Jœuf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Jœuf
Jœuf
Église Notre-Dame-de-Franchepré.
Blason de Jœuf
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Briey
Intercommunalité Communauté de communes Orne Lorraine Confluences
Maire
Mandat
André Corzani
2020-2026
Code postal 54240
Code commune 54280
Démographie
Gentilé Joviciens[1]
Population
municipale
6 559 hab. (2018 en diminution de 1,23 % par rapport à 2013)
Densité 2 063 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 13′ 50″ nord, 6° 00′ 35″ est
Altitude Min. 173 m
Max. 287 m
Superficie 3,18 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Jœuf
(ville-centre)
Aire d'attraction Val de Briey
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton du Pays de Briey
(bureau centralisateur)
Législatives Troisième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Voir sur la carte administrative du Grand Est
City locator 14.svg
Jœuf
Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle
Voir sur la carte topographique de Meurthe-et-Moselle
City locator 14.svg
Jœuf
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Jœuf
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Jœuf

Jœuf est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est. C'est l'une des trois villes-centres de l'unité urbaine de Jœuf.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune du Pays Haut est un village contigu aux territoires annexés par l'Allemagne de 1871 à 1919 et de 1940 à 1944, mais resté du côté français pendant ces périodes d'annexion.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Jœuf est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. Elle appartient à l'unité urbaine de Jœuf, une agglomération inter-départementale regroupant 6 communes[5] et 22 589 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[6],[7].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Val de Briey, dont elle est une commune du pôle principal[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 14 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[8],[9].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (74 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (72,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (48,9 %), forêts (25,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (14,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (10,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9 %)[10].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anciennes mentions : Juf (1128)[12], Juef (1404)[12], Gieux (1444)[12], Joefs et Jueufz (1446)[12], Juelz (XVe siècle)[12], Jeux sur la rivière d’Orne (1514)[12], Jeux (1544)[12], Joeufz (XVIIe siècle)[12], Joeufs (1689)[12], Jœufium (1749)[12], Jauf (1801)[13].

Le nom de la ville viendrait du latin Jovis diminutif de Jupiter et rappellerait un lieu de culte rendu au dieu romain.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1681, Jœuf est un fief mouvant du roi qui appartient au chapitre de la cathédrale de Metz[12]. Entre 1751 et 1790, cette ville fait partie du bailliage de Briey[12].

Le lieu-dit Franchepré relevait de l'abbaye du Justemont (prémontrés) ; un ermitage s'y établit au XVIe siècle.

En 1817, Jœuf, village de l'ancienne province du Barrois à droite de l'Orne, avait pour annexes la ferme de Franchepré et le moulin de Ravenne ; à cette époque il y avait 207 habitants répartis dans 36 maisons[14].

Avant le traité de Francfort de 1871, Jœuf et son arrondissement faisaient partie du département de la Moselle.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La gare.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
23 juillet 1893 avril 1904 Henri Wayant    
1904 décembre 1920 Eugène Bastien   Chevalier de la Légion d'Honneur
  avril 1966 Maurice Peltier    
avril 1966 1977 Henri Martin    
1977 1997 Colette Goeuriot PCF Conseillère générale du canton de Briey (1976-1982)
Députée (1978-1988)
1997 En cours
(au 27 mai 2020)
André Corzani[15],[16]
Réélu pour le mandat 2020-2026
DVG Ancien cadre

Médias[modifier | modifier le code]

En 2010, la commune de Jœuf a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ »[17].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[19].

En 2018, la commune comptait 6 559 habitants[Note 3], en diminution de 1,23 % par rapport à 2013 (Meurthe-et-Moselle : +0,34 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1872
161162170473220216234245236
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
5736871 9302 3413 1235 3047 3359 5898 910
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
10 22511 0669 6899 27111 03412 58812 30510 6499 016
1990 1999 2004 2009 2014 2018 - - -
7 8757 4537 1166 8596 5706 559---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sport[modifier | modifier le code]

Le club de basket-ball de Jœuf Homécourt Basket a évolué trois saisons dans les années 1970 en Nationale 1 (élite du basket-ball en France à l'époque).

Le , la Juventus de Turin a rencontré l'ASNL dans le stade municipal de Jœuf[21].

Économie[modifier | modifier le code]

Sidérurgie[modifier | modifier le code]

Forges de Jœuf.

L'usine de Jœuf a connu deux divisions de hauts-fourneaux.

L'ancienne division a compté jusqu'à neuf hauts-fourneaux, les deux premiers ayant été mis à feu le même jour, le . C'est alors la montée en puissance de la division... Elle compte huit hauts-fourneaux en 1914.

