Test du canard

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photo d'un colvert
Test du canard positif.

Le test du canard est une certaine forme d'induction humoristique que l'on peut énoncer ainsi :

Si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c'est qu'il s'agit sans doute d'un canard.

Cette formule implique que l'on peut identifier un sujet inconnu simplement en observant ses caractéristiques habituelles. Elle peut servir également à réfuter un argument selon lequel telle ou telle chose n'est pas ce qu'elle paraît.

Origines[modifier | modifier le code]

photo d'un jeune cygne
Test du canard négatif.

L'expression aurait eu pour origine une observation du poète américain James Whitcomb Riley (1849-1916) :

« Si je vois un oiseau marcher comme un canard, nager comme un canard et cancaner comme un canard, j'appelle cet oiseau un canard[1]. »

Le « test du canard » (duck test en anglais) fut popularisé aux États-Unis par Richard Cunningham Patterson, Jr., ambassadeur des États-Unis au Guatemala en 1950, lors d'un incident qui préluda au coup d'État fomenté par la CIA et au renversement du président guatémaltèque Jacobo Arbenz Guzmán. Selon Patterson, il existait un moyen très simple de déterminer si le régime était ou non communiste :

« Supposez que vous voyez un oiseau déambulant dans la basse-cour. Cet oiseau ne porte aucune étiquette qui prouve que ce soit un canard. Mais, indéniablement, il ressemble à un canard. En outre, il va vers la mare et là vous constatez qu'il nage comme un canard. Puis il ouvre son bec et cancane comme un canard. Eh bien, alors, vous pouvez probablement tirer la conclusion que l'oiseau est un canard, qu'il porte l'étiquette ou non[2]. »

Reprises[modifier | modifier le code]

L'idée a été reprise en 1960 par Michel Audiard dans le film Les Vieux de la vieille, de Gilles Grangier[3] :

« Y a pas à dire, dans la vie il faut toujours se fier aux apparences. Quand un homme a un bec de canard, des ailes de canard et des pattes de canard, c'est un canard. Et ce qui est vrai pour les canards est vrai aussi pour les petits merdeux. »

— Pierre Fresnay, dans Les Vieux de la vieille, de Gilles Grangier

La formule fut également utilisée par le cardinal Cushing, qui s'en servit en 1964 pour qualifier Fidel Castro de communiste[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais : « When I see a bird that walks like a duck and swims like a duck and quacks like a duck, I call that bird a duck. » Cité par Robin S. Davis, Who's Sitting on Your Nest Egg?, Austin (Texas), Bridgeway Books, 2007, p. 7.
  2. Cité par Nicolas Vaicbourdt, « L'Administration Eisenhower et la diplomatie de l'anticommunisme » dans Communisme, no 80/81/82, L'Âge d'homme, 2004-2005, p. 118.
  3. [vidéo] Disponible sur YouTube.
  4. Joseph Dever, Cushing of Boston: A Candid Portrait, Boston, Bruce Humphries, 1965, p. 124.

Source[modifier | modifier le code]