Dominique (pays)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Dominica)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dominique.
Ne pas confondre avec la République dominicaine

Dominique

Dominica (en)

Drapeau
Drapeau de la Dominique.
Blason
Armoiries de la Dominique.
Description de l'image LocationDominica.svg.
Devise nationale After God is the earth
Apres Bondie, C'est la Ter[1]
Après Dieu est la Terre
Hymne national Isle of Beauty, Isle of Splendour
Administration
Forme de l'État République
Président Charles Savarin
Premier ministre Roosevelt Skerrit
Langues officielles Anglais[2]
Capitale Roseau

15° 18′ 12″ N, 61° 22′ 58″ O

Géographie
Plus grande ville Roseau
Superficie totale 754 km2
(classé 170e)
Superficie en eau 2,18
Fuseau horaire UTC GMT-4
Histoire
Indépendance Royaume-Uni
Date
Démographie
Gentilé Dominiquais
Population totale (2015) 73 607 hab.
(classé 183e)
Densité 101 hab./km2
Économie
IDH (2017) 0,715[3] (élevé  ; 103e)
Monnaie Dollar des Caraïbes orientales (XCD​)
Divers
Code ISO 3166-1 DMA, DM​
Domaine Internet .dm
Indicatif téléphonique +1-767

La Dominique, en anglais Dominica, est un pays et une île de l'archipel des Caraïbes, située entre les îles françaises des Saintes et de Marie-Galante (deux dépendances de la Guadeloupe) au nord, et de la Martinique, au sud. Son nom précolombien est Wai'tu kubuli qui signifie « Son corps est grand ».

Le premier Européen à l'avoir abordée est Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493. Avant son indépendance en 1978, la Dominique est un État associé de la couronne britannique (West Indies Associated States (en)) et, avant 1967, une colonie britannique membre de l'éphémère fédération des Indes occidentales (1958-1962). Après avoir renoncé à ce territoire par le traité de Paris (1763), la France occupe brièvement l'île par la suite, à deux reprises.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Dominique.
2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

L’île avait été initialement peuplée par des Indiens arawaks, puis par des Caraïbes.

Le dimanche , lors de son deuxième voyage aux Amériques, Christophe Colomb longe les rivages de l’île qu'il appelle ainsi Domingo — dimanche en espagnol —, d’où proviennent ses noms actuels, Dominique, en français et Dominica, en anglais.

Les Indiens caraïbes doivent leur survie aux reliefs escarpés de la Dominique, ses forêts denses et sauvages. Venus du nord du Venezuela, ils s'étaient installés sur l'île bien avant que Christophe Colomb ne la découvre. Mais c'est ici seulement, cachés dans la nature, qu'ils ont échappé à l'extermination. En 1903, la Couronne britannique leur concéda quelques terres en propriété.

En 1625, lors de la guerre de Trente Ans, les Espagnols laissent la place aux Français puis au cours du XVIIe siècle, Français et Anglais s’affrontent pour gouverner l'île. Deux fois leurs canonnades détruiront totalement Roseau. En 1660, Français et Anglais abandonnent l’île aux Caraïbes et la déclarent zone neutre ; pour mettre fin aux conflits, un traité de paix est signé entre les Français, les Anglais et les Caraïbes.

Déjà installés à la Martinique et à la Guadeloupe, les Français s'implantent petit à petit à la Dominique en y introduisant la culture du café. Ils importent des esclaves africains pour combler la main-d'œuvre dont ils ont besoin. Mais les Britanniques s'approprient de nouveau l'île en 1759. À l'issue de la guerre de Sept Ans, par le traité de Paris (1763), la France cède la Dominique à l’Angleterre ; mais entre 1772 et 1814, les Français rompent le traité et s’emparent par deux fois de la Dominique. En 1814, après une dernière tentative de reconquête en incendiant de nouveau Roseau, les Français abandonnent définitivement l’île en échange d’une indemnité et cette dernière redevient britannique.

L'esclavage est aboli à la Dominique en 1833. Comme il ne le fut qu'en 1848 dans les îles voisines de la Martinique et de la Guadeloupe, de nombreux esclaves s'enfuirent de ces îles pendant cette période, à l'aide de moyens de fortune, pour essayer de trouver refuge à la Dominique.

En 1898, l'île reçoit le statut de Colonie de la Couronne britannique. En 1956, elle acquiert son indépendance au sein de l'éphémère Fédération des Antilles britanniques et, en 1967, elle devient État associé au Commonwealth et entame l’instauration d’un régime démocratique. L’indépendance de la Dominique est déclarée le 3 novembre 1978, lors du 485e anniversaire de sa découverte par Christophe Colomb.

Aujourd'hui, les 3 000 descendants des Indiens Caraïbes, derniers héritiers de ces peuples précolombiens, vivent pour la plupart dans le territoire Kalinago, de 1 480 hectares, autour de la petite ville de Salybia, au nord-est de l'île. Malgré les métissages, ils revendiquent leur identité.

Le 19 septembre 2017, suite au passage de l'ouragan Maria, le premier ministre Roosevelt Skerrit déclare : « [les habitants de la Dominique] ont perdu tout ce qui pouvait être perdu »[4].

