Regards

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Regards
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité trimestriel
Genre Actualités
Diffusion 25 000[réf. souhaitée] ex. (2005)
Date de fondation 1933
Ville d’édition Paris

ISSN 1160-8056
Site web http://www.regards.fr

Regards est un titre de la presse française[1]. Créé en 1932, d'obédience communiste (c'est un des organes de la presse du PCF), il donne la prédominance, après le magazine Vu (fondé en 1928 par Lucien Vogel) aux reportages photographiques. Bien avant Life (1936) ou Paris Match (1949), VU et Regards lancent le photojournalisme dans les années d'avant-guerre.

Histoire[modifier | modifier le code]

De 1933 à l'interdiction du Parti communiste en 1939[modifier | modifier le code]

Léon Moussinac, critique et théoricien du cinéma, ami de Léon Delluc, dirige le magazine. On y retrouve les photographes et photo-reporters des années 1930 : Robert Capa et Henri Cartier-Bresson mais aussi Gerda Taro [2], David Seymour (alias Chim) [3], Pierre Jamet, Willy Ronis.

Le peintre Édouard Pignon s'occupe de la mise en page. Le journal paraît jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale ; il est interdit en 1939 après la reconnaissance par le PCF du pacte germano-soviétique. De cette première série, la BNF conserve une série de numéros[4].

De la Libération à 1960[modifier | modifier le code]

Le journal ressort aux lendemains de la Libération, d'abord à un rythme hebdomadaire jusqu'aux débuts des années 1950. À partir de 1955-1956, les difficultés financières auxquelles la presse communiste doit faire face portent préjudice à la parution du magazine. La période de la guerre froide et l'isolement du PCF dans la société française se traduisent aussi par une perte de qualité du magazine que certains considèrent comme le « Paris-Match des pauvres »[5]. Le magazine continue de paraître et de présenter à ses lecteurs de nombreux reportages en images notamment sur les grèves en France et, évidemment, sur les « vertus » des pays socialistes. Le dernier numéro du magazine (n° 460[6]) est daté du mois de novembre 1960.

Le nouveau magazine de la période post-soviétique[modifier | modifier le code]

Regards est un titre mensuel repris par le PCF en 1995, après la disparition de Révolution, hebdomadaire (1979-1994), lui-même issu de la fusion entre France nouvelle, hebdomadaire, et La Nouvelle Critique (mensuel), tous deux disparus en 1979. Le premier numéro est lancé sous la direction d'Henri Malberg, le 30 mars 1995, en pleine campagne présidentielle du candidat Robert Hue. Le numéro 1 de Regards s'ouvre par un grand entretien avec Robert Hue, dans lequel le secrétaire national du PCF parle de la campagne électorale, de la « rupture avec le capitalisme », de la nature et de la portée des changements à l'œuvre au sein du PCF. Ce numéro mêle grands débats (avec un entretien entre Jean-Paul Jouary et François Furet sur « la mort du communisme »), grandes enquêtes (par exemple, celle réalisée par Michel Simon sur le fait que « l'image du PCF change dans l'opinion ») et articles de fond (sur le féminisme ou sur les contours d'une « politique internationale progressiste »)[réf. nécessaire].

Après un deuxième dépôt de bilan en octobre 2003, onze salariés du mensuel s'engagent individuellement — deux mois de salaires investis et emprunt à l'État — et s'associent collectivement pour créer une Scop (coopérative). Le journal est restructuré et le siège de la rue Montmartre est revendu. Les salariés sont membres fondateurs du nouveau Regards ; ils possèdent 51 % du capital et 65 % des voix. Les coopérateurs élisent Catherine Tricot à la tête de la Scop, dont elle assure la gérance. Roger Martelli et Clémentine Autain assurent la direction de la rédaction, et Emmanuelle Cosse en est la nouvelle rédactrice en chef. Regards appartient à sa rédaction.

De nouveau, au début de l'année 2010, Regards est au bord du dépôt de bilan. À l'initiative d'Éric Fassin et de Michel Husson, le mensuel lance un appel à contributions afin de trouver 200 000 euros[7].

Regards assume un parti pris anti-libéral. Il observe de façon critique le monde contemporain. Le mensuel s'attache à repérer les phénomènes sociaux et culturels de fond émergents. L'image reste prédominante, appréhendée non pas comme simple illustration du monde, mais comme un témoignage engagé.

Le 20 avril 2010, la Scop Regards est mise en liquidation judiciaire et, le 7 juillet de la même année, une nouvelle Scop, les Éditions Regards, est créée avec Clémentine Autain comme gérante.

Fin 2012, les Éditions Regards abandonnent la parution mensuelle pour passer à une parution trimestrielle car, selon eux, « la lenteur est nécessaire à l'enquête, au reportage, au décryptage. » Néanmoins, une version informatique mensuelle est disponible sur le site pour les abonnés. Enfin, la rédaction réagit quotidiennement à l'actualité sur le site du journal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ISSN 1160-8056) = Regards (Paris. 1933).
  2. voir: mention de Taro dans Regards : http://www.telegraph.co.uk/culture/art/3669821/Gerda-Taro-the-blonde-of-brunete.html
  3. voir: David Seymour (1911-1956) correspondant à Regards : http://museum.icp.org/museum/collections/special/chim/bio/regardsm.html
  4. De la 2e année, n° 26 (1933, sept.), à la 8e année, n° 298 (1939, 28 sept.).
  5. Gaëlle Morel, « Du peuple au populisme », Études photographiques, n°9 | Mai 2001, URL : http://etudesphotographiques.revues.org/242 | consulté le 28 décembre 2013
  6. La Bibliothèque nationale de France (BnF) possède la nouvelle série d'après-guerre. État de collection : n° 1 (15 janv. 1945) - n° 460 (1960, nov.). Lacunes : n° 15, 77, 159, 235.
  7. Regards a récolté 130 000 euros en un peu plus d'un mois. La collecte se poursuit pour la survie du magazine (La rédaction, « Sauvez Regards », p. 4, Regards, n° 69, mars 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]