibn Taymiyya[1] (né en 1263 à Harran en Turquie actuelle, mort en 1328 à Damas en Syrie), est un théologien et un juriconsulte (faqîh)[2],[3] musulman traditionaliste du XIIIe siècle, influent au sein du madhhab hanbalite. Son époque est marquée par les conflits entre Mamelouks et Mongols, et il tente d'organiser le djihad contre ces derniers qu'il accuse de mécréance. Se distinguant par son refus de tout ce qu'il considère comme innovation dans la pratique religieuse, rejetant tant Al-Ghazâlî qu'Ibn Arabî[4] tout comme l'ensemble des philosophes (les falasifa), son radicalisme le fait incarcérer à plusieurs reprises par les autorités mameloukes de son époque et il trouve la mort en prison.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il est né en 1263, d'un père arabe et d'une mère kurde[5], dans la ville de Harran (Mésopotamie, aujourd'hui au sud-est de la Turquie)[6] où il passe les premières années de sa vie, puis, à la suite de l'invasion des Mongols, il émigre avec son père, à l'âge de six ans, à Damas. Son grand-père Majd 'ud-dīn 'Abu-l-barakat Ibn Taymiyya était un juriste reconnu du madhhab hanbalite.

Au cours de sa vie, il étudie de nombreux ouvrages, dont L'acquis des connaissances (Mohassal) de Fakhr ad-Dîn Râzî[7].

Djihad contre les Mongols[modifier | modifier le code]

Victoire des Mongols (à gauche) sur les Mamelouks à la bataille de Homs (1299).

Entre 1300 et 1304, lors des derniers raids en Syrie effectués par les Mongols ilkhanides[8], Ibn Taymiyya tente d'inciter au djihad contre ces derniers[9]. Il les combat par les armes, mais également dans ses écrits[8]. Ainsi, il met en doute la conversion à l'islam de ces derniers et de leur chef Mahmud Ghazan Khan[10], les accusant de maintenir leur droit coutumier[11], et de pactiser avec les royaumes chrétiens[10].

Polémiques et emprisonnements[modifier | modifier le code]

Ibn Taymiyya a passé plus de six années dans diverses geôles mameloukes[12], à Damas, au Caire et à Alexandrie, parfois à cause des accusations qu'on lui portait concernant son dogme, et d'autres fois, à cause de certaines de ses opinions en matière de fiqh (jurisprudence) non conformes aux avis des quatre madhhabs, notamment au sujet de la répudiation (il était d'avis que les répudiations non conformes à la sunna, comme la répudiation triple ou la répudiation de la femme en période de règles, sont nulles). Il fut notamment incarcéré pour son opposition au dogme asharite[13]. En effet, les versets du Coran décrivant Dieu comme étant établi au-dessus de son trône font partie des exemples qui ont été au cœur de nombreux débats entre théologiens musulmans de l'époque. Les théologiens asharites interprétaient ces versets comme allégoriques et considéraient qu'affirmer leur sens apparent implique obligatoirement l'anthropomorphisme, ce qu'Ibn Taymiyya réfute.

Il a été emprisonné une dernière fois en 1326, à Damas, pour sa fatwa sur l'interdiction de voyager spécialement pour la visite de la tombe de Mahomet (il affirmait que l'intention doit être d'abord de visiter la mosquée - qui est à côté de la tombe - et non la tombe elle-même). Il meurt en prison en 1328[6]. Il est enterré dans un cimetière soufi de Damas[14].

Œuvre et dogme[modifier | modifier le code]

Connaissance de Dieu[modifier | modifier le code]

Ibn Taymiyya est connu pour ses positions dans tous les domaines de la théologie islamique, entre autres pour avoir été un des seuls à réfuter les autres courants de l'Islam, majoritaires à son époque, en particulier dans le domaine des noms et des attributs de Dieu. Voici un extrait de son livre Al `Aqida Al Wasitiyya'', qu'il compose au cours d'une seule séance de cours après la prière de l'après-midi (`asr) à la suite de la demande d'un juge de Wâsit (un village dans une province de l'Irak) et ceci après l'invasion de l'Irak et de ses environs par les Mongols :

« La foi en Dieu inclut de croire à toutes les qualités que Dieu S’est attribué dans Son livre et à celles que Son messager Muhammad Lui a attribué sans déformation (tahrîf), ni dépouillement (ta`tîl), ni définition du comment (takyîf), ni assimilation (tamthîl).

En effet, les gens de la Sunna et du regroupement ont pour croyance que rien n'est comparable à Allah et qu'Il est Celui qui entend tout et qui voit tout.

