Marco Polo

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Marco Polo

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait imaginaire, estampe d'après une peinture du XVIe siècle provenant de la Galerie de Mgr Badia à Rome

Naissance
Venise
Décès (à 69 ans)
Venise
Nationalité Vénitienne
Profession Marchand et explorateur
Famille
Niccolò Polo (son père)

Marco Polo était un marchand vénitien né le et mort le à Venise. Il entra au service de l'empereur mongol Kūbilaï Khan et atteignit la Chine en 1275 en parcourant la route de la soie.

Il y séjourna pendant 17 ans (1274-1291) et fut employé par l'empereur mongol Kūbilaï qui, achevant la conquête de la Chine, la réunifia. Marco Polo fut chargé de diverses missions par Kūbilaï Khan, tant en Chine que dans des pays de l'océan Indien. De retour à Venise en 1295, il combattit pour Venise contre Gênes, fut fait prisonnier et rédigea avec Rustichello de Pise une description des États de Kūbilaï et de l'Orient intitulée Le Devisement du monde qui eut un succès considérable.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marco Polo est né à Venise le 15 septembre 1254. Marco passe son enfance en l'absence de son père Niccolò Polo, négociant vénitien spécialisé dans le grand commerce oriental, il est élevé par son grand-père Andréa Polo lui aussi grand commerçant, cas typique du capitalisme familial. Son père et son oncle Niccolò et Maffeo Polo (en) partent en effet en 1260 pour leur demeure dans le quartier vénitien de Constantinople où cette famille aristocratique possède plusieurs comptoirs. Lorsque la capitale de l'empire latin de Constantinople est reprise en 1261 par les forces de l'empire de Nicée de Michel VIII Paléologue qui chassent les Latins de la ville, Niccolò et Maffeo Polo (appelé aussi Matteo Polo) cherchent alors d'autres débouchés commerciaux en Asie centrale en s'installant dans le petit comptoir de Soldaïa sur les bords de la mer Noire qui vient de s'ouvrir aux marchands occidentaux à partir de la quatrième croisade[1].

Marco Polo a 15 ans lorsque son père et son oncle reviennent en 1269 d'un long voyage en Asie centrale où ils ont rencontré le premier empereur mongol, de la dynastie Yuan Kūbilaï Khan en Chine, petit-fils de Gengis Khan, qui leur propose le monopole de toutes les transactions commerciales entre la Chine et la Chrétienté et demande en échange l'envoi d'une centaine de savants et artistes pouvant illustrer à ses yeux l'Empire des chrétiens. Ils sont porteurs dans une lettre d'un message de sympathie et de cette demande pour le pape qui voit dans ces tribus (appelées alors tartares en occident) depuis 1250 un possible allié dans la lutte contre l'Islam. Pendant deux années, les deux frères, Niccolò et Matteo, vont attendre l'élection d'un nouveau souverain pontife Grégoire X, le conclave s'éternisant depuis la mort de Clément IV en 1268[2].

En 1271, avec un rôle de commerçants mais aussi d'ambassadeurs, ils quittent à nouveau Venise pour retourner en Chine et le jeune Marco les accompagne avec deux dominicains menant une mission diplomatique au nom du pape. À partir du comptoir vénitien de l'Ayas, ils empruntent la plus septentrionale des routes de la soie. Après trois ans de voyage, Marco Polo est reçu avec ses parents à la très fastueuse cour mongole, possiblement à Cambaluc. D'abord semble-t-il envoyé en légation avec son oncle dans la ville frontière de Ganzhou, à l'extrémité ouest de la Grande Muraille, où il fait ses classes (apprenant probablement le ouïghour), il devient ensuite un enquêteur-messager du palais impérial suzerain de la Chine, de l'Iran et de la Russie. À ce titre il accomplira diverses missions pour le grand khan, tant en Chine que dans l'Océan Indien (voir fonctions de M. Polo) : Corée, Birmanie, Sumatra, Cambodge, Viêt Nam (par contre il ne mentionne l'île de Cypango, le Japon, que par ouï-dire)[3].

Vers la fin du règne de Kūbilaï Khan, Marco Polo et ses parents obtiennent le droit de retourner dans leur pays contre un dernier service officiel : en 1291 ils embarquent à destination de l'Iran, où ils accompagnent la princesse Kokejin, promise par Kūbilaï Khan à l'ilkhan Arghoun d'Iran[4]. En 1292, il fait escale à Perlak dans le nord de l'île de Sumatra (dans l'actuelle Indonésie). À Trébizonde plus ou moins sous le contrôle des Génois, il est dépouillé d'une partie de sa fortune[5].

