Romain Caillet

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Romain Caillet
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Romain Caillet, né le à Paris, est un historien français spécialiste de la mouvance jihadiste globale (Organisation de l’État islamique et al-Qaïda), régulièrement consulté par les médias. Il a vécu de nombreuses années au Moyen-Orient : trois ans au Caire, deux ans à Amman et près de cinq ans à Beyrouth[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après son baccalauréat il entame des études d'histoire à l'Université Paris XII, à la suite de l'obtention d’un DEA d’histoire médiévale à Paris I-Panthéon-Sorbonne en 2005, il décide de se spécialiser dans l’étude des mouvements islamistes contemporains[2],[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il devient chercheur associé aux centres du Cedej du Caire (2006-2008).

Il enseigne à l'Institut français du Proche-Orient de 2008 à 2014[4], à Amman (2008-2010).

En 2010, il s’installe au Liban, grâce à une bourse octroyée par le ministère français des affaires étrangères, et il concentre ses recherches sur le jihadisme.

Jusqu'en 2015, vivant au Liban, il quitte progressivement le monde universitaire pour entamer une carrière de consultant-analyste effectuant des missions de conseil pour des organisations internationales (NGC Consulting[5]).

De retour du Maroc le , où il était invité à une émission de télévision, il est refoulé à l'aéroport de Beyrouth et expulsé du Liban le lendemain. Soupçonné d'être « lié à des organisations terroristes » par la Sûreté générale, Romain Caillet parle d'« une accusation ridicule » et dénonce « l'emprise des milieux pro-Hezbollah et pro-iraniens sur les institutions libanaises ». Après avoir vécu cinq années au Liban, il se réinstalle alors en France[6],[7],[8].

En mars 2016, Romain Caillet intervient à quelques reprises sur la chaîne BFM TV en tant que consultant extérieur sur les questions de djihadisme. En mai, à la suite d'un article de L'Obs révélant les prises de positions de l'intéressé au début des années 2000, la chaîne cesse avec lui toute collaboration, déclarant notamment que certains éléments de son passé avaient été dissimulés à la chaîne d'information[9],[10],[11],[12]. Après cette éviction, il reçoit le soutien du journal Libération, qui note que « BFMTV a réussi à torpiller une des rares compétences que la télévision offrait sur le sujet »[11].

En juillet 2016, le site Internet Syria Deeply classe Romain Caillet parmi les huit meilleurs experts à suivre pour comprendre l'actualité des groupes islamistes en Syrie[13].

Au mois de septembre 2016, il lance le blog Jihadologie, hébergé par Libération et consacré à l'actualité du courant jihadiste. Moins d'un mois après son lancement, le blog se voit attribuer un numéro d'ISSN (2497-2738) par la Bibliothèque Nationale de France.

Contribution à l’émergence de la jihadologie en France[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, Romain Caillet a présenté la jihadologie, en tant que nouvelle discipline scientifique, lors d’un séminaire tenu à Sciences-Po Paris.[14].

Selon Romain Caillet, à l’instar de la soviétologie qui, à l'époque de la guerre froide, articulait connaissance du marxisme et des langues slaves, la jihadologie nécessite des connaissances spécifiques, notamment la langue arabe et les fondamentaux de l’idéologie jihadiste, le sens des chants militants ainsi que ses références historiques.[15].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à une Française d'origine marocaine, et père de famille.

Contacts et réseau[modifier | modifier le code]

Converti à l'islam depuis 1997, il se rapproche des salafistes et des Frères musulmans au cours des années 2000. Il prend un temps position en faveur du djihad, mais s'en écarte à partir de 2007 et poste des repentirs publics. Interrogé par la SDAT en 2008, il n'est pas inquiété par la justice, mais fait depuis l'objet d'une fiche S[7],[16],[17],[18]. Au début de son séjour au Caire, il rencontrera les frères Clain, dont l'aîné, Fabien, est notamment connu pour être la voix de la vidéo revendiquant les attentats du 13 novembre[19].