[...] car le Très Haut n'a ni semblable ni égal et on ne peut établir d'analogie entre Lui et Ses créatures[15]. »

Au sujet de l'Omniprésence divine d'Allah :

« Il ne faut pas comprendre par cette expression « II est avec vous » qu’Allah est mêlé à Ses créatures. La langue [arabe] n'implique pas cette acception [...] Cependant, ces paroles doivent être mises au-dessus des suppositions non fondées. Il en est ainsi, par exemple, de prétendre que le passage « II est dans le ciel » signifie littéralement que la voûte céleste Le porte et L'ombrage. Cette conception est fausse pour l'ensemble des gens de science et de foi.[16] »

Les musulmans désobéissants qui commettent des grands péchés ne sont pas des mécréants selon Ibn Taymiyya :

« Pour le groupe qui sera sauvé, la religion et la foi sont des paroles que formule le cœur et prononce la langue, et des actes qui procèdent du cœur, de la langue et des membres. La foi s'élève avec l'obéissance et diminue avec la désobéissance. Ce groupe ne dénie pas pour autant aux gens de la Qibla la foi du fait des désobéissances et des grands péchés [qu'ils commettent], [...] « Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde. » [Sourate 49, versets 9-10]. Ce groupe ne dénie pas au Musulman pervers toute foi et ne le condamne pas au séjour éternel dans le Feu comme le soutiennent les Mutazilites. Le pervers demeure croyant [au sens absolu], [...] Nous disons : C'est un croyant dont la foi est imparfaite.[16] »

Toujours dans le même ouvrage et parmi les attributs de Dieu, Ibn Taymiyya insiste plus particulièrement sur la volonté divine :

« Parmi les principes établis dans le Coran et la Sunna et sur lesquels les pieux Prédécesseurs sont tous d'accord, il y a également la distinction entre le vouloir (mashî'a) d'Allah et Sa volonté (irâda), d'une part, et entre Son amour, d'autre part. En effet, le vouloir d'Allah et Sa volonté universelle (irâda kawniyya) concernant toute créature, qu'elle soit aimée d'Allah ou non, [..] Allah fait ce qu'Il veut, et lorsqu'Il veut une chose, Il lui dit ; « Soit ! » et elle survient[17]. »

On peut voir dans les commentaires du livre que ce que veut Allah a lieu et ce qu'Il ne veut pas n'a pas lieu. On voit aussi que le commentateur, Abd ar-Rahman ibn Nasir as-Sadi, rajoute qu'il y a donc une volonté universelle et également prédestinée mais aussi une volonté légale et religieuse (irâda shar`iyya dîniyya) : Allah a voulu, en droit, que Ses serviteurs L'adorent et Lui obéissent. Certains L'ont adoré et Lui ont obéi, d'autres pas[17].

Il affirme que Dieu a créé le monde par un acte de « Sa volonté » et que la révélation prophétique n'est rien d'autre que l'expression de cette volonté. C'est donc par la révélation et non par un exercice de leur raison que les hommes peuvent la connaître. Il s'est donc opposé aux asharites, dominants à son époque[18], ce qui lui a valu plusieurs procès. Doté d'une grande résolution il refusa toujours de négocier ses principes, préférant que les torts de son adversaire soient reconnus, plutôt que de bénéficier d'une grâce royale conditionnée par son silence[réf. nécessaire].

Opinion sur la mystique musulmane (soufisme)[modifier | modifier le code]

Héritée de l’orientalisme du XIXe siècle[19], et accentuée par l’avènement du salafisme, la réputation anti-soufie d’Ibn Taymiyya n’a cessé de voiler la réalité de son œuvre à portée mystique[20]. Henri Laoust fut parmi les premiers à souligner les affinités du savant hanbalite avec le soufisme[21], nuançant de ce fait la réputation anti-soufie dans laquelle était cloisonné Ibn Taymiyya. Des études postérieures sont venues confirmer ces affinités[22], allant même jusqu’à suggérer son appartenance à la confrérie soufie Qādiriyya[23]. Une chose est certaine, il n’existe aucun écrit d’Ibn Taymiyya condamnant le soufisme en tant que tel[24]. Les critiques du savant hanbalite envers certaines doctrines et pratiques du soufisme sont à comprendre dans le contexte historique de la Syrie mamelouke. La réfutation des soufismes, jugés comme contraires au Coran et à la Sunna, s’inscrit dans le cadre d’un réformisme religieux visant à épurer la charia et le soufisme, corps et cœur de l’islam, de ses innovations et de ses « exagérateurs ». Henri Laoust fait remarquer que la seule mystique qu’Ibn Taymiyya ait réellement combattue est le monisme existentiel (ittiḥādiyya)[25]. Le fait qu'Ibn Taymiyya soit enterré dans le cimetière soufi de Damas, au même titre que plusieurs membres de sa famille, n'est nullement surprenant, excepté pour ceux qui s'acharnent à faire taire l'héritage mystique du savant hanbalite[26].

