Guy XII de Laval

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Guy XII de Laval
Décès 21 avril 1412
Allégeance Blason département fr Sarthe.svg Comté du Maine,
Blason region fr Bretagne.svg Duché de Bretagne
Faits d'armes Guerre de Succession de Bretagne
Bataille de Roosebeke
Distinctions Gouverneur de Bretagne
Famille Fils de Guy X de Laval et de Béatrix de Bretagne
Armes portées par Guy XII de Laval lors du rôle d'armes du second traité de Guérande (1381). Ecartelé d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur ordonnés 2 et 2 et chargée de cinq coquilles d'argent (Laval) et de gueules semé de fleurs de lys d'or (Châteaubriant). .
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Guy XII de Laval, Jean de Laval, (après 1327 - 21 avril 1412), seigneur de Laval, vicomte de Rennes, baron de Vitré, seigneur de Gavre[1] et d'Acquigny[2], châtelain du Désert, et gouverneur de Bretagne[3]. Il fut ainsi nommé au baptême par Jean III de Bretagne, duc de Bretagne, son oncle, prit, en succédant à son frère aîné, le nom de Guy suivant la loi de sa maison.

Pierre Le Baud, rappelle que dès le début du XVe siècle, le comte Guy XII aimait les bons chantres et musiciens dont il entretenait plusieurs à ses despens.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Fils de Guy X de Laval et de Béatrix de Bretagne
  • Marié en 1348 avec Louise de Châteaubriant (sans postérité), fille de Geoffroy VII, sire de Châteaubriant, et de Jeanne de Belleville, et sœur de Geoffroy VIII, lequel, étant mort sans enfants, la laissa héritière de la terre de Châteaubriant, la cinquième des neuf grandes baronnies de Bretagne. Jeanne de Belleville se remaria avec Olivier de Clisson, qu'elle fit père du fameux connétable de ce nom. Catherine de Laval, devint par-là doublement beau-frère du sire de Laval; et de là l'étroite liaison qui fut entre eux, et qui fut encore cimentée par une fraternité d'armes. Louise de Châteaubriant, s'éteint en 1383. Guy XII en resta héritier, en vertu d'une donation mutuelle qu'ils s'étaient faite en 1379 ;
  • Marié le 28 mai 1384 avec Jeanne de Laval, sa parente au 3e degré, dame de Châtillon, veuve du connétable Bertrand Du Guesclin dont :
    un enfant décédé en 1398 ;
    Guy, seigneur de Gavre, (+ 1404)[4] ;
    Anne, unique héritière[5].

Guy XII de Laval par son second mariage, est l'ancêtre d'un nombre incalculable de roturiers, nobles et souverains de toute l'Europe.

Descendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guy de Laval (décédé en 1404).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1356, il se jeta dans Rennes avec le vicomte de Rohan et d'autres seigneurs, pour défendre cette place assiégée par le duc de Lancastre[6].

Après que le prieuré de Cunault eut été repris sur les Anglais par Amaury IV de Craon et Bertrand Du Guesclin, il en avait eu la garde avec Geoffroy de Bresé, chevalier poitevin. Le 28 mai 1364, Urbain V écrit d'Avignon au duc d'Anjou d'user de tout son pouvoir pour obtenir la restitution du prieuré au titulaire Jean de Durfort, parent d'Hugues, cardinal diacre de Sainte-Marie in Porticu. Il fait la même demande, le 5 novembre de la même année, en faveur de Guy du Pin, son chapelain, pourvu alors du prieuré.

Le chartrier de la Roë[7] contient aussi du sire de Laval et de Chasteaubrient un acte donné à Vitré, sous son signet le 20 juin 1365, par lequel il donne à Guillaume de la Fontaine et à Olivier du Boishamon, commission de s'informer de la légitimité d'une rente de 20 s. sur la coustumerie de Marcillé dont les chanoines de la Roë réclamaient les arréages depuis neuf ans.

