Scierie

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Scierie du domaine du Fourneau Saint-Michel.
À gauche, parc à grumes. À droite, planches en attente de livraison.

Une scierie est une installation industrielle ou artisanale de sciage du bois.

Les premières scies mécaniques étaient mues par des moulins : les scieries étaient ainsi traditionnellement situées à proximité des cours d'eau. Les scieries mobiles peuvent se révéler très adaptées au cas de petits lots et pour les propriétaires qui disposent d’un minimum de moyens logistiques[1].

Les scieries sont des industries de première transformation du bois. Elles fournissent des produits semi-finis, les sciages, qui sont généralement destinés à une industrie de seconde transformation (menuiserie, ébénisterie, construction, etc.) chargée de fabriquer des objets ou des parties d'objets de consommation.

Fonctionnement général[modifier | modifier le code]

Hangar de séchage et parc à grumes.

Les scieries s'approvisionnent en bois bruts le plus souvent à partir d'exploitations forestières.

Une scierie comprend principalement :

  • un parc à grumes où sont stockés des bois bruts ;
  • une ou plusieurs lignes de sciage assurant la découpe des bois et le tri des produits ;
  • un parc à sciages où sont rangés et entreposés les planches et autres produits.

Le parc à grumes[modifier | modifier le code]

Les grumes sont amenées généralement à la scierie par grumiers et sont stockées à l'extérieur dans ce que l'on nomme le parc à grumes qui forme le stock de l'entreprise. À ce stade, un opérateur intervient en purgeant certaines grumes. En effet, il arrive que certaines d'entre elles soient fendues, atteintes de pourritures, etc., sur quelques dizaines de centimètres. L'opérateur peut également les pré-découper afin de les adapter en fonction de la taille du banc de sciage ou de la taille des produits finis.

Le banc de sciage[modifier | modifier le code]

Larges rubans servant à débiter les grumes.

Les grumes (que l'on appelle à ce stade des billes) sont ensuite apportées sur le banc de sciage pour y être débitées une par une. En fonction des commandes reçues dans l'entreprise, l'opérateur saisit l'épaisseur (la longueur est définie par le tronçonnage des grumes et la largeur par le diamètre de la bille) attendues au niveau de la planche dans un ordinateur. Dans les installations les plus modernes, la grume passe devant plusieurs caméras qui vont mesurer cette dernière afin d'optimiser la production de planches et obtenir ainsi le meilleur rendement matière première/produit fini. En fonction des installations, la bille passe plusieurs fois au niveau de la scie a ruban (ou scie de tête) si le banc n'en compte qu'une, ou ne fait qu'un seul passage si plusieurs scies sont associées les unes aux autres. Les scies peuvent être de simples scies circulaires classiques ou de grands rubans également circulaires (nous avons maintenant des rubans appelés bi-coupe qui permettent lors du deuxième passage (le retour de la bille) d’effectuer un second trait de sciage).

Le tapis roulant[modifier | modifier le code]

Les planches sont ensuite véhiculées par tapis roulant afin de les stocker avant livraison. Elles sont évidemment classées selon leurs dimensions. Les conditions de stockage sont importantes car en fonction de la température et de l'humidité, le bois peut se dilater ou se rétracter.

Traitements[modifier | modifier le code]

En fonction de leur utilisation finale, les planches peuvent être livrées brutes ou être préalablement traitées (contre les insectes, les pourritures, le feu,...).

Les lames de scies[modifier | modifier le code]

La Scierie romaine de Hiérapolis, la plus ancienne machine connue utilisant un système de bielles et manivelles[2],[3],[4]

Chaque essence d'arbres ayant ses propres caractéristiques - on en compte 136 en France - les lames des scies sont adaptées en conséquence. Les scieries sont donc en général spécialisées ; on distingue, globalement, les scieries ne traitant que les résineux et celles ne traitant que les feuillus. Certaines se sont même spécialisées que sur certains types de feuillus. En effet, des essences comme le chêne ont un bois dur, alors que d'autres comme le merisier ont un bois tendre. Les dents des scies doivent donc être adaptées.

Ces lames sont très fragiles et elles demandent à être affûtées très régulièrement. Il est fréquent de trouver des objets métalliques (fonte, fer, cuivre) dans les grumes sous forme de clous, mitraille ou balles perdues à la guerre ou à la chasse...). Dans le bois de certaines essences (chêne, frêne...), les corps étrangers ferreux ou cuivreux laissent des traces noirâtres qui annoncent leur présence. Changer une lame exige l'arrêt total du banc d'où une perte de productivité. Les scieurs sont donc très attentifs à ce problème. Ainsi, ils proposent des prix moins importants lors de l'achat de grumes provenant de forêts mitraillées lors d'une guerre. C'est le cas de certaines forêts de la zone rouge, du Nord et du Nord-Est de la France. Des détecteurs de métaux sont souvent utilisés pour les bois à haut risque, provenant par exemple des forêts de guerre de la région de Verdun.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick J. GEORGE, « Les bois de placage et le débit mécanique des bois », La conservation du bois dans le patrimoine culturel : journées d'études, Champs-sur-Marne, Section française de l'Institut international de conservation,‎ novembre 1990, p. 15-26
  • Maurice Chalayer, La scierie française : un métier d'expert, Paris, L'HARMATTAN,‎ 2001
  • Maurice Chalayer, La scierie française et ses enjeux, Paris, L'HARMATTAN,‎ 2004
  • Maurice Chalayer, L'avenir de la scierie française, Paris, L'HARMATTAN,‎ 2007
  • Maurice Chalayer, La scierie française et la production, Paris, L'HARMATTAN,‎ 2009
  • Maurice Chalayer, La scierie française et le commercial, Paris, L'HARMATTAN,‎ 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.bois.com


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les scieries mobiles peuvent participer au service des bois abattus.
  2. (de) Klaus Grewe, « Die Reliefdarstellung einer antiken Steinsägemaschine aus Hierapolis in Phrygien und ihre Bedeutung für die Technikgeschichte. Internationale Konferenz 13.−16. Juni 2007 in Istanbul », Bautechnik im antiken und vorantiken Kleinasien, Istanbul, Ege Yayınları/Zero Prod. Ltd., série Byzas, vol. 9,‎ 2009, p. 429–454 (429) (ISBN 978-975-8072-23-1, lire en ligne)
  3. (en) Tullia Ritti, Klaus Grewe et Paul Kessener, « A Relief of a Water-powered Stone Saw Mill on a Sarcophagus at Hierapolis and its Implications », Journal of Roman Archaeology, vol. 20,‎ 2007, p. 138–163 (161)
  4. (es) Klaus Grewe (trad. Miguel Ordóñez), « La máquina romana de serrar piedras. La representación en bajorrelieve de una sierra de piedras de la antigüedad, en Hierápolis de Frigia y su relevancia para la historia técnica (traducteur Miguel Ordóñez) », Las técnicas y las construcciones de la Ingeniería Romana, série V Congreso de las Obras,‎ 2010, p. 381–401 (lire en ligne)