Jarny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jarny
Hôtel de ville.
Hôtel de ville.
Blason de Jarny
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Briey
Canton Jarny
Intercommunalité Communauté de communes du Jarnisy
Maire
Mandat
Jacky Zanardo
2014-2020
Code postal 54800
Code commune 54273
Démographie
Gentilé Jarnisiens
Population
municipale
8 358 hab. (2014)
Densité 534 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 35″ nord, 5° 52′ 41″ est
Altitude Min. 185 m – Max. 236 m
Superficie 15,64 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle

Voir sur la carte administrative de Meurthe-et-Moselle
City locator 14.svg
Jarny

Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle

Voir sur la carte topographique de Meurthe-et-Moselle
City locator 14.svg
Jarny

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Jarny

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Jarny

Jarny est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

Elle doit son développement aux mines de fer (Jarny, Droitaumont, Giraumont) et dans la foulée au chemin de fer (triage de Conflans-Jarny), les mines générant d'importants volumes de minerai, la minette lorraine à transporter jusqu'aux hauts-fourneaux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans le relief de côtes (ou cuestas) de cette bordure est du bassin parisien, Jarny s'inscrit dans la dépression argileuse de la Woëvre, contenue entre deux lignes de côtes calcaires : côtes de Meuse à l'ouest, côtes de Moselle à l'est.

Les cours d'eau principaux sont l'Orne et l'Yron, qui se rejoignent dans la commune voisine de Conflans-en-Jarnisy (dont le nom vient de confluent). L'Orne a été légèrement détournée pour permettre l'agrandissement du triage ferroviaire.

Jarny, village du duché de Bar, fera partie de la Moselle de 1790 à 1871 dans le premier découpage des départements, puis du nouveau département de Meurthe-et-Moselle créé à la suite de l'annexion en 1871 par l'Allemagne d'une grande partie de la Moselle et d'une petite portion de la Meurthe (la Meurthe-et-Moselle regroupant alors l'essentiel de la Meurthe, plus une fraction de la Moselle, d'où sa forme particulière évoquant une oie).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville serait une déformation de Garniacum[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le Moyen Âge, Droiteaumont et Jarny sont deux seigneuries liées à la famille de Gourcy, ou de Gorcy, qui s'y fixa très tôt. Le blason de la commune leur est emprunté, avec une variante (annelets d'argent) pour se différencier du blason des Gorcy (annelets d'or). Cette famille fut très puissante et influente à la cour de Lorraine, comme en témoignent ses alliances illustres (Lignéville, Manderscheild, Merode). Droiteaumont donna son nom à l'une des branches de cette famille, dont plusieurs membres se distinguèrent : François Antoine comte de Gourcy de Droiteaumont capitaine, chevalier des ordres prestigieux de Saint-Lazare et de Notre-Dame-du-Mont-Carmel ; ainsi que son frère Joseph comte de Gourcy-Droiteaumont, capitaine au régiment de Touraine, puis de La Fère chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, qui fit la campagne d'Amérique en 1776, puis qui commanda au jeune Bonaparte, encore sous-Lieutenant. Ou encore Ernest François Xavier Comte de Gourcy Droiteaumont, conseiller de la Basse Autriche.

En 1817, Jarny, village de l'ancienne province du Barrois sur l'Orne et à droite de l'Yron, a pour annexe le village de Droitaumont, les fermes de Moncel et de Moulinelle et le moulin de Bruillot. À cette époque, il y avait 460 habitants répartis dans 81 maisons. En 1817, Droitaumont, village de l'ancienne province du Barrois sur l'Yron. À cette époque, il y avait 92 habitants répartis dans 14 maisons. Commune indépendante jusqu'en 1810, Droitaumont est aujourd'hui rattachée à la commune de Jarny.

