Nicolas Rolin

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Nicolas Rolin

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Nicolas Rolin par Rogier van der Weyden

Naissance 1376
Autun
Décès 18 janvier 1462 (à 85 ans)
Nationalité Français
Activité principale
Chancelier de Philippe le Bon
Autres activités
Fondateur de l'Hôtel-Dieu de Beaune
Conjoint

Nicolas Rolin ou Rollin (Autun, vers 1376 - 18 janvier 1462), seigneur d'Authumes, d'Aymeries, de Raismes (1406-1457), de Rugny, 20e vidame de Châlons (1444-1462), est une grande figure politique de la Bourgogne et de la France du XVe siècle. Il est chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne durant quarante ans. Il est connu pour être le fondateur, avec sa femme Guigone de Salins, de l'Hôtel-Dieu de Beaune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Né vers 1376 au sein d'une famille bourgeoise d'Autun, il est le fils de Jean III Rolin (…-1391), seigneur de La Motte-Beauchamp qui avait épousé en 1372 A(i)mée Jugnot (ou Jugnet) († entre 1398 et 1401), fille de Henri Jugnot et Yolande Chandelier. Un aïeul avait épousé une riche héritière: Guillemette d'Arnay qui fit entrer dans le patrimoine familial des Rolin, la maison forte de Gamay, près de Beaune. Il a un frère, Jean IV Rolin.

Devenue veuve, sa mère, Aimée, épouse en secondes noces Perrenet le Mairet, bourgeois de Beaune. Celui-ci a deux filles, qui épouseront les deux frères Rolin, issus du premier lit de leur mère : Jeannette Le Mairet épouse Jean IV Rolin et Marie Le Mairet (vers 1398 et av. 1405) devient l'épouse de son frère, Nicolas.

Veuf et sans enfants, il épouse en secondes noces Marie des Landes, en 1407, mariage qui favorise son entrée dans la bourgeoisie de Paris. De ce mariage naissent quatre enfants, dont le premier en 1408: Jean V Rolin, qui deviendra cardinal.

À cette date il est déjà l'avocat du duc de Bourgogne au Parlement de Paris. L'année suivante voit la naissance de Philippotte (1409-1484), épouse en 1423 Guillaume d'Oiselet. En août 1411 naît Guillaume et en 1413 Nicolas (v.1413-v.1450).

Gravure réalisée au début du XIXe

En 1419, éclate la guerre entre Philippe le Bon, dont le père Jean sans Peur vient d'être assassiné au pont de Montereau, et Charles VI. Gui de Cousan suivit le camp du Dauphin, ce qui lui valut la confiscation de toutes ses possessions en Bourgogne et Charolais au profit de Nicolas Rolin.

En 1422, Nicolas Rolin est nommé chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui le fait Chevalier l'année suivante. Il succède ainsi à l'évêque de Tournai, Jean de Thoisy.

C'est vers cette époque qu'il fait l'acquisition de la seigneurie d'Authumes et en 1423 de celles de Chasseu, par achat à Jeanne de Longwy, de Monetoy Epinac, acquises auprès de Pierre de Beauffremont. Il se porte ensuite acquéreur des seigneuries d'Aymeries et de Raismes (entre 1406-1457), terres appartenant à René d'Anjou dans le Hainaut. Il est très lié à Jean sans Peur, qui est parrain de son premier fils. Veuf pour la seconde fois, il épouse en troisièmes noces le 20 décembre 1423, Guigone de Salins. Issue de la noblesse comtoise, celle-ci est née à Beaune en 1403 et sert comme dame d'honneur de la Duchesse de Bourgogne. Elle lui donne trois enfants : Louise, Claudine[Note 1], et Antoine, né en 1424. Guigone décède à Beaune, le 24 décembre 1470. De sa liaison avec Alix, il aura: Antoine et Margueritte, d'une autre liaison avec une dame Loyse naît Girard, légitimé, en 1440, par le duc Philippe-le-Bon et "Louis" dit Bâtard d'Aymeries légitimé en novembre 1449 par le roi Charles VII et de dame Marguerite un fils: Antoine; enfin selon Jules Chifflet d'une inconnue un autre fils : René, qui donnera la branche d'Aymeries.

