Jules Supervielle

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Jules Supervielle

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Jules Supervielle

Nom de naissance Julio Luis Supervielle[1]
Naissance 16 janvier 1884
Montevideo, Drapeau de l'Uruguay Uruguay
Décès 17 mai 1960 (à 76 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres Poésie, nouvelles fantastiques

Œuvres principales

  • Le Forçat innocent (1930)
  • L'Enfant de la haute mer (1931)
  • Les Amis inconnus (1934)
  • La Fable du monde (1938)
  • "Gravitations (1925)

Jules Supervielle (16 janvier 1884 - 17 mai 1960) était un poète et écrivain franco-uruguayen. Il est mort à l'âge de 76 ans.

Né en Uruguay, il perd ses parents très tôt. Élevé par son oncle et sa tante, il fait ses études à Paris et, sans perdre contact avec Montevideo et l'Uruguay, fréquente les milieux littéraires de l'avant-garde parisienne à partir des premières années du XXe siècle. Toutefois, Jules Supervielle s'est toujours tenu à l'écart des Surréalistes qui régnèrent (intellectuellement artistiquement et littérairement) sur la première moitié du XXe siècle (rappelons que le Manifeste d’André Breton date de 1924). Désireux de proposer une poésie plus humaine et de renouer avec le monde, il rejetait l'écriture automatique et la dictature de l'inconscient, sans pour autant renier les acquis de la poésie moderne depuis Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, ainsi que certaines innovations fondamentales du surréalisme[réf. nécessaire].

Attentif à l'univers qui l'entourait comme aux fantômes de son monde intérieur[réf. nécessaire], il a été l'un des premiers à préconiser cette vigilance, ce contrôle que les générations suivantes, s'éloignant du mouvement surréaliste, ont mis à l'honneur. Il a anticipé les mouvements des années 1945-50, dominés par les puissantes personnalités de René Char, Henri Michaux, Saint-John Perse ou Francis Ponge, puis - après la parenthèse avant-gardiste des années 1960-70 - ceux des poètes désireux de créer un nouveau lyrisme et d'introduire une certaine forme de sacré ou, tout au moins, une approche plus modeste des mystères de l'univers, sans remise en cause radicale du langage : Yves Bonnefoy, Edmond Jabès, Jacques Dupin, Eugène Guillevic, Jean Grosjean, André Frénaud, André du Bouchet, Jean Follain, pour ne citer qu'eux.

Ses admirateurs ou successeurs spirituels se nomment René Guy Cadou, Alain Bosquet, Lionel Ray, Claude Roy, Philippe Jaccottet ou encore Jacques Réda

Les grands événements de la vie de Supervielle[modifier | modifier le code]

Une famille très unie
  • De 1880 à 1883 : Bernard, oncle du poète, fonde en Uruguay une banque avec sa femme Marie-Anne. Cette entreprise devient rapidement familiale : Bernard demande à son frère Jules, père du poète, de venir le rejoindre en Uruguay. Jules fait du trio un parfait quatuor en épousant sa propre belle-sœur, Marie, sœur de Marie-Anne et future mère du poète.
Naissance d'un orphelin
  • 1884 : Le poète naît à Montevideo, en Uruguay, d'un père béarnais et d'une mère basque. La même année, le petit Jules et ses parents rentrent en France pour rendre visite à leur famille. C'est à Oloron-Sainte-Marie que se produit un tragique accident : son père et sa mère meurent brutalement, sans doute empoisonnés par l'eau d'un robinet ou victimes du choléra. L'enfant est d'abord élevé par sa grand-mère.
  • 1886 : son oncle Bernard ramène le petit Jules en Uruguay, où il l'élève avec sa femme comme s'il était son propre fils.
Les débuts d'une vocation littéraire
  • 1893 : À l'âge de neuf ans, le petit Jules apprend par hasard qu'il n'est que le fils adoptif de son oncle et sa tante. Il commence la rédaction d'un livre de fables sur un registre de la banque Supervielle.
  • 1894 : Son oncle et sa tante s'installent à Paris. Jules y fera toutes ses études secondaires.
  • 1898 : Jules découvre Musset, Hugo, Lamartine, Leconte de Lisle et Sully Prudhomme. Il commence à écrire des poèmes en cachette.
  • 1901 : Il publie à compte d'auteur une plaquette de poèmes intitulée Brumes du passé. Il passe ses vacances d'été en Uruguay en 1901, 1902 et 1903.
  • De 1902 à 1906 : Jules poursuit ses études, depuis le baccalauréat jusqu'à la licence de lettres. Il fait aussi son service militaire mais, de santé fragile, il supporte mal la vie de caserne.
L'entrée dans la vie adulte
  • 1907 : il épouse Pilar Saavedra à Montevideo. De cette union naîtront six enfants, nés entre 1908 et 1929.
  • 1910 : il dépose un sujet de thèse sur le sentiment de la nature dans la poésie hispano-américaine. Des extraits paraîtront dans le Bulletin de la bibliothèque américaine.

