Louis Farrakhan

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Louis Farrakhan
Description de l'image Louis Farrakhan.jpg.
Nom de naissance Louis Eugene Walcott
Naissance (85 ans)
Bronx, New York City
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Activité principale
Dirigeant de Nation of Islam
Famille
Marié (à Khadijah Farrakhan), trois enfants (Donna Farrakhan, Muhammad et Mustapha Farrakhan)

Louis Farrakhan, né Louis Eugene Walcott le 11 mai 1933 dans le Bronx à New York, est le dirigeant de l'organisation politique et religieuse suprémaciste noire Nation of Islam depuis 1981. Il a organisé la Million Man March de Washington D.C en 1995.

Enfance[modifier | modifier le code]

Louis Farrakhan est né Louis Eugene Walcott et a grandi au sein de la communauté antillaise du quartier Roxbury de Boston, dans le Massachusetts. Sa mère, Sarah Mae Manning, a émigré de Saint-Christophe-et-Niévès dans les années 1920 ; son père, Percival Clark, originaire de Kingston à la Jamaïque et chauffeur de taxi à New York, ne s'est pas investi dans l'éducation de son fils. Il est reconnu par son beau-père Louis Walcott, originaire de la Barbade, dont il prend le nom.

Il reçoit une formation de violoniste. À l'âge de six ans il possède déjà son premier violon, et à l'âge de 13 ans il joue dans l'orchestre de l'université de Boston et le Boston Civic Symphony. Un an plus tard, il remporte des concours nationaux, ainsi qu'un concours télévisé de l'époque, Original Amateur Hour, présenté par l'animateur américain Ted Mack, une émission précurseur des futurs American Idol aux États-Unis ou d' À la recherche de la nouvelle star en France. Il est d'ailleurs l'un des premiers Noirs à apparaître dans cette émission populaire.

À Boston, Louis Farrakhan passe sa scolarité dans les prestigieuses Boston Latin School et English High School, dont il sera diplômé[1]. Il poursuit durant deux ans ses études à l'université, mais abandonne pour poursuivre une carrière d'artiste.

Conversion[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, il enregistre plusieurs albums de calypso sous le nom de The Charmer. C'est en 1955, alors qu'il donne un spectacle intitulé Calypso Follies à Chicago, qu'il prend ses premiers contacts avec la Nation of Islam (NOI), une organisation religieuse et nationaliste noire américaine.

Il se convertit en 1955[2], alors qu'il est âgé de 22 ans, sous l'influence de Malcolm X, et prend le nom de Louis X (le « X » signifiant que le nom originel - africain - du nouveau converti est inconnu à cause de l'esclavage). Après l'édiction par Elijah Muhammad, chef de la NOI, d'une règle interdisant la musique, il abandonne celle-ci[2]. Elijah Muhammad lui donne alors son nom de Louis Farrakhan.

En 1964, Malcolm X se convertit à l'islam sunnite, et quitte NOI. Farrakhan se livre alors à de violentes attaques contre lui au nom de l'organisation. La tension entre Malik El-Shabazz (nouveau nom de Malcolm X) et Nation of Islam ne cesse de croître. Le 14 février 1965, sa maison est incendiée, et il est assassiné de dix-huit balles le . Deux mois auparavant, Louis Farrakhan avait écrit « un tel homme mérite la mort[3] » (such a man is worthy of death).

Trois membres de NOI sont reconnus coupables de ce meurtre en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. L’organisation nie toute participation à l’assassinat. « Betty Shabazz, l'épouse de Malcolm X, accuse publiquement Farrakhan d'un rôle dans le meurtre[3] ». « J'ai pu être complice en mots », a-t-il admis au début de 2007, tout en niant la moindre implication directe de l'organisation[3].

La NOI avance l'hypothèse selon laquelle la CIA a eu connaissance du projet d’assassinat et l’a couvert, voire aidé[4].

Scission[modifier | modifier le code]

Après la mort d'Elijah Muhammad en 1975, la NOI prend un virage religieux important en se rapprochant du sunnisme et en abandonnant son nom historique. En 1978, des membres de la NOI, dirigé par Louis Farrakhan, se réorganisent autour des enseignements d'Elijah Muhammad. En 1981, Louis Farrakhan proclame officiellement la restauration de la NOI, et la fidélité aux dogmes d'Elijah Muhammad. La « nouvelle » NOI s'affirme comme la légitime continuatrice de l'organisation créée par Elijah Muhammad, tant sur le plan religieux que sur le plan du nationalisme afro-américain.

