Mouthier-Haute-Pierre

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Mouthier-Haute-Pierre
Image illustrative de l'article Mouthier-Haute-Pierre
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Besançon
Canton Ornans
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Ornans
Maire
Mandat
Romuald Maugain
2014-2020
Code postal 25920
Code commune 25415
Démographie
Population
municipale
311 hab. (2011)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 02′ 23″ N 6° 16′ 36″ E / 47.0397, 6.276747° 02′ 23″ Nord 6° 16′ 36″ Est / 47.0397, 6.2767  
Altitude Min. 370 m – Max. 867 m
Superficie 12,13 km2
Localisation

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Mouthier-Haute-Pierre

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Mouthier-Haute-Pierre
Liens
Site web http://mouthier-haute-pierre.fr/

Mouthier-Haute-Pierre est une commune française située dans le département du Doubs en région Franche-Comté. La commune est réputée pour ses vergers de cerisiers et la fabrication de kirsch artisanal. Elle est baignée par la Loue qui prend sa source à proximité.

Il apparait dans le téléfilm de France 2 "Le Repaire de la vouivre", (Rue Robert Dame par exemple) qui met en scène une légende locale. Dans le film apparait l’appellation "Hautepierre" alors que le lieu considéré est bel et bien le village de Mouthier (un panneau routier indique d'ailleurs "Hautepierre : 5 Km").

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Altal Petram en 870 ; Monasterium Altapetrinse en 934 ; Ecclesiam Alta Ptrensem en 1110 ; Mostier en 1207 ; Monasterium de Ala Petra en 1260 ; Alta Petra en 1275 ; Mostier Aute Pierre en 1309 ; Mousier Autepierre en 1407 ; Moustier Haute-pierre en 1621[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Lods Athose Hautepierre-le-Châtelet Rose des vents
Longeville N Aubonne
O    Mouthier-Haute-Pierre    E
S
Évillers Renédale, Ouhans

Histoire[modifier | modifier le code]

Si la fondation du prieuré de Altapetra date probablement du IXe siècle, figurant sur la liste des monastères adjugés en 870 à Louis le Germanique, la communauté d'habitants obtient son affranchissemnt en 1365 de Jehan de Montfaucon, seigneur de Vuillafans dont ils étaient les sujets, ainsi que ceux dépendants du prieuré dont le prieur Aymé de Montmartin en fit autant la même année.

Les noms des familles encore existantes à Mouthier-Haute-Pierre apparaissent au XIVe siècle (Guignet, Chifflet, Demenoux, Bonsoiteur, Lambert, Gourmand, Jouffroy, Phisalix, Meredez, Pavillard, Duboucley, Peschard, Briet, Outhenin, Truche, Parrods, Dame, Mouge, Savonet, entre autres).

Le village est balloté entre les XVe et XVIIe siècles dans des guerres opposant les rois de France et les Habsbourg. En 1493, le comté de Bourgogne réintègre le Saint-Empire romain germanique, ce qui va permettre le développement de la région. Le village revient à Louis XIV en 1678 par le traité de Nimègue.

L'incendie du 8 octobre 1719 commença par le bas, puis se propagea au prieuré et au haut du village. 99 maisons furent incendiées. À la Révolution, le prieuré ne compte plus que cinq moines, qui décident d'abandonner leur état de bénédictins en 1791. La République mécontente les habitants en leur imposant des prêtres jureurs. Devant l'opposition des habitants, on confisque les armes, les faux et jusqu'aux broches et 37 personnes sont consignées chez elles en 1793. Les cloches sont démontées et fondues. Les troubles persistent jusqu'en 1799. Pendant cette période, les jeunes gens du village sont enrôlés dans l'armée et affectés à l'Armée du Rhin.

