Iñupiat

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Iñupiats

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Famille inupiat de King Island (Alaska)

Populations significatives par région
Autres
Langues

Iñupiaq - Anglais

Religions

Animisme

Ethnies liées

Inuits

Halle commune semi-enterrée (Qargi) étayée avec des os de baleine à bosse, à Point Hope (Alaska) en 1885.

Les Iñupiat (au singulier : Iñupiaq ; au duel, Iñupiak ; mot formé sur l’inuite iñuk-piaq « vraie personne ») ou Inupiks sont un peuple d’Alaska vivant dans les boroughs de Northwest Arctic et North Slope au large du détroit de Béring. Barrow, la ville la plus septentrionale des États-Unis, se trouve sur leur territoire. Leur langue, l’iñupiaq, est un rameau des langues eskimo-aléoutes ; la culture iñupiat est perpétuée par le lycée d’Iḷisaġvik.

La subsistance des Iñupiat repose encore aujourd’hui fondamentalement sur la chasse et la pêche, et particulièrement la pêche à la baleine. La prise de baleine est l'affaire de la communauté : l’animal est découpé collectivement, la viande et la graisse faisant l'objet d'un partage dont les règles sont fixées par la tradition. Même des membres de la famille vivant à des milliers de kilomètres ont droit à une part du gibier de leur village d’origine. Le maktak, mot désignant la chair et la graisse de baleine, est riche en vitamines A et C[1],[2] : il s’agit d'un aliment vital pour des populations ne pouvant disposer de fruits ou de légumes.

Ballon d'Iñupiaq (1910) provenant de Barrow (Alaska), collection du NMAI.

Ces dernières années, le pétrole et les ressources minières ont constitué une source de revenu importante pour ces Aléoutes : ainsi l’oléoduc trans-Alaska relie les puits de Prudhoe Bay à Port–Valdez sur la côte méridionale de l’Alaska ; mais la pêche traditionnelle des cétacés entre désormais en conflit avec les besoins des sociétés modernes[3], et les Iñupiat ont pris conscience des menaces que le changement climatique fait peser sur leur mode de vie. Le réchauffement de l’Arctique affecte en effet leur société à bien des égards : par exemple, le recul de la banquise complique la chasse de la baleine à bosse, des otaries, du morse et des autres proies traditionnelles ; les hivers plus chauds rendent les marches à longues distance plus aléatoires et donc plus dangereuses ; le retard des glaces contribue à aggraver les crues et l’érosion des côtes, menaçant de nombreux villages. L’Inuit Circumpolar Council, qui regroupe les peuples indigènes de l’Arctique, a dénoncé l’aggravation du changement climatique comme une atteinte à leurs droits.

Les tribus d’Iñupiat, comme d’autres groupes aléoutes, portent souvent un nom finissant en « –miut », suffixe qui signifie « peuple de » : ainsi Nunamiut est un terme générique qui désigne les Iñupiat continentaux chasseurs de caribou. À la suite d’un épisode de disette et de grippe (importée par les chasseurs de baleine américains et européens[4]), ils avaient migré pour la plupart vers les côtes et d’autres régions de l’Alaska entre 1890 et 1910 ; mais plusieurs tribus Nunamiuts ont regagné les montagnes dans les années 1930. En 1950, la plupart des tribus Nunamiuts, comme les Killikmiuts, s'étaient réfugiées dans la vallée d’Anaktuvuk, village du centre-nord de l’Alaska. Certains Nunamiuts ont conservé un style de vie nomade jusque dans les années 1950.

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

  • (en) Albert Carl Heinrich, A Summary of Kinship Forms and Terminologies Found Among the Inupiaq Speaking People of Alaska,‎ 1950.
  • (en) Julie E. Sprott, Raising Young Children in an Alaskan Iñupiaq Village The Family, Cultural, and Village Environment of Rearing, Bergin & Garvey,‎ 2002 (ISBN 0313013470).
  • (en) Norman A. Chance, The Eskimo of North Alaska, Holt, Rinehart and Winston,‎ 1966 (ISBN 0-03-057160-X).
  • (en) Norman A. Chance, The Inupiat and Arctic Alaska: An Ethnology of Development, Holt, Rinehart and Winston,‎ 1990 (ISBN 0-03032419-X).
  • (en) N. A. Chance et Yelena Andreeva, « Sustainability, Equity, and Natural Resource Development in Northwest Siberia and Arctic Alaska », Human Ecology, vol. 23, no 2,‎ juin 1995.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vitamin C in the Diet of Inuit Hunters From Holman, Northwest Territories
  2. (en) Vitamin C in Inuit traditional food and women's diets
  3. Mouawad, Jad."In Alaska’s Far North, Two Cultures Collide." New York Times.December 4, 2007. Retrieved on 2009-02-11.[1]
  4. (en) John Bockstoce, Whales, Ice, & Men: The History of Whaling in the Western Arctic,‎ 1995.

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Inupiat » (voir la liste des auteurs).