Ses analyses s’appuient sur une connaissance érudite de l’islamologie mais aussi sur de nombreux contacts dont il bénéficie au sein de la mouvance jihadiste. Afin d’avoir une information complète, il « rencontre tout le monde », dînant « avec une personne des services de renseignements français et, le lendemain midi, [mangeant] un kebab avec un jihadiste »[2].

À contre-courant de la plupart des observateurs, il est le premier chercheur à avoir affirmé dès 2013 que l’organisation État islamique n’était pas liée à al-Qaïda[20].

Les informations sur le courant jihadiste qu'il diffuse au quotidien sur son compte twitter assurent, selon le site Rue89, avec celles fournies par d’autres comptes Twitter « une véritable crédibilité, un recoupement de l’information doublé de connaissance de la réalité »[21].

Publications[modifier | modifier le code]

Il est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues académiques et a contribué à l’écriture de plusieurs ouvrages collectifs remarqués. Son expertise reconnue de la « mouvance jihadiste » lui assure d’être régulièrement invité dans les médias francophones et arabophones. 

Rapports d’expertise publics[modifier | modifier le code]

  • « From the Ba’th to the Caliphate: the former officers of Saddam and the Islamic State», The Norwegian Peacebuilding Resource Centre/Norsk Ressurssenter for Fredsbygging (NOREF), juin 2015, [lire en ligne] trad. « Du Baas au Califat: les anciens officiers de Saddam et l'État islamique », juillet 2015, Terrorisme.net, [lire en ligne]
  • « The Governorate of Homs: is this the Islamic State’s new fiefdom? », The Norwegian Peacebuilding Resource Centre/Norsk Ressurssenter for Fredsbygging (NOREF), août 2014, [lire en ligne], trad. « Le gouvernorat de Homs, un autre fief de l’État islamique », août 2014, Les invités de Mediapart, [lire en ligne]

Chapitres d’ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • En collaboration avec P. Puchot, « Hizb An-Nour, État islamique… salafistes et Frères : les cas égyptien et syrien », in P. Puchot (éd.), Les Frères musulmans et le pouvoir, Paris, Éditions Galaade, 2015, p. 77-93.
  • En collaboration avec Fr. Burgat, « Une guérilla Islamiste ? Typologie idéologique de la révolte armée » in Fr. Burgat et B. Paoli (éd.), Pas de printemps pour la Syrie Acteurs et enjeux de la crise 2011-2013, Paris, La Découverte, 2013, p. 55-83. [lire en ligne]
  • « Note sur l’espace public salafi en Jordanie », in M. Ababsa et R. Daher (éd.), Cities, Urban Practices and Nation Building in Jordan, Villes, pratiques urbaines et construction nationale en Jordanie, Cahiers de l’IFPO n°6, Beyrouth, 2011, p. 307-327. [lire en ligne]
  • En collaboration avec A. Lamnaouer, « De l’usage du jihâd : la fin d’une ère en Égypte ? Les révisions idéologiques de Sayyid Imâm », in H. Aouardji et H. Legay (éd.), L’Égypte dans l’année 2007, Le Caire, CEDEJ, 2008, p. 85-115. [lire en ligne]
  • « Trajectoires de salafis français en Égypte », in B. Rougier (éd.), Qu’est-ce que le salafisme ?, Paris, PUF, 2008, p. 257-271. [lire en ligne]

Articles[modifier | modifier le code]