Avec l'arrivée de Bonaparte au pouvoir et les amnisties qui s'ensuivirent, le calme revint et le village retourna à ses activités viticoles (cépage poulsard) ruinées par le phylloxéra en 1883. Les habitants se tournèrent alors vers l'élevage de vaches laitières et la distillation du kirsch grâce aux nombreux cerisiers qui couvrent les flans des coteaux et qui produisent au mois d'août une petite cerise noire sucrée : la marsotte[2].

Le village vu depuis la rue Longeville.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mouthier-Haute-Pierre Blason D’azur au cartouche surmonté d’une couronne mitrée et crossée d’or, au lion couronné du même, le tout rangé en bande; vêtu d’argent à demi en chef à senestre et en pointe à dextre.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 2014 Romuald Maugain[4] SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 311 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
984 1 002 1 056 1 077 975 1 041 1 084 1 053 1 063
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
968 943 902 829 838 831 790 751 720
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
629 590 600 695 502 502 501 524 433
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
377 315 338 360 356 343 318 314 311
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Laurent fut construite en limite du cimetière du prieuré en 1390 et agrandie entre 1550 et 1581, notamment grâce aux dons du cardinal de Granvelle, devenu prieur du monastère. C'est lui qui fit élever le clocher, dont la flèche est en pierre de tuf de la région, culminant à 43 mètres. Il est orné de têtes sculptées et possède 4 clochetons avec sur chaque face des baies en tiers point divisées par un meneau en deux lancelles. La chaire provient de l'église prieurale Saint-Pierre. Elle possède de très nombreux tableaux et statues, ainsi qu'un très grand retable, faisant l'objet d'un classement aux monuments historiques. Belles boiseries en chêne. Inscrit MH (1926)

Le principal moteur du tourisme de la région est la source de la Loue. Les eaux de la résurgence de la Loue y apparaissent, débouchant d'une vaste grotte s'ouvrant au pied d'une falaise, dans une sorte d'hémicycle naturel. La Loue, alimentée par les pertes du Drugeon et par l'infiltration des pluies que reçoit le plateau, garde en toute saison un débit relativement élevé.

Aujourd'hui, on sait que la Loue est l'une des diverses résurgences du Doubs ; mais cette hypothèse ne fut imaginée qu'au cours de l'été 1901. André Berthelot, fils du célèbre chimiste remarqua par hasard que l'eau avait la couleur et l'odeur de l'absinthe. Or, il savait que, l'avant-veille, à Pontarlier, l'incendie de l'usine Pernod avait vu un million de litres d'absinthe se déverser dans le Doubs par inadvertance. Il fit le rapprochement entre les deux événements. La démonstration de sa théorie fut faite par le savant Édouard-Alfred Martel, qui déversant un colorant vert dans une crevasse du lit du Doubs, observa, 64 heures plus tard, que la "source" était teinte du même vert.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine Perrenot de Granvelle (1517-1586), cardinal, coadjuteur en 1538 du prieuré de Mouthier-Haute-Pierre. Il fit rebâtir l'église paroissiale et restaura le logis prieural.
  • Ernest Reyer (1823-1909), compositeur marseillais, passait tous ses étés à Mouthier jusqu'à la fin de sa vie (pour la petite histoire, l'air de la chanson paillarde "De profondis morpionibus" -paroles de Théophile Gautier- est tiré de sa marche funèbre, écrite pour le Maréchal Gérard) [ source, Wikipédia, voir ces noms].
  • Césaire Phisalix (1852-1906) herpétologue français qui mit au point le sérum contre les morsures de vipères.

et son épouse,

  • Marie Phisalix (1861-1946), née Picot, la spécialiste française des animaux venimeux et des venins.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Guillaume, Histoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne, Besançon, Jean-Antoine Vieille,‎ 1757 (lire en ligne), p. 231 à 250

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 4, Besançon, Cêtre,‎ 1985
  2. "Histoire sommaire de Mouthier-Haute-Pierre" - Marcel Muller - Imp. Camille Faivre - 1930
  3. histoire généalogique des sires de Salins
  4. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]