Jacqueline de Hainaut

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jacqueline de Bavière)
Aller à : navigation, rechercher
Jacqueline de Hainaut
Jacqueline de Bavière, dans un ouvrage du XVIe siècle
Jacqueline de Bavière, dans un ouvrage du XVIe siècle
Titre
Comtesse de Hainaut
Comtesse de Hollande
Comtesse de Zélande
14171433
Prédécesseur Guillaume IV de Hainaut
Successeur Philippe III de Bourgogne
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Date de naissance 15 juillet 1401
Lieu de naissance Le Quesnoy
Date de décès 8 octobre 1436
Lieu de décès Teylingen
Père Guillaume IV de Hainaut
Mère Marguerite de Bourgogne
Conjoint (1) Jean de France
(2) Jean IV de Brabant
(3) Humphrey de Lancastre
(4) Frank van Borselen

Jacqueline de Bavière (14011436), comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et dame de Frise, ainsi que dauphine du Viennois[1] , comtesse de Ponthieu[2] et comtesse d'Ostrevant (Hainaut)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fille du duc Guillaume II de Bavière-Straubing alias Guillaume IV, comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande et seigneur de Frise et de Marguerite de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, Jacqueline naquit au Quesnoy (Hainaut) le 15 juillet 1401.

Promise le 29 juin 1406[4] , fiancée en 1412, elle épouse à La Haye le 18 novembre 1415, le dauphin de France, le duc Jean de Touraine comte de Ponthieu (1398 † 1417), fils de Charles VI, roi de France et d’Isabeau de Bavière.

Veuvage[modifier | modifier le code]

Devenue veuve le 4 avril 1417, mais aussi comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et dame de Frise (suite au décès de son père la même année), elle se remarie, pour être épaulée, le 10 mars 1418[5] à La Haye avec son cousin germain, qu'elle n'appréciait cependant pas particulièrement, le duc Jean IV de Brabant, fils du duc Antoine de Brabant, frère de sa mère Marguerite de Bourgogne. L'union ne devait pas être heureuse, car disproportionnée : ce nouvel époux était d'un état d'esprit lent et incapable de gouverner. Jacqueline quant à elle, était vive, vigoureuse de santé et belle. Son époux, dès le début, aura la maladresse d'imputer, en juin 1418, ses frais de cérémonies, sur les comptes du receveur de Hainaut, dépensés lors de son voyage inaugural dans "son" pays hainuyer[6]. Jacqueline de Bavière tenta de faire annuler leur mariage, plus tard, par le prétexte de proximité parentale à la suite de l’accord donné par son mari à son oncle paternel, Jean III de Bavière, prince-évêque élu de Liège, comte de Looz dit Jean-sans-Pitié et devenu en 1418 le nouveau duc de Bavière-Straubing, qui voulait la spolier de ses possessions hollandaises.

Lasse des hésitations vaticanes à propos de la légitimité de son deuxième mariage et cherchant une protection hors du giron des Bourguignons, Jacqueline de Bavière épouse en 1423 le duc Humphrey de Gloucester, fils du roi Henri IV d'Angleterre et frère du duc de Bedfort, régent de France pour son neveu Henri VI d'Angleterre. Toutefois le précédent mariage n’étant pas définitivement annulé, celui-ci fut caduc.

Au décès de Jean IV duc de Brabant, le 17 avril 1427, Philippe le Bon profita de la situation pour se voir confier le gouvernement de la province hennuyère en tant qu'héritier présomptif de Jacqueline, et prêta serment à Ste-Waudru de Mons : le duc de Bourgogne est mentionné dans les actes de cette époque, comme s'instituant "héritier (ou, hoir) du comté de Hainaut[7]" Jacqueline de Bavière, dès cette année 1427, dernière comtesse « autonome » est contrainte, par étape, de remettre le comté de Hainaut et ses autres possessions entre les mains de son cousin Philippe le Bon, duc de Bourgogne jusqu'au traité de Delft, de 1428[8]. Par ce traité, Jacqueline : - reconnaît Philippe le Bon comme "ruwaert", c-à-d, tuteur et héritier de ses Etats, si elle venait à décéder sans descendance; - s'engage à ne pas lever d'armées; - s'engage à ne pas quitter ses terres; - s'engage à ne pas se marier sans autorisation. En compensation, elle reçoit en apanage de Philippe le Bon, le comté d'Ostrevant (en Hainaut)[9]. Ce traité de paix donnait les "pleins pouvoirs" à Philippe le Bon, qui les exerça aussitôt en Hainaut en nommant de nombreux officiers, fidèles à sa cause, écartant ceux qui étaient restés attachés à Jacqueline[10]. Le Hainaut sera réuni officiellement en 1433[11], avec les autres possessions bourguignonnes du Nord, (Artois, Brabant, Limbourg, Flandre, Namur, Luxembourg): elles seront reprises désormais sous la dénomination des Pays-Bas bourguignons. Par cette renonciation de ses titres et de ses Etats, Jacqueline mit ainsi un terme à l'autonomie séculaire de ses comtés et seigneurie hérités de ses aïeux. Ses Etats étant dorénavant fondus dans un regroupement territorial (ensemble de possessions dans le Nord, du duc de Bourgogne et de la duchesse de Bavière) avec comme capitale, Bruxelles. Une page de l'histoire du comté hainuyer est tournée définitivement et une nouvelle Maison, celle de Bourgogne, régnera sur le Hainaut, qui deviendra quant à lui, un "comté palatin[12]".

