Chishtiyya

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Plaque-matrice avec la généalogie de la Chishtiyya de Mahomet et Ali à Mu'in-ud-Dîn Chishti. Musée du Louvre

La Chishtiya (prononcer « Tchichtiya ») est une confrérie soufie sunnite fondée en Afghanistan au xe siècle par Abu Ishaq Shami (en)(mort en 966[1]). Mu'in-ud-Dîn Chishti (en) (mort vers 1235)[2] en est un autre maître connu. Les Chishti se distinguent des autres confréries par leur recherche d'une inspiration mystique à travers la musique et le chant religieux appelé qawwalî, pratiques interdites par les soufis orthodoxes[réf. nécessaire]. Ils sont particulièrement actifs à Ajmer.

Création[modifier | modifier le code]

La confrérie est née à Chisth, un petit village prés de Hérat, en Afghanistan, vers 930, sous l'impulsion de Abu Ishaq Shami. Et c'est Mu'in-ud-Dîn Chishti qui l'introdusit en Inde, avant les invasions de Muhammad Ghûrî, où il devint très célèbre sous le nom de Sultan-ul-Hind, c'est-à-dire roi de l'Inde[1].

Grands noms[modifier | modifier le code]

Six grandes figures ont contribué à établir la lignée Chishti en Inde, au nombre desquelles on compte Hazrat Mu'in-ud-Dîn Chishti, surnommé Gharîb Nawâz, « le Protecteur des Pauvres ». Originaire du village de Chisht, près de Hérat, en Afghanistan, il vint s'établir à Ajmer, dans le Rajasthan indien, à la fin du XIIe siècle, pour y répandre la voie soufie[3]. En Inde, une autre figure marquante de la confrérie est le shaikh Salim Chishti, dont le tombeau, bâti par l’empereur Akbar, à Fatehpur-Sikri est un des chefs-d'œuvre de l'architecture moghole.

Engagement social et dargha[modifier | modifier le code]

La confrérie est très active à Ajmer. Elle se rend utile socialement, en particulier par la distribution de repas aux déshérités, toutes confessions confondues. La dargah (tombe) de Mu'in-ud-Dîn Chishti, dans cette même ville, est l'une des plus visitées de l'Inde, et elle est toujours très fréquentée, y compris par des hindous. On attribue à Mu'in-ud-Dîn le pouvoir d'intercéder auprès du divin pour favoriser la réalisation des vœux et prières des pèlerins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Husain 1929, p. 142.
  2. Gaborieau 1996, p. 289.
  3. Marc Gaborieau, « Le sous-continent indien » in Alexandre Popovic et Gilles Veinstein (Dir.), Les Voies d'Allah, Paris, Fayard, , 711 p. (ISBN 978-2-213-59449-1), p. 289.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Devos, Qawwali, la musique des maîtres du soufisme, Paris, Éditions du Makar, 1995.
  • Marc Gaborieau, « Le sous-continent indien », dans Alexandre Popovic et Gilles Veinstein (Dir.), Les Voies d'Allah : Les ordres mystiques dans le monde musulman des origines à nos jours, Paris, Fayard, , 711 p. (ISBN 978-2-213-59449-1), p. 285-295
  • Yusuf Husain, L'Inde mystique au Moyen Age : Hindous et musulmans, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient. Adrien Maisonneuve, , 211 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]