Royaume de Chypre

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Royaume "franc" (ou "latin") de Chypre

11921489

Blason
Informations générales
Statut Royaume
Capitale Nicosie
Religion christianismes catholique latin et orthodoxe grec

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Entités suivantes :

Le royaume franc (ou latin) de Chypre est l'État latin d'Orient le plus récent quant à sa création, et celui qui subsista le plus longtemps (de 1192 à 1489), grâce à sa situation insulaire. Le qualificatif de « franc » vient du nom donné en Orient, aussi bien par les Grecs (Φράγγοι) que par les Turcs et les Arabes (Franghi), aux Occidentaux en général (en référence à l'Empire franc de Charlemagne.) L'adjectif « latin » fait référence à la langue liturgique de l'Église catholique à laquelle appartenaient les "Francs".

Histoire du royaume[modifier | modifier le code]

Durant le premier siècle des croisades, Chypre était une province de l'Empire grec. En 1184, Isaac Doukas Comnène, gouverneur de l'Arménie, qui avait déjà tenté de s'y rendre indépendant, dut se réfugier à Chypre. Avec de fausses patentes impériales, il se fit reconnaître gouverneur de l'île par les autorités locales, et se rendit rapidement indépendant, puis se proclama empereur de Chypre. L'Empire tenta de reprendre le contrôle de Chypre, mais la marine byzantine fut repoussée par une escadre envoyée par le roi de Sicile Guillaume II le bon.

Au cours de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion, dérouté par une tempête, aborda Chypre, où Isaac Comnène réquisitionna l'une de ses nefs en paiement de droits d'escale. Richard fit débarquer son armée et battit sans difficulté Isaac Comnène, puis occupa rapidement l'île (fin mars 1191). Ne sachant trop quoi faire de sa conquête, Richard la vendit à l'Ordre du Temple, qui réprimèrent durement l'insurrection mais rendirent l'île à Richard, qui dut leur restituer leur argent (plus un paiement pour la répression contre les Grecs). Finalement Richard revendit l'île à Guy de Lusignan, qui avait été chassé du royaume de Jérusalem par ses propres barons. Guy s'y installa avec trois cents chevaliers et deux cents écuyers qui venaient d'être dépossédés de leurs biens par les conquêtes de Saladin sur le continent.

Guy de Lusignan mourut en avril 1194 : son frère Amaury lui succéda. Administrateur sage et adroit, il commença par redistribuer les fiefs pour se réserver un domaine royal suffisant. Il s'occupa ensuite de l'administration religieuse : il négocia avec le Saint-Siège la création d'un archevêché latin à Nicosie et de trois évêchés à Paphos, Limassol et Famagouste. Enfin, il clarifia le statut juridique de l'île : son frère Guy avait été roi à titre personnel et investi par l'Angleterre, lui n'était que seigneur de l'île. Amaury s'adressa au Saint-Siège et à l'Empire, et obtint en 1195 de l'empereur Henri VI le titre de roi de Chypre. Par mariage, Amaury devint également roi de Jérusalem, mais les deux royaumes se séparèrent à sa mort en 1205. Son fils Hugues Ier lui succéda à Chypre, mais mourut lui-même à l'âge de 23 ans en 1218, laissant un fils âgé de neuf mois, Henri Ier. La reine mère, Alix de Champagne, confia la régence à Philippe d'Ibelin, auquel succéda Jean d'Ibelin en 1227.

Le , l'empereur Frédéric II, à la tête de la sixième croisade, débarqua à Limassol. En tant que suzerain du royaume, il réclama la régence. Ce comportement autoritaire lui valut l'hostilité de la noblesse et la guerre des Lombards commença entre les représentants de l'empereur, d'une part, et les barons de Chypre et de Syrie d'autre part, et ne cessa qu'en 1233 par la victoire des barons conduits par Henri Ier, qui venait d'atteindre la majorité, et Jean d'Ibelin. En 1247, le pape Innocent IV, releva le royaume de tout hommage vis-à-vis du Saint-Empire. Henri Ier mourut en 1253, puis son fils Hugues II en 1267. La couronne passa alors à son cousin Hugues III.

Hugues III hérita également du royaume de Jérusalem et tenta de combattre pour sa sauvegarde, mais face à l'opposition des certains barons partisans de Charles d'Anjou et à celle des barons latins de Chypre, qui déclaraient ne pas devoir le servir en dehors de l'île, dut y renoncer. Son fils Henri II de Chypre réussit à se faire reconnaître roi de Jérusalem, mais ne put empêcher la prise de Saint-Jean-d'Acre sur le continent, marquant la fin du royaume de Jérusalem.

À Chypre même, commença alors une période de querelles entre le roi et les nobles du royaume, où l'on vit des rois détrônés (Henri II) ou assassinés (Amaury II, Pierre Ier) et le royaume de Chypre perdre son indépendance sous forme de protectorat génois, puis vénitien. Ceux-ci finirent par détrôner la dernière reine, Catherine Cornaro, en 1489. Venise garda l'île durant 82 ans.

Durant toute la période franque et latine (y compris vénitienne), la population locale grecque et orthodoxe fut réduite en servitude et se révolta vainement à plusieurs reprises, jusqu'en 1571, où elle finit par accueillir en libératrices les troupes de l'Empire ottoman. Les Turcs ne furent cependant pas plus débonnaires que les Latins, et instaurèrent un nouveau système d'exploitation : celui des Timars, système qui dura trois siècles, avant d'être remplacé en 1878 par la colonisation anglaise. Ce n'est qu'en 1960 que la population grecque de l'île put s'émanciper.

Rois de Chypre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : liste des rois de Chypre.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout.

Institutions[modifier | modifier le code]

Elles sont identiques à celle du royaume de Jérusalem et suivent de la même manière ses Assises. La différence majeure entre les institutions de ces deux royaumes est qu'à Jérusalem, les nobles ont commencé à se créer des fiefs avant que le royaume n'existe tandis qu'à Chypre, c'est le roi qui a préexisté à la noblesse et qui lui a distribué des fiefs, d'où des pouvoirs royaux plus étendus qu'à Jérusalem.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]