Filière bois

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Depuis l'apparition de la tronçonneuse et de la scie à ruban, la mécanisation a fortement modifié la filière bois, au détriment des emplois de bûcherons et de charbonniers, et à l'avantage de l'aval de la filière

La notion de filière bois est une macro-filière, qui désigne globalement toute la chaîne des acteurs qui cultivent, coupent, transportent, transforment, commercialisent et recyclent ou détruisent le bois (en le brûlant notamment); de la source (forêt, bocage, arbre épars…) à l'usager final ou à la fin de vie de l'objet.

Débardage par voie ferrée, en 1926 à Bornéo (sous occupation anglaise)
Le transport du bois ; un des nombreux éléments de la filière bois (ici par flottage sur canal, en Finlande)
Le débardage a lui aussi profité de la mécanisation, mais en étant source d'une fragmentation croissante des forêts
La filière bois de chauffage valorise les bois de chablis, les bois de qualité moyenne, voire des bois qui auraient pu avoir d'autres usages quand la demande est forte (ici, en Espagne)
Dans la filière bois d’œuvre, la charpente est un élément importante de la construction

On peut la subdiviser en sous-filière ou en « microfilières »[1] (ex : filière peuplier, filière bois-construction, filière papetière, etc.)[1]

Types de filières[modifier | modifier le code]

De manière différente selon les pays et contextes, la filière bois peut être subdivisée en sous-filières plus ou moins structurées sous forme, communautaire, publique ou privée ou mixtes et de diverses manières dans le monde ; Les principales sous-filières sont

De nombreuses ONG dénoncent un trafic important de « bois illégaux », voire d'espèces protégées, qui contribuent localement à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes forestiers et des services écosystémiques rendus par la forêt, au détriment des populations humaines indigènes et de la biodiversité. Ainsi, par suite de la surexploitation des forêts de Malaisie, l'orang-outan est aujourd'hui en voie de disparition.

Une partie de la filière a répondu - avec l'aide de ces ONG - à ces critiques en créant des écolabels ou écosociolabels tels que PEFC ou le FSC.

La filière bois correspond à un commerce international du bois. Il est dominé par les États-Unis avec une part croissante de la Chine. Le Royaume-Uni, la France, le Japon sont aussi de très gros acheteurs. Le Canada suffit à une grande partie de ses besoins, comme certains pays d'Europe du Nord, mais ils sont néanmoins des importateurs significatifs de bois exotiques. Le Brésil a interdit la vente de grumes, il n'exporte donc que des sciages, avec une meilleure valeur ajoutée pour le pays. L'Indonésie l'a suivi pour mieux valoriser son bois et répondre aux critiques internationales portant sur la destruction anarchique de ses forêts et de leur biodiversité. La plupart des pays tropicaux exportent encore essentiellement des grumes qui leur apportent moins d'argent que si le bois était scié et raboté sur place.

Chine et délocalisation de filières[modifier | modifier le code]

De 1995 à 2005, la Chine - bien qu'étant l'une des zones les plus déforestée de la planète - est devenue premier exportateur mondial de produits ligneux, pour une valeur à l'exportation de produits bois (essentiellement transformés) de 8,63 milliards d’euros au premier semestre 2006. Les importations de ces produits par les États-Unis et l’Europe ont augmenté respectivement de 1 000 et 800 %.

Pour se fournir en bois, la Chine est devenue un des premiers importateurs de bois africains et le second importateur mondial de grumes de résineux, achetées à 70 % en Russie. Le pays soutient aussi six grandes zones industrielles de transformation du bois (sciages, lamellés-collés, panneaux…) hors de ses frontières, dont en Russie.

Cette délocalisation augmente l'empreinte écologique et énergétique de la filière bois. Par exemple, de 2003 à 2006, des entreprises d’exploitation forestière chinoises ont obtenu des contrats de concessions en Allemagne, d'où 50 000 mètres cubes de bois vers la Chine. Ce bois est transporté en Chine et ramené sous forme de produits finis en Europe. Des entreprises allemandes et italiennes du meuble ont saisi la Commission européenne d’une plainte pour dumping contre la Chine[2]

La filière bois en France.[modifier | modifier le code]

Le poids économique de la filière bois en France[modifier | modifier le code]

La France métropolitaine possède le troisième stock en volume de bois sur pied en Europe derrière l'Allemagne et la Suède, et devant la Finlande[3], mais elle est pratiquement la dernière en termes de consommation de bois par habitant, malgré la forte histoire de la forêt française. Pourtant, le bois, matériau renouvelable par excellence, dispose d’avantages environnementaux incontestables car l’utiliser contribue largement à la diminution des gaz à effet de serre grâce à ses capacités à fixer le CO2 à raison d’une tonne pour un mètre cube de bois transformé [réf. souhaitée].