Loin de l’image de rigoriste qu'on lui prête parfois, la position du šayḫ al-islām est faite de nuances, et même d’indulgence envers l’ivresse spirituelle des soufis et des extatiques. Il va même jusqu’à excuser les paroles insensées proférées par ces derniers alors qu’ils sont en état d’ivresse spirituelle[27]. Par ailleurs, il fait preuve de la même mansuétude envers les « locutions théopathiques » (šataḥāt) de Bisṭāmī (m. 877), de Nūrī (m. 907) ou de Šiblī (m. 945)[28]. Il fait l’éloge de nombreux maîtres soufis, qu’il qualifie de maîtres soufis « orthodoxes » (mašāyiḫ ahl al-istiqāma), parmi eux : Fuḍayl b. ʿIyāḍ (m. 803), Ibrāhīm b. Adham al-ʿIğlī (m. 777-78), Abū Sulaymān al-Dārānī (m. 830), Maʿrūf al-Karḫī (m. 815), Sarī al-Saqaṭī (m. 867), Ğunayd (m. 910), Ḥammād al-Dabbās (m. 1131) et ʿAbd al-Qādir al-Ğīlānī (m. 1166)[29]. Signalons également qu’Ibn Taymiyya est l’auteur d’un commentaire du Kitāb futūḥ al-ġayb du soufi ʿAbd al-Qādir al-Ğīlānī[30].

Dans son Épître des soufis et des pauvres en Dieu[31], Ibn Taymiyya s’efforce de montrer que le terme « soufisme », loin d’être une appellation sans réalité, désigne une science islamique à part entière, au même titre que le fiqh. Le soufisme implique, selon lui, « la gnose (maʿārif), les états spirituels (aḥwāl), les bonnes mœurs (aḫlāq), les règles de bienséance (ādāb), etc. »[32]. Le soufisme, ou la science des états spirituels, a, selon lui, pour finalité de conduire progressivement le « cheminant » au degré de la proximité divine (qurb). ʿImād al-Dīn al-Wāsiṭī (m. 1311), le disciple qu’Ibn Taymiyya avait initié à la lecture du hadîth, affirme en effet que la voie pour atteindre cette proximité divine n’est autre que l’imitation (mutābaʿa) du Prophète Mahomet, dans ses œuvres extérieures comme dans ses états spirituels[33]. Voilà pour ce qui est de la quintessence du soufisme selon Ibn Taymiyya. Son aspect éthique ne diffère pas de celui des mystiques et des traditionalistes primitifs : « ordonner le bien et interdire le blâmable ».

Critique des philosophes[modifier | modifier le code]

Bon connaisseur des écrits d'Avicenne et très critique à l'égard des philosophes, Ibn Taymiyya s'est donné pour mission le rejet de leurs thèses. Il s'oppose à l'autonomisation de la raison et à l'universalité de la logique chez Averroès, philosophe aristotélicien[34]'[35]. Il considère, ainsi que d'autres théologiens de son époque, la philosophie comme la « religion d'Aristote » et accuse les philosophes de s'y être converti, allant jusqu'à émettre des fâtâwâ les condamnant[2]. Ainsi, il accuse les philosophes de mettre sur le même plan les prophètes cités dans Coran et les législateurs grecs tels que Platon. Il leur reproche de penser la loi divine révélée au prophète Mahomet en fonction d'une philosophie issue du polythéisme, ce qui les conduit à interpréter les textes prophétiques non comme l'enseignement de la vérité, mais comme une sorte de rhétorique s'adressant au peuple.

Nadjet Zouggar écrit :

« Ibn Taymiyya distingue toutefois les philosophes selon lesquels les prophètes ont révélé des choses contraires à la vérité afin de préserver la paix sociale de ceux qui considèrent les prophètes comme des ignorants « qui ne savaient pas [qu’ils enseignaient des contre-vérités] parce que leur perfection relève de la faculté pratique (al-quwwa al-‘amaliyya) et non de la faculté théorétique (al-nazariyya) »[36],[37]. Selon notre auteur, les premiers enseignent qu’il est dans l’intérêt (maslaha) de la foule que l’on s’adresse à elle de sorte qu’elle s’imagine que les choses sont ainsi, même si c’est un mensonge ; auquel cas, ce serait un mensonge dans l’intérêt de la foule, puisqu’il n’existerait d’autres moyens pour la guider vers le chemin du salut que celui de l’instruire par le biais de symboles[38]. »

Dans son traité La Réfutation des partisans de la logique (Kitab al-radd'ala al-mantiqiyyin), il s'en prend principalement aux pensées d'al-Fârâbî, d'Ibn Sab'în, d'Avicenne[6] et de son école[2] ; il considère leurs doctrines comme hérétiques et critique leur tendance à considérer la logique aristotélicienne comme un instrument exclusif et infaillible pour établir la vérité.

