Guillaume II de Villehardouin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Guillaume II de Villehardouin (vers 1211[1]-1er mai 1278), fut prince d'Achaïe de 1246 à 1278.

C'est sous son règne que la principauté atteint son apogée, mais aussi qu'elle amorça son déclin. Il fut le dernier Prince d'Achaïe de la famille des Villehardouin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume II de Villehardouin. Inscription +:G:PRINCEACh, +:CLARENTIA

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Guillaume naquit vers 1211 au château familial de Kalamata. Il était le deuxième fils de Geoffroi Ier de Villehardouin. En tant que cadet, il reçut en apanage la baronnie de Kalamata. Son frère Geoffroy II succéda à leur père entre 1228 et 1230 ; Guillaume assurait la régence lorsque ce dernier s'absentait de la principauté.

Débuts du règne[modifier | modifier le code]

Guillaume II devint prince d'Achaïe en 1246 à la mort de son frère aîné. Il entreprit rapidement la conquête de la partie du Péloponnèse restant encore aux mains des Grecs, au sud-est. En 1248 il prit ainsi Monemvasia et la Tsakonie, puis fit construire les forteresses de Mistra et du Grand Magne pour surveiller les tribus slaves du Taygète. La même année, il reçut de l'empereur latin Baudouin II la suzeraineté sur le duché de Naxos et sur les seigneuries de Négrepont et de Tinos-Mykonos.

Durant l'hiver 1248-1249, il accueillit à Lacédémone le duc Hugues IV de Bourgogne qui se rendait à la Septième croisade organisée par Saint Louis ; il l'accompagna au printemps à Chypre pour rejoindre les troupes royales, accompagné de 400 chevaliers. Il ne repartit en Grèce qu'au printemps 1249, au moment du départ de Saint Louis pour Saint-Jean-d'Acre[2].

Guerre des Tierciers[modifier | modifier le code]

À partir de 1255, il entra en conflit avec une partie des seigneurs de Grèce centrale, dont les tierciers d'Eubée et le duché d'Athènes, soutenus par Venise et par certains de ses vassaux dont son neveu Geoffroy de Briel. Il réussit à imposer son autorité, notamment suite à sa victoire à la bataille du mont Karydi.

Bataille de Pélagonia, revers[modifier | modifier le code]

En 1258 il épousa à Arta la fille de son allié le despote d'Épire Michel II Doukas, Anne Ange Comnène, que la chronique du Pseudo-Dorothée disait « belle comme une seconde Hélène de Ménélas » [3]

Battu et capturé à la bataille de Pélagonia fin septembre 1259, il resta prisonnier plusieurs années et dut finalement remettre aux Byzantins les forteresses de Mistra, Monemvasia et du Magne en échange de sa liberté.

Revenu dans la principauté en 1262, il ne tarda pas à entrer à nouveau en conflit avec les Byzantins, qui envahirent l'Achaïe mais furent repoussés en 1263 à Prinitza puis à à Makryplagi.

Traité de Viterbe et suzeraineté angevine[modifier | modifier le code]

Menacé par les Byzantins, il devint en 1267 vassal du roi angevin Charles Ier de Sicile, dans le cadre du traité de Viterbe, aux termes duquel le fils de Charles, Philippe, devait épouser la fille aînée de Guillaume, Isabelle, le couple devant théoriquement hériter de la principauté au détriment d'un éventuel héritier de Guillaume.

En tant que vassal, Guillaume participa en 1268 à la bataille de Tagliacozzo aux côtés de Charles, la chronique de Morée lui attribuant même le rôle décisif dans la victoire (généralement donné à Érard de Vallery).

Cependant Philippe étant décédé avant son père en 1277, la principauté passa donc à Charles à la mort de Guillaume en 1278.

Culture[modifier | modifier le code]

Guillaume II de Villehardouin était bilingue en français et grec ; deux chansons du manuscrit du Roi lui sont attribuées par certains auteurs. Il était amateur de littérature courtoise, mais aussi de tournoi.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Guillaume II de Villehardouin avait épousé en 1239 la fille de Narjot de Toucy, un haut dignitaire de l'Empire latin de Constantinople. De son union en 1258 avec la princesse Anne Ange Comnène, il n'eut pas de fils, mais deux filles,

Son identification avec le mari de Carintana dalle Carceri (une tiercière de Négrepont), proposée par Karl Hopf et souvent reprise par la suite, n'est généralement plus admise depuis les années 1970 par les auteurs spécialistes de la période.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Longnon L'Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée Payot Paris 1947, p 194
  2. Jean Longnon L'Empire Latin de Constantinople, pp 218-219
  3. Jean Longnon L'Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée Payot Paris 1947 p. 194