Maladie neurodégénérative

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Les maladies neurodégénératives forment un sous-groupe de maladies dégénératives affectant le fonctionnement du cerveau ou plus généralement du système nerveux de façon progressive au cours de leur évolution. Ces maladies provoquent généralement une détérioration du fonctionnement des cellules nerveuses, en particulier les neurones, pouvant conduire à leur mort cellulaire. La conséquence pour le malade est une altération progressive et souvent irréversible des fonctions nerveuses, qui peut conduire à son décès.

Classification[modifier | modifier le code]

Les maladies neurodégénératives peuvent être classées en fonction des régions du système nerveux atteintes par la maladie. Les fonctions affectées dépendent de la région touchée et peuvent donc concerner la motricité, le langage, la mémoire, la perception, la cognition, etc. On distingue principalement les maladies atteignant le système nerveux central de celles touchant le système nerveux périphérique, voire le système nerveux autonome.

Une autre distinction porte sur l'étiologie, suivant que la pathologie soit génétique ou non.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Il est possible que les prédispositions génétiques n'induisent pas directement la maladie, mais la favorisent (par exemple chez ceux qui ne disposent pas des gènes permettant à l'organisme de désintoxiquer au mieux le cerveau du mercure et du plomb qui ont pu le contaminer de manière chronique au cours de la vie ou à l'occasion d'une exposition accidentelle à ces toxiques[1].

Dans de nombreux cas, toutefois, les causes exactes du déclenchement de la maladie restent inconnues et pourraient être multifactorielles. Des facteurs environnementaux semblent en cause dans un certain nombre de cas.

Les métaux lourds toxiques et neurotoxiques (mercure et plomb en particulier) pourraient agir en synergie pour inhiber ou tuer des cellules nerveuses. Certains pesticides sont également suspectés.
Monnet-Tschudi et son équipe ont en 2006 publié une longue liste de preuves de responsabilité des métaux dits lourds, en tant que facteurs déclenchants ou aggravants de maladies neurodégénératives[2].

Prévention[modifier | modifier le code]

P. Grandjean et P.J. Landrigan déploraient dans un article publié par The Lancet en décembre 2006[3] la difficulté qu'il y a à interdire les usages de substances toxiques pour le cerveau (mercure des amalgames dentaires notamment, bien que les effets neurotoxiques du mercure ne soient plus à prouver, pour le mercure élémentaire, comme pour le cation méthylmercurique) et à appliquer le principe de précaution qui voudrait qu'on évite notamment d'exposer les fœtus, le jeune enfant, les adolescentes et femmes en âge d'enfanter... Le niveau de preuves requis avant de décider de l’interdiction d’une substance chimique est si élevé que pour les produits très utilisés (auxquels nous sommes tous exposés) ou pour les produits agissant via de complexes synergies, il est aujourd'hui très difficile de les interdire. Par ailleurs, la place de la toxicologie et de l'épidémiologie dans les recherches étiologiques sur les maladies neurodégénératives reste faible malgré les enjeux sanitaires, dans un contexte où les fonds alloués sont essentiellement consacrés à la génétique et à l'étude des processus pathologiques qui suivent les étapes initiales de contraction de ces maladies afin de mettre au point des traitements médicamenteux et des techniques de dépistage ; déséquilibre dans lequel certains observateurs voient un "effet d'aubaine économique concourant à un désintérêt pour la prévention"[4].

Des diagnostics précoces et non-invasifs basés sur les systèmes dynamiques sont en cours d'études [5] . T. Carletti, D. Fanelli et A.Guarino ont montré que cela est possible simplement en analysant la déambulation des patients. Cette technique permet aussi d'individualiser le type de maladie neurodégénérative qui affecte le patient.

Liste de maladies neurodégénératives[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mercure des amalgames dentaires, l'un des principaux facteurs étiologiques de la maladie d'Alzheimer ? ; Marie Grosman et André Picot OnLine
  2. Monnet-Tschudi F, Zurich MG, Boschat C, Corbaz A, Honegger P : Involvement of environmental mercury and lead in the etiology of neurodegenerative diseases ; Rev Environ Health. 2006 Apr-Jun;21(2):105-17
  3. Grandjean P, Landrigan PJ. ; Developmental neurotoxicity of industrial chemicals. Lancet. 16 décembre 2006 16 ; 368(9553):2167-78
  4. Menace sur nos neurones - Alzheimer, Parkinson... et ceux qui en profitent, Marie Grosman et Roger Lenglet, Actes Sud, 2011.
  5. A new route to non invasive diagnosis in neurodegenerative disease ?, Neurosciences Letters, Vol. 394, Issue 3, pp. 252-255, (2006)