Critique de confréries soufies[modifier | modifier le code]

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Il s'est aussi opposé à certaines confréries soufies, notamment celles qu'il considérait comme hérétiques, et désapprouvait le culte des saints et les constructions sur les tombes[39]. La lecture de son livre Al-Fourqan, en français La distinction entre les alliés du Tout Miséricordieux et les alliés de Satan, est une démonstration de ses capacités littéraires, pédagogiques et scientifiques[réf. souhaitée], Ibn Taymiyya y attaque notamment le soufisme dévoyé de gens qui simulent l'ascétisme mais pratiquent en fait le vagabondage[réf. souhaitée].

Cependant il ne s'agit pas d'une condamnation de tous les soufis, bien au contraire, parlant lui-même élogieusement des « gens de science » parmi les soufis qu'il oppose aux négateurs parmi ces derniers. Pour lui seul compte la conformité des actes à la référence prophétique, d'où son refus catégorique de tout discours portant sur des réalités métaphysiques mais ne s'appuyant pas exclusivement sur les informations prophétiques[réf. souhaitée]. Pour Ibn Taymiyya, le but de l'homme n'est pas l'absorption en Dieu, qui assimile le créateur à sa créature, mais l'obéissance à sa volonté révélée[réf. souhaitée]. C'est pourquoi il déclare la mécréance des écrits d'Ibn Arabi[40][réf. à confirmer] et se montre ailleurs plus indulgent envers ceux qui ont sincèrement œuvré mais se sont trompés.

Critique du chiisme[modifier | modifier le code]

En tant que théologien sunnite, il émet des critiques contre le chiisme qu'il condamne également au travers de fâtâwâ. Aux chiites, il conteste entre autres la théologie représentative, l'imamat, auquel il refuse l'autorité spirituelle et l'inspiration divine (ilhām)[41]. Ces critiques se concrétisent à travers La Voie du sunnisme (Minhaj al-Sunna), ouvrage polémique méthodique dans lequel il entend réfuter La Voie du charisme (Minhaj al Karâma), œuvre du théologien chiite 'Allâmeh Hillî[42].

Œuvre eschatologique[modifier | modifier le code]

Ibn Taymiyya a rédigé de longs développements sur l’eschatologie musulmane[43]. Dans sa Profession de foi (al-Aqida al-Wâsitiyya), il définit les étapes de l'après-vie : après la mort survient la « petite résurrection » ou châtiment de la tombe, suivie de la « grande résurrection » ou résurrection des corps et du jour du jugement[44].

La justice[modifier | modifier le code]

Pour Ibn Taymiyya, la première qualité de l'État doit être la justice. Selon lui pour définir ce qu'est la justice, le croyant doit à la fois faire appel aux données scripturaires (Coran) et au raisonnement. Il légitime l'utilisation du raisonnement analogique pour traiter de questions juridiques non traitées par les textes[45]. Aspirant à concilier raison et révélation, Ibn Taymiyya est attaché à la doctrine du « juste milieu » (Wâsitiyya)[46],[47].

Influence et postérité[modifier | modifier le code]

Disciples[modifier | modifier le code]

Ibn Taymiyya a des disciples importants. Le théologien Ibn Al-Qayyim a été son élève le plus rapproché.

L'exégète et historien Ibn Kathîr est l'auteur du célèbre tafsir de référence. L'introduction de son tafsir est reprise pratiquement mot à mot d'un écrit d'Ibn Taymiyya sur les principes de l'exégèse coranique.

Le théologien, spécialiste du hadîth et historien Al-Dhahabi est un autre disciple d'Ibn Taymiyya. Il est l'auteur du Târîkh ul-Islâm (Histoire de l'islam), en une vingtaine de tomes.

Ibn Mouflih, théologien reconnu, a étudié les comportements et caractères louables tirés du Coran et de la Sunna ainsi que les interprétations d'autres théologiens et juristes, notamment des savants du hanbalisme[48].