  • « De l'usage du takfir au Nigéria : la controverse de Boko Haram avec l'État Islamique en Afrique de l'Ouest», Religioscope, septembre 2016 [en ligne] [lire en ligne]
  • « Introduction à la Jihadologie»,Terrorisme.net, janvier 2016 [en ligne] [lire en ligne]
  • « Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab : contre le culte des saints », Le Point Références, novembre-décembre 2015, p. 34-35.
  • « Pour comprendre le slogan de l’État islamique», Religioscope, octobre 2014, [lire en ligne]
  • « L'influence de la guerre en Syrie sur le courant jihadiste marocain », Études et Analyses du Religioscope, n°33, avril 2014, [lire en ligne]
  • « Échec de l’offensive de l’Armée syrienne libre contre l’État islamique en Irak et au Levant », Orient XXI, février 2014, [lire en ligne]
  • « The Islamic State: Leaving al-Qaeda Behind », Carnegie Endowment for International Peace: Guide to Syria in Crisis, décembre 2013, [lire en ligne]
  • « Égypte: les salafis à l'heure de la contre-révolution », Cahiers de l’Institut Religioscope, n°9, octobre 2013. [lire en ligne]
  • « Le groupe Jabhat an-Nusra : la fabrique syrienne du “jihadisme” », collaboration avec F. Burgat, Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 2012. [lire en ligne]
  • « Le phénomène Aḥmad al-Asîr : un nouveau visage du salafisme au Liban ? (2/2) », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 2012. [lire en ligne]
  • « Le phénomène Aḥmad al-Asîr : un nouveau visage du salafisme au Liban ? (1/2) », Les Carnets de l’Ifpo : la recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 2012. [lire en ligne]
  • « Le procès d’Abû Muḥammad al-Maqdisî et le délit d’opinion dans un État autoritaire », Les carnets de l’Ifpo : la recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 2011. [lire en ligne]
  • « A French Jihâdî in Crisis: “Role Exit” and Repression », The Muslim World, n° 101, 2011, p. 286-306. [lire en ligne]
  • « Le champ salafi au prisme des révolutions tunisienne et égyptienne », Les carnets de l’Ifpo : la recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 2011. [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://jihadologie.blogs.liberation.fr/
  2. a et b Romain Caillet. Jihad geek, Fanny Arlandis, liberation.fr, 1er avril 2015
  3. Institut français du Proche-Orient Institut français du Proche-Orient
  4. Romain Caillet, Institut français du Proche-Orient
  5. "La nouveauté, c'est que l'Etat islamique vise la France nommément"
  6. Thomas Abgrall, Romain Caillet : «Mes positions sur le Hezbollah ont été de plus en plus critiquées», Libération, 4 mars 2015.
  7. a et b Fanny Arlandis, Romain Caillet. Jihad geek, Libération, 1er avril 2015.
  8. Un chercheur français expulsé du Liban, lemonde.fr, 4 mars 2015
  9. BFMTV cesse sa collaboration avec Romain Caillet
  10. BFMTV se sépare de son spécialiste djihadisme visé par une fiche "S", La Libre Belgique, 6 mai 2016
  11. a et b Willy Le Devin, Romain Caillet écarté de BFMTV : quel gâchis!, Libération, 6 mai 2016.
  12. Soren Seelow et Alexandre Piquard, Pourquoi BFM-TV se sépare de Romain Caillet, son « consultant djihadisme », Le Monde, 7 mai 2016.
  13. https://www.newsdeeply.com/syria/articles/2016/07/15/eight-experts-to-watch-on-syrias-islamist-groups
  14. [1]
  15. [2]
  16. Olivier Toscer, Romain Caillet : le “M. Djihadisme” de BFMTV est fiché “S”, L'Obs, 4 mai 2016.
  17. Zoé Lauwereys, VIDEO. Romain Caillet : expert en djihadisme et...fiché S, Le Parisien, 5 mai 2016.
  18. Eugénie Bastié, L'expert du djihad Romain Caillet fiché «S» remercié de BFMTV, Le Figaro, 6 mai 2016.
  19. BFMTV se sépare de son expert en djihadisme fiché S
  20. « De la désaffiliation de l'Etat islamique à al-Qaïda », huffpostmaghreb, 8 octobre 2013.
  21. Pierre Haski, Des comptes Twitter fiables pour suivre les conflits avec les djihadistes, L'Obs avec Rue89, 1er mars 2015.