Il publie Comme des voiliers, son second recueil de poèmes.

  • 1912 : après de nombreux voyages, il s'installe à Paris, dans un appartement, 47, boulevard Lannes, où il demeurera pendant vingt-trois ans. Mais, très souvent, il traversera l'Atlantique pour se rendre en Uruguay, sa seconde patrie.
  • De 1914 à 1917 : Jules est mobilisé. Il exercera notamment des activités au ministère de la Guerre, en raison de ses compétences linguistiques. À partir de 1917, il lit beaucoup et découvre Claudel, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue et Whitman.
  • 1919 : son troisième recueil Poèmes de l'humour triste est envoyé à plusieurs écrivains déjà connus, notamment Gide et Valéry, qui lui répondent favorablement. Ils le mettent en contact avec La Nouvelle Revue française (NRF).
Naissance d'un poète
  • 1922 : parution de son premier recueil important de poèmes : Débarcadères.
  • 1923 : c'est le début d'une longue amitié avec Henri Michaux, qui deviendra son ami intime. C'est aussi cette année-là qu'il publie son premier roman : L'Homme de la pampa.
  • 1924 : parution de sa première nouvelle importante, La Piste et la Mare, dans la revue Europe.
  • 1925 : il se lie avec le grand poète autrichien Rainer Maria Rilke et publie un des recueils poétiques majeurs du XXe siècle : Gravitations.
  • 1927 : il devient l'ami intime de Jean Paulhan et lui soumet désormais tous ses textes.
  • 1931 : parution de son premier recueil important de nouvelles fantastiques : L'Enfant de la haute mer, qui rassemble cinq textes publiés entre 1924 et 1930 et trois inédits. À cette époque, il s'adonne à de nombreuses activités littéraires et acquiert la reconnaissance de la critique, y compris en Uruguay. Sa première pièce importante, La Belle au bois, voit aussi le jour à cette époque. Par ailleurs, il ne cessera de remanier ses textes, donnant lieu à de multiples rééditions, et les fait passer souvent d'un genre littéraire à un autre.
  • 1938 : il se lie avec Etiemble.
Les années d'exil
  • 1939 : Avec la déclaration de guerre commencent des années difficiles : la tension internationale, des difficultés financières et des ennuis de santé (problèmes pulmonaires et cardiaques) conduisent Jules Supervielle à s'exiler pour sept ans en Uruguay. Il est nommé officier de la Légion d'honneur.
  • 1940 : La banque Supervielle fait faillite ; le poète est ruiné. Mais son activité littéraire est toujours aussi intense et ses pièces de théâtre seront par la suite montées par de grands metteurs en scène, dont Louis Jouvet. Il continue par ailleurs de s'adonner à des traductions (Guillen, Lorca, Shakespeare...) et recevra plusieurs prix littéraires tout au long de ces années de la maturité.
  • 1944 : Il fait une série de conférences à l'université de Montevideo sur la poésie française contemporaine.
La consécration
  • 1946 : Supervielle rentre en France, ayant été nommé attaché culturel honoraire auprès de la légation d'Uruguay à Paris. Il publie ses premiers contes mythologiques sous le titre Orphée, édité en 1950 chez Gallimard sous le titre Premiers pas de l'univers.
  • 1951 : il publie un récit autobiographique intitulé Boire à la source, ainsi que quelques pages précieuses sur sa conception de la poésie : en songeant à un art poétique, à la suite de son recueil poétique Naissances. À cette époque, il souffre d'arythmie et des séquelles de son affection pulmonaire.
  • 1959 : il fait paraître son dernier recueil poétique, Le Corps tragique.
  • 1960 : Supervielle est élu prince des poètes par ses pairs. Le 17 mai, il meurt dans son appartement parisien ; il est inhumé à Oloron-Sainte-Marie. En octobre, la NRF fait paraître un numéro spécial qui lui rend hommage.
  • De 1966 à 1987 : parution aux éditions Gallimard (collection « Poésie ») de ses principaux recueils poétiques.
  • 1976 : Pilar meurt à son tour ; elle est enterrée aux côtés de son mari.
  • 1990 : la ville d'Oloron-Sainte-Marie crée le prix Jules-Supervielle ; parmi ses lauréats, on relève les noms de poètes contemporains majeurs : Alain Bosquet, Eugène Guillevic, Henri Thomas, Jean Grosjean et Lionel Ray.
  • 1996 : parution des œuvres poétiques complètes de Jules Supervielle dans la Bibliothèque de La Pléiade, aux éditions Gallimard.