Wahhabisme et salafisme[modifier | modifier le code]

La pensée d'Ibn Taymiyya n'exerça que peu d'influence en dehors de l'école juridique hanbalite. Bruce Masters écrit que « After his death in prison in 1327, the Muslim scholarly community largely ignored Ibn Taymiyya's radical ideas »[49]. Elle ne prit une certaine importance qu'à partir XVIIIe siècle, lorsqu'elle devint l'une des principales références théologiques du courant wahhabite[50],[51], puis de la réforme salafiste du XIXe siècle[6].

Le spécialiste de sciences politiques et de l'islam Gilles Kepel explique que la Ligue islamique mondiale est créée en 1962 à La Mecque, soutenue par le régime saoudien. Afin de « « wahhabiser » l'islam dans le monde », la Ligue envoie des missionnaires religieux et donne des ouvrages de Mohammed ben Abdelwahhab et Ibn Taymiyya[52]. Kepel précise en note que

« Ces deux auteurs [...] deviendront l'une des références majeures de la mouvance islamiste sunnite à partir des années 1970, ce qu'aura facilité la diffusion massive de leurs œuvres dans toutes les mosquées du monde par les instances de propagation islamiques saoudiennes[53]. »

Ibn Taymiyya et son disciple Ibn Kathir sont des représentants de l'école juridique hanbalite, qui combat les « innovations blâmables » dues à la « voie du raisonnement » pratiquée par l'école chaféite, écrit Gilles Kepel[54]. Ibn Taymiyya et Ibn Kathir sont les principales influences du fondateur du wahhabisme, Mohammed ben Abdelwahhab, l'idéologue de l'islam propagé par l'Arabie Saoudite du XVIIIe siècle au XXIe siècle. Mais les deux auteurs du XIVe siècle ont aussi influencé « les groupes les plus extrémistes » de l'islamisme contemporain, dont certains sont révolutionnaires et opposés à la monarchie saoudienne. Kepel écrit que la « diffusion massive » de la pensée d'Ibn Taymiyya « par les services de propagation de la foi du régime conservateur de Riyad n'en empêchera cependant pas l'usage par les courants les plus radicaux »[55].

Au début du XXIe siècle, de nombreux militants islamistes utilisent ses textes « avec légèreté », en « trahissant sa pensée », pour légitimer leurs actions violentes[56]. Ibn Taymiyya est un des théologiens musulmans les plus cités et les plus controversés au début du XXIe siècle. L'orientalisme hanbalisant[57] dans un premier temps, puis le wahhabisme[58] et le salafisme, lui ont prêté la réputation d'anti-soufi. Certains islamologues au contraire lui prêtent des affinités avec ce courant[59]. C'est le cas d'Éric Geoffroy, qui dénonce la récupération d'Ibn Taymiyya par l'État islamique, caricaturant et simplifiant sa pensée à l'extrême, à l'heure où Ibn Taymiyya est très cité sur les réseaux sociaux comme Twitter par des sympathisants du djihad. Geoffroy écrit que « la pensée d'Ibn Taymiyya est riche et complexe mais actuellement on simplifie à outrance » et qu'« il n'aurait pas cautionné leurs massacres aujourd'hui »[60]. Le journaliste Robin Verner constate qu'« Ibn Taymiyya est sorti de son anonymat en Occident et de l'oubli relatif où il demeurait au Moyen-Orient pour se trouver drapé dans une légende noire, moulé dans une réputation sulfureuse faisant de lui l'avocat postmortem du djihadisme califal »[60].

Critiques contemporaines[modifier | modifier le code]

L'universitaire égyptien 'Âtif al-'Iràqî a appelé les Arabes en 1999 à rompre avec « l'irrationalisme de Ghazâlî et d'Ibn Taymiyya et à adopter le rationalisme d'Ibn Rushd ». 'Âtif al-'Iràqî accuse Ibn Taymiyya d'avoir des « conceptions obscurantistes et réactionnaires » et de refuser le progrès, contrairement au philosophe andalou Averroès[61].

En 2002, l'écrivain, poète, spécialiste du soufisme et animateur de radio à France Culture Abdelwahab Meddeb, dans son livre La Maladie de l'islam, a estimé qu'il était « peu estimé de ses érudits collègues [et] exaltait les foules incultes »[62]. Les enseignements de Taymiyya demeurent une des sources d'inspiration principales des salafistes[63].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

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Voir sur Wikisource en langue arabe :

Il est l'auteur de nombreux ouvrages religieux. Son disciple Al-Dhahabi a estimé ses écrits à plus de 500 volumes. Plusieurs de ses écrits ont été rassemblés, au début du XXe siècle, dans le recueil ''Majmû'u Fatâwâ Shaykh il-Islâm Ibn Taymiyyah[64]. Auxquels il faut ajouter plusieurs autres ouvrages dont :

