Surprise de Meaux

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La surprise de Meaux (aussi appelée la « bataille de Meaux ») est une conspiration organisée en 1567 par Louis Ier de Bourbon-Condé pour enlever le roi de France, Charles IX, et la famille royale. Cet événement déclenche la deuxième guerre de religion (1567-1568).

Historique[modifier | modifier le code]

Sentant monter les périls, Condé décida de monter une action préventive malgré les réserves de Coligny. Prenant prétexte que le roi de France était menacé par les Italiens qui envisageaient de le capturer, il fit investir, le 28 septembre 1567 le château de Montceaux en Brie, près de Meaux pour s’emparer de la personne du roi. Celui-ci et sa mère ne parvinrent à échapper aux protestants que d’extrême justesse et purent s’enfuir à Meaux puis gagner Paris.

Cette opération que l’histoire a retenue sous le nom de « surprise de Meaux » fut le prétexte au déclenchement de nouvelles violences. Le lendemain, jour de la Saint-Michel, des prêtres catholiques furent massacrés et des atrocités furent commises lors de la « michelade » de Nîmes.

La seconde guerre civile qui suivit ces événements ne dura guère, les antagonistes n’ayant ni les moyens financiers ni peut-être la détermination pour engager la bataille qui se réduisit à quelques opérations sans grande envergure.

La paix de Longjumeau qui y mit fin revint au statu quo ante.

Ce ne fut toutefois qu’une simple trêve mise à profit pour reconstituer les forces militaires. La vraie guerre reprit en 1569. Les huguenots s'étaient installés à La Rochelle pendant la trêve et avaient reconstitué leurs troupes. Les combats suivants se déroulèrent dans les provinces de l’ouest et du sud-ouest.

Culpabilité ?[modifier | modifier le code]

Proche d'une des plus grandes familles du Royaume, les Coligny, Guyonne de Rieux est considérée, avec Louis de Condé, l'amiral de Coligny et François d'Andelot, comme instigatrice de la Surprise de Meaux. Pour l'Art de vérifier les dates[1], son procès a été fait au parlement de Paris, elle est condamnée par arrêt, à être décapitée, avec confiscation de ses biens au profit du roi[2].

L'arrêt porte outre cela, que les armes de la comtesse de Laval seront renversées et traînées par les rues de Paris, à la queue d'un cheval. Cependant, elle n'est pas mise à mort, à cause de son dérangement mental, réel ou supposé, on ne sait pas. Ce fut seul le dernier article qui eut son exécution. Charles Maucourt de Bourjolly ne parle que d'un procès fait à sa mémoire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baron Kervyn de Lettenhove, Les Huguenots et les Gueux - Étude historique sur vingt-cinq années du XVIe siècle (1560-1585), Bruges, Beyaert-Storie, 1883
  1. Chronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, t. II, p. 864-875.
  2. Jugement d'où les procureurs-généraux du parlement ont souvent pris occasion de soutenir que le comté de Laval appartenait au roi, sans faire attention que tout avait été aboli par les édits de pacification.