Prison des Carmes

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Le perron du couvent des Carmes.
Le jardin du couvent des Carmes.

La prison des Carmes fut installée pendant la Révolution dans l’ancien monastère des Carmes à Paris.

Celui-ci formait un vaste enclos couvrant l’espace circonscrit par la rue du Regard, la rue du Cherche-Midi et la rue Cassette, et était bordé au sud par la rue de Vaugirard.

Martyrs de Septembre[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1790, la Constitution civile du clergé est adoptée, instaurant l'élection des curés et des évêques, et sanctionnant de mort le clergé (et ses complices) refusant le schisme. Sur 130 évêques, 126 la refusent, ainsi que 100 000 prêtres, sur 130 000. Devant cet échec, le 27 mai 1792, un décret de la Législative ordonne la déportation des prêtres réfractaires.

Après avoir été dépouillée de son argenterie et de sa bibliothèque, la communauté des religieux Carmes déchaussés dut quitter son monastère, qui fut transformé en prison pour accueillir les « suspects », qui devinrent, pour une large part, les victimes des massacres de septembre 1792.

191 ecclésiastiques dont 3 évêques y furent massacrés dans des conditions particulièrement violentes, sous la conduite du commissaire Stanislas-Marie Maillard, exécuteur des ordres du Comité de surveillance[1]. Celui-ci avait installé un tribunal dans le couvent. Il jugeait et condamnait un à un tous ceux qui se présentaient devant lui « à la force ». La porte s’ouvrait et dès que les religieux qui avaient refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé en franchissaient le seuil, ils tombaient sous les piques ou les baïonnettes[2]. Ce massacre dura toute la nuit.

L’archevêque d’Arles, Jean Marie du Lau d'Allemans et son vicaire général Armand de Foucauld de Pontbriand, les évêques de Beauvais, François-Joseph de La Rochefoucauld-Bayers, et de Saintes, Pierre-Louis de La Rochefoucauld-Bayers, son frère, furent enfermés dans l’église. Pendant les journées du 2, 3, 4 et , les trois prélats et les prêtres furent massacrés dans les jardins du couvent, parmi lesquels dom Ambroise Chevreux, François Hébert et Joseph-Marie Gros.

Parmi les prêtres, huit étaient membres de la municipalité de paroisse canadienne du Québec Saint-Sulpice. Parmi ces huit, il y avait André Grasset, prêtre de l’archevêché de Sens, né au Canada. Il y avait également vingt-trois anciens Jésuites qui, ayant refusé la Constitution civile du clergé, furent mis à mort au cours des massacres de Septembre. Trois Jésuites nous sont particulièrement connus : les Bienheureux Jacques Bonnaud, vicaire général de Lyon, Guillaume-Antoine Delfaud, archiprêtre de Daglan (Dordogne), et Alexandre Lanfant, prédicateur de la Cour.

Guillaume-Antoine Delfaud, député du clergé aux États généraux, qui vota avec le Tiers état, contre les privilèges, refusa la constitution civile du clergé, restant fidèle à Rome, geste mal vu. Dénoncé, puis arrêté, il fut enfermé dans la prison des Carmes, où il périt parmi ses compagnons martyrs.

Le secrétaire général de l'Institut des Frères des écoles chrétiennes, le Frère Nicolas Leclerc[3] (en religion Frère Salomon) compte également au nombre des victimes.

Ceux qui sont morts ce jour-là ont été appelés les « martyrs de Septembre » ou encore les martyrs des Carmes. Seule indique le lieu de leur martyr, une plaque de marbre sur laquelle figure ces mots Hic ceciderunt: Ici, ils périrent.

Joséphine de Beauharnais et Thérésa Tallien y furent emprisonnées pendant la Révolution. Joséphine de Beauharnais écrivit de sa main un message qui fut contresigné par Thérèse Tallien sur un mur : « Liberté, quand cesseras-tu d’être un vain mot ? Voilà dix-sept jours que nous sommes enfermées. On nous dit que nous sortirons demain, mais n’est-pas là un vain espoir ? ». Ce message a été placé dans une vitrine, où il peut être lu. Les ossements des prêtres ont eux été placés dans une châsse en verre au couvent des Carmes, qui est devenu l’Institut catholique de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Église St Joseph des CarmesA l’Abbaye, sous la « présidence » de Maillard, ils dureront jusqu’au 4 septembre en fin de matinée (180 morts env. dont 21 prêtres sur 238 prisonniers dont 29 prêtres), aux Carmes, avec Violette, ils cesseront vers 18 heures faisant 116 morts sur 162 à 172 prisonniers.
  2. Bienheureux Martyrs des Carmes Le 2 septembre 1792, elles sont investies par des 'sans culottes' exaltés. Les assassinats qui inaugurent le carnage sont suivis d'un simulacre de jugement: "J'appartiens à l'Église catholique, apostolique et romaine." À ce titre, exécution immédiate. Plus d'un millier d'entre ces prisonniers sont tombés en ces jours sous une fureur populaire incontrôlée.
  3. Le Frère Salomon a été béatifié le 17 octobre 1926, par le pape Pie XI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Cholvy éd., Un évêque dans la tourmente révolutionnaire, Jean Marie du Lau, archevêque d’Arles, et ses compagnons martyrs, 1792-1992, colloque du IIe centenaire tenu à Arles les 2-4 octobre 1992, Montpellier, Université Paul Valéry, 1995.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]