  • Al-`Aqîdat ul-Hamawiyya ;
  • Al-`Aqîdat ut-Tadmuriyya ;
  • Al-`Aqîdat ul-Wâsitiyya ;
  • Al-Asma wa's-Sifât
  • Al Fourqan ;
  • Al-Iman ;
  • Al-Jawâb us-Sahîh li-man baddala dîn al-Masîh (la réponse qui suffit à ceux qui ont altéré la religion du Messie) ;
  • An-Noubouwat ;
  • Al-Ouboûdiyya ;
  • As-Sârim ul-Maslûl 'alâ shâtim ir-rasûl (à propos de la punition de celui qui insulte le prophète de l'islam) ;
  • Al-Siyasa al-shar'iyya ;
  • At-Tawassoul wal-Waçîlah, où il distingue l'intercession licite de l'intercession interdite (notamment en ce qui concerne le culte des saints) ;
  • Charh Futuh al-Ghayb (Commentaire sur les révélations sur l'invisible d'Abd al Qadir al-Jilani) ;
  • Charh Hadith Jibrîl (Le deuxième hadith des 40 ahadith compilés par l'imam An-Nawawi) ;
  • Charh ul-Hadîth in-Nuzûl : Explication du hadith selon lequel "Allah descend au premier ciel, au dernier tiers de la nuit..." ;
  • Dar`u ta'ârudh il-'aqli wan-naql (réfutation de l'opposition entre raison et révélation), en 5 tomes ;
  • Fatawa al-Misriyyah ;
  • Fatawa al-Kubra ;
  • Iqtidhâ`u is-Sirât il-Mustaqîmi Mukhâlafata ash`âb il-Jahîm (Après le droit chemin) ;
  • Majmu al-Fatwa : Compilation de Fatwa (36 volumes) ;
  • Majmu al-Fatwa al-Kubra : Cet ouvrage a été recueilli plusieurs siècles après sa mort, et contient plusieurs des œuvres mentionnées ici ;
  • Minhâj as-Sounnat in-Nabawiyyah. Réfutation du chiite Ibn Al-Mutahhir, en plusieurs tomes ;
  • Naqd at-Ta'sis ;
  • Ar-Radd 'ala al-Mantiqiyyin (réfutation de la philosophie grecque) ;
  • Raf' al-Malam (sur le fait de suivre un maddhab ou non).

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Les Actes ne valent que par leurs intentions, Tawhid, 2011.
  • Déontologie de l'exégèse coranique, Albouraq, 2013, trad. Muhammad Diakho.
  • Le Haschich et l'Extase, Albouraq, 2004, trad. Yahya Michot.
  • La Lettre palmyrienne, Nawa Éditions, 2014. Regroupe : 1. Les noms et attributs divins ; 2. Prédestination et Législation.
  • La Lettre palmyrienne. Une théorie du langage appliquée aux questions de dogme, Nawa Éditions, 2017 (Tadmuriyya).
  • Le Livre du Repentir, Nawa Éditions, 2017.
  • Textes politiques. Tome 1, Nawa Éditions, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom complet est : Taqī ad-Dīn Abu 'l Abbās Ahmad ibn 'Abd al-Halīm ibn 'Abd as-Salām ibn 'Abdullah ibn Taymiyya al-Harrānī (arabe : تقي الدين أبو العباس أحمد بن عبد السلام بن عبد الله ابن تيمية الحراني). On trouve parfois la graphie Ibn Tamiya.
  2. a, b et c Mohsen Jahânguiri, traduction Babak Ershadi, « Les détracteurs d’Avicenne », La Revue de Téhéran, no 48, novembre 2009.
  3. Qais Assef, « Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? », sur Oumma.com, partie 1, 13 juin 2011.
  4. Mourad Faher, Approche critique des représentations de l'Islam contemporain, Paris, L'Harmattan, p. 29, extrait en ligne.
  5. (en) Khwaja Khusro Tariq, « Lessons From Islamic History: Ibn Taymiyyah and the Synthesis of Takfir », sur Huffington Post, (consulté le 9 novembre 2017)
  6. a, b, c et d Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Gallimard, 1986, p. 380.
  7. Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Gallimard, 1986, p. 174.
  8. a et b Denise Aigle, « La conception du pouvoir dans l'islam. Miroirs des princes persans et théorie sunnite (XIe-XIVe siècles) », Perspectives médiévales vol. 31, 2007, p. 38.
  9. Denise Aigle, « Loi mongole vs loi islamique », Annales. Histoire, Sciences Sociales 5/2004 (59e année), p. 971-996.
  10. a et b Denise Aigle, « Les invasions de Ġāzān Ḫān en Syrie Polémiques sur sa conversion à l’islam et la présence de chrétiens dans ses armées », École pratique des hautes études CNRS UMR 8167 « Orient et Méditerranée » et Institut français du Proche-Orient, 25 mai 2009.
  11. Nadjet Zouggar, Les textes fondamentaux de la pensée en Islam, Le Point, hors-série no 5, nov.décembre 2005, p. 54.
  12. Wael B. Hallaq, Ibn Taymiyya against the Greek logicians, éOxford University Press, 1993, p.  XI, note 1, extrait en ligne.
  13. Henri Laoust, La profession de foi d'Ibn Taymiyya, éd. Geuthner, 1986, p. 19.
  14. (Localisation de sa tombe à Damas : http://maqbara-sufiyya.ibntaymiyya.org/).
  15. Ibn Taymiyya, ''Al `Aqida Al Wasitiyya, page 15. Éditions Dar Al Muslim (2007). (ISBN 978-2-9522567-7-3)
  16. a et b [1].
  17. a et b Ibn Taymiyya, Al `Aqida Al Wasitiyya, pages 46-47. Éditions Dar Al Muslim (2007). (ISBN 978-2-9522567-7-3)
  18. Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Paris, Gallimard, 1986, p. 174-176.
  19. George Makdisi, L’islam hanbalisant (Paris: Geuthner, 1983), p. 43–49.
  20. Pour la « wahhabisation » progressive de l’islam sunnite et l’hostilité de Muḥammad b. ʿAbd al-Wahhāb (1703-1792) envers le soufisme, voir Esther Peskes, « The wahhābiyya and sufism in the eighteenth century », dans Islamic Mysticism Contested: Thirteen Centuries of Controversies and Polemics, Frederick De Jong and Bernd Radtke. (Leiden: Brill, 1999), p. 145–161.
  21. [Henri Laoust], Essai sur les doctrines sociales et politiques de Taḳī-d-Dīn Aḥmad b. Taimīyah : Canoniste ḥanbalite né à Ḥarran en 661/1262, mort à Damas en 728/1328 (Le Caire: IFAO, 1939), p. 89–93.
  22. Makdisi, L’islam hanbalisant, p. 54.
  23. George Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order », American Journal of Arabic Studies, n°1 (1973) : p. 118–129.
  24. Pour un aperçu des doctrines soufies incriminées par Ibn Taymiyya, voir Henri Laoust, « Le réformisme d’Ibn Taymiya », Islamic Studies, I, n° 3 (1962) : p. 32–34.
  25. Laoust, Essai, p. 91.
  26. Pour la localisation de sa tombe à Damas, voir [2].
  27. Ibn Taymiyya, Maǧmūʿ al-fatāwā, éd. par ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. Qāsim (Beyrouth: Muʾassasat al-risāla, 1978), t. XI, p. 10.
  28. Ibn Taymiyya, MF, t. X, p. 220–221.
  29. Makdisi, « Ibn Taimīyah: a ṣūfī of the Qādiriya order », p. 127.
  30. Ibid.
  31. Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p. 5–23. Traduit et commenté dans un article à paraître en 2012 et disponible en ligne : Qais Assef, « Le soufisme et les soufis selon Ibn Taymiyya », Institut français du Proche-Orient.
  32. Ibid., t. XI, p. 21.
