Lorenzaccio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Lorenzaccio
Affiche de théâtre réalisée par Alfons Mucha pour la représentation de Lorenzaccio au Théâtre de la Renaissance, en 1896.
Affiche de théâtre réalisée par Alfons Mucha pour la représentation de Lorenzaccio au Théâtre de la Renaissance, en 1896.

Auteur Alfred de Musset
Genre Pièce de théatre, drame romantique.
Pays d'origine Drapeau de France France
Date de parution 1833
Date de la 1re représentation 1896
Lieu de la 1re représentation Théâtre de la Renaissance

Lorenzaccio (1834) est un drame romantique écrit par Alfred de Musset, sur une idée de George Sand, qui lui avait fait lire son manuscrit Une conspiration en 1537. Il y décrit un héros romantique, Lorenzo de Médicis. L'intrigue de cette pièce est reprise d'événements réels racontés dans une chronique de la Renaissance sur la vie de Florence au XVIe siècle : la Storia fiorentina de Benedetto Varchi. Mais Musset a modifié la fin de l'histoire. En effet dans la réalité, Lorenzo s'enfuit et reste en vie encore quelques années, alors que le personnage de la pièce se laisse tuer.

Sommaire

[modifier] Sujet et résumé

L'action se passe à Florence en janvier 1537. Le patricien florentin Lorenzino de Médicis (ne pas confondre avec Laurent le Magnifique), âgé de dix-neuf ans, jeune homme studieux, admirateur des héros de l'Antiquité latine et grecque, se voue à la restauration de la République. Tâche difficile : son lointain cousin, le duc Alexandre de Médicis (1510-1537), règne sur Florence en tyran avec l'appui du Saint-Empire et du pape[1] ; une garnison allemande assure sa protection ; le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles Quint et ceux du pontife romain, est son plus ferme soutien. Lorenzo devient fidèle serviteur du duc, son familier ainsi que son compagnon de débauche, afin de pouvoir libérer Florence de ce tyran : il projette de le tuer, soulignant la passivité et la lâcheté des grandes familles républicaines face à leur devoir. Les républicains ne réussiront d'ailleurs pas à prendre le pouvoir après la mort du Duc. L'échec de l'acte de Lorenzo semblait prédestiné : en effet Lorenzo agit seul et personne n'a le courage de le croire et de se servir de son acte comme d'un tremplin pour instaurer une République. Le personnage éponyme sera assassiné par un homme quelque temps seulement après avoir tué le Duc car sa tête avait été mise à prix.

[modifier] Le Héros

Au pur Lorenzo succède donc celui que les Florentins appellent Lorenzaccio, en ajoutant à son nom un suffixe marquant le mépris. Incarnant toute la débauche de sa ville, Lorenzo jouera donc un double jeu pendant toute la pièce, celui de « Lorenzino », héros romantique par excellence, empli d'idéaux et inspiré par les deux Brutus, et celui de « Lorenzaccio », personnage corrompu et pervers, qui lui collera bientôt à la peau. Mais Lorenzo sous ses airs de débauché et de lâche est aussi un homme d'épée idéaliste, courageux et poétique (comme dans la scène du meurtre du Duc où "Lorenzaccio" redevient "Lorenzo".

[modifier] Rapport à l'Histoire

L'histoire se déroule à Florence en 1537, dans les deux dernières années du règne d'Alexandre de Médicis (1536-1537). La ville est ici le théâtre d'affrontements qui ne sont pas sans rapport avec la situation que Musset vient de connaître en France avec l'échec des journées révolutionnaires de juillet 1830. Néanmoins, toute la pièce ne reflète pas l'Histoire de France en 1830, Musset laissant libre court à son imagination pour écrire ce texte de "Théâtre dans un fauteuil".

[modifier] Mises en scène

À proprement parler, Lorenzaccio peut être considéré comme une pièce d'influence shakespearienne.

Lorenzaccio n'a pas été mis en scène immédiatement. On sait même que ses cinq actes n'ont jamais été joués intégralement ; leurs trente-six scènes exigeraient trois soirées, une soixantaine de décors, plus de quatre cents interprètes. Ils ne furent d'ailleurs pas portés à la scène du vivant de Musset. En 1863, son frère Paul arrangea un texte pour le Théâtre de l'Odéon. La censure impériale le refusa, attendu que « la discussion du droit d'assassiner un souverain dont les crimes et les iniquités crient vengeance, le meurtre même du prince par un de ses parents, type de dégradation et d'abrutissement, paraissent un spectacle dangereux à montrer au public ».

Il faut attendre 1896 pour voir la première représentation du drame, au Théâtre de la Renaissance, dans une adaptation qui redistribue l'action en trois actes. Lorenzaccio y est incarné par Sarah Bernhardt. Par la suite, le rôle fut repris par d'autres actrices, avant d'être interprété pour la première fois par un homme en 1952, au festival d'Avignon, interprétation mémorable de Gérard Philipe dans une mise en scène de Jean Vilar. Puis en 1976, c'est Francis Huster qui endossera le rôle de Lorenzaccio. Plusieurs grandes mises en scène ont depuis été tentées, notamment par Jean-Pierre Vincent à Nanterre ainsi que Stéphane Gildas au théâtre le Trianon à Paris.


[modifier] Citations

De l'acte III, scène 3 : « … tandis que moi, pinçant le menton de la petite, je serre les poings de rage en remuant dans ma poche quatre ou cinq méchantes pièces d'or. » Phrase typique de la littérature du XIXe siècle, où l'auteur s'attache plus au rythme du texte qu'au réalisme de la situation.

Toujours dans l'acte III, scène 3 : « Le mal existe, mais pas sans le bien, comme l'ombre existe, mais pas sans la lumière. »

Encore dans l'acte III, scène 3 : "L'Humanité releva sa robe et me montra [...] sa monstrueuse nudité."

[modifier] Notes et références

  1. Les Médicis ont été rétablis sur le trône ducal à l'issue de la bataille de Gavinana (1530), remportée par les armées du Saint-Empire, et grâce au pape Clément VII, lui-même un Médicis, qui avait acheté de nombreuses loyautés.

[modifier] Liens internes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Liens externes


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues