Tablighi Jamaat

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Mosquée de Kakrail, Dhâkâ. Base opératoire du mouvement au Bangladesh.

Le Tablīghī djamā'at (en ourdou, تبلیغی جماعت) ou la Djamā'at al-tablīgh (en arabe : جماعة التبليغ), c'est-à-dire en français, l'Association pour la prédication[1], est une société de prédication musulmane revivaliste. Le Jama'at al-tablîgh est une association cosmopolite dirigée aujourd'hui par des membres convaincus par que cette voie correspond à l'Islam authentique.

De nature apolitique, elle est fondée à la fin des années 1920 dans la province indienne de Mewat (en) avec l'objectif de réislamiser les musulmans indiens[2]. Précisément, elle est fondée en 1927, en Inde, par Muhammad Ilyas Kandhlawi, un érudit musulman[3].

L'activité missionnaire de ce mouvement s'est par la suite, en quelques décennies, développée à l'échelle du monde entier, via des branches décentralisées[2]. Pacifique et apolitique, ce courant prêcheur s'appuie sur des groupes de missionnaires de nationalités différentes pour faire du porte-à-porte (la al-jawla, la « tournée ») et répandre les idées du tablîgh (la « proclamation »). Les principes en sont fort simples : la profession de foi, la prière, la connaissance de Dieu, l'intention sincère et le respect du musulman. Des voyages de plusieurs jours à plusieurs semaines (khouroudj) sont aussi organisés dans le but de répandre la religion musulmane.

Elle se fixe pour objectif de faire revivre leur foi aux musulmans du monde entier, dans le cadre d'une interprétation littéraliste de celle-ci[4] et de ramener à une pratique stricte de l'islam les musulmans égarés : « l'islam va s'étendre où s'étendent le jour et la nuit, et Dieu ne va pas quitter une maison sans que cette religion n'y entre. »

En arabe, tabligh signifie « transmettre [le message] » et le Tablighi Jamaat présente sa mission comme visant à faire revivre cette obligation de prédication au sein de l'islam. Le Tablighi Jamaat, connu en interne sous le nom de dīnī da'wat ou « mission religieuse », appuie son existence sur la sourate 3 verset 104 du Coran : « Afin que vous deveniez un peuple appelant les autres au bien, ordonnant les bonnes actions et défendant les mauvaises. Les hommes qui agiront ainsi seront bienheureux[5]. »

Historique[modifier | modifier le code]

Il est fondé par Muhammad Ilyas Kandhlawi (en) (1885-1944), créateur du slogan Aye Musalmano! Musalman bano (« Musulmans ! Soyez des musulmans. »). Ses missionnaires l'ont ensuite implanté, d'abord dans les pays musulmans au cours des années 1940, puis dans les pays occidentaux au cours des années 1950 et 1960. Aujourd'hui ce mouvement est présent partout dans le monde. La prédication du mouvement vise essentiellement les populations musulmanes de ces pays, et cherche à faire revivre leur foi, dans le cadre d'une interprétation littéraliste[réf. nécessaire] de celle-ci. Leurs activités se limitent par conséquent en général à la communauté musulmane.

La présence de ce mouvement en France est attestée dès 1966. Le mouvement y a adopté la forme d'une association dénommée « Foi et Pratique »[6].

Pratique[modifier | modifier le code]

Les Tablighis ont une interprétation littéraliste des principaux préceptes de l'islam. Ils s'efforcent ainsi de suivre à la lettre les codes et préceptes du droit islamique. Leur pratique est basée sur six qualités (Sita Sifâtes), parmi les nombreuses qualités que possédaient les compagnons de Mahomet :

  1. La certitude sur Dieu (al yaqine) et le chemin du prophète de l'islam Mahomet (sunna) ;
  2. La prière avec concentration et dévotion (salat dat al khouchou'oua al khoudou') ;
  3. La science et le rappel perpétuel de Dieu (al Ilm wa al Zikhr) ;
  4. La Générosité envers les musulmans (Ikram al Muslimine) ;
  5. La correction de l'intention et la sincérité (Tashih al niya oua ikhlasouha) ;
  6. Le prêche vers Allah avec la sortie sur le sentier d'Allah (Da'wa ila Allah bil Khourouj fi sabililah) [7].

Cette activité missionnaire n'est pas politique, et ne vise que la transmission d'une pratique musulmane fondamentaliste. En cela, les Tablighis se démarquent d'autres mouvements musulmans revivalistes, notamment les ikwanes, dont la prédication a un contenu politique explicite beaucoup plus marqué.

