Serge et Bacchus de Rasafa

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Serge et Bacchus, icône du VIIe siècle.

Des Saints Serge et Bacchus de Rasafa, Serge était commandant de la Schola gentilium, troupe d'élite romaine composée de Barbares. Dénoncé comme chrétien, flagellé avec Bacchus, qui en mourut, finalement décapité à Resafa dans le désert syrien près de l'Euphrate en 303.

Serge et Bacchus sont très anciennement vénérés en France, en tant que martyrs par les Églises orthodoxe et catholique ; ils sont fêtés le 7 ou le 8 octobre.

Légende[modifier | modifier le code]

Serge et Bacchus étaient officiers de l'armée romaine et secrètement chrétiens ; leur martyrologe raconte que leur religion fut découverte quand ils essayèrent de ne pas accompagner un fonctionnaire romain dans un temple païen avec le reste de ses gardes du corps. Après qu'ils eurent persisté dans leur refus d'adorer les dieux romains, ils furent torturés et mis à mort par l'ordre de l'empereur romain Maximien. On pense que Bacchus mourut pendant la torture, pendant que Serge survécut et fut décapité par la suite. Le site traditionnel de la mort de Serge est Rasafa[1]. Selon la légende, alors qu'il était mort sous la torture, Bacchus apparut en esprit à Serge, que l'on torturait toujours et l'encouragea à résister, car ils seraient bientôt réunis au Ciel.

Vénération[modifier | modifier le code]

Rasafa fut par la suite rebaptisé Sergiopolis et devint un des plus grands centres de pèlerinage de l'Orient. Devenue le siège d'un évêché, elle conservait ses reliques dans une basilique fortifiée. L'église fut embellie et le site renforcé par Justinien.

Beaucoup d'autres églises furent construites sous l'invocation de Serge, quelquefois accompagné de Bacchus.

Serge était un saint très populaire en Syrie et dans l'Arabie chrétienne. Les nomades du désert considéraient Serge comme leur saint patron particulier. Sa fête est célébrée le 7 ou le 8 octobre. Le village de Maaloula en Syrie, où l'on parle encore araméen, possède entre autres deux fameux monastères antiques dédiés à ces saints.

Dans l'Empire byzantin, ils étaient vénérés comme les protecteurs de l'armée. Une grande église monastique leur fut consacrée à Constantinople par Justinien Ier, probablement en 527. Elle fut transformée en mosquée après la conquête de Constantinople par les Ottomans, connue aujourd'hui sous le nom de Küçük Ayasofya Camii (« Petite Sainte Sophie »). Le monastère Saint-Serge-et-Saint-Bacchus de Maaloula en Syrie date du Ve siècle.

Aujourd'hui, le « couple » saint Serge et saint Bacchus est souvent invoqué parmi les preuves de l'existence d'un mariage homosexuel religieux dans les premiers siècles de l'Église[2].

Dès le IXe siècle une église de Rome leur est dédiée : l'église Santi Sergio e Bacco degli Ucraini.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Mor Sarkis - Saint Serge (279-336) et Mor Bakus - Saint Bacchus (+336)Après avoir terminé sa course, comme saint Paul, et gardé sa foi, il eut la tête tranchée. Telle fut la fin de ses combats. Dans un endroit appelé dans la langue du pays Réçapha il déposa la poussière vénéré de son corps.
  2. John Boswell, Les Unions du même sexe : De l'Europe antique au Moyen Âge, 1994, traduction Fayard 1996 (ISBN 2213597189)