Après la Première Guerre mondiale, la remise en route ne peut être que progressive du fait de la pénurie de coke et s'étale entre 1919 et 1924. Cette division fonctionnera jusqu'à la fin des années 1960 alors que la nouvelle division aura pris son essor. La nouvelle division de hauts-fourneaux, dessinée de façon à utiliser au mieux la partie de la vallée de l'Orne encore libre entre les usines existantes de Jœuf et de Moyeuvre-Grande, a été conçue de façon à permettre son éventuelle extension. Cette partie de la vallée était précédemment occupée par les sinuosités de l'Orne et par le crassier des anciens hauts-fourneaux. Le J1 est mis à feu le , le J2 en juin 1964. Ces hauts-fourneaux sont de type auto-portant avec blindage entièrement soudé, leur diamètre de creuset est respectivement de 8 170 et 8 570 mm. La capacité de chacun de ces hauts-fourneaux est voisine de celle des plus gros hauts-fourneaux alors en service en France (ils produisent 1 230 000 tonnes de fonte en 1973). Après avoir connu des campagnes intermédiaires, ils s'arrêtent définitivement le et le .

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Château Maurice De Wendel.
  • Vestiges préhistoriques et antiques.
  • Hypogée gallo-romain, édifice classé au titre des monuments historiques depuis 1875[23].
  • Salle des fêtes François-de-Curel construite de 1927 à 1929.
  • Statue de la Vierge du Haut de Villers.
  • Château de Wendel, parties constituantes : chapelle construit par l'architecte Albert Jasson pour Henri de Wendel en 1895.
  • Château de Brouchetière, parties constituantes : parties agricoles ; château d'eau ; parc construit après son mariage en 1905 pour Maurice de Wendel, dans le parc du château de son père Henri.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église de l'Exaltation-de-la-Sainte-Croix.
  • Église paroissiale de L’Exaltation-de-la-Sainte-Croix, reconstruite en 1878, agrandie entre 1924 et 1942. Clocher du XVIIIe siècle détruit et reconstruit en 1964, ostente du XIIe siècle.
  • Église paroissiale Notre-Dame-de-Franchepré, au lieu-dit Génibois, construite pour les habitants de la cité ouvrière des usines métallurgiques de Wendel et commanditée par cette famille. A remplacé un ancien oratoire dédié à la Vierge situé au lieu-dit Franchepré. Porte la date sur le mur sud de la tour clocher et la date 1911 sur la porte de la façade ouest, rénovée en 2007.
  • Ancien ermitage Notre-Dame-de-Franchepré, lieu-dit Franchepré. Ermitage établi dans la vallée de l'Orne, entre Jœuf et Moyeuvre, sur des terres appartenant à l'abbaye du Justemont (Vitry-sur-Orne, Moselle). Chapelle dédiée à Notre-Dame de l'Annonciation, but d'un pèlerinage marial très fréquenté par les habitants de la vallée de l'Orne et des villages du plateau. Ermitage détruit en 1880 quand les de Wendel vinrent installer leurs usines métallurgiques en Lorraine Française, après l'annexion de la majeure partie du département de la Moselle par l'Empire allemand. Chapelle détruite en 1900 quand l'usine s'étendit sur la rive gauche de l'Orne.
  • Salle du Royaume.

message galerie Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Michel Platini a été une personnalité qui a marqué la ville de Jœuf (où il est né en 1955, rue Saint-Exupéry) et plus particulièrement son club de football (l'ES Jœuf), où il a signé sa première licence en 1966. Pour le centenaire du club, le célèbre footballeur a décidé d'organiser un match amical entre l'AS Nancy-Lorraine et la Juventus dans l'enceinte du stade de Jœuf. La rencontre se solde par un match nul 1-1, Ouaddou (45e minute) répondant à l'ouverture du score d'Amauri (8e minute).
  • Pierre Fritsch, écrivain, né à Jœuf.
  • Louis Idoux (1917-2006), citoyen de la ville, dont un espace porte son nom.
  • Claude Dosdat, ancien footballeur français, né en 1929 à Joeuf.
  • Éric Occansey, ancien international de basket-ball
  • Régis Hector, auteur de BD et dessinateur de presse
  • Jacques Drillon, écrivain et journaliste.
  • Claude Mismaque, comédien né en 1939 à Joeuf, décédé en 2015.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Jœuf Blason
Mi-parti : au premier d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or aux deux bars adossés du même brochant sur le tout, au second d'argent au haut-fourneau de sable, maçonné d'azur, flamboyant de gueules, posé sur une terrasse aussi de sable, accompagné à senestre d'une main dextre de carnation mouvant du flanc, tenant un foudre aussi de gueules.
Détails
Adopté en 1949

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Gentilés des communes de Meurthe et Moselle », sur www.habitants.fr (consulté le ).
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Unité urbaine 2020 de Jœuf », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  6. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  7. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur insee.fr, (consulté le ).
  8. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  9. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  10. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  11. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  12. a b c d e f g h i j k et l M. Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale.
  13. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, Metz, 1817.
  15. « Résultats des élections municipales 2020 - Maire sortant », sur le site du Télégramme de Brest (consulté le ).
  16. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  17. « Palmarès 2010 des Villes Internet sur le site officiel de l'association » (consulté le ).
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  21. « La Juve et l'ASNL fêtent les 100 ans de Joeuf », sur www.republicain-lorrain.fr (consulté le ).
  22. « Monument aux morts Première Guerre », notice no IA00035307, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  23. « Hypogée gallo-romain », notice no PA00106048, base Mérimée, ministère français de la Culture.