Madame Sorgue

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Madame Sorgue
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Madame Sorgue (assise à droite sur la photo), aux côtés de Benoît Broutchoux, en 1906 après la catastrophe de Courrières.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité

Antoinette Cauvin (1864 - ), connue sous le pseudonyme de Madame Sorgue et de Madame Trouble[1], est une anarcho-syndicaliste française. Le nom de Sorgue viendrait de l'allemand « Sorge » signifiant « soucis, problème », en étant celle qui les apporte[1], ceci expliquant sa version anglicisée : Madame Trouble. Une autre interprétation quant à l'origine de son nom viendrait de la Sorgues, une rivière aveyronnaise à qui elle aurait emprunté son nom[2]. Ayant participé à un grand nombre de grève en Europe elle a beaucoup voyagé en France, au Portugal, en Italie, au Pays de Galles, en Angleterre[3] et en Écosse (notamment durant la grève des dockers à Leith en 1913 [4]).

Biographie[modifier | modifier le code]

Madame Sorgue est née en 1864, fille du médecin et philosophe fouriériste Joseph-Pierre Durand de Gros, dont le nom vient du domaine de Gros, situé à Arsac, actuellement dans l'agglomération ruthénoise, dans l'Aveyron d'où elle est originaire[2].

Après avoir eu un rôle prédominant dans la création de plusieurs groupes socialistes en Aveyron, et avoir rejoint le Parti socialiste révolutionnaire, à tendance blanquiste, elle représente trois de ces groupes en 1889 et 1890 au Congrès international socialiste à Paris[2]. Elle est toujours leur représentante en 1905, au Congrès du Globe, à Paris, qui verra l'apparition de la SFIO[2].

En 1905, elle participe à la grève des travailleurs et des travailleuses du textile à Limoges, dont la principale revendication allait à l'encontre du droit de cuissage en vigueur pour les travailleuses[2]. En 1907, c'est à Roquefort, au côté des travailleuses des fabriques de fromages de la ville qu'elle est présente. Celles-ci protestant moins pour de meilleures conditions de travail que contre les abus sexuels qu'elles subissaient[2].

Elle fut réputé être « la femme la plus dangereuse d'Europe »[1], en raison de son rôle dans la diffusion des idées et des méthodes syndicalistes françaises en Grande-Bretagne. Féministe, Madame Sorgue est en opposition avec les anti-parlementaires et les anarchistes sur la question du droit de vote des femmes, et est fortement critique du modèle familial dominant et du mariage[2]. Oratrice et journaliste, elle écrivit pour le Journal des débats.

En 1914, pendant la Première Guerre mondiale, elle fut l'une des rares anarchistes à être en faveur de la guerre.

Elle décède d'une crise cardiaque le à Londres, à l'hôtel Bonnington situé sur Southamton Row[2],[1],[5],[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « MADAME SORGUE DEAD. - DESCRIBED BY ITALIAN AS MOST DANGEROUS WOMAN (Reuter's Message.) London, February 8. - Barrier Miner (Broken Hill, NSW : 1888 - 1954) - 9 Feb 1924 », Trove (consulté le )
  2. a b c d e f g et h « Cauvin,( nee Durand de Gros) Antoinette aka Madame Sorgue 1864-1924 », libcom.org (consulté le )
  3. (en) Alison Heath, The Life of George Ranken Askwith, 1861–1942, Routledge, (ISBN 978-1-317-32005-0, lire en ligne)
  4. (en) William Kenefick, Red Scotland! : The Rise and Fall of the Radical Left, c. 1872 to 1932 : The Rise and Fall of the Radical Left, c. 1872 to 1932, Edinburgh University Press, , 240 p. (ISBN 978-0-7486-3082-0, lire en ligne)
  5. Constance Bantman, The French Anarchists in London, 1880-1914 : Exile and Transnationalism in the First Globalisation, Oxford University Press, , 256 p. (ISBN 978-1-78138-658-3, lire en ligne)
  6. Zealand, « Papers Past | MADAME SORGUE. (Marlborough Express, 1911-12-22) », paperspast.natlib.govt.nz (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]