Au début du XXe siècle, la ville se développe grâce aux mines de fer, qui font appel à une main-d'œuvre immigrée, notamment allemande, luxembourgeoise, polonaise et italienne. La concurrence de minerais étrangers à plus haute teneur en fer conduira à la fermeture des mines à la fin du XXe siècle.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Située à seulement quelques kilomètres de la frontière franco-allemande de 1871, correspondant à la Moselle actuelle, Jarny est occupée par les troupes allemandes dès les premiers jours du conflit. Le , quatre otages sont fusillés pour l'exemple : Henri Génot, maire de la ville, l’abbé Léon Vouaux, frère du curé de Jarny, Jean Bernier, et François Fidler[Note 1]. La liste des victimes continuera de s'allonger avec Cosme Aufiero, Jean Bérard (4 ans), Alexis Fournier, Ernest L’Hermite, Henri Menne, Adrien Pérignon, son épouse Eugénie née Sponville et leur fils Fernand (17 ans), Charles Plecis, et un autre Français, inconnu. Toujours en août 1914, des travailleurs italiens[Note 2] des mines de Jarny sont fusillés dans l'actuelle rue Albert 1er, à quelques pas de l’actuelle place Henri Génot : Gerolamo Bernacchini, Andrea Bisesti, Giuseppe Brigatti, Vincenzo Cesaroni, Stefano Gaggioli, Angelo Luisetti, Enrico Maffi (13 ans), Luigi Pesenti, Stefano Piralli, Giovanni Testa, Giovanni Tron, Giuseppe Vaglia, Amilcare et Giovanni Zoni.

Toujours en août 1914, l'église et plusieurs maisons sont incendiées.

La commune restera sous la domination de l'armée allemande jusqu'à l'Armistice, en novembre 1918.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des communes françaises, Jarny est occupée par l'armée allemande après la Drôle de guerre, dés l'Armistice du 22 juin 1940. Jarny reste occupée jusqu'à la Libération. Les FFI et FTP du secteur prennent une part active à la libération du Pays-Haut. Les premières patrouilles du XXe corps d'armée américain entrent à Jarny le 1er septembre 1944[2], mais la commune ne sera définitivement libérée que le 3 septembre 1944[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La gare.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1856 ? 1861 Théodore Bertrand    
1861 1871 Jean-François Barthélémy    
1871 1876 Jean-Baptiste Collignon    
1876 1883 Jean-Baptiste Poinsignon    
1883 1887 François Amédée Hurlin    
1887 1902 Jean-Nicolas Lefumeux    
1902 1904 Jean Joseph Clément    
1904 1912 Victor Gadol    
1912 1914 Henri Génot    
1919 1929 Charles Génot    
1929 1941 Marcel Rouy    
1941 1942 Charles Jules Génot    
1942 1944 Paul Barloy    
1944 1945 Marcel Rouy    
1945 1953 Paul Mennegand    
1953 1965 Albert Amiel DVD  
1965 1980 Gilbert Schwartz PCF Député (1973-1978)
1980 1983 Henri Bezon PCF Conseiller général du canton de Conflans-en-Jarnisy (1973-1983)
1983 1988 Michel Gilles PCF  
mars 1989 1996 Philippe Nachbar UDF Conseiller général du canton de Conflans-en-Jarnisy (1985-1998)
Sénateur (depuis 1992)
1996 mars 2001 Jacques Dhur UDF  
mars 2001 en cours
(au 16 avril 2014)
Jacky Zanardo PCF Président de la Communauté de communes du Jarnisy depuis 2002

Jumelages[modifier | modifier le code]

  • Linkenheim-Hochstetten (RFA) depuis 1966.
  • Gröditz (RFA, autrefois RDA) depuis 1969. À l'époque, les jumelages avec la RDA se rencontraient surtout chez les municipalités communistes, comme Jarny. Le partenariat deviendra triangulaire en 1990, avec un jumelage entre Linkenheim-Hochstetten et Gröditz (le premier contact entre les deux villes allemandes remonte à 1984).
  • Popoli, ville italienne (touchée par un tremblement de terre en 2009) dont le maire est un enfant de Jarny.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[5],[Note 3].