Rentré à Venise en 1295 avec le reste de sa fortune en pierres précieuses, Marco Polo fait armer une galère pourvue d'une pierrière[6], afin de participer au combat que Venise mène alors contre Gênes. Il est fait prisonnier probablement lors d'une escarmouche en 1296, au large de la Turquie, entre Adana et le golfe d'Alexandrette[7] et non en septembre 1298, lors de la bataille sur mer de Curzola sur la côte dalmate[8]. Il dicte alors son célèbre livre dans la prison de Gênes[5].

Après sa libération en 1299, il épouse Donata Badoer et aura trois filles. Sans doute fut-il, comme patricien, membre du Grand Conseil de Venise, mais on ignore quel rôle il joua dans la création en 1310 du Conseil des Dix (institution secrète peu ordinaire qui ressemble au Tchoû-mi-Yuan, le conseil de sécurité de Kūbilaï). M. Polo vit alors à Venise dans la Casa Polo (quartier de Cannaregio, maison familiale détruite par un incendie en 1598[9]) où il se comporte désormais comme un commerçant prospère mais prudent, bien loin de l'image du grand explorateur[10].

Il meurt le 8 janvier 1324 à Venise où il est enterré comme son père en l'église San Lorenzo mais sa tombe a disparu à la suite de différentes restaurations de l'édifice[11],[12]. Son testament permet d'estimer la fortune qu'il laisse, soit 10 000 ducats, ce qui ne le situe pas dans les plus grands marchands de Venise[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

En hommage à leur plus célèbre concitoyen, les Vénitiens ont baptisé de son nom leur aéroport international (Aéroport de Venise - Marco Polo), et les billets italiens de 1 000 lires ont longtemps porté son effigie. Le mouton de Marco Polo (en), appelé aussi mouflon de Marco Polo, est une sous-espèce d’Ovis aries. Le personnage de Marco Polo est le héros de nombreux livres et films, il apparaît notamment comme un grand explorateur dans le jeu vidéo Civilization Revolution en 2008[13].

Le Livre de Marco Polo[modifier | modifier le code]

Chasse au Porc-épic près de la ville de Cassem ; Le livre des merveilles de Marco Polo, Livre premier, enluminure conservée à la BNF (manuscrit 2810).
Article détaillé : Devisement du monde.

Paru en 1298, le livre de reportage qui a rendu Marco Polo célèbre est l'un des premiers ouvrages importants en langue vulgaire (probablement en dialecte picard-champenois typique des marchands des foires de Champagne)[14].

Le Devisement du monde[15], que l'on trouve aussi sous d'autres dénominations comme Il Milione ou Le livre des merveilles, est un des rares ouvrages manuscrits, avec La Légende dorée de Jacques de Voragine, à connaître un succès considérable avant même sa première impression en 1477, grâce à sa rédaction initiale en français, la langue de communication en vigueur à l'époque que maîtrisait Rustichello de Pise, écrivain qui a transcrit les mémoires de Marco Polo alors qu'il était son compagnon de détention durant les guerres opposant Venise à Gènes en 1298. Il est une source importante pour la cartographie européenne (notamment pour la mappemonde de Fra Mauro en détaillant la Via mongolica, voie de Mongolie des épices et de la soie[16]) et une référence pour les explorateurs des XIVe (tels Andalò da Savignone auteur de quatre voyages en 1330, 1334, 1336 et 1339, Galeotto Adorno (it), Gabriele Basso[17]), XVe et XVIe siècles comme Vasco de Gama ou Christophe Colomb qui lors de son troisième voyage, l'avait emporté avec lui et scrupuleusement annoté (366 notes de dénombrées sur son édition en latin)[18].

Ce livre illustre également le monde de légendes que constitue l'Extrême-Orient chez les chrétiens : Marco Polo a pensé que Gog et Magog étaient les Mongols cruels. L'arbre sec marque la limite entre l'Orient et l'Occident, la « Barrière d'Alexandre » que constitue le Caucase est une frontière dangereuse à franchir, il imagine le Royaume du prêtre Jean en Inde, etc[5].