Le secteur « forêt-bois » en France représente plus, en termes d’emplois, que le secteur de l’automobile dans son ensemble : 550 000 emplois pour 100 000 entreprises essentiellement réparties en milieu rural.

  • Chiffre d’affaires de la filière forêt-bois en France : 23,1 milliards d’euros décomposé en :
  • Sylviculture : 1,0 milliard d’euros (4,3 %)
  • Exploitation forestière : 0,6 milliard d’euros (2,6 %)
  • Scieries : 3,5 milliards d’euros (15,1 %)
  • Industries : 8,4 milliards d’euros (36,5 %)
  • Entreprises CMA3 : 9,6 milliards d’euros (41,5 %)
  • Nombre de salariés : 550 000
  • Nombre d’entreprises : 100 000

La filière bois est une des filières dites « filières vertes » qui est soutenue dans le cadre des suites du Grenelle de l'environnement notamment.

Elle est depuis longtemps ouverte sur le monde, via notamment les ports de Dunkerque, du Havre, de Honfleur, de Caen, Nantes, de La Pallice, de Bordeaux, Bayonne et de Sète, outre les arrivages de billes de bois ou de bois semi transformé ou de pâte à papier effectués à proximité (Ports d'Anvers, de Barcelonne et de Gênes) et ensuite transportés par camion ou train[4] ; 14 % des bois importés (bruts et semi-transformés) par la France sont des bois d'origine tropicale[4]. La France compte parmi les tous premiers importateurs européen de bois tropicaux africains ; Les bois gabonais représentent 32% des importations de bois tropical de la France, puis viennent le Brésil avec environ 17 %, la République du Congo avec 11% et le Cameroun avec 6%[5]. La majorité des importations viennent donc d'Afrique Centrale (hors produits tropicaux transformés sous forme de meubles ou autre), Au début des années 2000, en combinant les résultats d'importations et les données sur l'exploitation illégale, un rapport WWF intitulé "Failing the Foret, Europe's Illegal Timber Trade"[6], a conclu en 2005 qu'environ 39 % des importations françaises de bois tropicaux étaient à cette époque illégales.

La forêt française[modifier | modifier le code]

  • Nombre propriétaires forestiers : 3 495 000
  • Surface totale de la forêt : 16 millions d'hectares (29 % du territoire français).
  • Surface de la forêt privée: 12 millions d'hectares (75 % de la surface de la forêt)
  • Volume de bois sur pied (en forêt de production) : 2,5 milliards de m³
  • Son rang en Europe : 4e en surface et 3e en volume
  • Volume annuel de production de bois ronds : 30 000 000 m3 (4e rang européen).
  • L’ONF gère un quart de la surface forestière totale.
  • Voir Liste des principales forêts de France.

Les sciages[modifier | modifier le code]

  • Volume annuel produit : 10 517 000 m3 (5e rang Européen)
  • dont volume exporté : 1 000 000 m3
  • Volume séché : 2 000 000 m3
  • Volume importé : 2 600 000 m3 (dont 2 000 000 de résineux)

La consommation de bois dans le monde[modifier | modifier le code]

Exprimée en m³ par habitant et par an

Enjeux environnementaux du bois[modifier | modifier le code]

Un matériau écologique[modifier | modifier le code]

Ressource renouvelable (tant qu'il n'est pas surexploité), le bois est un matériau fondamental pour le développement durable [réf. souhaitée]. Les bois durs (abattus légalement ou illégalement) se régénèreront en 100 ans environ en zone tempérée et en 200 à 700 ans en zone tropicale [réf. nécessaire]. Un litre de pétrole brut, utilisé mettra plusieurs millions d'année à se reconstituer.

Puits de carbone : Le bois est une des alternatives pour absorber une partie du dioxyde de carbone (principal gaz à effet de serre responsable du changement climatique) excédentaire dans notre atmosphère. Un tonne de bois stocke en moyenne une tonne de CO2. Plus nous utilisons de bois comme bois d'œuvre (car le bois-papier ou le bois-énergie ré-émet rapidement le CO2 qu'il a stocké) plus nous stockons de CO2 ; à condition de gérer convenablement les forêts, car le sol y est un autre puits de carbone, fragile [réf. souhaitée].