Décès[modifier | modifier le code]

Après une dernière aventure maritale avec son "geôlier" Zélandais (pour le compte de Philippe le Bon) Frank van Borselen, stadhouder (gouverneur) de Hollande et de Zélande, elle meurt (de tuberculose) à Teilingen (au nord de La Haye, non loin du Keukenhof) le 8 octobre 1436. Elle sera inhumée à La Haye, dans la chapelle sépulcrale du château des comtes de Hollande et de Hainaut, « Dat Binnenhof ('t Hoff) », aux côtés de son grand-père, le duc Albert Ier de Bavière-Straubing, comte de Hainaut et de Hollande et, de sa grand-mère, Marguerite de Brzeg[13].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antheun JANSE, Een pion voor een dame. Jacoba van Beieren 1401-1436, Amsterdam, Uitgeverij Balans, 2009 - (ISBN 978 94 600 3185 4).
  • Geoffroy G. SURY, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, Edit. G. G. Sury, dép. lég., © 2010 (2e éd.)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En date du 14 juin 1417, Jacqueline, duchesse de Bavière, dauphine du Viennois et comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande, dame de Frise, accorde à sa mère Marguerite de (Valois) Bourgogne, duchesse de Bavière et comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Frise, veuve du duc Guillaume (II) de Bavière (alias Guillaume IV comte de Hainaut), une rente féodale viagère de 3 000 florins, dits francs de France, à percevoir sur les revenus de la ville de Mons et du bailliage de Hainaut. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1358, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 288. (Vidimus, du 14/06/1417 : des éléments de celui-ci seront repris dans un vidimus du 14/08/1418 et dans un autre du 29/11/1418)
  2. A Malines (Mechelen), le 2 juin 1434, Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, autorise Frank de Borssele (van Borselen) à porter à vie le titre de « comte d’Ostrevant » et lui accorde de même, la jouissance, après le décès éventuel de son épouse, la duchesse Jacqueline de Bavière, comtesse de Hollande, d’Ostrevant (Hainaut) et de Ponthieu, dame de Zuid-Beveland, de Voorne, de Zuilen, et de Sint Maartendijk, de la pension annuelle de 500 clinquarts qui revient à cette dernière sur les revenus de l’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1647, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 348 (Vidimus du 14/04/1437 relatant un parchemin du 2/06/1434 à Malines)
  3. - A Malines (Mechelen), le 2 juin 1434, Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, autorise Frank de Borssele (van Borselen) à porter à vie le titre de « comte d’Ostrevant » et lui accorde de même, la jouissance, après le décès éventuel de son épouse, la duchesse Jacqueline de Bavière, comtesse de Hollande, d’Ostrevant (Hainaut) et de Ponthieu, dame de Zuid-Beveland, de Voorne, de Zuilen, et de Sint Maartendijk, de la pension annuelle de 500 clinquarts qui revient à cette dernière sur les revenus de l’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1647, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 348 (Vidimus du 14/04/1437 relatant un parchemin du 2/06/1434 à Malines)
  4. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, dép. lég. 2010 (2e éd.), p. 183 : - A Paris, le 9 juillet 1406, Charles (VI) roi de France, ordonne à ses comptables et trésoriers de Paris, de faire payer à son fils Jean duc de Touraine, sur la pension annuelle de 16 000 écus prévue dans son contrat de mariage avec Jacqueline de Hollande (sic ! =Jacqueline de Bavière), une somme de 4 000 livres tournois par an, à prélever sur le domaine du comté de Ponthieu, le solde devant être imputé sur les aides dudit comté. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1265, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 266. (Copie dans un acte du 24/09/1406. (Paris, 9/07/1406.) - A Paris, le 9 juillet 1406, Charles (VI) roi de France, ordonne aux conseillers généraux sur le fait des aides de faire payer au même, sur la pension prévue dans l’acte ci-dessus, une somme de 14 000 francs par an, dont 13 000 francs pour le receveur des aides et 1 000 francs par le grainetier du Ponthieu. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1265, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 266. (Copie dans un acte du 24/09/1406 (Paris, 9/07/1406)
  5. Histoire de Belgique, par Henri Pirenne