Politique[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre actuel du Commonwealth de la Dominique Roosevelt Skerrit.
Article détaillé : Politique en Dominique.

La Dominique est une république démocratique qui combine des aspects du modèle républicain et du « système de Westminster ». Le président est élu par le parlement pour un mandat de cinq ans (art. 18 de la Constitution). En accord avec l'article 59 de la Constitution, il choisit comme Premier ministre un député qui a l'appui d'une majorité au sein du Parlement[5].

Le Commonwealth de la Dominique est membre du Caricom, de l'AEC, de l'OECO, du Commonwealth[6], de l'OEA, de l'ALBA, de l'ONU, et de la Francophonie[7].

Le président actuel de l'île est Charles Savarin[8]. Roosevelt Skerrit est Premier ministre depuis 2004[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Dominique.
Article détaillé : Villes de Dominique.
Au centre l'île de la Dominique, entourée de la Martinique au sud, au nord de l'archipel de la Guadeloupe : les Saintes, Marie-Galante, la Désirade, Grande-Terre et Basse-Terre.

L’île de la Dominique est située en plein cœur des petites Antilles, à 41 km au nord-nord-ouest de la Martinique, à 29 km au sud-est des Îles des Saintes et autant au sud-sud-ouest de Marie-Galante, ces dernières constituant deux des dépendances de la Guadeloupe. Elle mesure 46 km de longueur, sur 25 km de largeur, soit une superficie de 750 km2.

L'île est composée d'une chaîne de hauts pitons depuis son extrémité septentrionale à sa pointe méridionale ; le plus élevé, le Morne Diablotins, culmine à 1 447 m.

La Dominique jouit d’un climat tropical avec des pluies abondantes qui alimentent les chutes d’eau. Il y a environ trente chutes d’eau formant des piscines naturelles, des sources d’eaux chaudes, 365 rivières et six sortes de forêts tropicales[réf. souhaitée] dont la Rain Forest (forêt tropicale humide). Le parc national de Morne Trois Pitons est classé au patrimoine mondial naturel par l’UNESCO[10].

L'île témoigne d'un volcanisme de type récent, d'intense activité, comme l'attestent les sites du Boiling Lake, lac en ébullition, et de la « Vallée de la Désolation ». Cette dernière est constituée de sources chaudes qui empêchent le développement de toute vie végétale[réf. souhaitée], contrastant ainsi avec les forêts tropicales environnantes.

Les habitants de l’île, les Dominiquais et Dominiquaises, au nombre de 75 000, sont concentrés essentiellement sur la côte ouest, à Roseau, la capitale, forte de 24 000 habitants, et à Portsmouth (3 634 hab. en 2006), au nord. Il demeure encore 3 000 indiens, préservant leurs traditions, sur la côte est.

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Scotts Head, au sud-ouest de la Dominique.
Article détaillé : Liste des oiseaux des Antilles.

Les richesses écologiques de l'île ont été affectées par le développement de l'agriculture et des bananeraies, ainsi que par l'introduction de nombreuses espèces exogènes, devenant parfois invasives.

Après une économie basée sur l'agriculture et l'exportation de bananes, qui a rendu l'île vulnérable aux catastrophes climatiques et aux crises du marché, la Dominique a souhaité développer un programme d'écotourisme, récompensé par la certification Green Globe 21 (en) validant la qualité écotouristique de cette destination, pour la première fois[Quand ?] attribuée à une île des Caraïbes. La Dominique veut aller plus loin avec, depuis 2007, un programme de dix ans visant à transformer l'île en une « île biologique » par la conjugaison de l’écotourisme, de l’agrotourisme et d'un tourisme de santé, avec la conversion de l'agriculture à la production biologique, un commerce éthique et équitable ne nécessitant pas de consommation excessive des ressources naturelles[11].

L'« île nature » a ouvert en janvier 2011 un sentier de randonnée, inédit dans les Caraïbes, le Waitukubuli National Trail (WNT). Long de 185 kilomètres, partagé en quatorze segments, il traverse le territoire du sud au nord en reprenant les chemins tracés par les anciens habitants, explique Edison Henry, le chef du projet. La flore typique comprend manguiers, corossols et gommiers. La faune typique est représentée par le « sisserou » (Amazone impériale), un grand perroquet au ventre pourpre et aux ailes vertes, unique au monde, emblème national de la Dominique.

Certaines rivières débouchent sur des chutes d'eau (Victoria, Sari Sari, Middelham…). La Dominique abrite le deuxième plus grand lac bouillonnant de la planète, au cœur du parc national de Morne Trois Pitons, classé au patrimoine mondial[12].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paroisses de la Dominique.
Paroisses de la Dominique.

La Dominique est divisée en 10 paroisses.

Économie[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Article détaillé : Économie de la Dominique.

L'économie dominiquaise dépend surtout du tourisme et de l'agriculture. En effet, l'agriculture, principalement la banane, représente 18 % du PIB et emploie 28 % de la main-d'œuvre. Les services (dont le tourisme) représentaient 58 % du PIB et 40 % de la main-d'œuvre en 2002. Des réformes ont été entreprises afin de développer les services financiers off-shore à l'instar d'autres îles de la région. C'est également un pavillon de complaisance.