Guerre de Succession de Bretagne[modifier | modifier le code]

Pour l'Art de vérifier les dates[8], quoique les guerres continuaient en Bretagne, il ne paraît pas que le sire de Laval y ait pris beaucoup de part jusqu'à la bataille d'Auray.

Guy XII fut aussi sollicité par Urbain V pour ramener la paix entre Jeanne de Penthièvre, duchesse de Bretagne et Jean de Montfort. C'est un fait à relever pour préciser le rôle de Guy XII dans cette longue lutte où sans doute, suivant les instructions du pape, le sire de Laval chercha, mais inutilement, à pacifier les deux partis, 10 décembre 1364[9].

Article détaillé : Guerre de Succession de Bretagne.

Pontvallain[modifier | modifier le code]

En 1370, comme les Anglais couraient la France sous la conduite de Robert Knoles, le roi Charles V lui donna commission de lever deux compagnies d'hommes d'armes pour s'opposer aux passage et ravages de ces ennemis. La défaite que ce général essuya cette même année au lieu-dit Pontvallain, fut due en grande partie à la valeur du sire de Laval ; et le roi Charles V le reconnut lui-même par le don qu'il lui fit de quatre mille livres d'or avec une pension de trois cents livres par mois pour son état[10]. Il suivit, en 1371, le connétable Bertrand Du Guesclin en Poitou, et eut part aux conquêtes qu'il y fit sur les Anglais.

Marche contre la Bretagne[modifier | modifier le code]

En 1373, Louis Ier de Naples, duc d'Anjou, gendre de Jeanne, duchesse de Bretagne, et du Guesclin, rentrent en Bretagne avec de grandes forces, dans la vue de punir le duc Jean IV de Bretagne de ses pratiques secrètes avec l'Angleterre. Le sire de Laval se joignit aux seigneurs bretons soulevés contre leur prince ; et, tandis que le vicomte de Rohan s'emparait de Vannes, et Clisson d'autres villes, il marcha contre Rennes dont il se rendit maître. Ces échecs obligèrent le duc de Bretagne à se retirer en Angleterre Si ce n'était pas l'intention de la plupart de ses vassaux qui servaient la France contre, lui, de le dépouiller de ses états, c'était bien à la vérité celle du roi Charles V. En effet, ayant mandé les trois seigneurs de Rohan, de Clisson et de Laval, ce prince leur déclara en confidence la disposition ou il était, de garder le duché de Bretagne, et de le réunir à la couronne comme un moyen assuré d'établir la tranquillité du royaume, avec promesse de leur en faire bonne part ; et, pour cela, il leur demanda les places et forteresses qu'ils y possédaient[11]. L'effet de la harangue du sire de Laval fut que les trois seigneurs quittèrent la cour sans dire adieu, et se retirèrent dans leurs places, sous prétexte de les garder et de pourvoir aux besoins de la Bretagne menacée par les Anglais.

Traité de Guérande (1381)[modifier | modifier le code]

À leur retour, les autres seigneurs bretons, ayant à leur tête Montfort et Montafilant, firent une association pour rappeler leur duc ; elle eut son effet sous la condition qu'on imposa au duc de ne point confier ses places aux étrangers[12]. Ce rappel fut suivi du traité de Guerande, conclu en forme d'amnistie le 15 janvier 1381. (n. st.) Les députés qui le négocièrent furent, de la part du roi, le sire de Coucy ; le sire de Raineval ; Arnaud de Corbie, premier président au parlement de Paris ; Anseau de Plaisans, sire de Montferrand et messire Jean de Rais : de la part du duc, Guy, sire de Laval ; Charles de Dinan, sire de Montafilant; Guy de Rochefort, sire d'Assérac ; et messire Guillaume l'Evêque[13].

