Histoire des animaux (Aristote)

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Histoire des animaux
Auteur Aristote
Genre philosophie, sciences naturelles
Version originale
Titre original Περὶ τὰ ζῷα ἱστορίαι
Langue originale grec antique
Pays d'origine Grèce antique
Date de parution originale -343
Version française

L’Histoire des animaux (en grec ancien Περὶ τὰ ζῷα ἱστορίαι / Perì tá zỗa historíai, en latin Historia Animalium) est un ouvrage zoologique écrit en langue grecque vers 343 av. J.-C. par Aristote.

Le traité d'histoire naturelle des animaux comprend 9 livres rédigés de son vivant. Le livre X est considéré apocryphe. Ce texte est connu initialement en Occident via une adaptation arabe de cet ouvrage nommée Kitāb al-hayawān et qui contenait également les autres ouvrages de zoologie d'Aristote : Parties des animaux et Génération des animaux.

La biologie d'Aristote[modifier | modifier le code]

Le philosophe grec Aristote (384 av. J.-C.-322 av. J.-C.) consacre de nombreux traités au monde animal : Histoire des animaux, Parties des animaux, Du mouvement des animaux, Marche des animaux, Génération des animaux. Aristote essaye de faire un classement compréhensible d'animaux fondé sur des caractéristiques structurels objectifs. Il axe l'Histoire des animaux autour de la biologie générale des animaux, les Parties des animaux autour d'une anatomie et physiologie comparatives des animaux, et la Génération des animaux sur la biologie de développement. Cette œuvre est principalement descriptive : l’Histoire des Animaux n’est qu’une compilation de faits concernant la vie des différents groupes d'animaux considérés ; les Parties des Animaux s’intéresse à la classification des animaux par genre et par espèce ; Génération des Animaux reprend, pour les expliquer, les faits collectionnés dans l’Histoire des Animaux.

Malgré son impressionnante érudition scientifique, l’Histoire des Animaux d'Aristote demeure un texte antique, aujourd'hui dépassé d'un point de vue scientifique, même s'il contribua largement à poser les jalons de la science moderne : de nombreux concepts comme ceux de vertébrés ou d'arthropodes lui sont dus, ainsi que des noms d'animaux (comme les holothuries) et d'organes (comme la « lanterne d'Aristote »).

Classification des animaux[modifier | modifier le code]

Une classification des animaux a pu être retracée à partir du chapitre VI du livre I de l'Histoire des Animaux[1],[2].

Aristote connaissait plus de 400 espèces animales dont une cinquantaine avaient été disséquées (de l'oursin au dauphin).

Aristote distingue dans son Histoire des Animaux deux grandes catégories : les animaux qui ont du sang (Enaima) et les animaux qui n'en possèdent pas (Anaima). Les premiers représentent les Vertébrés, les seconds les Invertébrés.

La classification des Animaux, selon Aristote, est schématiquement la suivante : [1]

  • ἄναιμα, anaima (Animaux exsangues : invertébrés)
    1. όστρακόδέρμα, ostrakoderma « animaux à peau couverte de coquilles » (i.e. gastéropodes, acéphales, zoophytes ou rayonnés)
    2. ἔντομα, entoma « animaux découpés en segments » (i.e. arthropodes autres que crustacés, vers)
    3. μαλακόστρακα, malakostraka « animaux à coquilles molles » (i.e. crustacés)
    4. μαλάκια, malakia « animaux mous » (i.e. céphalopodes)
  • ἔναιμα, enaima (Animaux sanguins : chordés/vertébrés)
    1. ἰχθύες, ikthues (i.e poissons)
    2. τετράποδα ή ἄποδα ῲοτοκοῦντα, tetrapoda è apoda ôotokounta « animaux tétrapodes et apodes ovipares » (i.e. reptiles et amphibiens)
    3. ὄρνιθες, ornithes (i.e. oiseaux)
    4. ζῳοτοκοῦντα ὲν αύτοῖς, zôotokounta en autois « animaux intérieurement vivipares » (i.e. mammifères)

Dans le Livre VIII de l'Histoire des Animaux, Aristote pensait aussi que les animaux pouvaient être classés selon une échelle graduée de perfection de la Nature, la Scala naturæ, allant des plantes à l'être humain. En partant de la matière inanimée, son système avait douze graduations représentant « le degré auquel les êtres étaient atteints par la potentialité », qui pouvait être exprimée, pour les animaux, par leur forme à la naissance. Les animaux les mieux classés mettaient au monde des petits chauds et humides ; à l'inverse, ceux du bas de l'échelle donnaient naissance à des petits froids, secs, dans des œufs à la coquille épaisse. [2]

L'échelle de la Nature, d'après Aristote, peut être esquissée de manière décroissante : [2]

  • I. les êtres humains,
  • II. les Quadrupèdes vivipares,
  • III. les Cétacés,
  • IV. les Animaux sanguins ovipares,
  • V. les Céphalopodes,
  • VI. les Crustacés,
  • VII. les Animaux segmentés,
  • VIII. les Mollusques à coquilles,
  • IX. les Zoophytes (entre animaux et végétaux),
  • X. les Plantes supérieures,
  • XI. les Plantes inférieures,
  • XII. les êtres inanimés.

Les ouvrages zoologiques d'Aristote comprennent :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arnaud Zucker, Aristote et les classifications zoologiques, Éditions Peeters, Louvain-la-Neuve, 2005, p.145. ISBN 90-429-1660-5
  2. a, b et c Hendrik Cornelius Dirk De Wit, Histoire du Développement de la Biologie, Volume III, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, Lausanne, 1994, p.5-10. ISBN 2-88074-264-1