Matériaux peu énergivore : le bois consomme peu d'énergie fossile pour sa production, comparativement par exemple au ciment, à la terre cuite ou à l'acier qui demandent une extraction minière (fortement consommatrice d'eau), beaucoup d'énergies fossiles (pour atteindre des températures de fusion très élevées) et ont de ce fait un impact significatif sur l'environnement. Il faut cependant considérer l'impact sur l'environnement non négligeable de la filière bois-papier qui est fortement consommatrice d'eau et d'énergie.

Pour ces raisons, le bois est souvent présenté comme un très bon matériau écologique, mais des incertitudes et controverses subsistent quant à la capacité des forêts cultivées à remplacer les fonctions écologiques des forêts primaires, quant à la définition des critères et seuils de renouvelabilité et de soutenabilité des exploitations de bois et quant à la fiabilité de la traçabilité des bois (Cf. à titre d'exemples le trafic de bois tropicaux et sibériens) [réf. souhaitée].

Il convient également de préciser que l'utilisation de certaines essences de bois comme matériau de construction conduit à utiliser des produits dits "de préservation" et notamment des fongicides et des insecticides. Néanmoins, les certifications existantes permettent d'attester de la non-toxicité des bois traités sur la santé humaine et sur l'environnement (exemple : CTB B+).

Si les Français consommaient 0,228 m³ de bois par habitant par an sur les dix prochaines années (soit + 25 % par rapport à la situation actuelle), la France satisferait à 17 % de ses engagements relatifs aux accords de Kyoto de 1997 (voir : Protocole de Kyōto) [réf. nécessaire].

La lutte contre le bois illégal[modifier | modifier le code]

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Le bois illégal est défini par l'Union Européenne de façon claire et précise : « On parle d'exploitation illégale des bois lorsque le bois est récolté, transformé ou commercialisé en violation des lois nationales applicables dans le pays où le bois est récolté » [7] . Certaines ONG, éventuellement relayées par les médias, élargissent le critère d'illégalité, si bien que le terme "bois illégal" devient difficile à définir[réf. nécessaire].
A Nagoya, en octobre 2010, 25 principes éthiques à intégrer volontairement dans tous « les cas d’activités/interactions avec les communautés autochtones et locales » concernant des questions liées à la biodiversité ont été proposées par l'ONU à la conférence des Parties de la Convention de Rio sur la diversité biologique renforcent le rôle qu'il faudrait donner aux populations locales dans la gestion et protection des forêts[8].

Les écosociolabels tels que le FSC visent le respect des traités internationaux et des lois du pays. D'autres labels comme le PEFC n'imposent que le respect de la loi en vigueur dans le pays du siège social de l'entreprise qui demande le label [réf. nécessaire].

Les acteurs de la lutte contre le trafic de bois[modifier | modifier le code]

Cette lutte relève d'abord des autorités forestières locales (dont ONF, sous l'égide du Ministère de l'Agriculture en France), et des forces de l'ordre des pays, ainsi que des réseaux de douanes. Mais comme le trafic est mondial, Interpol, l'organisation internationale de police criminelle peut aussi intervenir ; Ainsi, après avoir en septembre 2012, avec le PNUE], dans un rapport intitulé « Carbone vert, Marché noir [9]» publié une estimation portant à environ 100 milliards de dollars/an (30 à 100 selon les estimations) les revenus du crime organisé, dans le domaine forestier (revenus détournés des caisses des États, des sociétés privées légales et des communautés locales ; 15 à 30 % des volumes de bois commercialisés dans le monde étant jugé illégal par Interpol) avec selon D. Stewart d'Interpol[10], une valeur de l'exploitation forestière illégale de plus de $ 30 milliards/an (soit 19 milliards d'€/an) par an, à comparer au commerce légitime global estimé lui à à $ 115bn (£ 72 milliards).
Interpol a identifié plusieurs exemples[11] de trafics importants et a en février 2013 annoncé avoir démantelé un réseau de trafiquants de bois opérant sur 12 pays sud-américains[12]. Deux enjeux majeurs de cette lutte sont de freiner la déforestation illégale et de permettre l'efficacité de l'initiative REDD (Reduced Emissions from Deforestation and Forest Degradation - Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt)[13]. Selon Interpol, la criminalité organisée (mafia du bois ou Timber mafia) a augmenté son emprise sur dans le domaine de l'exploitation illégale du bois, avec conjointement une augmentation de la corruption, des fraudes et les vols, des meurtres au détriment notamment des peuples autochtones[13], au profit des réseaux criminels qui en tireraient presque autant d'argent que d'autres ou les mêmes à partir du trafic de drogue[10]. De nombreuses forêts sont concernées, dont dans les grands bassins de l'Amazone et du Congo, à Bornéo et Sumatra, en Asie du Sud Est, en Amérique centrale et dans le nord-est du continent européen (Russie). « Rien qu'en Indonésie, l'exploitation forestière illégale est estimé à 8 milliards de dollars jusqu'à un an » selon Interpol[10].
Parmi les méthodes les plus souvent utilisées selon Interpol figurent : la falsification des permis d’exploitation ou d'écolabel, la création de sociétés-écran, les pots-de-vin versés en échange de permis, l'abattage hors des concessions autorisées, la vente de bois attribués à des plantations fictives (qui ont également pu recevoir des subventions), le piratage de sites Internet d'autorités visant à obtenir ou de modifier des permis électroniques (En 2007, des pirates informatiques ont pour des cartels d’exploitants illégaux ainsi piraté le site internet du gouvernement fédéral de l'État de Para (Brésil) et modifié les permis d’exploitation et de transport, contournant ainsi les quotas de volumes destinés à lutter contre la fraude. Ceci leur a permis de sortir 1,7 million de m3 de bois illégal et pourrait coûter au 107 entreprises prise en flagrant délit de fraude 1,1 milliard de dollars (valeur estimée du bois transformé par ce processus). 200 personnes sont poursuivies et une trentaine de chef d'entreprises ont été arrêtés[14].).
L'ONU et Interpol ont décidé de coopérer dans un projet dit « LEAF » [15]. Selon Interpol, alors que des millions de dollars sont investis pour la protection des forêts, les réseaux mafieux tendraient à investir dans la filière bois, pour se donner l'apparence de la légalité et blanchir leur argent sale [10] ;