Gouverneur de Bretagne[modifier | modifier le code]

Le duc étant réconcilié avec la France, accompagna le roi Charles VI, en 1382, dans son expédition de Flandre. Avant son départ, il donna commission au sire de Laval, par lettres scellées le 22 juillet de la même année, de gouverner la Bretagne en qualité de son lieutenant-général, avec pouvoir d'agir comme sa propre personne, de donner des grâces, d'établir des gouverneurs et des capitaines dans toutes les places, d'accorder des trêves. Guy, l'année précédente, avait fait lui-même la campagne de Flandre avec le vicomte de Rohan et le sire de Clisson. Tous trois y avaient combattu avec distinction à la Bataille de Roosebeke, où l'oriflamme fut portée par le sire de la Trémoille[14]. Jean Froissart, parlant de cette campagne, nous apprend que la maison de Laval avait pour cri de guerre Saint-Py-Laval.

Protection du connétable de Clisson[modifier | modifier le code]

Le sire de Laval était avec Beaumanoir et le connétable de Clisson, en 1387, au château de l'Hermine, lorsque le duc de Bretagne (Jean de Montfort), y fit arrêter secrètement le dernier, dans le dessein de le faire périr[15]

Administration du duché de Bretagne[modifier | modifier le code]

La duchesse Jeanne de Navarre, veuve de Jean IV de Bretagne, ayant accordé son mariage avec Henri IV d'Angleterre, roi d'Angleterre, et se disposant à l'aller joindre, invite, en 1402, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, à venir la trouver. Le duc se rend, le 1er octobre à Nantes, où la duchesse, du consentement de sa cabale, lui remet, le 19 du même mois, la tutelle de ses enfants et la régence du duché pendant la minorité de l'aîné. Plusieurs seigneurs bretons, le comte de Penthièvre à leur tête, s'opposent à cette disposition. Le duc de Bourgogne voyant les esprits ainsi divisés, quitte la Bretagne le 3 décembre, emmenant avec lui le jeune duc Jean et son frère Arthur. Les seigneurs, après sa retraite, défèrent l'administration du duché au sire de Laval.

Dans un procès[16] que Raoul, seigneur de Coetquën, soi-disant chambellan du duc de Bretagne, fit au comte de Laval Guy XII, administrateur des biens des enfants mineurs de Jean IV de Bretagne, duc de Bretagne, en 1402, plusieurs seigneurs chevaliers, sur les ordres du comte de Laval auraient emmené prisonniers les sujets du dit seigneur de Coetquën[17].

En 1404, curateur du duc Jean IV de Bretagne depuis la mort du père de celui-ci, Guy XII est déchargé de ses fonctions par le jeune duc Jean le Bon par lettres-patentes du 14 janvier, en raison des faiblesses dues à son âge. Jean confirme les officiers qu'il a institués, et le met à l'abri de toute recherche.

Décès[modifier | modifier le code]

Il décède au château de Laval le 24 avril 1412, et fut inhumé à l'abbaye de Clermont[18] à côte du grand autel, vis-à-vis, de Béatrix de Bretagne, sa mère.