Cette partie est une copie parfaite du site : http://supervielle.univers.free.fr/supervielle/biographie.htm ou est-ce l'inverse ?

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Études critiques[modifier | modifier le code]

  • Claude Roy, Jules Supervielle, Éd. Pierre Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui, 1964
  • Claude Roy, Supervielle, Paris, Poésies P., NRF, 1970
  • Sabine Dewulf, Jules Supervielle ou la connaissance poétique - Sous le soleil d’oubli, coll. Critiques Littéraires, en deux tomes, Paris, éd. L’Harmattan, 2001
  • Sabine Dewulf, La Fable du Monde, Jules Supervielle, coll. Parcours de lecture, Bertrand-Lacoste, 2008
  • Collectif dirigé par Sabine Dewulf et Jacques Le Gall, Jules Supervielle aujourd'hui, Actes du colloque des 1er et 2 février 2008 à Oloron-Sainte-Marie,
  • Sabine Dewulf, Le Jeu des Miroirs, Découvrez votre vrai visage avec Douglas Harding et Jules Supervielle, éd. Le Souffle d'Or, 2011
  • Jacques Le Gall, Les Pyrénées, postface, éd. Le Festin, coll. "Les Cahiers de l'Eveilleur", 2006

Actualités[modifier | modifier le code]

  • Une émission sur Jules Supervielle a été réalisée par France Culture le dimanche 29 avril 2007 dans l'émission Une vie, une œuvre[2].
  • Les éditions Le Festin (Bordeaux) éditent les textes Saint-Jean-Pied-de-Port et Oloron issus de Boire à la source, livre aujourd'hui quasiment introuvable. Ils évoquent le retour à la terre natale qui fut aussi celle où ses parents moururent tragiquement, alors qu'il n'était âgé que de quelques mois. C'est en 1926 que le poète effectue ce « pèlerinage » dans les rues, les maisons de sa petite enfance. Précision des descriptions, émotion, ces textes plongent le lecteur dans le Pays basque de la fin du XIXe siècle[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance de Jules Supervielle sur la base Léonore
  2. Archive de l'émission de Radio France du 29 avril 2007 sur Jules Supervielle
  3. Les Pyrénées. Saint-Jean-Pied-de-Port. Oloron de Jules Supervielle, Le Festin, 2006 (postface de Jacques Le Gall et photographies de Jean-Christophe Garcia).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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