Robert II de Bourgogne

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Robert II
Sceau de Robert II de Bourgogne (XIIIe s)
Sceau de Robert II de Bourgogne (XIIIe s)
Titre
Duc de Bourgogne
12721306
Prédécesseur Hugues IV
Successeur Hugues V
Roi titulaire de Thessalonique
12721306
Prédécesseur Hugues IV
Successeur Hugues V
Comte de Bourgogne
13031306
Prédécesseur Hugues IV
Successeur Hugues V
Biographie
Titre complet Duc de Bourgogne et roi de Thessalonique
Dynastie Première maison capétienne de Bourgogne
Nom de naissance Robert de Bourgogne
Date de naissance 1248
Date de décès 1306
Père Hugues IV de Bourgogne
Mère Yolande de Dreux
Conjoint Agnès de France
Enfant(s) Jean
Marguerite
Blanche
Marguerite
Jeanne
Hugues
Eudes
Marie
Louis
Robert
Religion Catholicisme
Résidence Dijon

Robert II de Bourgogne (né en 1248 — mort le 21 mars 1306), duc de Bourgogne (1272-1306) et roi titulaire de Thessalonique (1284-1306).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et ascendance[modifier | modifier le code]

Robert de Bourgogne, né en 1248, appartient à la première maison capétienne de Bourgogne.

Il est le frère d'Eudes de Bourgogne (1230-1269) et Jean de Bourgogne (1231-1267), ainsi que le troisième fils d'Hugues IV (1213-1272), duc de Bourgogne et roi titulaire de Thessalonique[1], et de Yolande de Dreux (1212-1248).

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En 1273, Robert II de Bourgogne épouse Agnès de France (1260-1325), la fille du roi de France Saint Louis et de Marguerite de Provence. De cette union naissent[1] :

Les débuts troublés du duc[modifier | modifier le code]

Robert de Bourgogne est institué duc de Bourgogne, malgré lui, ses frères aînés Eudes (1230-1269), comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et Jean (1231-1267), sire de Bourbon et comte de Charollais étant décédés, par son père mourant le duc Hugues, en 1272[1]. Il prend alors Robert II pour nom de règne.

En dépit de cette précaution paternelle avisée, le nouveau duc se voit contester ses droits sur le duché de Bourgogne par Robert de Dampierre (1247-1322), sire de Béthune puis comte de Flandre, et Robert de France (1257-1318), comte de Clermont-en-Beauvaisis. Ces derniers y prétendent au nom des nièces du duc, leurs épouses, respectifs à savoir Yolande de Bourgogne (1247-1280), comtesse de Nevers, fille aînée d'Eudes (1230-1269), et Béatrice de Bourgogne (1257-1310), dame de Bourbon et comtesse de Charollais, fille aînée de Jean (1231-1267)[1].

En 1277, l'affaire est portée devant le roi de France Philippe III le Hardi (1245-1285), qui tranche en faveur du duc Robert II[2],[1].

À la mort de son père, Robert de Bourgogne hérite, outre le titre de duc, celui de roi de Thessalonique, les droits (purement théoriques) sur le royaume de Thessalonique ayant été donnés en 1266 au duc Hugues IV de Bourgogne par l'empereur de Constantinople Baudouin II, qui en était le suzerain. Ces droits sont cependant aussi revendiqués par le marquis de Montferrat, Guillaume VII, dont la famille régnait originellement sur le royaume.

L'affirmation du pouvoir ducal[modifier | modifier le code]

La consolidation et l'extension des droits ducaux dans les deux Bourgognes

Retrouvant l'intégralité de sa légitimité en 1277, Robert II entend consolider ses droits et le duché. Tout d'abord, le duc récupère, par un accord signé en 1285, les quelques droits de sa nièce Marguerite de Bourgogne (1250-1308), comtesse de Tonnerre, fille puînée d'Eudes (1230-1269)[2].

Il acquiert, la même année, les mouvances de Treffort, Marloux et le pays du Revermont[2], puis, en 1288, celle de Pontarlier, du comte Othon IV de Bourgogne (1248-1303), renforçant ainsi la présence ducale en Comté et la protection du duché[1].

