Saleh Al-Fawzan
| Grand mufti d'Arabie saoudite | |
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| depuis le | |
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
صالح الفوزان |
| Nom de naissance |
صالح بن فوزان بن عبد الله آل شماس الودعاني الدوسري |
| Nationalité | |
| Formation | |
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| Religion | |
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| Mouvement | |
| Maîtres |
Ṣāliḥ al-Bulayhī (d), Mohammed ash-Shanqîtî, Ibn Humaid, Abd al-Aziz ibn Baz, Muhammad bin Abdullah as-Sabil (en) |
| Site web |
| Cheikh |
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Le cheikh Salih Al-Fawzan (en arabe : الودعاني الدوسري صالح بن فوزان بن عبدالله الفوزان), né le , est un alim (érudit) et grand mufti d'Arabie saoudite depuis le [1].
Son nom de famille est également transcrit Al-Fazan ou Al-Fawzan. Il est également connu comme Salih Ibn Fawzan Ibn Abdullah, Salih Ibn Fawzan al-Fawzan[2], Saalih Ibn Fawzan Ibn 'Abdullah Ibn Fawzan, Salih Bin Fawzan Al-Fawzan ou Salih Al-Fawzan.
Biographie
[modifier | modifier le code]Saleh ben Fawzan ben Abdallah Al-Fawzan est né le 1er Rajab 1354 de l'Hégire, correspondant au , dans une famille appartenant aux Wada'īn du clan des Al Shammas de la tribu des Ad-Dawasir (en), dans la localité d'al-Shamasiyyah (ar), dans la province d'Al Qasim[3],[4]. Son père meurt alors qu'il est encore jeune, et il est par la suite élevé par sa famille élargie. Il apprend le Coran, ainsi que les principes de la lecture et de l'écriture, auprès de l'imam de la mosquée d'al-Shamasiyyah, le cheikh Hamoud ibn Soulaymân At-Tallâl, qui assume plus tard la fonction de juge dans la ville de Dariya, dans la province d'al-Qassim[5].
Éducation
[modifier | modifier le code]Al Fawzan commence à étudier à l'école publique d'al-Shamasiyyah dès son ouverture en 1948. En 1950, il termine ses études à l'école Faysaliyyah de Buraydah et y est par la suite nommé professeur. Al Fawzan rejoint l'Institut d'enseignement religieux de Buraydah en 1952, et obtient son diplôme en 1956. Il est étudiant à l'université islamique Mohammed ben Saoud (en), de Riyad, où il étudie d'abord à la faculté de la Charia, dont il est diplômé en 1960, avant d'obtenir un master et un doctorat en Fiqh.
Carrière
[modifier | modifier le code]Après l'achèvement de sa thèse de doctorat, il devient professeur de Charia à l'université islamique Mohammed ben Saoud de Riyad, avant d'être transféré au Département d'études supérieures au sein de la faculté des principes de la religion (usool ad-dîn). Il est plus tard nommé à la tête de la Cour suprême de justice d'Arabie saoudite[réf. nécessaire]. Il retourne à l'enseignement à la fin de son mandat.
Depuis 1971[6], il siège au Conseil des oulémas d'Arabie saoudite[7], la plus haute institution religieuse, qui conseille le roi sur les questions islamiques[8]. Il est actuellement membre du Comité permanent pour la recherche islamique et la délivrance des fatwas, un comité du Conseil des oulémas. Le Conseil produit des règles de jurisprudence islamique (fiqh) et prépare les documents de recherche pour le Conseil de chercheurs confirmés[9].
Le , par décret du roi Salmane, il « est nommé grand mufti du Royaume d'Arabie Saoudite, président du conseil des grands savants et président général de la présidence générale de la recherche scientifique et de l'Ifta, avec le rang de ministre ». Il succède à ces fonctions à Abdelaziz ben Abdallah Al ach-Cheikh, décédé un mois plus tôt[10].
