Ibn Qayyim al-Jawziyya

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Ibn Qayyim al-Jawziyya
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
DamasVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
ابن قيم الجوزيةVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Abî Bakr bin Ayyub
Enfant
Abdullah bin Mohammed bin Abi Bakr bin Ayyub bin Saad bin Horaiz bin Makki Zaid Al-Dine Al-Zorai
Autres informations
Domaines
Religion
Maître
ابن قيم الجوزية.png
sceau
Œuvres principales

Abu ‘Abd Allah Shams al-Din Muhammad ibn Abu Bakr ibn Ayyub ibn Sa‘d ibn Hariz ibn Makki Zayn al-Din al-Zur‘i al-Dimashqi al-Hanbali, plus connu sous le nom de Ibn Qayyim al-Jawziyya, parfois abrégé Ibn al-Qayyim (de manière plus correcte Ibn Qayyim), né le 7 Safar 691 AH/ à Damas (Syrie) et mort le dans cette même ville, est un célèbre imam, philosophe, chercheur, savant (ālim), juriste (faqīh), mufti et poète musulman sunnite d'origine arabe, apparenté au madhhab hanbalite.

Il fut particulièrement influencé par son principal maître, Ahmad ibn Taymiyya (1263-1328), dont il a suivi la voie dans la défense du Coran et de la Sunna, en combattant les réactionnaires, le charlatanisme, et le faux soufisme[1].

En partie grâce à ses dons dans de nombreux domaines intellectuels, scientifiques et religieux, tous plus ou moins liés à la Sunna, il est, avec de nombreux oulémas, considéré comme l'une des figures islamiques les plus importantes et l'une des plus influentes.

Enterré aux côtés de nombreuses personnalités musulmanes sunnites et chiites, Ibn Qayyim repose au cimetière musulman de Bab al-Saghir, à Damas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Ibn Qayyim est né le 7 Safar de l'an 691 AH, soit le [2]. Le contexte historique est alors la prise de pouvoir par la dynastie mamelouk, en Syrie[3].

Son nom complet est Abu ‘Abd Allah Shams al-Din Muhammad ibn Abu Bakr ibn Ayyub ibn Sa‘d ibn Hariz ibn Makki Zayn al-Din al-Zur‘i al-Dimashqi al-Hanbali.

Son père, Abî Bakr ibn Ayyub, dirigeait une madrasa (école religieuse) du nom d'Al-Jawziyya à Damas, qui est alors le centre académique majeur du monde hanbalite. Cette école servit également de tribunal. C'est de là que le surnom d'al-Jawziyya est ajouté au nom d'Ibn Qayyim en arabe, indiquant qu'il est le fils du directeur d'Al-Jawziyya[4]. Plus tard, il prendra la direction de cette école.

Éducation[modifier | modifier le code]

Si il est notamment connu pour avoir été le disciple d'Ibn Taymiyya, Ibn Qayyim a eu plusieurs autres maîtres au cours de son éducation, tels que Safi al-Din al Hindi, un critique d'Ibn Taymiyya, ou Badr al-Din Ibn Jama'ah, un jurisconsulte chaféite. Ibn Qayyim se démarque par son excellence dans les études[3].

Ibn Qayyim devient une éminence dans l'exégèse du Coran (tafsir), de la jurisprudence islamique (fiqh), du hadith et de la langue arabe, comme le rapporte le célèbre savant Al-Suyūtī[4].

Disciple d'Ibn Taymiyya[modifier | modifier le code]

Son maître le plus célèbre est bien le réformateur sunnite, le savant érudit Ahmad ibn Taymiyya[5]. Il le rejoint à l'âge de 21 ans, en 712/1313 au retour à Damas d'Ibn Taymiyya d'un voyage de six ans en Égypte. Les deux savants furent emprisonnés ensemble dans la citadelle de Damas, en 1326, pour dissidence contre la tradition établie[6],[7].

Pèlerinage[modifier | modifier le code]

Ibn Qayyim a réalisé plusieurs fois le pèlerinage à La Mecque (hajj).

Postérité[modifier | modifier le code]

Ibn Qayyim a été reconnu comme une éminence des sciences islamiques par les savants qui lui succédèrent.

Ibn Kathir déclare au sujet d'Ibn Qayyim : « Je ne connais personne dans ce monde de notre temps qui soit plus dédié aux actes de piété ».

Ibn Rajab rapporte qu'Ibn Qayyim observait de manière très régulière les prières nocturnes, se rappelait très souvent de Dieu, invoquant fréquemment son nom et se repentant souvent[4].

Certains voient en le wahhabisme, mouvement politique affleurant au XIXe siècle, une interprétation politique des œuvres d'Ibn Qayyim, mais surtout de son maître Ibn Taymiyya[8],[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il a été très influencé par son maître, Ibn Taymiyya, qu'il a accompagné jusqu'à sa mort en 1328, à tel point que certains le considèrent comme son vulgarisateur[10].
Il a écrit de nombreux ouvrages religieux (près d'une centaine), dont :

  • Zâd ul-Ma'âd fî hadyi khayr il-'ibâd ;
  • Al-Kâfiyat ush-shâfiyah fi-l-intisâri lil-firqat in-nâjiyah (poème en plusieurs milliers de vers) ;
  • Ighâthatu-llahfân min mmasâyid ish-shaytân ;
  • Al-Fawâyid (Les méditations) ;
  • Shifâ' al-âlîl al-tib al nâbawî

Il est, de nos jours, devenu une référence dans le monde islamique, plus particulièrement sunnite. Mais également en dehors de celui-ci, notamment pour les étudiants en sciences religieuses, et est communément dénommé « le savant du cœur », en raison de ses travaux précurseurs relatifs au comportement humain et à l'éthique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ibn Qayyim al-Jawziyya », sur Babelio (consulté le )
  2. Oliver Leaman, The biographical Encyclopedia of Islamic Philosophy, Bloomsbury Publishing, 2015, p. 212
  3. a et b (en) Gatot Hadi Gunarso, « Ibn Qayyim al-Jawziyyah’s Usury Concept », sur mpra.ub.uni-muenchen.de, (consulté le )
  4. a b et c (en) Birgit Krawietz, « Ibn Qayyim al-Jawziyah: His Life and Works », Mamluk Studies Review, Université de Chicago,‎ , p. 19-64 (DOI 10.6082/M13X84RM, lire en ligne, consulté le )
  5. (en) John L. Esposito, The Oxford History of Islam, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-988041-6, lire en ligne)
  6. (en) Hoover, Jon, "Ibn Qayyim al-Jawziyya", dans : Christian-Muslim Relations 600 - 1500, David Thomas.
  7. (en) Laoust, H., "Ibn Ḳayyim al-D̲j̲awziyya", in: Encyclopaedia of Islam, Second Edition, P. Bearman, Th. Bianquis, C.E. Bosworth, E. van Donzel, W.P. Heinrichs.
  8. Ben Achour, Yadh. « Chapitre 3. Les fondements ontologique et politique », , Aux fondements de l'orthodoxie sunnite. Presses Universitaires de France, 2008, pp. 57-72.
  9. Petitpont, Gabriel. « Ibn Taymiyya, figure centrale du fondamentalisme sunnite : origine et influence d’une pensée radicale », Les Cahiers de l'Orient, vol. 115, no. 3, 2014, pp. 103-115.
  10. Introduction à la pensée économique de l'Islam du VIIIe au XVe siècle, Ramón Verrier, page 150

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]