Marco Polo : vrai ou faux ?[modifier | modifier le code]

Marco Polo se joue : « qui ne l'a pas vu ne pourrait le croire » est un leitmotiv de son livre. « Incroyable mais vrai » est sa recette. Cependant il est douteux qu'il ait été accueilli avec scepticisme à son retour par les patriciens de Venise : la République avait les moyens de savoir qu'il n'affabulait pas. De même les Génois qui lui firent rédiger son mémoire (dont ils avaient besoin pour leurs expéditions), et le frère du roi de France qui dépêcha pour en obtenir copie.

L'histoire racontée par Ramusio[19], au lendemain de leur retour à Venise où ils s'étaient présentés en habits de mendiants, avec doublure pleines de rubis et joyaux qu'ils montrèrent au cours d'un dîner pour se faire reconnaître, est évidemment un coup médiatique, une farce révélant aussi la prudence de voyageurs sachant se faire discrets à proportion de la fortune qu'ils transportent.

Marco Polo émaille son livre de faits divers, de mythes, de légendes, mais ses récits de miracles sont peu nombreux, souvent symboliques, et séparés des autres narrations. Il démystifie plutôt les légendes (Arbre sec, Gog et Magog, prêtre Jean, salamandre). Les bourdes sont rares : hommes à queue de Sumatra, jambes de boas dans le Yunnan (mais l'histoire naturelle référence des boas ayant des traces de pattes), enfin l'obscurité en plein jour dont il témoigne en Iran[Note 1].

Les premiers mots de la préface de l'édition de 1307 sont : « Pour savoir la pure vérité » et il insiste : « Nous donnerons les choses vues pour vues, et les entendues pour entendues, en sorte que notre livre soit droit et véritable, sans nul mensonge. Chacun qui entendra ou lira ce livre devra le croire, car tout y est véritable ». Sur son lit de mort, à son confesseur, il réitère : « Je n'ai pas écrit la moitié de ce que j'ai vu ». Nous savons aujourd'hui que c'est vrai. Il n'avait que trop de matériaux extraordinaires, il n'avait pas besoin d'en rajouter.

Beaucoup d'auteurs (surtout anglais — notamment Frances Wood (en) avec son livre Did Marco Polo go to China? —, et Paul Pelliot) ont prétendu démontrer que Marco Polo affabule mais l'analyse de leurs démonstrations est pour l'essentiel défavorable[20]. Baudelaire disait que « les récits de Marco Polo, dont on s'est à tort moqué, comme de quelques autres voyageurs anciens, ont été vérifiés par les savants et méritent notre créance ». La marque de la vérité est dans le texte lui-même, dans la cohérence de l'enchaînement des idées, la précision des détails, la constance du point de vue du conseiller d'État.

Fonctions de Marco Polo en Chine[modifier | modifier le code]

Marco Polo habillé en Tartare (peinture du XVIIIe siècle d'Hermanus van Grevenbroeck au Museo Correr de Venise).

Au service de Kūbilaï, M. Polo dépendait non du gouvernement ni de l'administration chinoise, mais du palais de l'empereur, le suzerain mongol, le khaân. Il n'était pas fonctionnaire mais homme de l'empereur. Voici les fonctions que son livre mentionne :

  • Introduction en Chine de l'huile sainte de Jérusalem avec ses parents.
  • Légation avec son oncle dans la ville frontière de Ganzhou, à l'extrémité ouest de la grande muraille (ch. 61).
  • Nomination au titre de Messire (ch. 16).
  • Seigneurie sur Yangzhou, région alors rattachée au pouvoir central (ch. 143).
  • Inspection des finances (ch. 152).
  • « Envoyé dans les régions de l'ouest… bien quatre mois de route vers l'occident » (ch. 104).
  • Ambassades dans l'océan Indien (ch. 17).
  • Escorte d'une princesse en Iran, et charge de messages aux États d'Europe (chapitre 18).
  • Conseiller militaire.
  • Enfin, lors d'un coup d'État à Pékin en 1282, le livre dit qu'il se trouvait sur les lieux.