Chef de la nouvelle NOI, « l'honorable Louis Farrakhan » développe celle-ci.

Il prête une attention particulière à l'Afrique, et y effectue plusieurs voyages[5]. En 1986, par exemple, il organise un voyage de cinq jours au Nigeria[6], provoquant des réactions négatives dans le pays[7].

En mai 1993, Farrakhan se rend à Libreville, au Gabon, pour participer au second sommet africain - afro-américain. En octobre 1994, il emmène 2 000 Afro-Américains vers Accra, au Ghana, pour le premier international Saviour's Day de Nation of Islam (journée internationale du sauveur), fête en mémoire de Wallace Fard Muhammad. Le président ghanéen Jerry Rawlings ouvre et clôture cette convention de cinq jours[2].

Parmi de nombreux autres déplacements, on peut aussi citer la participation du dirigeant de la NOI (dans l'assistance) à la cérémonie inaugurale de l'Union africaine de 2002. Le journal de la NOI met en valeur ses rencontres avec « le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan ; le ministre d'État Amara Essy de Côte d'Ivoire, Secrétaire général de l'Union africaine ; et le Secrétaire général de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest[8] ».

En 1996, Farrakhan se rend en Libye, à l'époque cible des sanctions des Nations unies, pour recevoir le Prix Kadhafi des droits de l'homme, assorti d'une somme de 250 000 dollars[9].Depuis, il a été souvent reproché à la NOI d'être financée par la Libye.[réf. nécessaire]

Ces voyages renforcent la visibilité médiatique de la NOI et réaffirment les liens entre l'Afrique et « les fils et les filles de l'Afrique aux États-Unis, dans les Caraïbes, en Amérique centrale et du Sud, ainsi qu'au Canada[8] ».

Polémiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John B. Judis, Maximum Leader, The New York Times, , consulté le 19 mai 2006
  2. a, b et c Bio Sketch of the Honorable Minister Louis Farrakhan.
  3. a, b, c, d et e Voir, sur le site de CBS, le compte rendu de son émission « 60 Minutes » de janvier 2007, au cours de laquelle Farrakhan a admis pour s'en excuser : « ce que j'ai dit a causé la perte de la vie d'un être humain »
  4. An historical look at the honorable Elijah Muhammad.
  5. Voir plusieurs exemples de ces voyages sur le site de la NOI : Bio Sketch of The Honorable Minister Louis Farrakhan.
  6. D'après une dépêche de l'agence Associated Press du 9 février 1986, reproduite dans The New York Times Lecture by Farrakhan Is Prohibited in Nigeria - NYTimes.com.
  7. D'après une dépêche de l'agence Reuters du 10 février 1986, reproduite dans The New York Times Lecture by Farrakhan Is Prohibited in Nigeria - NYTimes.com.
  8. a et b Askia Muhammad, « Birth of the African Union », Finall Call (hebdomadaire de la NoI), 17 Juillet 2002.
  9. D'après The New York Times du 30 août 1996 Farrakhan, in Libya, To Get Rights Award - NYTimes.com.
  10. par Nathan Pearlmutter, de la Anti-Defamation League de B'nai B'rith, ainsi que par la journaliste au Village Voice Nat Hentoff.
  11. La N.O.I a publié un livre sur le sujet en 1991: "The Secret Relationship Between Blacks and Jews", qualifié de "Bible du nouvel antisémitisme" par Henry Gates, directeur du département des Etudes Afro-Americaines à Harvard.
  12. Jews and the American Slave Trade, Saul S. Friedman, Transaction Publishers, 1999, pp. 2, 40
  13. Révélations sur le rôle de la City dans la traite négrière, Slate
  14. "The Messenger Passes". Time magazine. March 10, 1975. Retrieved 2007-08-19
  15. (en) « Farrakhan Rails Against Jews, Israel and the U.S. Government in Wide-Ranging Saviours' Day Speech », Anti Defamation Ligue,‎ (lire en ligne).
  16. Django, sur finalcall.com
  17. 10 Rappers and Singers Embracing the Wise Words of Louis Farrakhan, The Boom Box

Liens externes[modifier | modifier le code]