Ash-Shâfi'î

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Ash-Shâfi'î
Al-Shafie Name.png
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
أبو عبد الله محمد بن إدريس الشافعيVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Domaines
Religions
Maîtres
Mâlik ibn Anas, Sûfyân ibn ’unaynah (en), Mouhammad Al-Shaybânî, Allaythu ibn Sa’d (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Al-Risala (d), Kitab al-Umm (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Abu Abdullah Muhammad bin Idris ash-Shâfi'î (أبو عبد الله محمد بن إدريس الشافعي) (767, Gaza, Palestine - 820, Égypte), ou imam Al-Chafii fut un juriste et savant musulman, fondateur de l'école (madhhab) de droit musulman (fiqh) chaféite. Il appartient à la dynastie des hachémites de la tribu des Quraych.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son père est mort alors qu'il est encore enfant. Sa mère l'élève dans la pauvreté en voulant faire de lui un bon musulman. Il passe beaucoup de temps parmi les bédouins et acquiert ainsi une grande connaissance de la poésie arabe.

Dans sa jeunesse, il se rend à Médine pour étudier la jurisprudence islamique et le hadith sous la direction de l'imam Malik. Il y mémorisa complètement le livre Al-Muwatta et pouvait le réciter de mémoire au mot près. Il séjourna dans la ville jusqu'à la mort de l’imam en 801. Il s'en alla ensuite au Yémen pour y enseigner et il y fut accusé de tendances chiites en l'an 805. Il put prouver son innocence devant le calife Haroun Al-Rachid qui le fit libérer, en l'exonérant de toute faute. Al-Chafii resta en Irak et étudia quelque temps sous Mouhammad ibn Al-Hassan, le célèbre étudiant de Abou Hanifa.

L'imam Shâfi'î combina en quelque sorte la jurisprudence islamique du Hedjaz (malikite) avec celle d'Irak (hanafite) et créa ainsi sa propre école de jurisprudence. Il rassembla les règles en dictant à ses élèves dans un livre nommé Al-Hujja (l'évidence). Cette rédaction se fit en Irak en 810 et certains de ses élèves apprirent son livre et le propagèrent, tels que l'imam Ahmad bin Hanbal et Abu Thawr.

Il se rendit ensuite en Égypte pour étudier sous l'imam Al-Layth ibn Sad, mais ce dernier décéda peu avant son arrivée ; il put néanmoins étudier son madhhab de par ses élèves qui y étaient toujours présents.

En Égypte il assimila donc la jurisprudence élaborée par l'imam al-Layth et fit rédiger son al-Madhhab al-Jadîd le nouveau madhhab, par opposition à al-Madhhab al-Qadîm, l'ancien, qu'il avait transmis en Irak à ses étudiants dans un livre qu'il nomme Al-Umm. En effet ce voyage en Égypte le confronta à de différentes méthodes d'analyse de hadith et de raisonnements qui induisirent des changements nombreux de ses avis qu'il avait eu en Irak.

Bien que la carrière d’Ash-Shâfi'î se soit aussi déroulée dans le Hidjâz et à Baghdâd, c’est principalement à la fin de sa vie, à Fustât, en Égypte, que son enseignement fut le plus favorablement accueilli et qu’il eut le plus grand nombre de disciples ayant joué un rôle important dans la diffusion de sa doctrine[1].

L'imam Al-Chafii est le premier imam à avoir systématisé les principes fondamentaux de la jurisprudence islamique, comme dans son livre Ar-Risâlah.

Ses principaux élèves qui continuèrent son œuvre sont al-Muzani qui en rédige un abrégé[1], Al-Maradi, Al-Buwayti, Abû ʿAlî al-Hasan az-Zaʿfarânî et Abû ʿAlî al-Husayn al-Karâbîsî[1].

Croyance ('Aqîdah)[modifier | modifier le code]

L’Imâm Ash-Shâfi’i a dit : « Allâh ta’âlâ existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’est de toute éternité. Il a créé l’endroit en ayant l’attribut de l’exemption de début, tout comme avant la création des endroits, le changement n’est pas possible selon la raison à Son sujet, ni pour Son Être ni pour Ses attributs » [rapporté par le Hâfidh Az-Zabîdi][2]

De plus, l'Imâm était très fortement opposé à la doctrine anthropomorphistes consistant à croire que Dieu serait un corps ou qu'Il aurait des attributs propres aux corps. Dans son livre "al-Achbâh wa n-Nadhâ-ir" , l’Imâm As-Souyoûti qui compte de parmi les grands savants de l'école (madh-hab) de l'Imâm Ash-Shâfi'i rapporte : « Ash-Shâfi’i a dit : “On ne déclare pas mécréant quelqu’un qui fait partie des gens de la Qiblah” [As-Souyoûti ajoute : ] et il (c’est-à-dire l’Imâm  ASh-Shâfi’i) a exclu le moujassim (anthropomorphiste ) ainsi que celui qui nie que Allâh connaît les détails de toute chose (c’est-à-dire que ces deux groupes sont déclarés mécréants par l'imâm). »[3].