La Conférence mondiale sur les forêts qui s’est tenue à Rome en 2012 a retenu trois priorité sur ce thème[13] :

  • un programme d'aide à l’application de la loi pour la protection des forêts, sous l’égide d'INTERPOL et du PNUE, en étroite collaboration avec le programme REDD+, le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) et tous les partenaires concernés.
  • Accroître les capacités nationales en matière opérationnelle et d’enquêtes par la formation sur la criminalité transnationale liée à l’environnement.
  • Encourager les enquêtes nationales sur la fraude fiscale en se concentrant notamment l'amont de la filière, car si comme le rappelle M. Stewart d'Interpol « La plupart des profits générés par l'industrie du bois proviennent de la transformation, du transport et de la production de bois d'œuvre », ces profits seraient impossibles sans les chantiers de coupe illégaux en forêt et plantation, et sans le blanchiment des bois illégaux par certaines scieries.

« La menace que fait peser la criminalité organisée transnationale sur l'environnement exige une réponse internationale forte, efficace et inventive de la part des services chargés d'appliquer la loi, pour protéger ces ressources naturelles et pour lutter contre la corruption et la violence associées à cette forme de criminalité, également susceptible de compromettre la stabilité et la sécurité d’un pays » selon M. Noble (Secrétaire Général d'INTERPOL qui est aussi « à la recherche de ceux qui sont les chevilles ouvrières de cette mafia du bois ; qui permettent la valorisation de ces bois et le blanchiment des fonds illégaux par des banques étrangères et des paradis fiscaux »[10].

Pour mieux identifier, répertorier hiérarchiser et interprêter les crimes et atteintes atteintes à l'environnement, Interpol a mis en place, outre un formulaire « Environmental Crime » [16], un système de formulaires dits « écomessages »[17] permettant de communiquer des données dans un format standard, via des liaisons sécurisées (à chaque étape de transmission) et avec copie de chaque message transmise au Secrétariat général d’INTERPOL, pour permettre, via les bases de données d'Interpol sur le crime organisé, d'éventuels rapprochements pourront avec d’autres informations. Les « écomessages » proviennent des services de polices et sont destinés à d'autres services de polices, mais sont aussi ouverts à toutes les « autorités désignées jouissant de pouvoirs d'enquête, telles que les services chargés de la protection de l'environnement ou les autorités chargées de la protection des espèces sauvages ». S'il s'agit d'informations sensibles obtenues dans le cadre d’une enquête, les fonctionnaires doivent suivre une procédure de transmission par voie hiérarchique devant passer par l'« unité nationale chargée du renseignement » pour Interpol qui remplira et transmettra l'écomessage au Bureau central national d'INTERPOL qui le transmettra aux Bureaux centraux nationaux des pays concernés via son système de communication sécurisée, avec copie au Secrétariat général d'INTERPOL à fin d'enregistrement dans la base de données mondiale de l'Organisation. Interpol encourage « le public à contacter les services nationaux chargés de l’application de la loi (police, douanes ou services chargés de la lutte contre les atteintes à l’environnement) s’ils détiennent des informations sensibles et souhaitent aider aux enquêtes grâce au système d'écomessage ».