Voici ce que disent les annales officielles de la dynastie Yuan :

  • En 1277, « Po-lo nommé Enquêteur-privé Envoyé-adjoint »[21]
  • En 1282, au lendemain de l'assassinat de son premier ministre Achmat, l'empereur « transporté de colère se rendit le même jour à Chang-tou (sa capitale de Mongolie) et ordonna à Po-lo, enquêteur privé et envoyé adjoint, à Horh-khono-sse, surintendant des études, au conseiller d'administration A-li, et autres, de prendre des chevaux de postes et de se rendre immédiatement à Pékin pour instruire l'affaire et juger les coupables ».
  • Un mois plus tard, Kūbilaï Khān étant rentré à Pékin : « Achmat mort, l'empereur encore totalement ignorant de ses turpitudes, consultant l'enquêteur-messager Po-lo, apprit alors toute l'ampleur de ses crimes » ; et réhabilita ses assassins chinois[22].

Il n'y a pas une preuve irréfutable que les deux idéogrammes chinois[23] qui se réfèrent phonétiquement à « Po-lo » correspondent vraiment à Marco Polo. En effet, des références à Po-lo existent bien avant l'arrivée de Polo en Chine. Ceci dit, les inscriptions ci-dessus correspondent exactement au livre :

  • Au chapitre 16, le calcul des dates place sa nomination comme Messire vers 1277, qui est la date de l'inscription chinoise.
  • Son récit de l'assassinat d'Achmat en 1282 est le plus long du livre, le plus précis et le mieux vérifié, et prouve qu'il eut connaissance des pièces de la procédure puisque ces détails étaient secrets[24].
  • Ses récits évoquent souvent les relais des émissaires officiels, et toutes ses missions sont celles d'un enquêteur-messager (pour Kūbilaï Khān un ambassadeur n'était rien d'autre et la seigneurie de M. Polo sur Yangzhou implique seulement qu'il y était l'œil de l'empereur).

Fonctions des parents Polo[modifier | modifier le code]

Armoiries de la famille des Polo : de gueules, à la bande d'or, chargée de trois corneilles de sable becquetées et onglées du champ.

Partis de Venise avant la naissance de Marco, Nicolo et Matteo Polo achètent vers 1255 des pierres précieuses à Constantinople (alors sous administration vénitienne) et en Crimée (où résidait leur frère), puis vont les vendre à la cour du khan de Russie, sur la Volga, où ils restent un an. Ils poussent jusqu'à Boukhara (alors capitale perse d'Asie centrale) où ils restent trois ans. Puis un enquêteur-messager de Kūbilaï ou de l'ilkhan d'Iran les invitent à se présenter au grand khaân, en qualité d'Européens.

Ont-ils atteint Pékin quand ils rencontrent Kūbilaï en 1265 ou 1266 ? Il n'est pas nécessaire de le supposer, les affaires de l'ouest se traitaient souvent à sa résidence d'été en Mongolie, Chang-tou. Ils ne restent pas longtemps car ils sont chargés de deux missions  :

  • Ambassade de l'Empire mongol auprès du pape. Quand ils regagnent la mer Méditerranée, le pape vient de mourir et il leur faut attendre trois ans pour qu'un nouveau pape soit élu (le plus long interrègne de l'histoire de la papauté, entre Clément IV et Grégoire X). Lorsqu'ils repartent vers l'Asie (avec Marco), à défaut des cents savants chrétiens que demandait Kūbilaï, ils emportent de l'huile sainte de Jérusalem qui tenait lieu de relique du Christ. On peut conjecturer que le jeune Marco portait sur lui cette huile. En tout cas, lorsque Kūbilaï « dépêcha des émissaires à leur rencontre, à bien quarante journées » (ch. 13), c'était évidemment pour honorer le Christ (de nombreux sujets de Kūbilaï étaient chrétiens syriaques, les femmes des descendants de Gengis khaân l'étaient souvent).
  • Transfert de technologie militaire. Cette mission, révélée par le ch. 145 sur Xiangfan, fit sans doute davantage pour la promotion des Polo dans l'empire Yuan que l'introduction du symbole de la lumière du Christ. En 1266, quand ils arrivent, la Chine ne connaissait pas les pierrières[6]. En 1271, deux spécialistes en pierrières recrutés au Moyen-Orient arrivent à Pékin[25]. Mais en 1273, quand Xiangfan tombe aux mains des Mongols après un siège de cinq ans, c'est grâce à des pierrières. « Ensuite les pierrières furent utilisées dans chaque bataille avec un invariable succès »[26], notamment sur le fleuve Yangtze où la flotte Song fut anéantie ; l'année suivante l'empire Song se rend enfin aux Mongols. Voici l'implication des parents Polo dans cette affaire : ils ont proposé les pierrières à Kūbilaï, fait réserver des madriers, et ont été les messagers dépêchés à l'ilkan Abaqa, lequel fit réquisitionner les ingénieurs[27].
  • Légation de Matteo Polo avec son neveu dans la ville frontière de Ganzhou (ch. 61).
  • Nomination de Matteo Polo à un emploi officiel un an après leur retour à Venise.