De nombreux autres savants ont mentionné cela de lui comme le chaykh Ibn Hajar Al-Haytami[4], le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî[5] ,et le Chaykh As-Soubki Al-Azhari [6],

Au sujet de la question de l'istiwâ, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a rapporté la position de l'Imâm Ash-Shâfi'i en disant : « Notre Imâm Ash-Shâfi’i, lorsqu’il a été interrogé à ce sujet [c’est- à-dire concernant l’istiwâ de Allâh ; comme le verset : « Ar-Rahmânou ‘ala l-archi stawâ »] a dit : « J’ai cru fermement en cela sans assimilation, j’en ai reconnu la véracité sans attribuer d’image, je me suis fait à l’idée que j’étais incapable d’en atteindre la réalité et je me suis abstenu d’engager une discussion à ce sujet d’une totale abstention.» [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].

Ainsi l'Imâm Ash-Shâfi'i confirmait le fait de croire fermement à l'istiwâ sans assimilation et sans attribuer d’image à Dieu. C’est-à-dire qu’il a accepté les termes mentionnés dans le Qour-ân sans en comprendre un sens qui implique l’assimilation (tachbîh) et qui sont indigne de Dieu comme la position assise, l’installation, ou l’établissement sur le trône. Cette position de l'Imâm Ash-Shâfi'i a également été mentionné par Ibn Kathîr dans son exégèse coranique.[7] Et de nombreux savants ont mentionné que l'Imâm Ash-Shâfi'i considérait non-musulman ceux qui croient que Dieu serait assis sur le trône. Parmi eux le Chaykh Ibnou Rif'ah [8] et le Chaykh Ibnou Mou’allam al-Qourachi [9].

Critique du conformisme juridique[modifier | modifier le code]

Dans sa célèbre Risâla, Ash-Shâfi'î s'attaque radicalement au conformisme juridique (taqlîd). Il vise d'une part à discréditer les traditions locales comme sources juridiques, d'autre part à empêcher que l'on cite les avis des grands imams comme arguments d'autorité, sans autre preuve à l'appui que la stature et la renommée de l'auteur. D'après ses biographes, il était lui-même contre le fait que l'on se réclame de lui et qu'on fasse de sa doctrine l'objet d'un nouveau conformisme après sa mort[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Ar-Risâlah : ouvrage de principes fondamentaux de jurisprudence.
  • Ses exégèses de certains versets du Coran ont été rassemblés par le chaféiste Al-Bayhaqiy dans un livre intitulé Ayat ul-Ahkam.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Chaumont, É. "al-S̲h̲āfiʿiyya." Encyclopédie de l'Islam . Comité de redaction: P. Bearman; Th. Bianquis; C.E. Bosworth; E. van Donzel; H.A.R. Gibb (V olume I: 1-320); W.P. Heinrichs; J.H. Kramers; G. Lecomte; E. Lévi-Provençal; Bernard Lewis; V.L. Ménage; Charles Pellat; Joseph Schacht. Brill, 2011. Brill Online. SCD PARIS III SORBONNE NOUVELLE . 17 February 2011 <http://www.brillonline.nl/subscriber/entry?entry=eifo_CO M-1021>
  2. « L’Imâm Ach-Châfi’i dit que Allâh existe de toute éternité sans endroit et que le changement est impossible selon la raison à Son sujet. », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  3. « L’Imâm Ach-Châfi’i déclare mécréant les moujassimah (rapporté par As-Souyoûti) », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  4. « Les quatre Imâms déclarent mécréants ceux qui attribuent la direction ou le corps à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  5. « Les savants du salaf et du khalaf déclarent mécréant ceux qui attribuent une direction à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  6. « Les savants du salaf et du khalaf déclarent mécréant ceux qui attribuent une direction à Allâh (2) », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  7. « Ibn Kathîr parle de l’istiwâ de Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  8. « L’Imam Ach-Chafi’i déclare mécréant ceux qui ont pour croyance que Allah serait assis sur le trône », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  9. « Le Chaykh Al-Qourachi rapporte l’unanimité que celui qui croit que Allah est assis sur le trône est mécréant », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]