  33. Éric Geoffroy, « Le traité de soufisme d’un disciple d’Ibn Taymiyya: Aḥmad ʿImād al-dīn al-Wāsiṭī (m. 711/1311) », Studia Islamica, n°82 (1995): p. 89.
  34. Mohamed-Chérif Ferjani, « Le devenir de l'œuvre d'Ibn Rosh dans le monde arabe », dans André Bazzana, Nicole Bériou, Pierre Guichard, Averroès et l'averroïsme (XIIe-XVe siècle) : un itinéraire historique du Haut Atlas à Paris et à Padoue, Lyon, Presses universitaires de Lyon, (lire en ligne), p. 239-248.
  35. Ali Benmakhlouf, Pourquoi lire les philosophes arabes, Paris, Albin Michel, , 208 p. (ISBN 9782226339188, lire en ligne).
  36. (ar) Ibn Taymiyya, Kitâb al-Radd 'alâ al-mantiqiyyîn, (La réfutation des logiciens), Bombay, , 140 p..
  37. (ar) Ibn Taymiyya, Dar’ ta‘ârud al-‘aql wa-l-naql, Riad, M. R. Sâlim, , 8-11 p..
  38. Nadjet Zouggar, « Les philosophes dans la prophétologie sunnite », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem,‎ (ISSN 2075-5287, lire en ligne).
  39. Mathieu Guidère, La Guerre des islamismes, Paris, Gallimard, 2017, fin du chapitre I.
  40. Cf. les traités Ar-Radd al-aqwam 'alâ mâ fî kitâb-i et Rasâ'il Chiekh al-Islâm ibn Taymiyah, éd. du Caire, 1949. Cités dans l'Encyclopédie des mystiques, tome 2, p. 488, éd. Seghers, 1977.
  41. Caterina Bori, « Théologie politique et Islam à propos d'Ibn Taymiyya (m. 728/1328) et du sultanat mamelouk », Revue de l'histoire des religions, 1 | 2007, p. 15.
  42. Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Paris, Gallimard, 1986, p. 381.
  43. Ahyaf Sinno, « Les fins dernières d'après les Fatawa (Responsa) d'Ibn Taymiyya », dans Dominique Avon et Karam Rizk, « De la faute et du salut dans l'histoire des monothéismes », Éditions Karthala, 2010, p. 123.
  44. Henri Laoust, La Profession de foi d'Ibn Taymiyya, Geuthner, 1986 p. 33.
  45. Diane Steigerwald, « L'islâm: les valeurs communes au judéo-christianisme », Médiaspaul, 2000, p. 182.
  46. Abderrahim Lamchichi, « Femmes et islam: l'impératif universel d'égalité » citant Henri Laoust, Éditions L'Harmattan, 2006, p. 69.
  47. Ahyaf Sinno, « Les fins dernières d'après les Fatawa (Responsa) d'Ibn Taymiyya », dans Dominique Avon et Karam Rizk, « De la faute et du salut dans l'histoire des monothéismes », Éditions Karthala, 2010, p. 124.
  48. [3]
  49. (en)Gábor Ágoston et Bruce Alan Masters (dirs.), Encyclopedia of the Ottoman Empire, éd. Facts on File, 2006, p.  552, extrait en ligne ; Ovamir Anjum, Reason and politics in medieval Islamic thought : The Taymiyyan moment, éd. ProQuest/University of Wisconsin, 2008, p. 39, extrait en ligne.
  50. Djaffar Mohamed-Sahnoun, « Les chi'ites: contribution à l'étude de l'histoire du chi'isme des origines à l'époque contemporaine », Publibook, 2006.
  51. Stéphane Lacroix, Les Islamistes saoudiens. Une insurrection manquée, Presses Universitaires de France (PUF), Collection Proche-Orient, 2010.
  52. Kepel 2003, p. 92.
  53. Kepel 2003, p. 592.
  54. Kepel 2003, p. 598-599.
  55. Kepel 2003, p. 122.
  56. Berthet Ali, « Mardin, le fetwa d'Ibn Taymiyya », sur SaphirNews.com, 26 avril 2005.
  57. George Makdisi, « L'islam hanbalisant », Paris, Geuthner, 1983.
  58. Esther Peskes, « The Wahhābiyya and Sufism in the Eighteenth Century », dans Frederick De Jong et Bernd Radtke, « Islamic Mysticism Contested: Thirteen Centuries of Controversies and Polemics », Leyde, Brill, 1999, p. 145-161.
  59. [PDF] Qais Assef, « Le soufisme et les soufis selon Ibn Taymiyya », Institut français du Proche-Orient, 28 juin 2011.
  60. a et b Robin Verner, « Ibn Taymiyya, théologien du XIVe siècle et gourou de la Twittosphère islamiste », sur www.slate.fr, (consulté le 10 avril 2017).
  61. Nicole Bériou et Pierre Guichard, Averroès et l'averroïsme, XIIe-XVe siècle : Un itinéraire historique du Haut Atlas à Paris et à Padoue, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 348 p. (ISBN 9782729707699, lire en ligne), p. 245.
  62. Sylvie Denoix, « Critique de La maladie de l’islam d'Abdelwahab Meddeb », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, juillet 2003, p. 334-338.
  63. (en) Natana J. Delong-Bas, Wahhabi Islam: From Revival and Reform to Global Jihad, éd. I.B.Tauris, 2007, p. 273, [4].
  64. (ar) Majmû'u Fatâwâ Shaykh il-Islâm Ibn Taymiyyah (35 tomes).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Gilles Kepel, Jihad : Expansion et déclin de l'islamisme, Paris, Gallimard, coll. « Folio actuel », (1re éd. 2000), 751 p. (ISBN 9782070429318).
  • Charles Saint-Prot, Islam : L'avenir de la Tradition entre révolution et occidentalisation, Paris, Le Rocher, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notice d'autorité d'Ibn Taymiyya