Hors Europe[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le parlement a modifié la loi Lacey de 2008 pour mieux interdire l'importation de bois illégal[10]

L'Australie et la Nouvelle-Zélande envisagent une législation similaire[10], qui pourrait obliger tous les importateurs de bois à prouver l'origine de leurs bois, et alors que les certificats de provenance sont souvent falsifiés, douteux ou peu clairs, les nouveaux moyens d'analyse d'ADN du bois (introduits en 2009 en Australie), associés à des cartographies génétiques des essences permettront d'ici peu d'identifier l'origine des arbres se provenance suspecte ou de faire des tests aléatoires [10].

En Europe[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, au sein de l'Union les pays les plus importateurs de bois illégaux seraient selon un rapport du WWF la Finlande, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie (pour 3 à 4,5 millions de m3 importés par an), la France venant en sixième position (avec un peu plus de 2 millions de m3), mais ces estimations peuvent être faussées par des pressions de détection et déclaration différentes selon les pays. De plus si l'on prend aussi en compte les résineux et feuillus nordiques, contrairement à une opinion répandue, ce ne sont pas principalement l'Amazonie et l'Afrique qui fournissent le bois illégal entrant en Europe, mais d'abord la mafia russe (bois de la taïga notamment ; 10 millions de m3 environ) largement devant les trafiquants d’Indonésie, de Chine et du Brésil (pour 3 à 4 millions de m3 en 2006 à titre d'exemple)[18].

En mai 2003, la Commission a voté un « Plan d’action[19] contre le commerce de bois illégal », dit FLEGT (Forest Law Enforcement, Governance and Trade, qui signifie « Applications des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges Commerciaux ») ; il s'agit d'amener les pays producteurs à une meilleure gouvernance (via un régime d’autorisation données par les pays adhérents ou partenaires du système), et coproduire des accords volontaires de partenariat visant à empêcher l’entrée de bois illégal dans l'Union européenne. Il s'agit aussi d'encourager à réduire l'achat de bois illégal par les Européens[20].
Le Parlement européen estimait que dans les années 2000-2010, que 20 % à 40 % du bois tropical vendu dans le monde provenait de coupes illégales (soit : 350 à 650 millions de m3/an)[20]. Selon la Banque mondiale ce trafic entraine un manque à gagner d'environ 100 milliards d’euros par an dans les recettes fiscales des pays exportateurs. Le Conseil de l'Europe a officiellement adopté en mars une position considérablement plus faible que celle du Parlement 1re lecture, ne contenant pas d'interdiction sur le commerce d'une récolte illégale de produits du bois et du bois, et ne précisant pas les sanctions, ni n'exigeant des sanctions pénales pour les infractions graves, le régime de reconnaissance des organisations de contrôle étant par ailleurs différent de ce que le Parlement avait souhaité. Le 4 mai 2010, la commission de l'environnement a adopté en seconde lecture un projet de recommandation, rétablissant la plupart des amendements du Parlement européen en première lecture que le Conseil n'avait pas pris en compte[20]. Les europarlementaires ont adopté en juillet 2010 un compromis projet) pour le règlement visant à lutter contre le commerce de bois illégal en Europe[20]. Ce projet a été validé le 11 octobre 2010 par le Conseil de l'Union européenne. Il doit entrer en vigueur 27 mois après sa publication officielle, c'est-à-dire en janvier 2013[20].

L'Europe dispose de 3 à 4 ans pour réviser la liste des produits concernés, mais en 2010, le règlement n'inclue pas des produits finis ou manufacturés tels que les meubles et ouvrages en bois, ouvrages de décoration ou précieux ou le carton, le papier (revues, livres et autres supports écrits). Les meubles en bois de rose de Madagascar, considérés comme œuvre de maître (ou de décoration) sont à ce jour exclu du système. Or, « le bois de Madagascar est victime d’une exploitation illégale intensive », rappelle Eglantine Goux (chargée de mission Forêt Internationale à FNE). Sébastien Genest (vice-président de France Nature environnement) espère que « le signal positif de l’Europe pour mettre fin au bois illégal sera suivi d’engagements forts de sa part dans les instances de l’ONU sur les changements climatiques et la déforestation » [21]. le 21 oct 2010, La République démocratique du Congo était le 10e pays à engager des négociations d'accords volontaires (VPA ou voluntary partnership agreement)[22]. Des VPA ont été signés avec le Ghana, le Cameroun et le Congo et sont actuellement en négociation avec la Malaisie, Indonésie, Libéria, République centrafricaine, le Gabon et le Viêt Nam[22].