Controverses d'Al-Fawzan
[modifier | modifier le code]Le point de vue d'Al-Fawzan sur l'esclavage, exposé lors de conférences enregistrées sur cassettes, est révélé en 2003, suscitant une certaine controverse. Dans un enregistrement, il est rapporté qu'il a déclaré que « l'esclavage est une composante de l'islam… L'esclavage est lié au jihad, et le jihad perdurera tant que l'islam existera ». Alors que des penseurs musulmans contemporains remettent en question cette notion, il les critique sévèrement en affirmant : « Ce sont des ignorants, pas des érudits... Celui qui profère de telles affirmations est un infidèle »[11],[12].
En 2010, il tente de lancer un boycott contre l'imam Adil al-Kalbani (en), connu pour ses positions allant à l'encontre de la doctrine wahhabite, en affirmant que la musique n'est pas illicite en islam. L'opération tourne au fiasco, la mosquée étant débordée lors de la khutba suivante de l'imam en question[13].
En 2011, s'opposant à la proposition du ministère de la Justice saoudien d'instaurer un âge minimal au mariage des filles, il émet un avis juridique autorisant les pères à marier leurs filles « même si elles sont au berceau »[14].
En , il publie une fatwa concernant les « buffets à volonté ». « On me prête des propos selon lesquels j'aurais interdit les buffets, ce qui semble être un mensonge alimenté par l'imagination et la désinformation », déclare-t-il dans un communiqué diffusé sur son site internet. « En réalité, j'ai été interrogé sur une pratique répandue dans certains restaurants où les propriétaires invitent leurs clients à manger à volonté pour un tarif fixe. J'ai répondu que cela relevait de l'inconnu (en), et que l'inconnu ne peut être commercialisé tant qu'il n'est pas clairement défini et identifié », a-t-il précisé dans le communiqué[15].
Salih al-Fawzan suscite à nouveau l'intérêt des médias occidentaux en , à la suite de ses déclarations concernant l'interdiction de la photographie (représentations humaines et animales), dans une vidéo diffusée le par MEMRI, média israélien fondé par Yigal Carmon, ancien du Mossad[16]. D'après The Independent, lors d'une apparition télévisée, le alim saoudien est interrogé sur une tendance récente consistant à prendre des photos avec des chats, une pratique adoptée par ceux qui cherchent à imiter les Occidentaux. Le cheikh, visiblement surpris, s'exclame : « Quoi ? Que signifie cette histoire de photos avec des chats ? » Il affirme alors : « La photographie est prohibée. Les chats n'ont aucune importance ici. » Lorsqu'on lui pose à nouveau la question sur cette nouvelle tendance, il répond : « La photographie est interdite, sauf en cas de nécessité, que ce soit avec des chats, des chiens, des loups ou tout autre être. »[17],[18],[19],[20],[21].
La militante féministe Hala Al-Dosari, affiliée au Radcliffe Institute de Harvard, ainsi qu'Abdullah Alaoudh, fils du prédicateur islamiste Salman Al-Awdah, dépeignent Salih Al-Fawzan comme une figure emblématique et presque paternelle pour le prince héritier Mohammed ben Salmane. Il convient de souligner que quelques mois avant l'assassinat tragique du journaliste Jamal Khashoggi, Al-Fawzan émet une fatwa sévère, appelant à la peine de mort pour les principaux détracteurs du régime saoudien, qualifiés de kharijites[22].
