Grande mosquée de Bruxelles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
La mise en forme de cet article est à améliorer (décembre 2016).

La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ». Découvrez comment faire.

La typographie, les liens internes ou externes, les conventions de style, la présentation des sourcesetc. sont autant de points qui peuvent ne pas convenir voire être absents. Les raisons de la pose de ce bandeau sont peut-être précisées sur la page de discussion. Si seules certaines sections de l'article sont à wikifier, pensez à les indiquer en utilisant {{section à wikifier}}.

image illustrant une mosquée image illustrant la Région de Bruxelles-Capitale
Cet article est une ébauche concernant une mosquée et la Région de Bruxelles-Capitale.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Grande mosquée de Bruxelles
Image illustrative de l'article Grande mosquée de Bruxelles
Présentation
Nom local Grande mosquée de Bruxelles
Culte Religion musulmane
Type Mosquée
Début de la construction 1879 (bâtiment d'origine)
Fin des travaux 1978 (transformation)
Style dominant architecture arabe moderne
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Ville Bruxelles
Coordonnées 50° 50′ 37″ nord, 4° 23′ 16″ est

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Grande mosquée de Bruxelles

La grande mosquée de Bruxelles, située dans le parc du Cinquantenaire est la plus ancienne mosquée de la ville[1]. Elle est également le siège du Centre islamique et culturel de Belgique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du bâtiment[modifier | modifier le code]

Le parc du Cinquantenaire fut créé à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de la Belgique en 1880. À la suite de cet événement furent construits l’arc de triomphe, ainsi que les bâtiments de deux Musées (Musée Royale de l’Armée et Musées Royaux d’Art et d’Histoire) et l’Autoworld[2].

Le pavillon oriental de l'Exposition nationale de Bruxelles de 1880 (qui constituera par la suite le bâtiment d'origine de la grande mosquée de Bruxelles) fut construit au frais du comte Louis Cavens[3] en 1879 par l'architecte Ernest Van Humbeek dans un style mauresque[2]. Ce dernier abritait une fresque monumentale, le Panorama du Caire d'Émile Wauters, qui remporta un important succès. C'est au XXe siècle que le bâtiment se dégrade peu à peu faute d'entretien.

Depuis les années 1970[modifier | modifier le code]

L'État belge ne disposant pas des moyens nécessaires à son entretien, le roi Baudouin finira en 1967 par l’offrir au roi d’Arabie saoudite Faycal ben Abdelaziz Al Saoud lors de sa visite officielle en Belgique, permettant ainsi que le libre exercice de son culte soit facilité[4].

Cette transaction fut effectuée par un bail emphytéotique de 99 ans[5] signé le 13 juin 1969[6] sous contreseing ministériel (article 106 de la Constitution), afin de transformer l'édifice en lieu de culte à l'usage de la communauté musulmane de Belgique qui devient importante à cette époque. La mosquée, à l'issue d'une longue restauration effectuée aux frais de l'Arabie saoudite par l’architecte tunisien Mongi Boubaker, est inaugurée en 1978 en présence de Khaled ben Abdelaziz Al Saoud et du roi Baudouin[7]. La célèbre et imposante peinture d’Emile Wauters : Panorama du Caire,  fut retrouvée dans un piteux état en 1971 et remise au Musée d’Art et d’Histoire, pour finalement finir en morceaux, dans les mains de quelques rares marchand d’œuvres d’art[3].

La grande mosquée de Bruxelles est en grande partie liée à l’implantation de l'islam en Belgique[8]. Elle conférait principalement à ce moment, en plus de son rôle de célébrations religieuses, un lieu de rassemblement pour les personnes issues de l’immigration de pays musulmans. Les pratiquants de ce culte y trouvaient un regroupement de personnes de la même ethnie avec qui ils pouvaient forger des liens[9]. Aujourd’hui, dans les quartiers Nord et Nord-Ouest de la capitale, figure la majorité de la population musulmane de Bruxelles[10].

Ce lieu de culte abrite depuis 1977 le siège du Centre islamique et culturel de Belgique (CIC)[11] (créé à la fin des années 1950). Son conseil général est principalement composé de représentant de l’Arabie Saoudite, dont la tradition wahhabite est fortement éloignée de la tradition sunnite exercée en Belgique[12]. Le CIC n’a cependant pas une autorité de chef du culte islamique en Belgique car le contrôle saoudien exercé sur le centre incommode certains musulmans, qui n'apprécient pas la faible connaissance du personnel de l’institution en matière de situation des musulmans en Belgique. Le CIC de Belgique a donc été créé pour servir la communauté musulmane vivant en Belgique afin de lui  permettre, ainsi qu’à l’ensemble du peuple belge s’il le désire, d’en apprendre plus sur l’Islam[13]. L’arrêté royale no 3695 du 28 avril 1968 a approuvé l’acte constitutif de la Mosquée et du CIC à Bruxelles qui ont été établis de manière conforme à la loi du 25 octobre 1919 (modifiée par la loi du 6 décembre 1954) tendant à accorder la personnalité civile aux associations internationales poursuivant un but philanthropique, religieux, scientifique ou pédagogique[13].

La mosquée accueille ainsi une école et un centre de recherche islamique dont les objectifs sont de faire connaitre la foi musulmane[14]. Le centre dispense aussi des cours d'arabe aux adultes[15] et aux enfants, ainsi que des initiations à l'islam[14]. La mosquée n’a pas uniquement un rôle religieux ou de célébration de culte. En effet, elle se trouve aujourd’hui investie d’autres activités qui témoignent d’un réseau de solidarité et d’une volonté d’apporter un éclaircissement sur la religion musulmane en y incluant les individus tels que la femme, les enfants, et les non-musulmans[16].

