Jeanne Laurent

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Jeanne Laurent, née le 7 mai 1902 à Cast (Finistère), et morte en 1989, est une fonctionnaire française, initiatrice de la politique de décentralisation théâtrale sous la Quatrième République.

[modifier] Biographie

Fille d'agriculteurs bretons, elle fait ses études à l'École nationale des chartes et soutient une thèse sur la quévaise en Bretagne. En 1930, elle entre au ministère de l'Éducation nationale et au secrétariat de la Commission nationale des monuments historiques, puis est nommée au secrétariat d'État aux Beaux-Arts en 1939. Sous l'Occupation, elle fréquente l'association Jeune France, mise en place par le régime de Vichy, puis participe aux mouvements de Résistance auprès de Germaine Tillion.

Elle est nommée en 1946 sous-directrice des spectacles et de la musique à la direction générale des Arts et Lettres au ministère de l'Éducation nationale par Jacques Jaujard. À ce poste pendant six ans, elle développe une politique de décentralisation dramatique, désirant accroître la diffusion du théâtre en province, et le populariser.

Elle participe ainsi à la renaissance du Théâtre national populaire, à la fondation du festival d'Avignon, et crée les premiers centres dramatiques nationaux, à Colmar (centre dramatique de l'Est, 1946) et à Saint-Étienne (Comédie de Saint-Étienne, 1947), suivis du Grenier de Toulouse (1948), du centre dramatique de l'Ouest (1949) et de la comédie de Provence (1952). Elle met également en place un concours des jeunes compagnies et une subvention à la première pièce, afin d'encourager de nouveaux talents.

Sans plan établi, elle profite des circonstances et de son réseau d'amitié et de connaissances (Jean Vilar, Jean Dasté, André Clavé, etc.) pour implanter le théâtre hors de Paris, et s'appuie sur les talents qui émergent en région, plutôt que de nommer des comédiens en province depuis Paris. Ainsi, elle encourage les villes alsaciennes à protester contre la perte de financement des théâtres de la région, du fait de la fin de la tutelle allemande, ce qui mène à la constitution du CDN de l'Est[1]. Les autres centres dramatiques nationaux reposent également tous sur une troupe régionale existante (le Grenier à Toulouse, la troupe de Dasté à Saint-Étienne, le théâtre de Baty à Aix-en-Provence, etc.). Elle contribue à la mise en place d'une animation au château de Kerjean[2].

Isolée au sein du secrétariat d'État des Beaux-Arts, et critiquée par la presse et les directeurs de théâtre parisiens, elle est mutée à l'arrivée d'Antoine Pinay en octobre 1952, au Service universitaire des relations avec l'étranger et l'outre-mer, intégré rapidement au ministère de la Coopération. Malgré cette mise à l'écart, qui a suscité de nombreuses protestations et interrogations, elle continue de contribuer par écrit à la réflexion pour une action théâtrale de l'État, et publie deux essais, La République et les Beaux-Arts (1955) et Arts et pouvoirs en France de 1793 à 1981. Histoire d'une démission artistique (1982). Elle prend sa retraite d'administrateur hors classe en 1967, et meurt en 1989.

[modifier] Notes et références

  1. Interview de Jeanne Laurent, dans Un public de 14 juillet (1946–1968). Les années fondatrices de la décentralisation du théâtre, INA, 2006
  2. J.-M. Abgrall, Bulletin de la Société archéologique du Finistère n° 119, Société archéologique du Finistère, Quimper, 1990, ISSN 0249-6763

[modifier] Sources

[modifier] Publications

  • Jeanne Laurent, Un monde rural en Bretagne au XVe siècle La quévaise, Les Éditions de l’EHESS, Paris, 1972, 442 p.

[modifier] Lien interne

[modifier] Bibliographie

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