L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch alerte sur les dangers des opinions de Salih Al-Fawzan, et de d'autres théologiens comme les muftis d'Arabie saoudite Abd al-Aziz ibn Baz et Abdelaziz ben Abdallah Al ach-Cheikh, vis-à-vis du chiisme et des courants de pensées musulmans hétérodoxes, en les qualifiant d'appel à la haine, notamment quand il fait emploi du terme "alliés du diable" pour les désigner. Explicitement, Al-Fawzan considère ces personnes comme des "impies, ayant menti sur Dieu, son Prophète Mahomet, et sur le principe de consensus des musulmans (ijmâ')"[23]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (ar) « صالح بن فوزان الفوزان », sur saudipedia.com
- ↑ « Sheikh Saleh Ibn Fawzan al-Fawzan », teachIslam.com (consulté le )
- ↑ (ar) « من هو الشيخ الدكتور صالح بن فوزان مفتي المملكة العربية السعودية الجديد », Youm7 (en), (consulté le )
- ↑ (ar) عبد الله بن محمد بن عايض الزهراني, تاريخ القضاء والقضاة في العهد السعودي، ٤٤٣١ ھ-٦١٤١ ھ, vol. 5, Taïf, (lire en ligne), p. 382
- ↑ (ar) القول المبين في معرفة ما يهم المصلين, القول المبين في معرفة ما يهم المصلين : أخطاء وتصويبات، مسائل فتاوى لجمع كبير من الأئمة المحققين من المتقدمين والمتأخرين, Riyad, Dar al-Somaie, , p. 44-45
- ↑ « Le Cheikh Salih Al Fawzan, nouveau Mufti d'Arabie Saoudite », sur Saudi News FR, (consulté le )
- ↑ « Council of Senior Ulema reconstituted », Saudi Gazette (consulté le )
- ↑ Saudi Arabia: The Coming Storm par Peter W. Wilson, p. 26-27
- ↑ Carnegie Endowment : Saudi Fatwa Restrictions and the State-Clerical Relationship par Christopher Boucek, 27 octobre 2010
- ↑ (ar) « أمر ملكي بتعيين الشيخ صالح الفوزان مفتيا عاما للسعودية », Sky News Arabia, (consulté le )
- ↑ « Author of Saudi Curriculums Advocates Slavery » [archive du ], SIA News (consulté le )
- ↑ « Taming a Neo-Qutubite Fanatic Part 1 », salafi publications, abdurrahman.org (consulté le ) : « Questioner: ... one of the contemporary writers is of the view that this religion, at its inception, was compelled to accept the institution of slavery ... [but] ... that the intent of the Legislator [i.e. God] is to gradually end this institution of slavery. So what is your view on this?
Shaikh Salih alFawzaan: These are words of falsehood (baatil) ... despite that many of the writers and thinkers -- and we do not say scholars -- repeat these words. Rather we say that they are thinkers (mufakkireen), just as they call them. And it is unfortunate, that they also call them `Du'at' (callers). ... These words are falsehood ... This is deviation and a false accusation against Islaam. And if it had not been for the excuse of ignorance [because] we excuse them on account of (their) ignorance so we do not say that they are Unbelievers because they are ignorant and are blind followers .... Otherwise, these statements are very dangerous and if a person said them deliberately he would become apostate and leave Islaam. ... », p. 24 - ↑ « ARABIE SAOUDITE. Les fidèles défendent l'imam mélomane », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ « Cleric Fights Saudi Bid to Ban Child Marriages ».
- ↑ (ar) « Saudi cleric claims he didn't issue fatwa against ‘all you can eat’ buffets », sur alarabiya.net, Al Arabiya English, (consulté le ).
- ↑ Mohammed El Oifi, « Désinformation à l'israélienne »
- ↑ « Senior Saudi Cleric Saleh Al-Fawzan: Taking Pictures with (or without) Cats Is Forbidden », www.memritv.org (consulté le )
- ↑ (en) Karin Brulliard, « Saudi cleric: You may not take photos with cats — or anything else », The Washington Post, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Senior Saudi cleric bans taking photographs of cats in a bid to stop people trying 'to be like Westerners' », Daily Mail, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Senior Saudi cleric bans people from taking selfies with cats », The Independent, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Saudi cleric says people need to quit taking selfies with their cats », The Week, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Saudi Arabia’s intolerance weakens its Islamic leadership ».
- ↑ (en) Adam Coogle, « “They Are Not Our Brothers” », sur Human Rights Watch, HumanRightsWatch, (consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (ar) Site officiel
