Phileas Fogg

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Phileas Fogg
Illustration de Phileas Fogg par Alphonse de Neuville et Léon Benett (1873).
Illustration de Phileas Fogg par Alphonse de Neuville et Léon Benett (1873).

Origine Anglaise
Sexe Masculin
Entourage Jean Passepartout (domestique)
Aouda (épouse)

Créé par Jules Verne
Première apparition Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1874)

Phileas Fogg est le héros du roman de Jules Verne Le Tour du monde en quatre-vingts jours, paru en 1874.

Description[modifier | modifier le code]

Phileas Fogg est le personnage central du Tour du monde, à coté du domestique et ancien acrobate de cirque Jean Passepartout, du détective de Scotland Yard Fix et de la jeune veuve indienne Aouda[1]. À ce titre, il est longuement décrit dans les premières pages du roman[2]. Fogg vit à Londres, au 7 Savile-Row, la rue des tailleurs de luxe, dans une maison de ville qui « sans être somptueuse, se recommande par son extrême confort ». Au début du roman, Fogg à environ quarante ans, est fort bel homme mais reste célibataire. Il vit seul avec son nouveau domestique, le Français Jean Passepartout qui l'accompagne dans son périple. C'est un gentleman, qui porte le titre de squire (esquire) et peut être situé, par son rang social dans l'upper middle class, la frange la plus aisée de la clase moyenne. Sa fortune se monte à environ 40 000 livres sterling, déposées à la banque Baring dont il pari la moitié sur son tour du monde et dépense l'autre moitié en frais de voyage. Fogg ne pratique aucune activité professionnelle et Jules Verne prend un malin plaisir à énumérer les métiers qu'il n'exerce pas. C'est donc un pur rentier. Il apparaît également dépourvu de réseau social. Sa vie se résume dans la fréquentation du Reform club, un club de gentlemen situé au sud de Pall Mall, connu pour les opinions libérales de ses membres, et dans la pratique du whist. On ne connaît rien de son passé ni de sa formation même si l'on apprend au cours du roman « qu'il avait du être mari ». Fogg est un héros de sans froid, froid, méthodique, maniaque, caractérisé par un mode de vie d'une effrayante régularité qui le fait comparer par Jules Verne à une montre ou à un automate. C'est l'archétype du gentleman anglais vu par les Français du XIXe siècle. À ce titre, c'est aussi un excentrique prêt à risquer toute sa fortune sur un pari risqué engagé avec ses partenaires de Whist : faire le tour du monde en quatre-vingt jours. Ainsi décrit Phileas Fogg est en quelque sorte une allégorie du monde moderne en train d'émerger dans les années 1850-1870 : sa régularité rappelle celle des trains et des steamers qui partent à l'heure, arrivent à l'heure et permettent d'attraper de multiples correspondances. Dans une certaine mesure, il se confond avec le seul livre qu'il emporte avec lui : le "Bradshaw's continental railway, steam transit and general guide". Un indicateur des horaires chemins de fer et des paquebots. Tout le sel du roman consiste justemment à confronter ce métronome avec les aléas du voyage. Au cours de celui-ci, Fogg révèle un autre visage : lorsqu'il fait l'aumône à une mendiante, avant de quitter Londres, lorsqu'il sauve la vie de la belle Aouda du bûcher funéraire de son maharadja de mari, au risque de perdre son pari, lorsqu'il se lance à la recherche de Passepartout enlevé par les Sioux, lorsqu'il perd son sang froid en boxant le détective Fix enfin lorsqu'il fait sa demande en mariage à sa belle Indienne. C'est aussi, comme le dit Passepartout, « un homme de cœur ».

Selon certain, Fogg aurait pu avoir des modèles, par exemple, le milliardaire excentrique américain Georges Francis Train, qui accompli en 1870 un tour du monde en quatre-vingt jour et se revendiqua toujours par la suite comme l'authentique Phileas Fogg[3].Cependant Train, qui mourut fou, avait un caractère volcanique. Tout le contraire de Fogg.

Postérité[modifier | modifier le code]

Course aux records[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XIXe siècle, plusieurs personnes tentent de battre le record de Phileas Fogg. Dans un concours entre deux journalistes lancé en 1889, l'anglaise Elizabeth Bisland (en) boucle son tour du monde en 73 jours, l'américaine Nellie Bly porte le record à 72 jours[4]. Le romancier George Francis Train dont le voyage autour du monde en 1870 a inspiré Jules Verne, abaisse le record à 67 jours en 1890[5].

En littérature[modifier | modifier le code]

En 1973, l'auteur de Science fiction Philip José Farmer propose une version papralèle et fantastique de la vie de Phileas Fogg, dont le voyage raconté par Jules Verne n'aurait été qu'une couverture :The Other Log of Phileas Fogg. Fogg, en réalité un extraterrestre Eridanéen y affronte Nemo, alias le professeur Moriarty, un extraterrestre capéléen, des années avant que celui-ci ne devienne l'adversaire de Sherlock Holmes[6].

À l'écran[modifier | modifier le code]

Phileas Fogg est incarné par David Niven dans l'adaptation cinématographique du livre de 1956, par Pierce Brosnan dans l'adaptation télévisée de 1989, par Steve Coogan dans l'adaptation des studios Disney sortie en 2004, et par Michael Praed (en) dans The Secret Adventures of Jules Verne.

Dans le dessin animé Le Tour du monde en quatre-vingts jours des années 1980, les personnages sont des animaux anthropomorphes, le personnage de Phileas Fogg, doublé en français par Bernard Tiphaine, est un lion.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Angelier, Dictionnaire Jules Verne. Entourage, personnages, lieux, œuvres., Paris, Pygmalion,‎ , 1195 p. (ISBN 2-85704-870-X)
  2. Fabrice Mouthon, Phileas Fogg ou la mondialisation, Lyon, Persée,‎ , 291 p. (ISBN 978-2-8231-0269-7)
  3. Allen Foster, Le véritable Phileas Fogg. La vie tumultueuse de George Francis Train., Paris, Payot,‎ , 330 p. (ISBN 2-228-89959-3)
  4. (en) Matthew Goodman, Eighty Days : Nellie Bly and Elizabeth Bisland's History-Making Race Around the World, Random House Publishing Group,‎ 2013, 512 p.
  5. Nicolas Meyer, Volker Dehs, Jules Verne et les États-Unis, Centre international Jules Verne,‎ 2003, p. 44
  6. Philip José Farmer, L'autre voyage de Phileas Fogg, Rennes, Terre de Brume,‎ , 237 p. (ISBN 2-84362-245-X)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Mouthon, Phileas Fogg ou la mondialisation, édtions Persée, Paris, 2012