En 2014, la commune comptait 8 358 habitants, en diminution de -2,07 % par rapport à 2009 (Meurthe-et-Moselle : 0,15 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1872
515 423 469 510 704 709 768 726 722
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
927 803 780 702 733 771 890 3 411 4 156
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
6 111 7 214 7 010 7 512 8 001 9 248 9 236 9 287 8 849
1990 1999 2007 2011 2014 - - - -
8 401 8 377 8 447 8 454 8 358 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Château de Moncel.
  • Château de Moncel, ancienne maison forte du XIIIe siècle, passée en 1633 aux Bettainvillers, maîtres de forge de Moyeuvre, rhabillage au XXe siècle, pastiche XVIIIe siècle. Il sert d'état-major pour les Allemands lords de la 1ère guerre mondiale, et le Kayser Wilhelm II y séjourne même. C'est ensuite la demeure de plusieurs directeurs de la mine de Droitaumont. Le parc est aujourd'hui ouvert au public et le château accueilles des associations environnementales[8].
  • Ancienne brasserie, 12 rue du Point du Jour, époque de construction : 1er quart du XIXe siècle ; 4e quart du XIXe siècle. Désaffectée entre 1900 et 1905.
  • Ancienne brasserie du début du XXe siècle « bière de Jarny » située sur le site actuel « EMC2 » près de la gare de Conflans-Jarny.
  • Lavoir, rue des Mines.
  • Collège Alfred-Mézières. Achevé en 1914, il servira de lazaret (hôpital militaire) pendant toute l'occupation allemande (1914-1918). Il servira ensuite d'école, avant de devenir un collège.
  • Collège Louis-Aragon. Première rentrée en 1973 pour des élèves habitant l'ouest et le nord du Jarnisy. Aragon est le 2ème collège de Jarny.
  • Ancienne mine de Jarny.
  • Ancienne mine de Droitaumont.
  • Cités de Moulinelle (typiques de l'habitat ouvrier à l'époque des mines).
  • Cités de Droitaumont.
  • Marais de Droitaumont, classé en Espace naturel sensible.
  • La Poncette. Lieu incarnant le rêve américain à la jarnysienne, la poncette se démarque par son cadre agréable. Au bord de l'Yron, les Jarnysiens viennent s'y promener en famille ou se détendre entre copains (beaucoup venaient aussi laver leur voiture dans le gué ; l'accès en est aujourd'hui interdit aux véhicules).
  • Une piscine.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Maximin fortifiée XIIIe siècle, clocher isolé (ancien donjon).
  • Chapelle Saint-Joseph à Droitaumont XXe siècle.
  • Chapelle Notre-Dame-du-Rail XXe siècle (n'est plus consacrée).
  • Chapelle de cimetière XXe siècle.
  • Chapelle sépulcrale des maîtres du château de Moncel XIXe siècle.
  • Salle du Royaume à Moulinelle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Gérard Biguet, Arbitre international de football (Jeux olympiques 1988 (finale), Euro 1992, FIFA moins de 20 ans 1983 (finale)). Il a aussi arbitré la finale de la coupe de France en 1985 et 1990.
  • Yan Lindingre, auteur de BD, actuel rédacteur en chef du magazine de bande dessinée fondé par Gotlib : Fluide glacial.
  • Gabriel De Michèle, joueur professionnel de football au FC Nantes et en équipe de France.
  • Francis Alain Guitton, psychanalyste, essayiste, écrivain.
  • Florian Laconi, né en 1977, artiste lyrique, ténor, a chanté la Marseillaise sur les Champs-Élysées lors du défilé officiel devant le président François Hollande en 2013.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La rue où eut lieu cette exécution s'appelle aujourd'hui rue du 26 août.
  2. Contrairement à l'Italie fasciste de 1940, l'Italie de 1914 se bat contre l'Allemagne.
  3. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie Générale de la France, par Ernest Nègre, 1990, Libraire Droz, Genève, (ISBN 978-2-600-02883-7)
  2. René Caboz: La bataille de Metz, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984 (pp.160, 180, 181).
  3. La liberté retrouvée sur cg54.fr
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. « Château de Moncel - Site officiel de la ville de Jarny - Site officiel de la ville de Jarny » (consulté le 1er mars 2017)