Commerçant ? Aventurier ? Voyageur ?[modifier | modifier le code]

Miniature extraite du Livre des merveilles, BNF Fr2810, vers 1410-1412

« Voyageur », « marchand de Venise », « routes de la soie », « aventurier » : ces poncifs collent au personnage de Marco Polo. Mais ce sont des projections de la période coloniale, du XVIe au XIXe siècle. Envoyé de l'empereur, ses déplacements étaient des missions, avec insignes du palais central et souvent escorte militaire. En Asie, il n'est pas marchand professionnel, il est conseiller du prince plutôt que voyageur. S'il amasse avec ses parents un trésor en pierres précieuses, il ne dit pas que ce fut par le commerce ; leurs émoluments et les cadeaux de Kūbilaï durent suffire à leur constituer une fortune.

S'ils étaient souvent « marchands », les patriciens vénitiens étaient toujours aussi officiers d'active, diplomates, conseillers d'État (Matteo Polo pourrait avoir été officier du génie expert en pierrières).

Quant au « voyage », l'itinéraire du livre est évidemment reconstruit. La préface le dit : « il y a des choses qu'il ne vit pas mais qu'il entendit d'hommes sûrs. Les déplacements effectifs de Marco Polo entre 1271 et 1295 semblent les suivants » :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mais Chardin : « On observe encore deux choses singulières dans ces régions chaudes durant l'été : l'une c'est que les champs sont brûlés, comme si le feu y avait passé ; l'autre, c'est qu'il s'y élève, surtout le soir et le matin, de certaines vapeurs excitées par l'inflammation de la terre, qui en couvre la face de telle sorte qu'on ne découvre pas à cinquante pas de soi, et qu'on croit voir la mer ou quelque grand étang » (Journal du voyage du chevalier Chardin, Amsterdam, 1711).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The New Encyclopædia Britannica Macropedia, Marco Polo, Britannica Editors,‎ 2002 (ISBN 9780852297872), p. 571
  2. (en) John Parker, Marco Polo, The World Book Encyclopedia,‎ 2004 (ISBN 9780716601043), p. 648-649
  3. Pierre Racine, Marco Polo et ses voyages, Perrin,‎ 2012, 456 p. (ISBN 9782262031329)
  4. L'ilkhan, qui par lettre conservée aux Archives de France avait donné rendez-vous au roi Philippe-le-Bel en février 1291 devant Damas : « Si tu tiens ta parole et envoies tes troupes à l'époque fixée, et que dieu nous favorise, lorsqu'à ce peuple nous aurons pris Jérusalem, nous te la donnerons » (le roi de France n'envoya pas d'armée ; l'ilkhan Argun est assassiné en mars 1291)
  5. a, b, c et d Pierre Racine, Marco Polo et ses voyages, Perrin,‎ 2012, 456 p. (ISBN 9782262031329)
  6. a et b Sorte de catapulte à bascule et contrepoids, que Rachid es-In appelle des « armes franques ». Voir la gravure de la galère de M. Polo équipée d'une pierrier dans Yule, The Travels of Marco Polo, Londres, 1870, réédité par Dover, New York, 1983).
  7. Selon fr. Jacopo d'Aqui, Chronica libri imaginis mundi.
  8. Selon Giovanni Battista Ramusio, Delle Navigationi et Viaggi
  9. Le théâtre Malibran a été construit en 1677 sur ses fondations
  10. Olivier Germain-Thomas, Marco Polo, Gallimard,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-030747-0)
  11. Maco Polo - De retour à Venise
  12. (en) J. Polo Marco Masefoeld, Travels of Marco Polo, the Venetian (1260-1295), Asian Educational Services,‎ 2003 (lire en ligne), p. 8
  13. (en)Civilization Revolution: Great People
  14. Ouvrages importants avant Marco Polo : Villehardouin, La conquête de Constantinople, 1213 ; Latini, Le livre du trésor, 1265. Mais la Vie de saint Louis de Joinville, 1309, est postérieure, comme les Chroniques de Froissart, 1380. La Grande Chronique de France tenue à l'abbaye de Saint-Denis n'est traduite en français qu'à partir de 1274 et restera rédigée en latin jusqu'en 1340. Quant aux « romans » courtois, c'étaient des épopées en vers et non en prose.