Projet géothermique Caraïbes[modifier | modifier le code]

À partir de 2003, le Gouvernement de la Dominique, les Régions Guadeloupe et Martinique, l'Agence française de développement (AFD), l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont envisagé de conduire en coopération un projet de développement des ressources géothermales de la Dominique. Il s'agirait d’exporter l'essentiel de la production électrique via des câbles sous-marins vers les deux îles françaises voisines (Guadeloupe et Martinique) qui constituent deux pôles de consommation électrique en forte croissance dans la Caraïbe.

En 2005, une étude préliminaire de cadrage technique et économique a eu lieu entre la Dominique et EDF pour la France, mais aussi plusieurs intervenants économiques. À partir de 2013, une nouvelle phase s'est ouverte avec le forage des premiers puits. Cette phase de préfiguration de la production doit aboutir à l'évaluation de la production et, par la suite, la mise en place d'une centrale de production.

Les prévisions économiques de 2018 menées par The Economist font de la Dominique le pays à plus forte croissance du PIB par rapport à l'année précédente, avec une progression de 8,8 %[13].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Dominique.

La population de la Dominique était de 72 660 habitants en 2009. À plus de 85 % elle est composée de noirs pour un faible pourcentage de 1 % de blancs, surtout des britanniques et des américains. La démographie de l'île croît peu, du fait de l'exode de la population vers d'autres pays. On note également la présence de la dernière population indigène des Antilles, les Caraïbes, comptant 3 000 personnes. Ces derniers vivent aujourd'hui dans une réserve créée spécialement pour eux en 1903, le Territoire Kalinago[14].

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Dominique.

Bien que la langue officielle du pays soit l'anglais, 80 % des citoyens s'expriment en créole dominiquais, créole à base lexicale française. D'après les derniers recensements de 2014 (OIF) 10 % de la population parle en tant que langue principale le français (7 000 locuteurs). La Dominique est devenue membre de l'Organisation internationale de la francophonie en décembre 1979[14].

Religions[modifier | modifier le code]

Selon le Pew Research Center, en 2010, 94,4 % des habitants de la Dominique sont chrétiens répartis entre catholiques ( 77%), protestants (15%) et anglicans (1%), et 6% d'autres religions[15]. De plus, 3,5 % de la population pratiquent une religion populaire[16].

Culture[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés de la Dominique[modifier | modifier le code]

  • La fête nationale du Commonwealth de la Dominique est le jour de l'indépendance soit le 3 novembre[17].

Musées[modifier | modifier le code]

Les ordres et décorations de la Dominique[modifier | modifier le code]

  • Ordre du Sissérou (Sisserou Award of Honour).
  • Ordre de la Dominique (Dominica Award of Honour), la plus haute distinction.

Codes[modifier | modifier le code]

La Dominique a pour codes :

Communications et infrastructures[modifier | modifier le code]

  • Lignes de téléphone : 19 000 (en 1996)
  • Téléphones portables : 461 (en 1996)
  • Postes de radio : 46 000 (en 1997)
  • Postes de télévision : 6 000 (en 1997)
  • Utilisateurs d'Internet : 2 000 (en 2000)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 16 (en 2000)
  • Routes : 750 km (dont 375 km goudronnés) (en 2001)
  • Voies ferrées : 0 km
  • Voies navigables : 1 km
  • Nombre d'aéroports : 2 (les 2 avec des pistes goudronnées) (en 2009)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coat of armssur dominica.gov.dm
  2. Cependant, le créole dominiquais reste la langue majoritaire parmi la population.
  3. (en) « Human Development Reports », sur hdr.undp.org (consulté le 6 octobre 2018).
  4. AFP, « Ouragan Maria : la Dominique a "perdu tout ce qui pouvait être perdu" », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  5. (en) article 59 de la Constitution
  6. Site designed and built by Hydrant (http://www.hydrant.co.uk), « Dominica - The Commonwealth », sur thecommonwealth.org.
  7. « Dominique - Organisation internationale de la Francophonie », sur www.francophonie.org.
  8. « Home - Office of the President », sur presidentoffice.gov.dm.
  9. « La Dominique, victime de l’ouragan Maria », sur La Croix, (consulté le 6 novembre 2018)
  10. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Parc national de Morne Trois Pitons », sur whc.unesco.org.
  11. Rapport GEO 2007, page 33 (ONU/PNUE)
  12. GEO no 395 de janvier 2012 p. 87.
  13. (en) fastest-growing and shrinking economies in 2018
  14. a et b « Dominique », sur www.axl.cefan.ulaval.ca.
  15. « Culture Dominique : langues, religions, cuisine - Voyageurs du Monde », sur www.voyageursdumonde.fr (consulté le 8 octobre 2018)
  16. (en) « Religions in Dominica », sur www.globalreligiousfutures.org (consulté le 23 février 2018).
  17. http://site.ac-martinique.fr/dareic/wp-content/uploads/2015/06/LA-DOMINIQUE.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Dominique (pays).