Association internationale des travailleurs (anarcho-syndicaliste)

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Association Internationale des Travailleurs
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique confédération syndicale
Zone d’influence internationale
Fondation
Fondation 1922
Identité
Financement cotisation de ses adhérents indépendant de toute subvention patronale ou étatique
Site web Site Officiel

L'Association internationale des travailleurs est une organisation internationale de syndicats anarcho-syndicalistes. Elle reprend le nom de l'Association internationale des travailleurs, connue aussi sous le nom de Ire Internationale.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Association est créée à Berlin, le 22 décembre 1922, par des partisans du syndicalisme révolutionnaire, de l'anarcho-syndicalisme et de l'anarchisme ouvrier (FORA) qui refusent le neutralisme syndical de la charte d'Amiens et l'allégeance des syndicats au partis politiques, soit-il communiste (Internationale syndicale rouge) ou social-démocrate (Fédération syndicale internationale).

La Première Guerre mondiale qui a signé la faillite de l'internationalisme social-démocrate, et révélé les dissensions entre la gauche gouvernementale et la gauche révolutionnaire (le social-démocrate Gustav Noske fait ainsi tuer les spartakistes allemands, dont Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht).
La révolution russe, qui a représenté un espoir pour le mouvement anarcho-syndicaliste, déçoit rapidement. Très vite, il devient clair pour les anarcho-syndicalistes qu'il n'y a aucune émancipation à attendre des bolcheviks.

La principale nouveauté programmatique de l'AIT nouvelle manière avec le mouvement syndical révolutionnaire d'avant la Première Guerre mondiale et d'avant la révolution russe, est la rupture définitive avec les partis politiques, qui ne peuvent plus être considérés comme des éléments faisant partie du mouvement ouvrier comme le laissait entendre la charte d'Amiens, mais au contraire doivent être traités comme des ennemis des travailleurs. À ce titre, les partis politiques doivent être combattus comme l'État, le Capital et leurs institutions.

Des organisations puissantes de plusieurs centaines de milliers de membres comme la FORA en Argentine, l'USI en Italie, la CGT Portugaise, les IWW Chiliens sont les principales organisations constituant l'AIT dans la première moitié du XXe siècle. La plus connue, la CNT espagnole ressemblais plus de 1 500 000 adhérents au plus fort de la guerre civile espagnol.

L'AIT a également toujours eu la particularité de regrouper, outre des organisations de masses, des groupes de propagandes anarcho-syndicalistes (comme, dans les années 1930, la Fédération anarchiste polonaise, membre à part entière de l'AIT).
Toutefois, les sections furent laminées par la répression exercée par les dictatures de toutes sortes (nazisme en Allemagne, fascisme en Italie et au Portugal, franquisme en Espagne, communisme à Cuba, en Bulgarie et dans les pays de l'Est, dictatures militaires en Amérique latine...).

La mort de l'AIT, annoncée cent fois, n'a pas eu lieu. Elle a réussi à survivre pendant les décennies terribles de la guerre froide, refusant de prendre parti pour l'un ou l'autre des belligérants. Elle connaît un petit frémissement[réf. nécessaire] depuis la chute du mur de Berlin.
Ce renouvellement s'accompagne d'une clarification quant à ses buts politiques et idéologiques poursuivis. Ainsi, lors du controversé congrès de Madrid en 1996, les tendances syndicalistes « pures » furent exclues de l'AIT (la tendance dite « des Vignoles[1] » de la CNT Française, la tendance romaine de l'USI préférant formellement quitter l'AIT), pour participation, dans certains cas, à des institutions de collaboration de classe, ce qui rompait avec le principe de rejet de la représentativité.
Mais ce même congrès fut également celui de l'ouverture à l'Est, à peine quelques années après la chute du mur de Berlin, avec l'accueil de nouvelles sections tchèques, slovaques ou encore russes.
Dans les années 2000, d'autres nouvelles sections rejoignent l'AIT (COB brésilienne, ASI en Serbie…).

En 2010, l'AIT tient son congrès à São Paulo au Brésil, première occasion, pour un congrès international anarchiste de se tenir en dehors de l'Europe. Une nouvelle section en Pologne, le ZSP, a rejoint l'internationale anarcho-syndicaliste lors de ce congrès[2].

Organisations membres et amis de l'AIT[modifier | modifier le code]

Pays Nom Acronyme Publications Statue
Drapeau de l'Autriche Autriche Wiener ArbeiterInnen Syndikat WAS Ami
Drapeau de l'Australie Australie Anarcho-Syndicalist Federation ASF [1] Membre
Drapeau du Brésil Brésil Confederação Operária Brasileira COB A Voz do Trabalhador, A Plebe Membre
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie Autonomous Workers' Union ARS Ami
Drapeau du Chili Chili Germinal Ami
Drapeau de la Colombie Colombie Libertarian Students' Union Ami
Drapeau de l'Espagne Espagne Confédération nationale du travail CNT-AlT Membre
Drapeau de la France France Confédération nationale du travail - Association internationale des travailleurs CNT-AIT Membre
Drapeau des États-Unis États-Unis Alliance solidaire des travailleurs WSA Ami
Drapeau de la Norvège Norvège Norsk Syndikalistisk Forbund(Ligue syndicaliste norvégienne) NSF-IAA Membre
Drapeau de la Pologne Pologne Związek Syndykalistów Polski(Association des Syndicalistes Polonais) ZSP-MSP "Zapłata" Membre
Drapeau du Portugal Portugal AIT-Secção Portuguesa(AIT-Section Portugaise) AIT-SP Anarcho Sindicalista Membre
Drapeau de la Russie Russie Confédération révolutionnaire des anarcho-syndicalistes KRAS-MAT Либертарная мысль (Libertarian Thought) Membre
Drapeau de la Serbie Serbie Anarho-sindikalistička inicijativa(Initiative anarchosyndicaliste) ASI-MUR Direktna akcija Membre
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie Priama Akcia(Action Directe) PA-MAP Membre
Drapeau de la Suède Suède Örestad Lokala Samorganisation OLS Ami
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Solidarity Federation SF-IWA Direct Action, Catalyst Membre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De la rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris, où est basée la CNT.
  2. « 24e congrès de l’AIT : Bienvenue aux compagnons polonais »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]