Le mouvement fonctionne sur le système de la concertation (Al Machoura), à différents échelons. Par ailleurs, des savants, et qui constituent la "machoura", s'efforcent de veiller à l'orthodoxie des pratiques des membres, à qui l'on conseille de sacrifier de leur personne, de leur temps et de leur argent, dans le sentier d'Allah, comme l'ont fait les compagnons (As-Sahabas).

Critique[modifier | modifier le code]

Jama'at-ut-Tabligh

Ce sont des gens qui suivent Muhammad Ilyas, le fondateur de cette Jama'a.

Biographie du fondateur : Muhammad Ilyas est né dans 1302H. Il  apprit par cœur le Quran et lut les six recueils de Hadith. [ [8] ] Il était sur la voie de Deobandi, prenant le madhab Hanafi, la croyance Ash'ari et Maturidi et la voie Soufie. Il y a quatre ordres Soufis parmi lesquels:

1. Les Naqshabandis

2. Les Sahrurdis

3. Les Qadiris

4. Les Jishtis

Shaikh Muhammad Ilyas donna le bay'a Soufi (serment d'allégeance) à Shaikh Rashid Al-Kankuhi, qui plus tard est devenu Shaikh Rashid As-Saharanpuri. Alors il l'a alors renouvelé avec Shaikh Ahmad As-Saharanpuri qui a certifié avoir pris les serments d'allégeance. Muhammad Ilyaas s’asseyait dans l'isolement (khalwah) près de la tombe de Shaikh Nur Muhammad Al-Badayuni, dans ce qui est connu comme Jishti Muraqabah (méditation individuelle). Et il allait à la tombe de 'Abdul-Qudus Al-Kankuhi, celui qui lui imposa l'idéologie de wahdat-Ul-wujud [ [9] ]. Il résida et enseigna à Delhi et mourut en 1363H.

Circonstances qui ont provoqué le début du mouvement :

Shaikh Abul-Hasan An-Nadwi vit que Muhammad Ilyas avait pris refuge dans cette façon de faire Da'wa quand les voies du suivi aveugle échouèrent à rectifier les gens de sa région. Shaikh Miyan Muhammad Aslam cite une parole d'Ilyas qui dit avoir reçu le kashf (révélation mystique) de suivre de cette voie dans un rêve dans lequel on lui a inspiré un nouveau tafsir (explication) de la parole d'Allah: " Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait sortir pour les hommes, vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et vous croyez en Allah" [Sourate Al ‘Imran: verset 110] Et c'était que sortir (khuruj) pour appeler les gens à la voie d'Allah ne peut se faire en restant à un endroit précis, ceci selon la parole d'Allah " sortir pour", et que la foi augmente en sortant dans ce khuruj selon la parole d'Allah: "et vous croyez en Allah " après qu’Il ait indiqué:  "sortie pour les hommes. "

Ce qui suit peut être tiré de ce qui vient d’être mentionné : 

1. Le Quran n'est pas interprété par les makshufat (révélations mystiques), et par les rêves des Soufis, qui sont pour la plupart, ou plutôt tous, des inspirations du diable.

2.  Il ressort de ce qui a été énoncé précédemment que le fondateur de cette Jama’a était absorbé par le soufisme de  la tête aux pieds. Parce qu'il a prêté deux serments d'allégeance à cette voie et a été évalué par ses fausses croyances et parce qu'il passait son temps à s’asseoir près des tombes de soufis.

3.  Le fondateur de cette Jama’a était un quburi (adorateur des tombes) et un khurafi.  Ceci est clair dans sa parole: "... et il s'asseyait dans l'isolement (khalwah) près la tombe de Shaikh Nur Muhammad Al-Badayuni. "  Et concernant la deuxième personne, il mentionna qu'il lui avait imposé l'idéologie de wahdat-Ul-wujud. Ainsi son attachement à la tombe de celui qui lui a imposé l'idéologie de wahdat-Ul-wujud est sans nul doute une preuve claire qu'il  soutenait la même croyance

4.  Ceux qui croient en wahdat-Ul-wujud, croient qu'Allah est incarné dans la femme attirante - et le refuge est auprès d'Allah!  C'est une question qui a atteint le sommet de  la répulsion. Qu’Allah leur donnent ce qu'ils méritent de Sa malédiction et colère!

La voie de Jama’at Tabligh peut être résumée en six questions ou six principes ou six caractéristiques:

1. Actualiser l’attestation du Tawhid: " La Ilaha Illallah Muhammad Rasulullah " (il n'y a aucun divinité digne d’adoration excepté Allah. Muhammad est son messager)

2. Prier avec dévotion et humilité

3. Connaissance des récompenses (Fadaa.il) et pas des questions de Fiqh (Masaa.il) avec la connaissance du dhikr

4. Se montrer généreux envers les musulmans

5. Corriger l'intention

6. appeler à Allah (Da’wa) et sortir (khuruj) dans ce but sur le chemin d'Allah et sur le minhaj tablighi

Il y a un objectif derrière chacun de ces six principes ou caractéristiques, aussi bien qu’une vertu à atteindre. Par exemple l'objectif derrière (La Ilaha Illallah) est: "supprimer les fausses certitude (yaqin) du cœur en les remplaçant par une certitude (yaqin) valide et correcte dans l'essence (dhat) d'Allah." A travers cela, Ils visent la croyance de wahdat-Ul-wujud.