Critiques[modifier | modifier le code]

Elle est l'objet de polémiques, notamment parce que plusieurs experts en radicalisme la considèrent comme un foyer d'introduction du salafisme en Belgique[17].

Commentant les premiers résultats de la commission parlementaire d'enquête sur les attentats de Bruxelles du 22 mars, le député Georges Dallemagne considère au vu des statuts de l'ASBL qui gère la grande mosquée que dès le départ est avait pour objectif de contrôler la communauté musulmane de Belgique en y favorisant l'interprétation saoudienne wahhabite de l'islam. Il relève en outre que le comité de gestion de la mosquée est composé de « quatre représentants saoudiens sur huit et trois représentant de la Ligue islamique mondiale » dont les « moyens financiers colossaux » ont pour but de répandre l'islam wahhabite[18].

Le ministre de l'intérieur Jan Jambon explique toutefois sur la base d'un rapport de la Sûreté de l'état qu'on n'a pas constaté à la Grande Mosquée de Bruxelles de « grands problèmes » de radicalisation islamiste et que ce problème est imputable plutôt à internet et à des lieux de culte clandestins[19].

Description du bâtiment[modifier | modifier le code]

Aménagement extérieur[modifier | modifier le code]

Grand bâtiment aux murs blancs, son architecture est décrite comme étant « une alliance de conceptions traditionnelles avec une forme d’imagination créatrice »[6],[20].

Aménagement intérieur[modifier | modifier le code]

La salle de prière pour les femmes.

Quatre niveaux organisent les bâtiments qui abritent la mosquée ainsi que l’emplacement du Centre islamique et culturel. On y trouve la mosquée et ses lieux de rassemblement, mais aussi des salles d’études, un laboratoire de langue pour l’apprentissage de l’arabe, une bibliothèque, une salle de conférence et des locaux réservés pour les jeunes ou pour les femmes[21].

Au rez-de-chaussée se trouve une petite salle de prière servant à la célébration des cinq offices quotidiennes. On y trouve aussi un bureau d’information, des salles de classe, un club de jeunes et la salle des femmes. Au premier étage se situe les locaux consacrés à l’administration et à l’étude. Au centre de cet étage se trouve le laboratoire de langue ainsi que les salles de conférences, les salles de réunions, une bibliothèque et les bureaux d’administration du CIC. Au deuxième étage, une grande salle de prière avec une capacité d’accueil de 2000 personnes, s’ouvrant sur une mezzanine réservée aux femmes. Le sous-sol comporte les salles d’ablution ainsi que les installations de chauffage et de climatisation[22].

Le roi Hassan II a contribué à la décoration de la grande salle de prière. Il a aussi fait don d’une tribune. L’autel a, quant à elle, été offerte par le gouvernement tunisien[23]. L’Arabie Saoudite a aussi grandement contribué à la transformation des bâtiments du pavillon oriental en lieu de culte. Cette grande transformation pris finalement fin en mars 1977[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://fetedeliris.brussels/grande-mosquee-de-bruxelles
  2. a et b GOVAERT S., Bruxelles en capitales 1958-2000 de l’expo à l’euro, Bruxelles, De Boeck, 2000.
  3. a et b « “Le Parc du Cinquantenaire (1) : La Grande Mosquée », sur Cehibrux.be,‎ (consulté le 11 novembre 2016)
  4. GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p.3.
  5. RENAERTS M. et MANÇO U., « Lente institutionnalisation de l'islam et persistance d'inégalités face aux autres cultes reconnus », Voix et voies musulmanes de Belgique, Publications des facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles, 2000, p. 87. [1]
  6. a et b GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p.9.
  7. (en) DUNFORD M, LEE P., The Rough Guide to Brussels, Penguin, 2009 (ISBN 9781405383776), p. 114
  8. MANÇO U. (sous la direction de), Voix et voies musulmanes de Belgique, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2000, p. 17-23.
  9. TORREKENS C., “Espace de la Mosquée à Bruxelles : nouveaux liens sociaux et investissement politique”, REMMM, no 125, p. 151 à 152.
  10. TORREKENS C., “Espace de la Mosquée à Bruxelles : nouveaux liens sociaux et investissement politique”, REMMM, no 125, p. 145.
  11. MANÇO U. (sous la direction de), Voix et voies musulmanes de Belgique, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2000, p. 87.
  12. SÄGESSER C., TORREKENS C., “La représentation de l’islam”, Courrier hebdomadaire du CRISP, no 1996-1997, 2008, p. 8.
  13. a et b GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p. 7.
  14. a et b « Initiation à l'islam - Centre Islamique et Culturel de Belgique »
  15. « Cours d'arabe pour adultes 2015-2016 - Centre Islamique et Culturel de Belgique »
  16. TORREKENS C., “Espace de la Mosquée à Bruxelles : nouveaux liens sociaux et investissement politique”, REMMM, no 125, p. 149.
  17. Christophe Lamfalussy, « Comment l’incendie de l’Innovation a développé le salafisme en Belgique », lalibre.be, 12 février 2016.
  18. L'État fédéral n'a pas les moyens de faire face à un attentat, Antoine Clevers et Jean-Claude Matgen, La Libre Belgique, 15 juin 2016
  19. Pas de grand problème de radicalisation à la Grande Mosquée du Cinquantenaire, La Libre Belgique, 26 juin 2016
  20. « Découvrez l'intérieur de la grande mosquée de Bruxelles à 360° (photos interactives) », sur RTL.be,‎ 7 juin 2016 à 14h14 (consulté le 11 novembre 2016)
  21. GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p. 6.
  22. a et b GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p.9 à 10.
  23. GRANDE MOSQUEE DE BRUXELLES, CHARARA M., ALOUINI M. (avec la contribution de), Centre islamique et culturel de Belgique, Bruxelles, 1993, p.4.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :