Charles Édouard Stuart

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Charles Édouard Stuart
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Portrait du prince Charles-Édouard Stuart par Cosmo Alexander.

Titre

Prétendant aux trônes d'Angleterre, d’Écosse et d'Irlande
« Charles III »


(22 ans et 30 jours)

Prédécesseur Jacques François Stuart
Successeur Henri-Benoît Stuart
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Nom de naissance Charles Édouard Stuart
Naissance
Palais Muti, (Rome, États pontificaux)
Décès (à 67 ans)
Palais Muti, Rome, États pontificaux)
Sépulture Basilique Saint-Pierre de Rome
Père Jacques-François Stuart
Mère Marie-Clémentine Sobieska
Conjoint Louise de Stolberg-Gedern
Enfants Charlotte Stuart
Religion Catholicisme

Description de cette image, également commentée ci-après

Charles Édouard Stuart (1720-1788), surnommé Bonnie (« beau » ou « béni » en scots) Prince Charlie, était le fils aîné du prince Jacques François Stuart (lui-même fils du roi Jacques II d'Angleterre qui avait perdu son trône en 1688) et le prétendant Stuart aux couronnes anglaise et écossaise. La mère de Charles, Marie-Clémentine Sobieska, était la petite-fille du roi polonais Jean III Sobieski. Il est un cousin de Louis XV, soutien de la cause jacobite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et prétentions[modifier | modifier le code]

Charles naquit à Rome dans le palais Muti Papazzurri, et passa son enfance en Italie. Il participa au siège de Gaète en 1734 avec les troupes espagnoles, premier contact avec le métier des armes.

En , le père de Charles le nomma Prince régent, lui donnant autorité à agir en son nom. Dix-huit mois plus tard, il mena un soulèvement pour tenter de rendre le trône à son père. Il est soutenu dans cette entreprise par des jacobites nantais, les Walsh. Il débarqua le à l'île écossaise d'Eriskay avec sept compagnons de « Moidart »[1],[2], espérant le soutien d’une flotte française, mais la route des navires français fut barrée par la flotte anglaise. La flotte endommagée a été obligée de faire demi-tour. Il dut essayer de lever une armée en Écosse.

Portrait du prince « Bonnie Charlie ».

De nombreux clans des Highlands, aussi bien catholiques que protestants, étaient d’allégeance jacobite et Charles, bien que catholique, s’attendait à un accueil chaleureux de ces clans. Mais la réaction se fit attendre. Il remonta depuis la mer en bateau le loch Shiel afin de dresser son étendard à Glenfinnan, à l'extrémité nord du loch (aujourd'hui lieu d'un mémorial jacobite). Charles fut capable de lever une troupe suffisante pour marcher sur Édimbourg, qui se rendit rapidement. Il défit ensuite la seule armée gouvernementale anglaise à la bataille de Prestonpans, le , et en novembre se trouvait à la tête d’une armée de 6 000 hommes. Il décide alors de marcher sur Londres et atteint Derby à deux cents kilomètres de la capitale début décembre mais ses conseillers le convainquent de se retirer dans les Highlands. Poursuivi par le duc de Cumberland, fils du roi George II, il subit une défaite écrasante à la bataille de Culloden, le . Tout au long de cette expédition, il est accompagné par le duc d'Eguilles, représentant le cabinet de Louis XV. Le duc de Cumberland, « le boucher des Highlands », organise d'atroces représailles en Écosse à partir de 1746.

La tête de « Bonnie Prince Charlie » est mise à prix 30 000 livres et le prétendant Stuart est contraint de se cacher ; il erre durant cinq mois dans les Highlands de l'Ouest et dans les Hébrides extérieures, escorté de deux ou trois compagnons et déguisé en femme. Il échappe à ses poursuivants entre autre grâce au dévouement de l'héroïne jacobite des Highlands Flora MacDonald, avant de pouvoir ré-embarquer le sur le navire français l'Heureux qui le ramène en France[3].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Portrait équestre du prince jacobite, Charlie.

La cause des Stuart étant perdue, Charles se réfugia d’abord en France avant d'être arrêté par les Gardes Françaises en novembre 1748. Il passa le reste de sa vie en exil, en séjournant à plusieurs reprises en Avignon, terre papale. Il épousa en 1772 la princesse Louise de Stolberg qui appartenait à une famille d'origine thuringeoise. Charles souffrit durant son exil d'alcoolisme qui le rendait brutal, notamment avec son épouse, d'où leur séparation officielle en 1784[4].

Il mourut à Rome le 31 janvier 1788 et fut enterré dans la cathédrale San Pietro de Frascati où son frère, Henri Benoît Stuart était cardinal-évêque. À la mort de ce dernier en 1807, sa dépouille fut transférée dans la tombe Stuart de la basilique Saint-Pierre du Vatican et seul son cœur est laissé dans la cathédrale.

Comme son père, Charles Édouard a été membre de la Franc-maçonnerie, bien qu'il l'ait nié[5]. Cette thèse est aujourd'hui controversée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les sept de Moidart.
  2. Bonnie Prince Charles 1745-1746.
  3. Fitzroy McLean, Highlanders Histoire des clans d'Écosse, Éditions Gallimard, Paris, 1995 (ISBN 2724260910), p. 222-223.
  4. Duchein, Michel., Les derniers Stuarts, Fayard, (ISBN 2213627940 et 9782213627946, OCLC 393069191), p. 439-444
  5. Lambros Couloubaritsis, La complexité de la Franc-Maçonnerie. Approche Historique et Philosophique, Bruxelles, 2018, Ed. Ousia, p. 175.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Just-Jean-Étienne Roy, Le dernier des Stuart Bonnie Prince Charlie, Éditions Mame, Tours, 1855.
  • Gérard Valin, Les Jacobites, la papauté et la Provence, L'Harmattan, 2019.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]