  6. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, dép. lég. 2010 (2e éd.), p. 186 : - A Bruxelles, le 5 juin 1418, Jean (IV), duc de Lothier, de Brabant et de Limbourg, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande et seigneur de Frise, ordonne aux auditeurs des comptes du receveur de Hainaut d’imputer sur les comptes de ce dernier, une somme de 834 livres 16 sous tournois, dépensée lors de son voyage inaugural dans « son » pays de Hainaut. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1374, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 292. (Or. sur pch. dét. (Bruxelles, 5/06/1418) - Un des premiers actes dressé par Jean IV duc de Brabant devenu comte de Hainaut : A Mons, le 31 mai 1418, Jean (IV) duc de Lothier, de Brabant, et de Limbourg, comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et seigneur de Frise, confirme l’octroi contenu dans un acte du 20 janvier 1411 qui stipulait que le feu duc Guillaume (II) de Bavière, comte (IV) de Hainaut, etc., autorisa à cette époque, Christophe Ysnart, Lombard d’Asti (Ast), et ses compagnons à résider à Mons durant quinze ans, à certaines conditions. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1372, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 292. (Vidimus du 18/09/1427, d’un acte passé à Mons, le 31/05/1418)
  7. - A Mons, le 23 juin 1427, Philippe (le Bon) duc de Bourgogne, etc., bail, mambour et gouverneur du comté de Hainaut et s’instituant « héritier du comté de Hainaut », confirme Jacques de Liévin, chevalier, dans son office de châtelain des ville et châtellenie de Bouchain. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1471, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 311. (Vidimus s.d. (fin juin 1427) relatant un parchemin de Mons, en date du 23/06/1427)
  8. A Valenciennes, le 6 novembre 1428, Jacqueline duchesse de Bavière, etc., ordonne au receveur général du Hainaut de payer à ses conseillers, le seigneur de Hainin et Jacquemart Hanekart, et à son secrétaire Jean Grenier, la somme de 78 livres 15 sous tournois, montant des frais qu’ils ont engagés en allant en ambassade à Bruges auprès du duc de Bourgogne (Philippe le Bon) avec Louis de Montfort et d’autres. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1528, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, pp. 322-323. (Or. sur pch. ; 1 sc. ( Valenciennes, 6/11/1428)
  9. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, dép. lég., 2010 (2e éd.), pp. 189-190.
  10. A Valenciennes, le 20 septembre 1428, Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, etc., hoir du comté de Hainaut, fait savoir qu’en vertu des pouvoirs que lui donne le traité de paix conclu avec la duchesse (Jacqueline) de Bavière, il renouvelle la nomination de maître Gérard Durot, son secrétaire, comme receveur général des mortemains de Hainaut. Une mention dorsale indique que le bénéficiaire a prêté serment entre les mains du chancelier de Bourgogne, le 30 septembre suivant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1515, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 320. (Vidimus du 27/09/1429, relatant un parchemin de Valenciennes, en date du 20/09/1428)
  11. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, dép. lég., 2010 (2e éd.), p. 191 : - A Haarlem, 15 avril 1433, Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant et de Limbourg, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne, de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Namur, ordonne à Guy Guilbaut, son conseiller, trésorier et gouverneur général des finances, de payer annuellement à Jacqueline de Bavière, en exécution des termes du traité relatif au transport des comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de la seigneurie de Frise, la somme de 500 écus de Bourgogne, dits clinquarts, à prendre sur les revenus du comté d’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1617, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 341. (Vidimus du 3/05/1434 relatant un parchemin du 15/04/1433 à Haarlem) - A Sint Maartensdijk, 2 décembre 1434, la duchesse Jacqueline de Bavière, comtesse de Hollande, de Ponthieu et d’Ostrevant, donne quittance au duc de Bourgogne, d’une somme de 500 écus d’or, dits Philippus de Bourgogne, montant de la première annuité de la rente qu’elle perçoit sur les revenus d’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1670, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 352. (Or. sur pch. ; sc. ébréché. (Sint Maartensdijk, 2/12/1434)
  12. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, Edit. G. G. Sury, dép. lég., 2010 (2e éd.), pp. 191-192.
  13. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVe – XVe s.) », Bruxelles, Edit. G. G. Sury, dép. lég., 2010 (2e éd.), pp. 138-139, 193-194 et, d’après le Guide ou Nouvelle description de La Haye et de ses environs, chez la Société des Libraires, à La Haye, MDCCLXXXV (année 1785), p. 56.