Point à noter au sujet de Jama’at-Tabligh

1.  Le fondateur de cette Jama’a a été élevé dans le soufisme pour lequel il a fait deux serments d'allégeance.

2.  Il restait près des tombes, attendant de recevoir le Kashf (révélation mystique Soufie) et des idées méditatives des défunts.

3.  Il se livrait à Al-Muraqaba AL-Jishtiyah (méditation individuelle) sur la tombe de Abdul-Quddous Al-Kankouhi, qui croyait à wahdat-Ul-wujud.

4.  Al-Muraqaba AL-Jishtiyah consiste à s’asseoir près d’une tombe, une demi-heure chaque semaine, en se couvrant le visage et en récitant ce dhikr: " Allahu Hadiri, Allahu Nadhiri. "  [ [10] ]  Cette parole ou cet acte s’il est fait sincèrement pour Allah est une innovation. Et s'il est fait pour la personne dans la tombe alors c’est un acte de Shirk envers Allah.  Et le dernier des deux est le plus évident.

5.  Ils ont quatre de leurs tombes situées dans le masjid d'où a émergé leur Da’wa.

6.  Le fondateur de cette Jama’a croyait au Kashf.

7.  Le fondateur de cette Jama’a était un adorateur de tombe.

8.  Les Tablighis font leurs adorations avec une forme innovée de dhikr, faite sur la voie des soufis.  C'est à dire en divisant l’attestation du Tawhhid (La Ilaha Ilallah).

9. Quiconque  coupe intentionnellement la partie négative de l’attestation du Tawhid de sa partie affirmative, en disant " La Ilaha" (seulement), alors il a commis un acte de mécréance.  Shaikh Hamoud At-Tuwayjiri a exposé ceci, le prenant des savants.

10.  Ils permettent le port d’amulettes qui comportent des écritures mystiques et des noms de personnes inconnues, qui sont probablement des noms de démons!  Et ceci n'est pas permis.

Extrait d'un article [11] et tiré d'une œuvre du Sheikh Ahmad Ibn Yahyaa An-Najmi [12] (voire biographie [13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'article de l'Encyclopédie de l'islam s'intitule Tablīghī djamā'at et précise que l'équivalent en arabe est Djamā'at al-tablīgh. On trouve dans la presse et dans les revues scientifiques francophones des articles qui emploient l'une ou l'autre appellation et l'accordent selon l'un ou l'autre genre.
  2. a et b Isabelle Surun (dir), Les sociétés coloniales à l'âge des Empires (1850-1960), Atlande, 2012, p. 331.
  3. (fr) René Otayek et Benjamin F. Soares, Islam, état et société en Afrique, éd. Karthala, 2009, p. 192
  4. Bernard Godard et Sylvie Taussig, Les Musulmans en France. Courants, institutions, communautés : un état des lieux, Hachette, 2007
  5. [réf. incomplète] Moussa Khedimellah, « Jeunes prédicateurs du mouvement Tabligh : la dignité identitaire retrouvée par le puritanisme religieux ? »
  6. Association enregistrée en avril 1972 à la préfecture de Seine-Saint-Denis, cf. Gilles Kepel, Les banlieues de l'islam : naissance d'une religion en France, Seuil, Paris, 1987.
  7. Moussa Khedimellah, op. cit.. La liste donnée par l'article de l'Encyclopédie de l'Islam n'est pas exactement la même.
  8. Note du traducteur:  Les recueils de hadith d'Al-Bukhari, de Muslim, d'Abu Dawuod, d'At-Tirmidhi, d'Ibn Maja et d'Ahmed. 
  9. Note du traducteur:  Wahdatul-Wujud est la croyance que créateur (Allah) et la création sont une seule entité.
  10. Note du traducteur:  Ceci signifie à peu près " Allah est toujours présent avec moi, Allah m’observe. "
  11. « Jamaat tablig » (consulté le 26 août 2016)
  12. Al-Fatawa Al-Jaliyyah ' anil-Manahij Ad-Da'wiyyah (page 51-57) compilé par Hasan Ibn Mahmoud Ibn Mansur As-Daghriri
  13. « Biographie Ahmad ibn Yahya An Najmi » (consulté le 26 juillet 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]