  15. Devisement signifie description en vieux français.
  16. L'achat en grande quantité de soie en Chine revenait moins cher que celle importée par des intermédiaires arabes et hindous.
  17. Robert S. Lopez, « Nouveaux documents sur les marchands italiens en Chine à l'époque mongole », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 121, no 2,‎ 1977, p. 445-458
  18. Jean-Louis Tremblais, « Sur les traces de Marco Polo », sur lefigaro.fr,‎ 9 juillet 2010
  19. Ramusio, Navigazioni e viaggi, 1559, première édition imprimée à Venise, qui rend publique la narration du coup d'État de Chinois contre les Mongols en 1282.
  20. Voir par exemple la critique de Wood, Did Marco Polo Go To China?, par Rachewiltz, quoique lui-même reste incritique vis-à-vis de la compilation anglaise de Moule et des dédales de Pelliot.
  21. Yuan sse (9/17). Textuellement : « Œil discret bouche adjointe ». Les idéogrammes évoquent un cadre sans uniforme qui, s'il montre sa carte, passe au-dessus de tous. Ce qu'on appelle un Œil de l'empereur. Éventuellement, comme dit Wieger, s.j., mouchard de confiance.
  22. Yüan sse (12/7, 205/3 et 78), Soûh thoûng kian kang mouh (23/8), Li-taï ki sse (98/6), Kang-kian-i-tchi (90/16), Foung-tcheou-Kang-kian hoeï tswan (15/9).
  23. Demetrius Charles Boulger et E. H. Parker, The Imperial and Asiatic Quarterly Review : Some New facts about Marco Polo's book, East & West - Publisher,‎ janvier 1904, 128 p. (lire en ligne)
  24. La concordance saisissante entre son texte et les annales suggère que ces dernières compilent entre autres des rapports qu'il a dictés. Plus fluide, sa narration n'atténue ni la gravité des faits ni la répression ; elle seule établit la part de responsabilité de Kūbilaï Khān.
  25. Annales Yuan : « En réponse au khaân, l'ilkhan Abaqa envoya Alaowating et Isemayin avec leur famille jusqu'à Pékin, où une première pierrière fut montée devant les Cinq Portes et essayée ».
  26. Yuan see (203/4-5, 128/3, 7/8, etc.).
  27. Le texte simplifie, résume en deux phrases, concentre préparatifs et réalisation à la troisième année du siège (comme le Yuan sse), mais en aucune façon n'affirme que les Polo se trouvaient en personne à Xiangfan, seulement qu'ils ont 1)  proposé et 2) « fait faire » des pierrières, et 3)  que les techniciens étaient « de leur suite (mesgnie) ». Les dates concordent exactement, ils sont dans le Moyen-Orient quand l'ilkan reçoit la demande d'ingénieurs en pierrières (ils pourraient même avoir accompagné le général A-Chu qui opère autour de Xiangfan dès septembre 1267). Quant à la mention de Marco (impossible, il était à Venise, avait 12 ans), c'est une erreur de Rusticello qui disparaît dans l'édition corrigée de 1307.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Autres Européens ayant rencontré le Khan au XIIIe siècle :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Heers, Marco Polo, Fayard, 1990, 371 p., (ISBN 978-2-213-01344-2)
  • J. P. Drège, Marco Polo et la Route de la Soie, coll. Découvertes, Gallimard, 1989, 192 p., (ISBN 978-2-07-053076-2)
  • Alain Grandbois, Les voyages de Marco Polo, Bernard Valliquette, 1941, 229p.
  • Marco Polo, La Description du Monde, Édition, traduction et présentation par Pierre-Yves Badel, Le livre de Poche, « Lettres gothiques », 1998
  • Olivier Weber, Le grand festin de l’Orient; Robert Laffont, 2004
  • Olivier Weber, Sur les routes de la soie (avec Reza, Hoëbeke,2007
  • Pierre Racine, Marco Polo et ses voyages, Paris, Perrin, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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