En 2012, avec l'aide de la Norvège (via la NORAD[23]), des formations pratiques ont été délivrées pour mieux survivre et s'orienter dans la jungle, destinées aux agents qui seront chargés de détecter ou réprimer le bucheronnage illégal[15]. Et Début 2013, un atelier organisé par la Commission européenne avec l'aide d'INTERPOL, du Royal Institute of International Affairs (aussi dit Chatham House) et ClientEarth a porté sur les moyens (stratégies et tactiques de répression) d'aider les organismes chargés d'appliquer les lois et en particulier de faire appliquer les règlements de l'UE sur le bois qui entreront en vigueur le 3 mars 2013[15].

En France[modifier | modifier le code]

Après la Chine et avec l'Italie[24], la France est le premier importateur de bois du bassin du Congo [25]. La France importe surtout ses bois exotiques du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon, de la Côte d'Ivoire et du Liberia qui sont tous des pays connus pour exporter des bois illégaux[24].
Un plan Plan National d'Action pour des Achats Publics Durables[26], complété par une circulaire (avril 2005) ont défini les critères environnementaux et sociaux des achats publics durables de bois, mais semble-t-il sans nouveaux moyen de vérification, de formation et de suivi, autre que ceux fournis par la DGCCRF et Interpol (dont les bases de données sur les crimes environnementaux peuvent être alimentées par la police et autorités environnementales françaises[16]).

La France négocie des accords ou une coopération avec le Congo-Brazzaville et le Gabon. Mais les ONG et les États « producteurs » manquent d'aides financière et de moyens matériels et humains pour vérifier in situ si les coupes sont ou non licites [réf. souhaitée].
Le WWF estimait mi-2007 qu'encore un quart de la consommation française (en métropole) de bois ne faisait l'objet d'aucun critère social ou environnemental. Environ 80 % des bois et produits dérivés en provenance de la République démocratique du Congo sont exportés vers l'Europe, principalement vers la France (30 %), puis le Portugal (23 %), la Belgique (11 %) et l'Italie (9 %) [22]. Les bois africains importés et vendus en France étaient dans les années 200-2010 à 39 % d’origine illégale (selon le WWF, et ce chiffre ne semble pas avoir été démenti) [réf. à confirmer]. Une enquête du WWF a conclu que pour les parquets, portes, fenêtres, escaliers, ébénisterie… des enseignes Casa, Castorama, Ikea, Leroy Merlin, Bricorama, Bricomarché, Habitat et Point P : l'étiquetage ne mentionnait pas la provenance du bois pour plus de 70 % des produits et plus de 90 % des étiquettes oubliaient le nom scientifique de l’essence. Seuls 13 % de ces produits possédaient (en 2007) le label FSC. La France qui importerait environ 2,8 milliards de dollars de bois et produits bois par an est l'un des premiers importateurs de bois provenant du bassin du Congo, l'un des plus riches au monde en biodiversité. Dans les régions où les autorités les poursuivent, pour s'adapter à la surveillance télédétection, les bucherons illégaux opèrent de plus en plus sous le couvert des arbres où les bois précieux sont prédécoupés et parfois directement débités en planche. La filière bois française est par ailleurs devenue la 1re destination des placages et contreplaqués d'Okoumé du Gabon et elle entretient des relations commerciales récentes avec le Ghana (pour lequel la France est rapidement devenu le 3e client pour le bois exporté, après l'Allemagne et l'Italie). Plus de 20% des importations de billes de bois (bois ronds) proviennent du Congo Brazzaville.

Début 2013, peu avant la date de mise en œuvre européenne de l'initiative FLEGT, des importateurs français dénoncent certains de leurs confrères peut scrupuleux bien que « signataires de la charte LCB » et montrent a journalistes de grandes quantités de bois a priori illégaux sur le quai de Chef-de-Baie du port de commerce de La Rochelle[27]. Des ONG telles que le WWF et en France FNE regrettent le manque de moyens de contrôle associé à FLEGT[28],[29]

Traçabilité[modifier | modifier le code]

La traçabilité totale de toute la chaîne logistique du bois est un des enjeux de crédibilité des labels, d'efficience économique et de développement de la qualité des filières-bois. Elle permettrait en outre de limiter les bois exportés et importés illégalement, et ceux listés en annexe de la CITES, dont le commerce est réglementé.
Elle concerne la gestion, la provenance génétique des plants ou graines (quand il s'agit de plantations), en passant par la coupe, le tri des grumes, le sciage, le tri des sciages, le séchage, le classement, la première ou seconde transformation jusqu'éventuellement la réutilisation ou le recyclage ou la valorisation.
La transparence à toutes les étapes, et l'automatisation de la traçabilité sont des enjeux nouveaux pour l'amont de la filière-bois qui est restée très traditionnelle, alors que les codes-barre ou le géoréférencement sont généralisées dans de nombreux autres secteurs, et que les puces électroniques se sont développées (par ex pour les animaux domestiques).