Vers 1430, le chancelier Rolin fait l'acquisition de la terre de Savoisy auprès de Pierre de Beauffremont. Il est l'âme et l'un des piliers du traité d'Arras (1435), qui marque la réconciliation entre le roi de France Charles VII et le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Ce traité stipulant que tous les biens confisqués devraient être rendus à leurs légitimes propriétaires et par exception en faveur de Nicolas Rolin négociateur du Traité, il fut convenu oralement qu'il conserverait ce qui lui avaient été donnés. Eustache de Lévis porta l'affaire en justice, mais Rolin, habile négociateur réussit à produire des pièces délivrées en Conseil, puis des lettres closes ordonnant aux autorités de prendre la défense de sa cause. Eustache de Lévis ne recouvrit sa seigneurie de Bragny qu'en acceptant l'offre de Nicolas Rolin, marier son fils à la fille de Lévis. Mariage qui eut lieu le 9 mai 1442[1]

En 1444, il fait l'acquisition de la seigneurie en viager de Lens-Herchies de Corneille de Grave et entre cette date et 1462, il fait encore l'acquisition des terres de Rugny. Il deviendra vidame de Châlons, Grand Veneur héréditaire du Hainaut.

Il a plusieurs liaisons notamment avec Alix, qui lui donne deux enfants : Antoine Rolin et Marguerite Rolin. Loyse qui lui donne Girard Rolin. Puis Marguerite qui lui donne Antoine Rolin.

Il meurt en 1462, âgé de 85 ans. Sur l'emplacement de sa maison natale se trouve le musée de la ville d'Autun baptisé musée Rolin.

Le mécène[modifier | modifier le code]

Nicolas Rolin, en bas à gauche du vitrail, chapelle des Hospices de Beaune

Le fondateur des Hospices de Beaune[modifier | modifier le code]

Il est le fondateur, avec sa femme Guigone de Salins, des Hospices de Beaune, en 1443. Il crée en 1452 un nouvel ordre religieux : Les sœurs hospitalières de Beaune. C'est lui qui commande le polyptyque du Jugement dernier au peintre flamand Rogier van der Weyden, pour les hospices. Il commande un portrait orant : La Vierge du Chancellier Rolin à Jan van Eyck. Il fonde également la Chapelle du Couvent des Célestins d'Avignon avec son fils qui aura une liaison avec une des religieuses et lui donnera un enfant, Jean VI Rollin. En la Collégiale d'Autun, il érige Notre-Dame du Châtel avec un Chapitre de onze chanoines.

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Extrait du texte fondateur des Hospices de Beaune par Nicolas Rolin[modifier | modifier le code]

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443… dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels… je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère… »

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« Champ d'Azur à trois clefs d'Or, deux en chef une en pointe »
Devise : Deum Time (« Crains Dieu »)

Possessions[modifier | modifier le code]

Le partage des biens de Nicolas Rolin, entre ses quatre héritiers, à savoir : sa veuve Guigone et ses trois fils, fait l'objet d'un accord survenu le 27 avril 1462, faisant état de 22 châteaux et 5 maisons fortes en Bourgogne, ainsi que de nombreuses seigneuries. En comptant les demeures possédées puis revendues on arrive à une soixantaine de forteresses, dont trente situées en Bourgogne.

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief de Nicolas Rolin :

Dot de Guigone de Salins
Héritages collatéraux
Acquisitions par confiscation

Sources, bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Mouillebouche & Claudine Paczynski, Château et politique territoriale, le cas de Nicolas Rolin, dans Les Dossiers d'Archéologie, janvier/février 2012, no 349, pp. 68-73.
  • Marie-Thérèse Berthier, John-Thomas Sweeney, Le chancelier Rolin, ambition, pouvoir et fortune en Bourgogne 1376-1462, Éditions de l'Armançon, Précy-sous-Thil, 2005. ISBN 9782906594975
  • B De Chasseneuz, Catalogus gloriæ mundi, Lyon, Antoine Vincent, 1546.
  • Hervé Mouillebouche, Les maisons fortes en Bourgogne du Nord du XIIIe au XVIe siècle, Dijon, EUD, 2002.
  • G. Valat, Nicolas Rolin, chanceleir de Bourgogne dans Mémoires de la Société éduenne, t. XL, 1912, pp. 73-145 ; t.XLI, 1913, pp. 1-73 ; t. XLII, 1914, pp. 53-148.
  • Collectif, Le faste des Rolin: Au temps des ducs de Bourgogne, dans Dossiers de l'Art, no 49, juillet 1998.
  • Lucien Taupenot, « Nicolas Rolin (1376-1462), chancelier de Bourgogne », dans la revue: Nos Ancêtres Et Nous de l'Union Généalogique de Bourgogne, no 35 épuisé.
  • B. Maurice-Chabard (dir.), La splendeur des Rolin: un mécénat privé à la Cour de Bourgogne, table ronde des 27-28 février 1995, Paris-Autun, 1999.
  • Françoise Vignier, Les châteaux des Rolin, in Le faste des Rolin, au temps des ducs de Bourgogne, Dijon, 1998, dans : Dossier de l'Art, no 49, pp. 98-99.
  • Françoise Vignier, Dictionnaire des Châteaux de France: Bourgogne et Nivernais, éd. Berger-Levrault, 1980, 338. p.
  • J-B. de Vaivre, La famille des Rolin, dans: La splendeur des Rolin, op. cit., p. 19-35.
  • J. Laurent, Les fiefs des Rolin, compte-rendu dans les : Mémoires de la Société d'Archéologie de Beaune, 1931-1932, p. 85-87.

Iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Peintures
Gravures
  • Eugène Nesle (1822-1871), lithographie, portrait de Nicolas Rolin d'après Jan van Eyck.
Sculptures
  • Henri Bouchard, (1875-1960), Nicolas Rolin, statuette bronze (HB 84.276), 1925, Musée des beaux-arts de Dijon (H 72 Inv 48-54) ; Bronze Musée national des beaux-arts d'Alger, 1917, H 72, Inv 730, plâtre, dim. 75 x 25 x 17 cm signé sur terrasse à droite, Musée Bouchard acquis 1984, (HB 84.276)
  • Henri Bouchard, Guigone de Salins, 1912, bronze identique Musée des beaux-arts de Dijon, inv. 48-34 moulage en plâtre Hospices de Beaune; Dim; H:75 cm x L: 32 cm x P:30, Inv Musée Bouchard (HB 84.237)
  • Henri Bouchard, médaillon de Nicolas Rolin et Guigone de Salins (avers), 1919, tirage en 1972, original en plâtre (HB 84211), médaille en bronze (D5 HB 84533), médaille plomb, (D5 .1.HB 841005), moulage plâtre (HB84.217- HB 85.012), fontes posthumes (HB 84.622-HB 86.0009 - HB 86.010) Musée Bouchard, épreuves Musée d'Orsay & Musée des beaux-arts de Beaune; Dim; Diamètre: 32 signé bas gauche.
  • Henri Bouchard, Nicolas Rolin et Guigone de Salins , statues, Cour des fondateurs, Hospices de Beaune, exécution 1911-1914- mise en place:1921 & 1923, Pierre taillée; Dim; H:250 cm X L 111 cm X P:81,5 cm; nom des personnages sur la base et signature de l'artiste plus sculpture masque de Nicolas Rolin, 1912, Musée Bouchard (inv HB 84309) plâtre Salon 1912 (HB 84.015); Dim; H: 34 x 23 x P: 20 cm.
Philatélie
  • 1943 - Un timbre de 4 francs, est émis. Il représente Nicolas Rolin et Guignone de Salins d'après le tableau de Roger de la Pasture et le porche de l'Hôtel-Dieu. Il a bénéficié d'une vente anticipée le 21 juillet 1943 à Beaune. Il porte le n°YT 583[5].Le dessin et la gravure sont du peintre Henry Cheffer (1880-1957), ses dimensions sont: 36 x 21,45 mm, il possède 13 dents et il est imprimé en taille douce rotative. Retiré de la vente le 23 octobre 1943

Objet personnel[modifier | modifier le code]

  • Bible de Nicolas Rolin, conservée au Musée Municipal d'Autun (Ms 275 f. 3v, dépôt de l'Évêché)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Femme en premières noces de Jacques, comte de Montbel, et, en deuxièmes, d'Antoine de La Palud, chevalier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de l'Inventaire historique et généalogique des documents de la branche Lévis-Léran devenue Lévis-Mirepoix, vol.4.
  2. Carte des Châteaux de Nicolas Rolin en Bourgogne d'après H. Mouillebouche/CeCaB.
  3. Roland Niaux, l'Habitat médiéval fortifié dans les cantons d'Autun (nord et sud), éd. Viviane Niaux Lire en ligne
  4. Alphonse Rousset & Moreau architecte, Dictionnaire géographique historique et statistiques des communes de… chez Bintot Libraire Imprimeur à Besançon, 1853, t. I, p. 104.
  5. Catalogue Yvert et Tellier, t.I.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]