Gui XII fonda en 1397, avec sa femme le couvent des Cordeliers de Laval[19]. Jeanne, sa femme, lui survécut vingt et un ans, étant morte le 27 décembre 1433.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gavere est une commune de Flandre-Orientale liée au comté d'Alost, à ne pas confondre avec Le Gâvre, près de Nantes.
  2. Première moitié. le 20 mai 1411, Etienne Osmont s'intitule: Vicomte d'Acquigny en la partie Monsieur de Laval.
  3. En l'absence de Jean IV de Bretagne.
  4. Malcolm Walsby, The Counts of Labal : Culture, Patronage and Religion in Fifteenth-and Sixteenth-Century France, 2007, 220 p.
  5. André Duchesne, Histoire de la maison de Montmorency, p. 571.
  6. Dom Morice, Histoire de Bretagne. t. I, p. 287.
  7. Vol. 183, f. 17.
  8. Chronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, t. II, p. 864-875.
  9. Lettres d'Urbain V, n. 973, 1.344, 1.345, 1.430.
  10. Archives de Laval, et chambre des comptes de Paris.
  11. L'histoire dit que le vicomte de Rohan et Clisson commençaient à prêter l'oreille à ces offres, mas que le sire de Laval répondit qu'il ne consentirait jamais au dépouillement du duc de Bretagne, son cousin germain ; qu'il garderait bien ses places, et qu'il n'en arriverait aucun inconvénient ; que lui et ses ancêtres n'avaient jamais varié dans leur attachement au service de la couronne et de l'état ; qu'il suppliait le roi de rendre au duc ses bonnes grâces, et qu'ils demeureraient tous pleiges de sa fidélité à l'avenir, et l'empêcheraient bien de faire du mal. Charles V, mortifié de cette réponse, dissimula son chagrin, et ne cessa de travailler sous main à gagner les esprits des seigneurs bretons. Mais le sire de Laval, dans une conférence qu'il tint en son hôtel avec les deux seigneurs qui viennent d'être nommés, leur remontra la conséquence de la prétention du roi. Vous êtes princes leur dit-il, en Bretagne, et vous ne serez plus rien en France. Bientôt sa majesté vous suscitera des querelles pour vous rabaisser. Le roi commande, le duc prie. Quand le duc refuse de vous faire justice, vous êtes assez forts pour le ranger à la raison. Et en effet ils appelaient de ses ordonnances et procédures de ses officiers au parlement de Paris ou au conseil du roi, et souvent ils étaient maintenus dans leurs prétentions ; le duc ne faisait aucune levée sans leur consentement et sans qu'ils y eussent leur part; ils participaient aux fouages et aux droits de la souveraineté : tous avantages dont ils seraient privés par la réduction de la Bretagne en simple province du royaume de France.
  12. Jean Froissart, Bertrand d'Argentré, du Tillet.
  13. Archives de Laval.
  14. André Favin, Théâtre d'honneur, p. 249
  15. S'étant aperçu de la trahison, à l'altération qu'il remarqua sur les traits du duc, le sire de Laval, s'écria : Haa, monseigneurn par Dieu, que voulez-vous faire ? N'ayez nulle mâle voulenté sur beau-frère le connétable. Le duc, irrité, pour toute réponse, lui ordonna de se retirer. Mais Laval, qui voulait à quelque prix que ce fût, sauver la vie à son eau-frère, et épargner un crime à son prince, resta au château. Instruit le soir par Bazvalen, de l'ordre que celui-ci avait reçu de noyer Clisson pendant la nuit, il l'engage à en suspendre l'exécution. Ce fut le salut de Clisson. Le duc, qui avait passé la nuit dans de grandes agitations, ayant appris de Bazvalen, à son lever, que Clisson était encore vivant, l'embrasse et le remercie de lui avoir sauvé à lui - même l'honneur et la vie. Laval étant rentré quelques moments après, il veut se faire un mérite auprès de ce seigneur, de n'avoir pas attenté sur les jours du connétable, et l'assure que c'est en sa considération qu'il laisse la vie à son beau-frère.
  16. Abbé Angot, « Saint-Gervais et Saint-Protais de Brée, monographie paroissiale. », 1884 [1]
  17. Charles Maucourt de Bourjolly, Histoire de Laval.
  18. Et non à l'église des Cordeliers de Laval, comme l'affirme André René Le Paige, ou Duchêne, d'après Chopin.
  19. Jean Froissart dit de lui, qu'il aima souverainement l'honneur de la France, et Pierre Le Baud qu'« d'avoir été moult prod'homme vers Dieu et les hommes. Car il estoit merveilleusement dévot aux églises, et aumosnier aux pauvres. Il disoit chacun jour des heures canoniales, et aima les bons chantres et musiciens dont il entretenoit plusieurs à ses dépens et qui chacun jour disoient le service devant luy en sa chapelle. Aussi ayma-il le bien du commun peuple, lequel il garde et défendit à son pouvoir d'oppression tant qu'il vesquit et après sa mort à différence de ces prédécesseurs, il fut surnommé Guy si Dieu me doict bonne vie, pour ce que tel estoit son serment. ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]