Les freins sont nombreux : marché concurrentiel dont l’amont est constitué de très grands groupes et de dizaines de millions de petits propriétaires, volonté de confidentialité de certains propriétaires forestiers et entreprises privées, difficultés à mutualiser les outils informatiques et absence de loi imposant la traçabilité dans ce secteur, manque de moyens dans les pays forestiers équatoriaux…

Des programmes et tests de méthodes holistiques et multi-objectifs ont tenté de lever certains de ces obstacles avec par exemple le FSC qui soutenait dès les années 1990 un programme de code barre suivant l'arbre et sa transformation, dès la coupe en forêt), et 10 ans après, en Europe, le Projet: « Indisputable Key» dédié à la traçabilité forestière, prévu pour 3 ans à partir d’oct. 2006, avec un budget de 12 millions d'euros dont 7.7 M d'euros financés par l’UE, pour aider 29 partenaires privés de 5 pays (Estonie, Finlande, France, Norvège, Suède), faisant suite au programme LINESET.

Moyens techniques :

  • Ordinateurs portables adaptés à l'utilisation en forêt ou usine, incluant fonction GPS pour marquage par code ou numéros d’identification des arbres dès la coupe, avec repérage SIG.
  • Puce électronique, radio-étiquettes ou puce RFID (Radio Frequency Identification Device), pouvant être collées ou injectées dans le bois (ou meubles, rouleau de papier ou carton..) pour stocker et récupérer leurs données à distance. Elles sont déjà utilisées par la ville de Paris par exemple pour le suivi des arbres urbains.
  • Antennes de lecture adaptées à la filière, lecture automatique des codes par caméra
  • code (éventuellement circulaire) estampé par percussion sur la tranche d'une bille de bois, (remplace le code barre difficile à poser sur la tranche de bois exprimant de la sève ou résine)
  • Marquage adapté aux produits de seconde ou troisième transformation, marqueurs biodégradables, indicateurs des Analyses de Cycle de Vie.
  • Test génétique ; Les tests d'ADN pourraient à l’avenir être automatisés

Exemple de traçabilité[modifier | modifier le code]

Contre le trafic de bois, en Australie ;
À la suite des pressions d’ONG telles que Greenpeace, WWF ou les Amis de la Terre, la filière bois Australienne qui estimait mi 2007 importer pour environ 400 millions de dollars australiens de bois illégal[30], souvent involontairement, faute de moyen de traçabilité et en raison de la difficulté d’identifier les bois exotiques à l’œil, commence à réagir.
Pour la 1re fois, le plus grand importateur australien (Simmonds Lumber, de Sydney) a mis en place un test génétique capable d’identifier les profils ADN d’arbre poussant dans les plantations indonésiennes légales. Les analyses peuvent être faite au port en Indonésie ou en aval en sortie de scierie., après quoi un certificateur accrédité (Cerrtisource en l’occurrence) approuve les billes de bois en les marquant avec un code lié à un référencement dans une banque de données fiable, pour l'exportation vers l'Australie. Parallèlement, mi 2007, le Gouvernement australien a promis 200 millions de dollars australiens à un fond global d’aide à la gestion soutenable des forêts et à l’application des sanctions contre les abattages illégaux (ce qui nécessite une traçabilité fiable).