Cette dernière année, Robert II hérite, en outre, des possessions de son cadet Hugues (1260-1288), sire de Montréal et vicomte d'Avallon[1].

Par ailleurs, il reçoit, en 1294, l'hommage de Philippe de Vienne (1240-1303), sire de Pagny et de Pymont, pour des terres d'Outre-Saône, qui avaient jusqu'alors le statut de francs-alleux, consolidant ainsi la garde des frontières du duché[2].

Enfin, en 1296, le roi Philippe IV le Bel (1268-1314) octroie des titres au duc concernant les droits de celui-ci sur le Comté de Bourgogne[2].

L'investiture du Dauphiné[modifier | modifier le code]

À la mort de Jean Ier de Viennois (1264-1282), dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans, de Briançon, d'Embrun et de Gap, dernier dauphin de Viennois de la première maison capétienne de Bourgogne, le Dauphiné échoit, par mariage, à son gendre Humbert de la Tour (v.1240-1306), baron de La Tour-du-Pin[1].

Cette succession est contestée par Robert II, qui appuie ses prétentions sur le Dauphiné sur son appartenance à la même maison que feu Jean Ier de Viennois. Il porte l'affaire devant l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, qui tranche en faveur du duc de Bourgogne en 1284. Dès 1285, un accord est cependant signé avec le dauphin Humbert (1240-1306), qui recouvre ses droits sur ce territoire[2].

La dévotion à la couronne de France[modifier | modifier le code]

L'appui militaire

Robert II guerroie, en 1282, aux côtés de Charles Ier d'Anjou (1226-1285), roi de Sicile et oncle de la duchesse, lors des soulèvements de Palerme et de Corleone contre la domination française (Vêpres siciliennes), ainsi qu'en 1302, auprès du roi de France Philippe le Bel, à Courtrai, contre les milices flamandes (cf. Bataille de Courtrai (1302))[3].

Les offices

Robert II reçoit, dès 1277, du roi Philippe III le Hardi (1245-1285), qui lui offre son soutien lors de la contestation de ses droits sur le duché de Bourgogne, la charge de Grand chambrier de France, l'un des grands offices de la couronne de France[3].

En cette qualité, Robert II devient le chef de la Chambre du roi, cogère le Trésor royal avec le Grand bouteiller, signe les chartes importantes et juge avec les pairs de France.

Le duc reçoit en outre du roi Philippe le Bel, en 1294, la dignité de Lieutenant du roi, en marque de sa confiance ; le roi le charge d'affaires importantes, en son nom, notamment à Rome en 1297[1].

La succession[modifier | modifier le code]

Dès 1297, Robert II fait rédiger son testament. Il lègue le duché à son deuxième fils, Hugues (1294-1315), héritier depuis la mort de son aîné Jean, en 1283, et constitue des rentes à ses enfants[1].

Il meurt en 1306 et est inhumé en la chapelle Saint-Georges, dite « des Ducs », de l'abbaye de Cîteaux, détruite en 1636 par les troupes du général impérial Matthias Gallas (1584-1647)[1].

Son fils Hugues (1294-1315) lui succède sous le nom de règne Hugues V, en Bourgogne, jusqu'à sa mort en 1315 ; il cède en 1313 ses droits sur le royaume de Thessalonique à son frère cadet Louis (1297-1316).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un Religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres monuments ..., G. Després, Paris, 1770 (2e édition). p.670.
  • Chasot de Nantigny Louis, Les généalogies historiques des rois, ducs, comtes, etc. de Bourgogne, Le Gras, Paris, 1738. p.25.
  • Dumont Jean, "table chronologique de la 1re partie du tome 1", Corps universel diplomatique du droit des gens, tome 1, P. Brunel, Amsterdam, 1726.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Un Religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres monuments…, G. Després, Paris, 1770 (2e édition). p. 670.
  2. a, b, c, d, e et f Dumont Jean, Corps universel diplomatique du droit des gens, tome 1, P. Brunel, Amsterdam, 1726; "table chronologique de la 1re partie du tome 1.
  3. a et b Chasot de Nantigny Louis, Les généalogies historiques des rois, ducs, comtes, etc. de Bourgogne, Le Gras, Paris, 1738. p.25.

Voir aussi[modifier | modifier le code]