En France,
le projet BLOGFOR, dans le cadre du plan d'action TICPME 2010[31], aidé par l'État, vise un standard d'échange de données (échange électronique professionnel) pour la filière bois, s'inspirant éventuellement de la traçabilité développée pour l'Agriculture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Monfort (1983), À la recherche des filières de production ; Économie et statistique, 1983 ; Volume 151, no 151 ; p. 3-12
  2. .Article [2006] "Focus sur la Chine" de la revue Boismag (France) no 62 : 12 (1 p.).
  3. State of Europe's Forests 2011 Report http://www.foresteurope.org/full_SoEF
  4. a et b Pierre Desclos & Ole Pedersen (2005) International tropical timber organization ; Pre-Project Report Review of the French timber market (PDF, 197 pages, préparé pour l'ITTO), ITTO, UNECE 2000-2004, publié novembre 2005, consulté 2013-02-25 Voir carte page 42 du PDF
  5. WWF, Le marché du bois tropical
  6. WWF Royaume-Uni (2005), Failing the Foret, Europe's Illegal Timber Trade, PDF, 102 pages, (en), consulté 2013-02-25
  7. Commission des Communautés Européennes, Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant les obligations des opérateurs qui mettent du bois et des produits dérivés sur le marché. COM 2008 644 final. 17 octobre 2008. p. 3
  8. Vers des Codes de conduites éthiques (article sur la Conférence de Nagoya 2010, Wikipédia)
  9. (en) Nellemann, C., INTERPOL / ONU/PNUE, Environmental Crime Programme (eds). 2012. Green Carbon, Black Trade: Illegal Logging, Tax Fraud and Laundering in the Worlds Tropical Forests. A Rapid Response Assessment. United Nations Environment Programme, GRIDArendal ; ISBN 978-82-7701-102-8, PDF, 72 pp
  10. a, b, c, d, e, f, g et h James Melik (2012), Interpol clamps down on illegal logging ; Business Daily, BBC World Service ; 2012-09-10, consulté 2013-02-24
  11. Interpol (2012), Illegal logging nets organized crime up to 100 billion dollars a year , PDF, 1 page, consulté 2013-02-24
  12. Stéphanie Senet (2013), Interpol démantèle un vaste trafic de bois illégal, Journal de l'Environnement, brève du 2013-02-22]
  13. a, b et c Communiqué de Presse d'Interpol, intitulé Un rapport INTERPOL - PNUE révèle que l’exploitation illégale du bois pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards de dollars par an à la criminalité organisée et daté 2012-09-27, consulté 2013-02-24
  14. Novethic (2012), Bois illégal : un marché de 30 à 100 milliards dollars par an 2012-10-01
  15. a, b et c Interpol, « Law Enforcement Assistance to Forests », consulté 2013-02-24
  16. a et b Interpol, Environmental Crime, consulté 2013-02-24
  17. Interpol, Formulaire (Word) d'écomessage
  18. Univers Nature Le commerce des bois illégaux se porte bien
  19. Proposition de l’UE pour un Plan d’Action FLEGT, 21 mai 2003. Communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen.
  20. a, b, c, d et e Environment MEPs get tough on illegal timber tradecommuniqué, daté du 2010/05/11 - 17:58, consulté 2010/10/21 (REF. : 20100507STO74261)
  21. Article intitulé "Bois illégal : l’UE renforce son arsenal par Célia Fontaine, Journal de l'environnement, 2010/10/12
  22. a, b et c Fight against illegal timber exports: the EU and the Democratic Republic of Congo launch negotiations ; 2010/10/21
  23. Norwegian Agency for Development
  24. a et b Illegal-logging Info, http://www.illegal-logging.info/approach.php?a_id=89 FRANCE France is the second most significant importer of tropical hardwood sawnlogs in Europe, behind Italy, consulté 2013-02-25
  25. Voir carte p. 55/72 du rapport d'Interpol Carbone vert, Marché noir de Nellemann, C., INTERPOL / ONU/PNUE, (en) Environmental Crime Programme (eds). 2012. Green Carbon, Black Trade: Illegal Logging, Tax Fraud and Laundering in the Worlds Tropical Forests. A Rapid Response Assessment ; United Nations Environment Programme, GRIDArendal ; ISBN 978-82-7701-102-8, PDF, 72 pp
  26. Ministère français chargé de l'écologie, Plan National d'Action pour des Achats Publics Durables (PNAAPD)
  27. frédéric zabalza (2013), La Rochelle : les importateurs dénoncent le trafic de bois exotique : Le ton monte chez les importateurs de bois exotique (…) qui dénoncent les agissements de quelques « brebis galeuses » ; Journal Sud-ouest daté 2013-01-09
  28. FNE, Bois illégal : son commerce a encore de beaux jours devant lui
  29. FNE, Penser global pour agir local : Une gouvernance forestière internatinale et des politiques nationales responsables, consulté 2013-02-25
  30. Journal The Australian du 29 mars 2007
  31. TICPME http://www.ticpme2010.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Acteurs de la filière, de l'international, au local[modifier | modifier le code]

Autres données relatives à la filière bois[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D Juillot (2003), La filière-bois française: la compétitivité, enjeu du développement durable ; Revue forestière française, 2003 - (Résumé Inist/CNRS)
  • J Gérard (2006), Importance, contraintes et tendances prévalentes de la filière bois des six pays forestiers d'Afrique centrale
In 
Les forêts du bassin du Congo : état des forêts 2006. Paris : MAE, p. 90-104 , publications Cirad